
Hôpital. La carte des urgences qui ferment leurs portes cet été, faute de personnel
Vendredi 6 Août 2021Juliette Barot

Le rebond spectaculaire de l’épidémie dû au variant Delta met l’hôpital public sous pression. En pleine 4e vague, et alors que des plans blancs sont réactivés dans plusieurs régions, le recensement du Collectif Inter-Urgences pointe du doigt des urgences fragilisées, dont le sous-effectif chronique empêche un fonctionnement normal pendant les congés des soignants.
Le Collectif Inter-Urgences alerte sur la situation des services d’urgences dont les fermetures, de nuit ou pour des journées entières, sont de plus en plus nombreuses. « Les années précédentes, le manque d’effectif avait des conséquences sur des fermetures de lits en aval qui se répercutaient sur les urgences. Mais c’est la première fois qu’autant de services d’urgences sont fermés », déplore Marie-Pierre Martin, infirmière membre du collectif Inter-Urgences qui a recensé les centres hospitaliers impactés.
« L’hôpital public n’est toujours pas assez attractif »
Face à un sous-effectif chronique et aux nombreux postes restant vacants, les congés des personnels soignants ne peuvent pas être compensées dans de nombreux établissements. À Toul, par exemple, le service d’accueil des urgences du centre hospitalier va fermer ses portes durant quinze jours entiers pendant le mois d’août. En Ille-et-Vilaine et en Mayenne, ce sont cinq services d’urgences sur huit qui seront inaccessibles la nuit. « On a besoin de plus de personnels, rappelle Marie-Pierre Martin, mais il faut une rémunération à la hauteur. L’hôpital public n’est toujours pas assez attractif. »
« Parfois dans des zones où il y a beaucoup de vacanciers »
En plus des urgences hospitalières, les services mobiles d’urgence et de réanimation (SMUR), font aussi les frais du manque d’effectif, comme celui d’Aix-en-Provence qui va cesser de fonctionner pendant plusieurs jours. « Ces fermetures interviennent parfois dans des zones où il y a beaucoup de vacanciers, pointe l’infirmière, alors qu’il faudrait au contraire renforcer les services. »
Dans les petits hôpitaux, les urgences ferment pendant l’été
PAR RACHEL KNAEBEL 29 JUILLET 2021
https://www.bastamag.net/suppressions-de-lits-hopitaux-carte-suivi-fermeture-urgences

Partout en France, des hôpitaux n’assurent plus les urgences pendant la période estivale. Conséquence : il faut faire des dizaines de kilomètres pour se faire soigner. Basta ! poursuit son travail de suivi des fermetures de lits d’hôpitaux.
Cet été, mieux vaut ne pas avoir un accident si on habite ou passe ses vacances dans une petite ville ou une région rurale. Partout en France, des services d’urgences des hôpitaux ferment leur porte pendant la période estivale. La coordination nationale des comités de défenses des hôpitaux et maternités de proximité a commencé à faire le décompte.
À Senlis, par exemple, dans l’Oise, les urgences vont fermer les nuits du 31 juillet au 31 octobre. Pendant ces trois mois, elles n’accueilleront plus que les patients en journée, de 8 h 30 à 19 h 30, et « exclusivement des patients nécessitant un avis ou des soins rapides comme : accidents domestiques, points de sutures, blessures, coupures, foulures, traumatismes de pied, de genou, de poignet, de coude, d’épaule, etc. », a indiqué le Groupe hospitalier sud de l’Oise au Parisien. Les patients qui ont besoin de soins urgents en dehors de ces horaires devront aller à Creil.
À Nérac (5000 habitants), dans le Lot-et-Garonne, le service mobile d’urgence et de réanimation (Smur) est complètement fermé depuis le 25 juillet, et le restera jusqu’au 30 août. Le maire de la ville (Nicolas Lacombe, Parti socialiste) a pourtant protesté contre cette décision et appelé à un rassemblement le 21 juillet. Cet été, les malades de Nérac seront dirigés à Agen en cas d’urgence, à 30 minutes de là. « Si un accident grave se produit, nos habitants auront une perte de chance sur leur survie dès lors que la prise en charge sera plus longue », a dit l’élu à France Bleu. Dans le même département, à Marmande, ce sont les urgences de nuit qui sont menacées de fermeture pendant le mois d’août.https://framacarte.org/fr/map/suppressions-de-lits-dans-les-hopitaux-source-wwwb_85927?scaleControl=false&miniMap=false&scrollWheelZoom=false&zoomControl=true&allowEdit=false&moreControl=true&searchControl=null&tilelayersControl=null&embedControl=null&datalayersControl=true&onLoadPanel=undefined&captionBar=false
Cliquer sur une étiquette pour lire les détails. En jaune, les services et lits fermés pendant l’été 2021. En rouge, les suppressions de lits en cours. En vert, là où elles ont commencé à être remises en cause.
« Cette fermeture placera les habitants à près d’une heure des services d’urgence les plus proches »
À Toul, en Meurthe-et-Moselle, les urgences de nuit sont fermées pendant quinze jours, du 30 juillet au 15 août. Là encore, des élus sont montés au créneau. Le député socialiste Dominique Potier, le maire de Toul (lui aussi PS) Alde Harmand, et des élus du départements ont signé une tribune commune pour dénoncer cette fermeture. « Pour les villages les plus éloignés, cette fermeture placera les habitants à près d’une heure des services d’urgence les plus proches », pointent les élus.
À Montaigu, ville vendéenne de 5000 habitants, les urgences resteront fermées entre 20 h et 9 h, au moins jusqu’au 15 août. Les habitants et élus sont également inquietsdu sort des urgences non loin de là, à Luçon, même si pour l’instant, elles y sont maintenues. À Sarlat, en Dordogne, l’agence régionale de santé avait évoqué le 9 juillet une possible fermeture des services d’urgences et des Smur pendant l’été.
Quand les urgences ferment, complètement ou seulement la nuit, « les délais pour accéder à des soins d’urgence augmentent dans ces territoires et les minutes comptent en cas d’infarctus, d’hémorragie, d’accident vasculaire cérébral, ils augmentent d’autant plus que les services d’urgence qui restent ouverts saturent », dénonce Jean-Luc Landas, de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité.
Des lits sont aussi fermés pendant l’été dans d’autres services
Partout, la raison invoquée pour justifier ces fermetures estivales est la même : les difficultés à avoir du personnel en nombre suffisant, en particulier des médecins urgentistes. « Nous dénonçons et agissons depuis des années et des années contre la politique d’austérité pour l’hôpital, contre l’insuffisance des moyens et de personnel à l’hôpital, contre l’ insuffisance du nombre de médecins et personnel de santé en formation, répond Jean-Luc Landas. Cette situation catastrophique n’est pas le résultat d’une fatalité comme voudrait le faire croire nos gouvernants et leurs soutiens : il est le résultat de leurs décisions , de leur volonté de réduire l’hôpital public à la portion congrue. »
Dans d’autres territoires, des hôpitaux ferment aussi des lits hors des urgences, là aussi en arguant du manque de personnel disponible pendant l’été. C’est le cas par exemple à Paimpol (Côtes-d’Armor), où 27 lits sont supprimés cet été dans les services de convalescence et des « plaies et cicatrisations » (voir cet article). Une unité de 20 lits est aussi fermée depuis avril et pour plusieurs mois à l’hôpital psychiatrique de Rennes (voir cet article). Dans le département de la Mayenne, les hôpitaux ferment pendant l’été 200 lits en tout dans de nombreux services, selon Force Ouvrière.
De plus, les fermetures définitives de lits se poursuivent elles-aussi, même si certains plans de fermeture ont été abandonnés ces derniers mois (voir notre article). À Ploërmel (Morbihan), l’hôpital prévoit de fermer définitivement dix lits, dont sept en chirurgie.
Rachel Knaebel
| Notre suivi des suppressions de lits d’hôpitaux depuis le début de la pandémie : Lire aussi : |
Faute de médecins, le service des Urgences de l’hôpital de Toul fermera la nuit
La faute à une pénurie de médecins urgentistes, le service des Urgences du centre hospitalier Saint-Charles à Toul sera fermé la nuit durant deux semaines.

Par Amandine MehlPublié le 28 Juil 21 à 16:41 Lorraine ActuMon actuSuivre
Alors que le taux d’incidence du Covid-19 repart à la hausse en Meurthe-et-Moselle, le centre hospitalier Saint-Charles à Toul se trouve dans la tourmente.
En raison d’une pénurie de médecins, l’hôpital se voit dans l’obligation de fermer le service des Urgences du vendredi 30 juillet au dimanche 15 août 2021, de 20h30 à 8h30.
Une situation compliquée qui inquiète les habitants mais aussi les élus.
À lire aussi
Un secteur en crise qui n’attire pas
Si la ligne SMUR et les urgences obstétricales ne seront pas impactées, il ne sera tout de même plus possible de se présenter directement aux Urgences à compter de 20h30.
Via une tribune publiée par le Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, des élus appellent l’Etat à « prendre ses responsabilités ».
Une tribune d’élus locaux
Car, si le centre hospitalier de Toul en est là aujourd’hui, c’est qu’il a dû faire face au départ de cinq médecins urgentistes dans le secteur privé mais aussi, qu’il peine à recruter. La faute à un secteur public en crise qui a du mal à se faire une place face au secteur privé ou encore à des pays comme le Luxembourg, où les professionnels de santé sont largement mieux rémunérés.
A la date du 22 juillet, les élus regrettaient l’absence de réaction de la part de l’Agence régionale de santé Grand Est, rappelant que l’hôpital de Toul n’est pas « un établissement de second rang » mais qu’il occupe au contraire une place importante sur le territoire.
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Sarlat : rassemblement du 3 août pour la défense des urgences
Après l’annonce de la fermeture « temporaire » des urgences, le comité de Sarlat s’est mobilisé et avec près de 5 000 signatures sur la pétition, a obtenu le recrutement de renfort et la réouverture du service : belle victoire !
by michelelfn – 5 août 2021 – 19 h 00 min
Si nous, usagers du comité de défense de l’hôpital public et de la maternité de Sarlat, avons tenu à être présents aujourd’hui, aux côtés de l’intersyndicale des soignants et de tout le personnel assurant du mieux qu’il peut la bonne marche de cet établissement, c’est que nous usagers, avons réagi dès l’annonce de problèmes aux urgences. Il était inconcevable que ce service essentiel soit fermé même quelques heures.
Les délais pour accéder à des soins d’urgence sont déterminants et les minutes comptent en cas d’infarctus, d’hémorragie, d’accident vasculaire cérébral… Ils augmentent d’autant plus que les services d’urgence saturent … situation parfois difficile à comprendre par les patients et les familles dans l’angoisse.
C’est une perte de chance pour les résidents et les estivants.
Il est inadmissible que les familles restent dehors à attendre jour et nuit, qu’il pleuve ou qu’il vente… Une tente semble vide à gauche de l’entrée des urgences, pourquoi n’est-ce pas indiqué ??? L’hôpital est le lieu où l’on doit PRENDRE SOIN AVANT TOUT ! Ce n’est pas faute de demandes réitérées.
Le 5 mai 2021, lors d’une entrevue avec des responsables de l’hôpital, il nous était indiqué la mise en place d’une troisième équipe aux urgences à partir du 10 juillet pour faire face à l’afflux des touristes.
Mesdames, Messieurs les Maires, votre présence est significative. Il faut que nous restions unis et engagés pour que les habitants de notre région et les nombreux touristes y séjournant, trouvent une structure sanitaire d’accueil digne de ce nom : un véritable hôpital public en capacité d’apporter à tous des soins de qualité et de proximité…
Lors de l‘audit en 2012, le professeur Jean-Pierre Favre, chirurgien, professeur émérite des universités, demandait expressément :
– « la réouverture dès que possible de l’unité de soins continus dont la fermeture allait entraîner une perte de chance pour certains malades médicaux et ou chirurgicaux.
– ouverture de nouvelles plages opératoires au niveau du bloc opératoire qui peut les absorber avec un renforcement de l’équipe d’anesthésie ».
Nous en sommes bien loin.
Nous dénonçons depuis des années la politique d’austérité subie par l’hôpital.
Nous agissons inlassablement contre l’insuffisance des moyens et de personnel à l’hôpital, contre l’insuffisance du nombre de médecins et de personnel de santé en formation.
Cette situation catastrophique n’est pas le résultat d’une fatalité comme voudrait le faire croire nos gouvernants. Il est le résultat de leurs décisions, de leur volonté de réduire l’hôpital public à la portion congrue (cf : plan Ma Santé 2022).
Quant au numérus clausus,
-Le gouvernement ne fixe plus le nombre de places annuel pour les étudiants, il a délégué cette tâche aux Universités dans les régions dont les budgets ne sont pas à la hauteur des besoins !
-A cela s’ajoute la position du représentant national des doyens des facultés de médecine qui ne souhaite pas « trop augmenter le nombre d’étudiants pour ne pas avoir trop de médecins après 2030 »!
Nous œuvrons depuis plus de 7 ans, inlassablement, pour que cet hôpital retrouve des services de chirurgie conventionnelle (viscérale et orthopédique).
Nous continuerons inlassablement à soutenir les services de médecine, d’obstétrique, de psychiatrie, d’urgences.
Nous continuerons inlassablement à agir pour que nos anciens soient correctement pris en charge dans nos EHPAD dont le personnel doit impérativement être stable et de qualité.
Rappelons que grâce à la mobilisation de tous (personnels, syndicats, élus, citoyens) notre maternité, autrefois menacée, est aujourd’hui plébiscitée par tous et même labelisée « maternité saine », première en Nouvelle Aquitaine.
La santé n’est pas une marchandise, l’hôpital n’est pas une entreprise
Le soin est un investissement et non une charge pour la société.



