La décroissance des contaminations en Grande Bretagne semble freinée par le lever des restrictions sanitaires – « il est beaucoup trop tôt pour parler d’une baisse durable du nombre de nouvelles contaminations au Royaume-Uni »

Publié le 12/08/2021

Le pari britannique est-il gagné (ou est-il encore trop tôt pour le dire) ? 

Londres, le jeudi 12 août 2021

https://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/le_pari_britannique_est_il_gagne_ou_est_il_encore_trop_tot_pour_le_dire__188749/document_actu_pro.phtml

– Les épidémiologistes britanniques n’y comprennent plus rien. A vrai dire, le gouvernement de sa Majesté non plus. Plus de trois semaines après le « Freedom Day » et la levée d’une grande partie des restrictions liées au Covid-19, la pandémie semble reculer.
Un retour sur le parcours épidémiologique du Royaume-Uni s’impose. Après de longues semaines de confinement strict de janvier à avril 2021, le pays avait connu une chute du nombre de cas de Covid-19 pour atteindre fin mai une moyenne de 2 900 cas par jour.

En juin, l’arrivée du variant Delta avait contrarié les plans du Premier Ministre Boris Johnson, contraint de retarder à mi-juillet la levée des dernières restrictions encore en vigueur pour lutter contre la propagation du virus.

Au 19 juillet, jour du « Freedom Day », le pays semblait connaitre une augmentation exponentielle des cas, avec un pic de plus de 53 000 contaminations recensées en 24 heures.

Le Premier Ministre avait à l’époque défendu sa décision de ne pas repousser la fin des restrictions en soulignant le risque qui pèserait sur les libertés si elles étaient indéfiniment corrélées aux chiffres des contaminations : « Si nous ne rouvrons pas complètement dans les prochaines semaines, alors que nous serons aidés par l’arrivée de l’été et par les vacances scolaires, quand est-ce que nous pourrons revenir à la normale ? Si on repousse encore, ce sera pendant l’hiver, quand le virus aura un avantage, ou peut-être que ce ne sera même pas cette année » avait-il expliqué.
Les prévisions n’invitaient néanmoins pas nécessairement à l’optimisme : le ministre de la Santé Sajid Javid avait publiquement anticipé un potentiel pic à plus de 100 000 cas positifs par jour. Neil Ferguson, épidémiologiste à l’Imperial College London, évoquait même un éventuel pic à 200 000 cas ( !).  

Surprise : « personne ne sait vraiment ce qu’il se passe »

Et pourtant, depuis cette date, le Royaume-Uni a connu une chute aussi spectaculaire que surprenante des cas de contamination. Au 1er août, 25 000 infections par SARS-CoV-2 avaient été enregistrées, soit une diminution de 50 % des cas.

Ce phénomène implacable invite à la modestie : « personne ne sait vraiment ce qu’il se passe » comme le reconnait dans un article publié dans la revue Nature l’épidémiologiste John Edmunds.

Fin de l’Euro 2020 ? Succès de la vaccination ? Précautions ?

Plusieurs explications sont avancées pour expliquer cette baisse. La première piste surprenante évoquée est celle de la fin de l’Euro 2020, qui s’est terminé par la défaite en finale de l’équipe d’Angleterre contre l’Italie. Les festivités (et les beuveries organisées à l’occasion des rencontres) auraient engendré une hausse des cas qui se serait interrompue… quelques jours après le tir au but manqué par le joueur anglais Bukayo Saka.

« Quand l’Euro s’est arrêté, on a vu un rapide déclin du nombre de contaminations », souligne Paul Hunter, professeur de médecine à l’université d’East Anglia. Il en veut pour preuve que les contaminations en Écosse, dont l’équipe nationale a été éliminée dès le 22 juin au premier tour de la compétition, avaient commencé à reculer trois semaines plus tôt.
Autre explication avancée, le maintien des précautions élémentaires par l’immense majorité des Britanniques qui continuent notamment à porter le masque dans de nombreuses occasions (transports et grands magasins notamment). De nombreuses entreprises maintiennent d’ailleurs l’obligation de présentation d’un passeport sanitaire pour l’accès aux établissements.  

94 % d’immunité vaccinale ou naturelle

Mais une des clés majeures est sans doute le succès de la campagne de vaccination. Si les chiffres de la vaccination semblent ralentir (70,7 % de la population a reçu une dose de vaccin contre 67,6 en France) le pays semble avoir atteint une immunisation quasi complète de sa population. Ainsi, d’après une estimation de l’Office for National Statistics, 94 % des Britanniques présenteraient des anticorps contre SARS-CoV-2.

Septembre, le vrai test ?

La stratégie britannique s’accompagne toutefois d’un coût humain plus élevé qu’en France. Mardi 10 août, le pays a recensé 146 décès liés au coronavirus en 24 heures (un chiffre trois fois plus élevé qu’en France).

Désormais, le gouvernement et les autorités attendent la rentrée des classes de septembre et du retour sur site des salariés pour évaluer la situation sanitaire. A quelques semaines du test fatidique, la baisse des cas semble s’être interrompue. Comme en France, le Royaume-Uni semble désormais vivre sur un « plateau haut » en légère augmentation. Hier, 29 000 cas de coronavirus ont été recensés par le NHS.

C.H.

Covid-19 : en Angleterre, la bonne surprise de la levée des restrictions

Contrairement aux attentes, le nombre de cas positifs a baissé de moitié depuis la levée des restrictions sanitaires le 19 juillet. 

Par Eric Albert(Londres, correspondance)Publié aujourd’hui à 06h00, mis à jour à 10h58  

Temps de Lecture 5 min. 

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/08/11/covid-19-en-angleterre-le-pari-reussi-de-la-levee-des-restrictions_6091131_3244.html

Fête pour la levée des restrictions dues à l’épidémie de Covid-19, le 19 juillet 2021, à Leeds, Royaume-Uni.
Fête pour la levée des restrictions dues à l’épidémie de Covid-19, le 19 juillet 2021, à Leeds, Royaume-Uni. PA PHOTOS / ABACA

Quand il avait annoncé la levée de toutes les restrictions sanitaires le 19 juillet pour l’Angleterre, Boris Johnson n’avait pas caché une certaine inquiétude. « Il est vital que nous agissions avec prudence », avait demandé le premier ministre britannique à sa population. Le variant Delta se répandait alors très rapidement, et plus de 50 000 cas positifs par jour étaient enregistrés, nombre proche du pic de la violente troisième vague de janvier.

Trois semaines plus tard, le pari s’avère pourtant le bon. Alors que les masques ne sont plus obligatoires, qu’il n’y a plus de jauge à respecter dans les salles de concert, les discothèques ou les stades de football, la pandémie semble reculer. Le nombre de cas positifs a baissé de moitié, à 26 000 en moyenne sur les sept derniers jours. Les hospitalisations, qui étaient restées faibles mais avaient accéléré tout le mois de juillet, refluent également : il y a 750 admissions par jour actuellement, contre 900 fin juillet.

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Des épidémiologistes pris par surprise

Cette évolution a pris la plupart des épidémiologistes par surprise, ainsi que le gouvernement britannique lui-même. Sajid Javid, le ministre de la santé, avait publiquement anticipé un possible pic de 100 000 cas positifs par jour, ce qui aurait été le plus haut niveau jamais enregistré de la pandémie. Neil Ferguson, épidémiologiste à l’Imperial College London, dont les modèles avaient été cruciaux pour convaincre M. Johnson d’imposer le premier confinement en mars 2020, évoquait même 200 000 cas par jour.

Malgré la vaccination, qui limite fortement les formes graves, un tel niveau de propagation de la maladie risquait d’engorger le système de santé. Rien de tout cela ne s’est produit. « Personne ne sait vraiment ce qu’il se passe », reconnaissait dans un article du 4 août de la revue Nature John Edmunds, épidémiologiste à la London School of Hygiene & Tropical Medicine (LSHTM).

Faute de certitudes, deux grandes explications à ce paradoxe sont avancées. La première vient de l’Euro 2020, qui s’est déroulé du 11 juin au 11 juillet. La compétition de football a vu l’Angleterre atteindre la finale, et chaque match poussait les Anglais à se réunir dans les pubs, les fan-zones ou simplement en groupe chez eux. Le jour de la finale, des hordes de supporteurs ont fait la fête toute la journée à travers le pays – jusqu’à la défaite de leur équipe –, essentiellement sans masque ni distanciation sociale. « Quand l’Euro s’est arrêté, on a vu un rapide déclin du nombre de contaminations », souligne Paul Hunter, professeur de médecine à l’université d’East Anglia. Il en veut pour preuve que les contaminations en Ecosse, où l’équipe nationale avait été éliminée dès le 22 juin, avaient commencé à reculer trois semaines plus tôt.

Deuxième explication avancée, les vacances scolaires ont débuté en même temps que la levée des restrictions sanitaires. « Partout en Europe, le lien est clair : quand les écoles ferment, la propagation se réduit, note M. Hunter. Ce n’est pas nécessairement dû à la contamination entre les élèves, il peut aussi s’agir de parents qui ne se rencontrent plus à la sortie des établissements, par exemple. »

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L’effet de l’application anti-Covid

A cela s’ajoute peut-être l’effet de l’application anti-Covid pour téléphones portables. En juillet, alors que les cas se multipliaient, des millions de Britanniques ont reçu l’ordre automatique de s’isoler après être devenus cas contacts. Cela a provoqué d’importantes perturbations dans les entreprises, notamment dans les magasins ou les restaurants, qui peinaient à trouver suffisamment d’employés, mais cela a sans doute enrayé en partie la propagation du virus.

Le seuil des trois quarts des adultes doublement vaccinés a été atteint au Royaume-Uni. En juillet, le nombre de cas était proche de celui de janvier, mais celui des hospitalisations était quatre fois moindre, et celui des décès vingt fois moindre.

Enfin, malgré la fin des restrictions, la population prend encore des précautions. Dans les transports en commun ou les magasins, les masques demeurent majoritaires, par exemple. Les annulations de nombreux festivals de musique, grands rendez-vous d’été des Anglais, ont été maintenues. Les salles de concerts réclament souvent aux spectateurs un certificat de vaccination ou un résultat de test Covid négatif récent.

Bien entendu, ce succès n’aurait jamais été possible sans une population très largement vaccinée. Mardi 10 août, le seuil des trois quarts des adultes doublement vaccinés a été atteint au Royaume-Uni, et 89 % ont au moins une injection. Cela réduit la propagation du virus, mais surtout cela limite très fortement les cas graves. En juillet, dans le pays, le nombre de cas positifs était proche de celui de janvier, mais celui des hospitalisations était quatre fois moindre, et celui des décès vingt fois moindre.

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Septembre, un test important

« Nous sommes en train d’atteindre un équilibre endémique », espère M. Hunter. En clair, le virus ne va pas disparaître, mais, entre les personnes vaccinées et celles qui ont déjà été contaminées, il est relativement maîtrisé, entraînant des dégâts sanitaires limités. M. Hunter estime que les effets du Covid-19 pourraient progressivement ressembler à ceux des autres coronavirus bénins qui existent depuis longtemps. « En moyenne, on attrape un coronavirus tous les quatre ans. Rien que pour le Royaume-Uni, cela fait 17 millions de cas par an, et on en entend à peine parler. Il faut arrêter de s’intéresser au nombre de contaminations du Covid et se concentrer sur la gravité de la maladie qu’il provoque. Sinon, on risque de se faire peur pendant longtemps. »

Cet optimisme n’est pas partagé par tous les scientifiques. Depuis une semaine, le nombre de cas positifs a cessé de baisser et est même très légèrement remonté. « Il est trop tôt pour penser que tout est fini », estime Graham Medley, de la LSHTM, dans le magazine The Atlantic. Selon lui, septembre sera un test important, avec la rentrée des classes et l’arrivée de l’automne.

Bien malgré lui, le Royaume-Uni a souvent eu un rôle de pionnier dans cette pandémie : après avoir confiné trop tard en mars 2020, il affiche l’un des pires bilans humains avec 130 000 morts (contre 112 000 en France) ; il a ensuite été le premier à développer le variant Alpha, puis le premier pays d’Europe à diffuser le variant Delta ; il a aussi eu de l’avance dans la vaccination. A la rentrée, il sera l’un des premiers à tester un pays sans restrictions, où redémarre une activité normale.

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Eric Albert(Londres, correspondance)

Covid-19 : quatre questions sur la chute spectaculaire du nombre de nouveaux cas au Royaume-Uni

La récente levée des restrictions sanitaires outre-Manche n’a pas engendré la flambée épidémique redoutée par les experts. Au contraire, le nombre de nouvelles contaminations a été divisé par deux depuis le 19 juillet. 

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/variants-du-coronavirus/covid-19-quatre-questions-sur-la-chute-spectaculaire-du-nombre-de-nouveaux-cas-au-royaume-uni_4723881.html

Article rédigé par 

franceinfoFrance TélévisionsPublié le 02/08/2021 14:57 Temps de lecture :  5 min.

Dans un bar de Londres (Royaume-Uni), le 19 juillet 2021. (TOLGA AKMEN / AFP)
Dans un bar de Londres (Royaume-Uni), le 19 juillet 2021. (TOLGA AKMEN / AFP)

C’est une éclaircie que le gouvernement britannique accueille avec prudence. Au Royaume-Uni, le Freedom Day (« jour de la liberté »), soit la dernière étape dans la levée des restrictions sanitaires face au Covid-19, n’a pour l’instant causé aucune reprise de l’épidémie. Depuis le 19 juillet, les discothèques ont notamment rouvert, et le masque n’est plus obligatoire, à part dans les transports publics de Londres et dans une poignée de magasins. 

Mais au lieu de provoquer un sursaut épidémique, la fin des restrictions coïncide avec une baisse significative du nombre de nouvelles contaminations, qui sont passées de 54 183 cas détectés le 17 juillet (le pic du mois) à 24 173 nouveaux cas le 1er août, d’après le site Our World in Data (lien en anglais). Décryptage.

Cette amélioration était-elle attendue ?

La tendance observée ces deux dernières semaines au Royaume-Uni a surpris les autorités sanitaires britanniques, qui évoluent « dans une grande incertitude »depuis le début de l’été, reconnaît Marc Baguelin, épidémiologiste et modélisateur auprès du conseil scientifique britannique, contacté par franceinfo. Certains spécialistes avaient même prédit tout l’inverse, arguant que la levée des dernières restrictions ferait bondir les chiffres de l’épidémie. C’était notamment le cas du professeur Neil Ferguson, figure de la lutte contre le Covid-19 dans le pays, qui prévoyait jusqu’à 200 000 nouveaux cas par jour, comme le rapportait le Guardian (article en anglais).

Pour Marc Baguelin et ses confrères du groupe de modélisation SPI-M, l’été s’annonçait comme une période particulièrement difficile à appréhender. « Plusieurs facteurs étaient compliqués à prévoir, comme les effets de l’Euro de football ou des vacances sur la transmission du virus », énumère Marc Baguelin. La compétition de football, très suivie au Royaume-Uni, a bel et bien créé des clusters, comme en Écosse, où près de 2 000 cas ont été imputés au match de l’équipe nationale contre celle d’Angleterre fin juin, rapportait la BBC (article en anglais). Mais la bosse constatée dans la courbe de l’épidémie s’est rapidement affaissée mi-juillet.

Comment expliquer cette chute du nombre de nouvelles contaminations ?

« La météo favorable et le retour des activités en plein air comptent parmi les causes de cette chute, avance le docteur Marc Baguelin, car on sait que le virus a beaucoup plus de mal à se transmettre à l’extérieur. » Le spécialiste cite aussi le début des vacances scolaires, le 23 juillet au Royaume-Uni, un changement important car « les enfants et les adolescents ont récemment joué un grand rôle dans la diffusion du virus », précise-t-il. 

A ses yeux, une autre explication tient dans l’analyse des comportements collectifs. « Plusieurs études montrent que les gestes barrières sont globalement respectés au quotidien », ajoute Marc Baguelin, qui estime qu’avec l’annonce du Freedom Day et la levée de certaines restrictions, « le gouvernement [britannique] a confié le contrôle de ces gestes à la population ». Le 18 juillet, le Premier ministre, Boris Johnson avait en effet appelé ses concitoyens à faire « très attention » face au variant Delta. D’après un sondage de l’Office britannique des statistiques (ONS), 64% des adultes disaient vouloir continuer à porter le masque dans les magasins et les transports publics après la levée de l’obligation.

Le docteur Marc Baguelin cite une dernière hypothèse : l’auto-isolement de dizaines de milliers de Britanniques ayant récemment reçu une alerte « cas contact » sur leur téléphone, via l’application de la NHS, le système de santé publique du pays. Un isolement obligatoire, mais relativement peu contrôlé, qui est tout de même largement respecté dans le pays – à tel point que cela a créé des pénuries de main-d’œuvre dans les secteurs de l’industrie et de l’agroalimentaire notamment.

Faut-il y voir un effet vaccin ?

Pas forcément. Malgré la large couverture vaccinale dont bénéficie le Royaume-Uni, où près de 70% de la population a reçu au moins une dose d’après le site Our World in Data (lien en anglais), Marc Baguelin se veut très prudent sur les liens entre vaccination et diffusion du virus. 

« Le vaccin a les effets escomptés chez les populations vulnérables, avec un nombre de décès du Covid à l’hôpital qui est redevenu très faible », relève l’épidémiologiste. La moyenne journalière des morts du Covid-19 frôle actuellement les 60 décès au Royaume-Uni, contre plus de 1 200 décès quotidiens en moyenne lors du pic épidémique de janvier dernier, d’après les chiffres officiels (lien en anglais)

Mais les scientifiques manquent pour l’instant de données sur la transmission du virus par et chez les vaccinés. « Pour le variant Alpha, ce risque était réduit de moitié par le vaccin, mais ce sera certainement beaucoup moins pour le variant Delta, qui est bien plus contagieux », prévient l’épidémiologiste. Une récente étude américaine menée par le Centre de contrôle de prévention des maladies (CDC) a donné des résultats plus préoccupants (lien en anglais) : les personnes vaccinées transmettraient tout autant le variant Delta que les non-vaccinées.

Cette tendance à la baisse va-t-elle durer ?

Pour Marc Baguelin, il est beaucoup trop tôt pour parler d’une baisse durable du nombre de nouvelles contaminations au Royaume-Uni. « Nous n’avons même pas le recul nécessaire pour mesurer les effets de la réouverture du 19 juillet, rappelle-t-il. La situation reste très instable dans l’ensemble du pays. » L’immunité collective, l’objectif du Premier ministre britannique, est-elle proche, comme l’a suggéré une autre étude de l’ONS ? « Tout cela dépend du vaccin bien sûr, mais aussi du nombre de contacts au sein de la population, et les comportements varient beaucoup, rappelle le médecin. Le paysage du virus change constamment. »

A l’inverse, la situation épidémique pourrait même s’aggraver au Royaume-Uni, et ce, « dès la rentrée scolaire », prévient Marc Baguelin. « Le pays est en avance sur la vaccination, mais aussi en avance sur la transmission du variant Delta », rappelle-t-il. Le retour en classe de millions d’enfants et d’adolescents, qui ne sont pour l’instant pas éligibles à la vaccination (sauf rare exception), risque de provoquer une flambée épidémique qu’il juge « inéluctable ». Reste que « la situation sanitaire sera tout de même bien plus favorablecar la vaccination importante devrait éviter les formes graves, et donc la surcharge du système de santé. » 

Royaume-Uni : le génie propre de l’épidémie a encore frappé !

Londres, le mardi 3 août 2021

https://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/royaume_uni_le_genie_propre_de_lepidemie_a_encore_frappe__188659/document_actu_pro.phtml

– Le « génie propre » de l’épidémie de Covid-19 n’a pas fini d’étonner.

Avec le Freedom Day, dernière étape dans la levée des restrictions sanitaires au Royaume-Uni, le 19 juillet,des experts britanniques promettaient du sang et des larmes en pleine flambée de variant delta. Il n’en n’a rien été, malgré la réouverture des établissements réputés les plus pourvoyeurs de clusters géants, notamment les discothèques.

La fin des limitations a en effet correspondu avec une baisse significative du nombre de nouvelles contaminations. Le Royaume identifie en moyenne 25 000 cas par jour (un chiffre qui baisse progressivement) contre 45 000 la semaine ayant précédé le Freedom Day.  Mieux, après une augmentation entre début juin et le 21 juillet, le nombre quotidien d’hospitalisation tend  à se stabiliser (autour de 900).

L’histoire bégaye et les experts bafouillent

Cette situation inattendue plonge tout ce que le Royaume compte de modélisateurs dans l’expectative, d’autant que ce n’est pas la première fois (loin sans faut) que leurs prévisions sont contredites par les faits.

Le professeur Neil Ferguson de l’Imperial Collège et épidémiologiste le plus écouté du pays prévoyait ainsi des « perturbations majeures » du NHS (avec 2 000 hospitalisations quotidiennes) et un minimum « inévitable » de 100 000 cas par jour. Il pointait également la stratégie de Boris Johnson et s’opposait farouchement à sa politique « d’immunité collective » jugée irresponsable.

Marc Baguelin, épidémiologiste et modélisateur auprès du conseil scientifique britannique rapporte désormais à France Info que l’aréopage auquel il appartient évolue désormais dans une « grande incertitude » !

« La météo favorable, les vacances scolaires (le 23 juillet), le retour des activités en plein air comptent parmi les causes de cette chute, car on sait que le virus a beaucoup plus de mal à se transmettre à l’extérieur » tente-t-il d’expliquer aujourd’hui, en omettant que ces différents points étaient tout à faire prévisibles au moment où les modèles ont été réalisés.

Il rapporte également que « plusieurs études montrent que les gestes barrières sont globalement respectés au quotidien » et notamment l’auto-isolement des cas contact.

Reconnaître son erreur ou tout simplement que l’on ne sait pas semble aussi difficile de l’autre côté du Channel qu’en France…

Xavier Bataille

Commentaire Dr jean Scheffer:

Le lever des restrictions sanitaires ne date que du 19 Juillet. Comme l’on sait que les effets d’une action en temps de pandémie mettent 15 jours à 3 semaines pour se manifester, il faudrait peut-être attendre un peu avant de porter un jugement. Ce d’autant qu’en regardant l’évolution des contaminations la décroissante nette de la poussée actuelle ne me semble pas évidentes la dernière semaine.

Par contre la vaccination continue à faire son effet sur la réduction drastique des décès et sans doute la nature du variant Delta plus contagieux, mais moins virulent.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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