Les syndicats lycéens et étudiant voient « une petite brèche » et veulent « continuer à utiliser ce rapport de forces »
Publié le mardi 27 octobre 2026 à 07:47 https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-mardi-27-octobre-2026-4209349?at_medium=newsletter&at_campaign=inter_quoti_edito&at_chaine=france_inter&at_date=2026-10-27&at_position=1
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L’Invité de 7h50
Anaïs Ella, membre du syndicat Les Lycéens, et Suzanne Nijdam, présidente de la Fage (Fédération des associations générales étudiantes), saluent « un premier pas » après les annonces du gouvernement, mais entendent rester mobilisées pour obtenir plus « de mesures qui changent le quotidien ».
Les syndicats de jeunes disent voir « une petite brèche » dans les négociations avec le gouvernement et veulent « continuer à utiliser ce rapport de forces » pour obtenir davantage de mesures, expliquent, mardi 27 octobre, sur France Inter, Anaïs Ella, membre du syndicat Les Lycéens!, et Suzanne Nijdam, présidente de la Fage (Fédération des associations générales étudiantes).
Le gouvernement a annoncé plusieurs mesures lundi soir, dont une « évolution forte » de Parcoursup en 2027, avant « un remplacement en 2028 », des prêts pour rénover le bâti scolaire ou encore 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur, en majorité en BTS et IUT. L’Intersyndicale jeunesse (L’Union étudiante, La Fage et l’Unef) et l’Union syndicale lycéenne (USL) ont appelé à retourner dans la rue.
« On a plus que jamais besoin de mesures qui soient tangibles »
« C’est un premier pas mais on est loin d’être satisfaits », réagit Anaïs Ella, élève du lycée Kléber de Strasbourg. Le gouvernement « n’a pas saisi le fond du problème », abonde Suzanne Nijdam, qui demande « un investissement massif de l’État, nécessaire, urgent et demandé ». La problématique des « places dans l’université ou la question de la sélection touchent tous les secteurs, toutes les filières et toutes les régions, et on nous parle d’agir uniquement en Île-de-France et uniquement sur deux filières en BTS et en IUT », s’indigne-t-elle. « On a plus que jamais besoin de mesures qui soient tangibles, qui changent le quotidien. »
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Les deux représentantes syndicales regrettent aussi le manque de dialogue avec le gouvernement, qui a annoncé ses propositions avant même la réunion avec les organisations lycéennes et étudiantes, juste après une réunion avec des influenceurs au sujet du mouvement. « On s’est un peu moqué de nous en invitant les influenceurs avant nous. C’est un peu scandaleux », regrette Anaïs Ella. « Il n’y a pas eu de dialogue » puisque les mesures étaient « déjà annoncées avant de nous recevoir », martèle-t-elle.
Contre la stratégie du gouvernement sur les manifestations
Pour Suzanne Nijdam, la stratégie de l’exécutif, qui demande notamment que les futurs cortèges ne passent pas dans les centres-villes à cause des pillages qui ont émaillé la mobilisation du 17 octobre, n’est pas la bonne. « C’est une stratégie qui justement amène à la violence, à la casse et à tout ce genre de choses », estime-t-elle.
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Par ailleurs, « les seuls moments où nos organisations ont pu envisager d’être reçues, les seuls moments où nos revendications ont pu envisager d’être entendues, c’est uniquement les moments où il y a eu de la casse, les moments où il y a eu de la violence« , assure-t-elle. « Des années de mobilisation pacifique n’ont jamais abouti à quoi que ce soit, à part du mépris. Et donc c’est ce qu’on a pu également répéter [au gouvernement] : c’est une légitimation politique de la violence et il faut l’entendre aussi. »