« On veut que les décisions soient transparentes et éclairées » : la répartition des surquotas de thon rouge fait grincer les dents des pêcheurs de Méditerranée

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Les quotas des surplus de pêche au thon rouge répartis par le ministère de la Mer ne conviennent pas aux pêcheurs de la Méditerranée. Pour la première fois, c’est l’océan qui a été favorisé au détriment de la mer. Une décision incompréhensible selon eux.
Face à une situation déjà tendue, la répartition des surquotas de pêche au thon rouge est une nouvelle déconvenue pour les pêcheurs de Méditerranée. Le ministère de la Mer a décidé d’accorder 66% des surquotas de pêche à la façade atlantique, et donc 33% à la façade méditerranéenne. Un calcul incompréhensible pour les pêcheurs d’Occitanie.
234 tonnes de surquotas et une répartition polémique
Chaque année, les pêcheurs français disposent d’un quota de pêche au thon rouge imposé par l’Union européenne (7 000 tonnes de poissons). L’État, quant à lui, répartit ce quota en fonction de ses côtes. Depuis des dizaines d’années, c’est la Méditerranée qui récupère la majorité du quota (89%). Mais la redistribution ne s’arrête pas là.
Tous les ans, les pêcheurs ne remplissent pas entièrement leur quota lors de la période de pêche de printemps, ils ont donc le droit à un rattrapage l’année suivante. C’est ce rattrapage dont on parle dans le cadre des surquotas. En 2026, ce sont 234 tonnes qui sont redistribuées.
Un non-sens pour la Méditerranée
Ce partage n’est pas logique pour Bertrand Wendling, directeur de la coopérative Sathoan, à Sète : « Ce sont les pêcheurs de la Méditerranée qui font une bonne gestion et qui sous-consomment, comme l’on possède 89 % du quota initial. Pourtant, c’est l’Atlantique qui récupère le fruit de cette bonne gestion. Est-ce que ça veut dire que l’année prochaine on va pêcher tout le quota au lieu de faire attention ? », s’interroge-t-il.
C’est la première fois que le surplus est en faveur de l’océan. C’est le manque de concertation qui énerve le plus Bertrand Wendling : « On veut que les décisions soient transparentes et éclairées, la seule justification que l’on nous donne c’est que l’Atlantique a beaucoup de poissons à pêcher, mais bon, nous aussi », déplore le directeur de Sathoan.
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Pêcheur, un métier en tension
Le surquota est distribué aux petits métiers, des bateaux de moins de six mètres de long, ce sont donc eux qui sont pénalisés, selon le professionnel. Au total, les pêcheurs méditerranéens perdent donc 130 tonnes de thon rouge cette année. Néanmoins, le ministère de la Mer rappelle que le quota de pêche au thon rouge est en augmentation depuis plusieurs années, après avoir drastiquement baissé au début des années 2000.