Cyrielle Chatelain avec Mélenchon, Ruffin et. Marine Tondelier avec Olivier Faure

Présidentielle 2027 : à l’université d’été du PS, le duel à fleurets mouchetés d’Olivier Faure et Raphaël Glucksmann, favoris de la primaire de la gauche

A Blois, les 28 et 29 août, le premier secrétaire du PS et le président de Place publique ont continué d’avancer leurs pions et leurs soutiens, en vue du scrutin qui doit départager le camp social-démocrate, tout en appelant à éviter les coups bas, afin que le vainqueur n’en sorte pas abîmé. 

Par Sandrine Cassini et Robin Richardot

Publié aujourd’hui à 06h15, modifié à 12h40 https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/08/30/presidentielle-2027-a-l-universite-d-ete-du-ps-le-duel-a-fleurets-mouchetes-d-olivier-faure-et-raphael-glucksmann-favoris-de-la-primaire-de-la-gauche_6760741_823448.html?lmd_medium=email&lmd_campaign=trf_newsletters_lmfr&lmd_creation=a_la_une&lmd_send_date=20260830&lmd_link=tempsforts-title&M_BT=53496897516380

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Lors du discours d’Olivier Faure, à l’université d’été du Parti socialiste, à Blois (Loir-et-Cher), le 29 août 2026.
Lors du discours d’Olivier Faure, à l’université d’été du Parti socialiste, à Blois (Loir-et-Cher), le 29 août 2026.  GUILLAUME HERBAUT POUR « LE MONDE »

A l’université d’été du Parti socialiste (PS), les débats se sont déroulés à l’intérieur de la Halle aux grains de Blois et les batailles politiques à l’extérieur. Durant les deux jours, les 28 et 29 août, c’est devant le parvis de la Halle que s’est installé le duel à venir entre Raphaël Glucksmann, co-président de Place publique, et le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, véritable enjeu de la primaire du camp social-démocrate.

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Vendredi matin, Raphaël Glucksmann y soigne son entrée, dans une mise en scène savamment orchestrée. Entouré de ses soutiens au sein du PS, notamment Carole Delga et Nicolas Mayer-Rossignol, l’eurodéputé est accueilli par Boris Vallaud, qui lui avait exprimé son soutien dans une tribune la veille de la rentrée du PS. « Jamais je n’imaginais mener cette bataille sans les socialistes », flatte, sous les applaudissements, le représentant de Place publique, qui a intégré plusieurs d’entre eux dans son équipe de campagne.

Bien décidé à jouer les trouble-fêtes, Olivier Faure s’invite à ses côtés devant les caméras, donnant à l’image des airs de pesée avant un combat de boxe. Mais le premier secrétaire le promet : il n’y aura « pas de sang sur les murs » pour cette primaire qui offrira « un débat sérieux et passionné ». Les socialistes sauront-ils se tenir ?

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En attendant, le numéro un du parti qui devrait se déclarer dimanche au 20h de TF1, a fait un pas de plus vers sa propre candidature à la primaire. En clôture de l’université d’été, il a déroulé, sous les « Olivier président » scandés par ses soutiens, un discours aux allures de programme présidentiel. Attaquant sur l’urgence climatique avant d’enchaîner sur la menace du « feu de l’extrême droite », M. Faure a appelé à une « radicalité tranquille mais tranchée » des socialistes, enchaînant les marqueurs de gauche comme la taxation des plus riches et le soutien à la Palestine.

Raphaël Glucksmann, à l’université d’été du Parti socialiste, à Blois (Loir-et-Cher), le 28 août 2026.
Raphaël Glucksmann, à l’université d’été du Parti socialiste, à Blois (Loir-et-Cher), le 28 août 2026. GUILLAUME HERBAUT POUR « LE MONDE »
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, lors d’une interview à Blois (Loir-et-Cher), le 28 août 2026.
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, lors d’une interview à Blois (Loir-et-Cher), le 28 août 2026.  GUILLAUME HERBAUT POUR « LE MONDE »

A l’inverse de François Hollande, il a aussi ouvert la porte à une censure du budget à l’automne. Comme un gage de sa capacité à nouer un futur accord avec les Verts, il a mis en scène, à l’image de Jean-Luc Mélenchon, une semaine plus tôt, sa proximité avec la présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, Cyrielle Chatelain, conviée avec les honneurs.

Front anti-Glucksmann

Le mot d’ordre de ces deux jours a été cependant celui d’organiser « une belle primaire »« Faisons tous ensemble honneur à la gauche. Montrons que la confrontation d’idées n’a pas besoin de la disqualification de l’autre, que nous avons entendu les Français et que nous sommes en mesure de leur offrir un avenir désirable ! », a souhaité le premier secrétaire dans son discours de clôture. Pour ce dernier, pas question que l’aventure ressemble à « un nouveau Koh Lanta » ou pire, un nouveau congrès du PS, comme persiflent les contempteurs du processus. D’ailleurs ses soutiens répètent que quel que soit le résultat, le député de Seine-et-Marne restera premier secrétaire du parti.

Cette harmonie passera par un « code de bonne conduite » tacite lors de la primaire, explique la direction du parti. En clair, éviter les coups bas pour que le vainqueur n’en ressorte pas plus abîmé. Une crainte du côté de l’entourage de Raphaël Glucksmann, donné favori pour l’instant, qui voit se dessiner un « front anti-Glucksmann » dans la maison socialiste. A Blois, une partie des militants étaient pris dans un choix cornélien, déchirés entre l’envie d’avoir un candidat socialiste à la présidentielle et la peur de réitérer le score famélique de 2022.

Lors du discours d’Olivier Faure, à l’université d’été du Parti socialiste, à Blois (Loir-et-Cher), le 29 août 2026.
Lors du discours d’Olivier Faure, à l’université d’été du Parti socialiste, à Blois (Loir-et-Cher), le 29 août 2026.  GUILLAUME HERBAUT POUR « LE MONDE »

Avec une autre question cruciale, qui aura ensuite la main sur les investitures ? Le refus de Raphaël Glucksmann de nouer toute alliance avec LFI n’est pas pour rassurer ceux qui ont les élections législatives en ligne de mire. L’expérience a montré combien les socialistes savent être pragmatiques. Aux dernières municipales, certains même très opposés à LFI avaient fini par succomber. A Blois, les fauristes se sont appliqués à agiter cette menace, tandis que les proches de François Hollande présentaient ce dernier comme étant plus soucieux de l’intérêt des socialistes et plus en capacité de négocier avec les écologistes et les communistes.

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Egalement candidats à la primaire, les députés Philippe Brun, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel, ainsi que Ségolène Royal, chercheront à exister et à pousser leurs idées dans ce duel attendu. Dans les travées de Blois, la participation de l’ancienne candidate à la présidentielle de 2007, que l’absence de troupes pourrait pénaliser dans un parti cartellisé, a pour le PS un double avantage : il y aura au moins une femme sur l’estrade tandis que sa notoriété et sa répartie pourront dynamiser et populariser les débats.

Ségolène Royal, à l’université d’été du Parti socialiste, à Blois (Loir-et-Cher), le 29 août 2026.
Ségolène Royal, à l’université d’été du Parti socialiste, à Blois (Loir-et-Cher), le 29 août 2026. GUILLAUME HERBAUT POUR « LE MONDE »

« Je ne suis pas candidate pour moi, mais pour la nouvelle génération », a-t-elle argué, convaincue qu’« il y aura encore un effet Balladur », en référence à la présidentielle de 1995, quand Jacques Chirac avait déjoué le match annoncé. Elle a chargé le maire d’Alfortville, Luc Carvounas, l’un de ses fidèles, d’aller chercher ses parrainages.

Les trublions Ruffin et Pigasse

La venue de François Ruffin a en revanche été source d’interrogations. Le député de la Somme et ancien « insoumis », qui s’est affiché avec son collègue de la Loire, Pierrick Courbon, membre d’Avenirs socialistes, le courant le plus à gauche du PS, souhaite-t-il participer à la primaire ? Questionné à deux reprises par la presse, celui qui reste candidat à la présidentielle n’a pas souhaité répondre, mais a fustigé le processus, le comparant à un videur de boîte de nuit « qui vient vous dire : “Non, tu n’as pas la bonne gueule” ». La perspective de sa participation ne serait pas du goût de Raphaël Glucksmann. « Ce n’est pas du tout ce qui a été voté. Sinon ça devient la primaire de Bagneux », rouspète son entourage, en référence à l’initiative plus large portée notamment par Marine Tondelier et François Ruffin, finalement abandonnée.

François Ruffin avec des militants, à l’université d’été du Parti socialiste, à Blois (Loir-et-Cher), le 29 août 2026.
François Ruffin avec des militants, à l’université d’été du Parti socialiste, à Blois (Loir-et-Cher), le 29 août 2026.  GUILLAUME HERBAUT POUR « LE MONDE »

Autre trublion potentiel dans la compétition, Matthieu Pigasse, qui continue à « ne rien exclure ». Le banquier d’affaires, qui devait débattre de la dette avec l’eurodéputée et co-présidente de Place Publique Aurore Lalucq, a finalement été retenu pour affaires. Il s’est rappelé à ses amis socialistes au milieu du discours d’Olivier Faure par un message posté sur X. « Notre responsabilité ne sera pas de compter nos différences, mais de construire les conditions de la victoire », a-t-il écrit, comme pour se démarquer de Raphaël Glucksmann.

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Davantage que sur le fond, c’est sur la forme que cette primaire a fait parler d’elle. Le coût de participation, fixé à 15 euros (10 euros pour le tarif social), n’est toujours pas digéré par les Fauristes. « Plusieurs candidats appellent à une submersion [une large participation]. Mais on ne peut pas être de ceux qui veulent ouvrir la primaire tout en la refermant. S’ils veulent revoir le tarif, je leur dis que c’est toujours possible », a invité le premier secrétaire, dénigrant le « fantasme » d’ingérences « insoumises » dans les votes en cas de réduction du tarif de participation.

Car la crédibilité du vainqueur de la primaire passera aussi par le nombre de participants. Le parti ne se fixe aucun objectif pour l’instant mais ne pas passer la barre des 50 000 (correspondant aux nombres d’adhérents cumulés du PS, de Place publique et de la Gauche républicaine et socialiste) serait vu comme un échec. « Même si ce sera toujours plus que le nombre de votants pour valider la candidature de Jean-Luc Mélenchon ou d’Edouard Philippe », raillent plusieurs représentants du parti. Dans tous les cas, la primaire de 2017 et ses plus de deux millions de voix est un très lointain souvenir.

A l’université d’été du Parti socialiste, à Blois (Loir-et-Cher), le 29 août 2026.
A l’université d’été du Parti socialiste, à Blois (Loir-et-Cher), le 29 août 2026.  GUILLAUME HERBAUT POUR « LE MONDE »

Les audiences du débat télévisé entre les candidats seront aussi très scrutées, et pourraient marquer une indication positive de l’intérêt des Français, espère-t-on. Selon les informations du Monde, France Télévisions a proposé aux équipes de Raphaël Glucksmann de l’organiser le mardi 6 octobre. Cette offre, en concurrence avec celles d’autres chaînes, a été accueillie favorablement par les équipes du candidat de Place publique. L’accord doit encore être validé par les différentes formations concernées. Mais déjà, en étant contacté en premier par une grande chaîne nationale, l’essayiste montre qu’il pèse plus que d’autres dans la compétition.

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Sandrine Cassini et  Robin Richardot

*Présidentielle 2027 : la bataille des gauches est lancée

Par Sandrine Cassini (Châteauneuf-sur-Isère (Drôme), envoyée spéciale), François-Régis Couteau (Toulouse, envoyé spécial) et Robin Richardot (Grenoble, envoyé spécial)

Publié le 24 août 2026 à 05h30, modifié le 28 août 2026 à 11h51 https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/08/24/presidentielle-2027-la-bataille-des-gauches-irreconciliables-est-lancee_6754812_823448.html

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Récit

Lors de l’université d’été de La France insoumise, où il a prononcé un discours très centré sur la planification écologique, Jean-Luc Mélenchon a multiplié les appels du pied pour attirer Les Ecologistes. Son rival à gauche, Raphaël Glucksmann a, lui, annoncé sa candidature au « 20 heures » de TF1.

Dans la Drôme, à Grenoble, à Toulouse, ou au « 20 heures » de TF1, les gauches n’ont pas attendu la rentrée des classes pour relancer les hostilités. Dimanche 23 août, 10 000 militants « insoumis » se sont pressés à Châteauneuf-sur-Isère (Drôme), selon les organisateurs, pour écouter le discours de Jean-Luc Mélenchon, qui clôturait l’université d’été de La France insoumise (LFI), les Amfis. « La victoire est possible », a scandé le candidat à la présidentielle de 2027 devant une foule en liesse. Le même jour, le coprésident de Place publique, Raphaël Glucksmann, a officialisé sa candidature au journal télévisé de TF1.

Jean-Luc Mélenchon, à l’université d’été de La France insoumise, à Châteauneuf-sur-Isère (Drôme), le 23 août 2026.
Jean-Luc Mélenchon, à l’université d’été de La France insoumise, à Châteauneuf-sur-Isère (Drôme), le 23 août 2026.  BRUNO AMSELLEM/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Le scénario des gauches irréconciliables, cauchemar de la secrétaire nationale du parti Les Ecologistes Marine Tondelier, qui réunissait les siens à Grenoble pour son université d’été, du 20 au 22 août, paraît plus concret que jamais. Et ce n’est qu’un avant-goût de la bataille qui s’annonce. François Hollande, qui sort un livre le 3 septembre, Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche (Editions Robert Laffont, 304 pages, 21 euros), compte bien entrer dans le jeu. Alors que le Rassemblement national (RN) est confortablement installé dans le paysage politique, les divisions de la gauche annihileront-elles les chances de cette dernière, comme le disent les « unionistes », d’accéder au second tour ?

Très bien placé dans les sondages, à huit mois du scrutin, Jean-Luc Mélenchon ne le pense pas. « Ce qui compte, ce n’est pas le nombre de candidatures, c’est le nombre d’électeurs », a martelé le leader « insoumis », lors de sa prise de parole, dimanche, durant laquelle il a longuement évoqué le changement climatique et sa vision de la planification écologique. Peut-être parce qu’il pense avoir déjà gagné le match à gauche ou parce qu’il veut ménager leurs électeurs, il n’a pas jugé bon d’évoquer ses rivaux, préférant installer un duel avec les candidats du bloc central. Des « tartuffes », des « bons à rien », des « irresponsables »…

Au moment d’évoquer la crise estivale et les mégafeux, l’ancien sénateur socialiste a multiplié les qualificatifs peu amènes à l’égard du président d’Horizons, Edouard Philippe, et du secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, rangés dans la même case que celle de Marine Le Pen, allant jusqu’à décrire une « conversion de la droite et du centre, en un bloc idéologique unique avec le RN ». Une façon de donner corps au duel du « eux » contre « nous » dont il rêve, le « eux » désignant, dans le logiciel de LFI, l’extrême droite, comme bras armé du capitalisme et, « nous », le peuple. Nouveauté dans sa stratégie, la décision de cibler Gabriel Attal, mentionné à plusieurs reprises. Tout sauf un hasard : dans le parc arboré des Amfis, les cadres « insoumis » ne cachaient pas leur envie de le « faire monter » face à Edouard Philippe afin d’attiser la guerre intestine du centre.

Jean-Luc-Mélenchon, lors de son discours à l’université d’été de La France insoumise, à Châteauneuf-sur-Isère, le 23 août 2026.
Jean-Luc-Mélenchon, lors de son discours à l’université d’été de La France insoumise, à Châteauneuf-sur-Isère, le 23 août 2026.  BRUNO AMSELLEM/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Quant aux socialistes et à Raphaël Glucksmann, ils n’ont eu droit qu’à un commentaire condescendant de la part de Jean-Luc Mélenchon, interrogé en marge du discours. « Qu’ils fassent pour le mieux », a-t-il répondu au micro de Franceinfo.

« La gauche, c’est un tout »

A l’inverse, le coprésident de Place publique a directement visé son adversaire de gauche durant son intervention télévisée, dimanche, sur TF1 : « Le choix sera très simple entre ceux qui sont déjà dans l’esprit de défaite (…), qui sont déjà en train de préparer leurs accords avec Jean-Luc Mélenchon pour gagner leur circonscription, et les autres, dont je fais partie, qui pensent que la gauche peut gagner l’élection présidentielle si elle est ferme sur ses principes », a tranché l’essayiste.

Raphaël Glucksmann, coprésident de Place publique, lors de l’annonce de sa candidature à la présidentielle, sur TF1, le 23 août 2026.
Raphaël Glucksmann, coprésident de Place publique, lors de l’annonce de sa candidature à la présidentielle, sur TF1, le 23 août 2026.  JULIE SEBADELHA/AFP

Il est loin le temps où la candidature de l’eurodéputé donnait de l’urticaire à Jean-Luc Mélenchon. « Raphaël Glucksmann, même s’il gagnait la primaire, il se tapera la baston à mort avec François Hollande. Il est au début de son 110 mètres haies », prédit le coordinateur de LFI, Manuel Bompard. Sans avoir l’air d’y toucher, l’ancien président de la République essaie d’installer l’idée d’une candidature depuis plusieurs mois. Prochain signal envoyé, il se rendra à Blois à l’université d’été du Parti socialiste (PS), le 28 août, pas pour débattre, mais pour « faire parler de lui », dit, grinçant, un cadre socialiste. Le lendemain, à Sens (Yonne), aux journées du mouvement de l’ancien ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer, il participera, en revanche, à un débat avec Edouard Philippe.

« Faites ce que vous voulez, mais faites quelque chose. La gauche, c’est un tout, faut que tout le monde s’y mette », a tout de même proposé Jean-Luc Mélenchon à ses adversaires du camp progressiste, probablement avec un fond de sincérité. Le candidat de LFI a visiblement conscience qu’il ne peut gagner seul la présidentielle, compte tenu de l’effet repoussoir qu’il exerce vis-à-vis d’une partie de la population.

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Signe de leur volonté de redorer leur image, dans la Drôme, Jean-Luc Mélenchon comme les cadres « insoumis » ont pris soin de n’alimenter aucune polémique. Sans empêcher un accroc notable. Lors de la conférence sur la Palestine animée par l’eurodéputée (LFI) Rima Hassan, le militant franco-palestinien Salah Hamouri s’est livré à un développement de plusieurs minutes sur le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) et les « riches » qui le composent. Selon lui, le CRIF a « une influence sur les médias », « les politiques » et permettrait à Israël de « garder partout une influence dans le monde », une rhétorique qui rappelle le trope antisémite d’un « complot juif » qui chercherait à dominer la planète.

Le coordinateur national de La France insoumise (LFI), Manuel Bompard, le leader de LFI, Jean Luc Mélenchon, la présidente du groupe écologistes à l’Assemblée nationale, Cyrielle Chatelain, et la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, lors de l’université d’été de LFI, à Châteauneuf-sur-Isère (Drôme), le 23 août 2026.
Le coordinateur national de La France insoumise (LFI), Manuel Bompard, le leader de LFI, Jean Luc Mélenchon, la présidente du groupe écologistes à l’Assemblée nationale, Cyrielle Chatelain, et la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, lors de l’université d’été de LFI, à Châteauneuf-sur-Isère (Drôme), le 23 août 2026.  BRUNO AMSELLEM/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Un ralliement des Ecologistes offrirait à Jean-Luc Mélenchon une possibilité de dédiabolisation importante. A Châteauneuf-sur-Isère, le leader « insoumis » a montré les muscles. « On va faire la quête nulle part, et après l’heure, ce n’est plus l’heure », a-t-il lancé à ce sujet, lors d’une déambulation entre les stands à son ami, Olivier Besancenot, l’ancien porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste. Mais il a aussi multiplié les appels du pied à leur égard, en se mettant en scène avec la présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, Cyrielle Chatelain. Ces prochaines semaines, les Verts promettent donc d’être très courtisés : Raphaël Glucksmann espère aussi les convaincre tout en promettant qu’aucun accord ne serait scellé avec LFI. « Venez avec nous fonder la République écologique », a lancé le candidat, rendant hommage à ceux qui « ont eu raison avant tout le monde sur la catastrophe climatique ».

Mélenchon progresse chez Les Ecologistes

A Grenoble, le dilemme n’a pas trouvé de réponse. Pour certains Ecologistes, il n’y a « que des mauvaises options »« Aujourd’hui, je n’ai pas envie de faire la campagne de Jean-Luc Mélenchon ou de Raphaël Glucksmann, j’ai envie de faire la campagne de l’écologie », souffle Marine Tondelier. Au sein du parti, personne ne croit au décollage de la candidature autonome que cette dernière n’a pas abandonnée. Mais cette option est moins dépréciée qu’un accord avec Raphaël Glucksmann. A part chez quelques figures comme le sénateur de Paris Yannick Jadot qui a annoncé son ralliement, lundi 24 août, sur France Inter, l’essayiste bénéficie de peu d’opinions favorables chez Les Ecologistes. Beaucoup doutent de sa capacité à rassembler la gauche et de sa sincérité écologique, notamment à cause de certains de ses soutiens comme Carole Delga, présidente (PS) de la région Occitanie et porteuse du projet de l’A69 entre Toulouse et Castres (Tarn).

Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes, et Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, lors des journées d’été des Ecologistes à Grenoble, le 22 août 2026.
Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes, et Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, lors des journées d’été des Ecologistes à Grenoble, le 22 août 2026.  MARIE MAGNIN/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »
Des militantes « insoumises » lors de l’université d’été de La France insoumise, à Châteauneuf-sur-Isère (Drôme), le 23 août 2026.
Des militantes « insoumises » lors de l’université d’été de La France insoumise, à Châteauneuf-sur-Isère (Drôme), le 23 août 2026.  BRUNO AMSELLEM/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

En réalité, la candidature de Jean-Luc Mélenchon attire de plus en plus dans le camp écologiste, surtout chez les jeunes. Sauf que cette option charrie son lot d’inconvénients. Les positions de l’ancien sénateur socialiste sur l’Union européenne et sa personnalité hégémonique font aussi largement cogiter une partie des Verts. Les « insoumis », eux, ne cessent de rappeler que ces divergences ont été surmontées à deux reprises, lors des accords de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale, en 2022, et du Nouveau Front populaire, en 2024.

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Plus ennuyeux, beaucoup ne croient pas en ses chances de l’emporter face à Marine Le Pen au second tour. Un rapprochement avec Les Ecologistes l’aiderait-il à convaincre un électorat plus modéré ? « Vous pensez vraiment que les électeurs d’Edouard Philippe changeront d’avis sur Mélenchon parce que Marine Tondelier le soutiendra ? On deviendra juste tout aussi infréquentables », ironise une parlementaire du parti. Tout le monde s’accorde au moins sur le fait qu’il ne faut pas se vendre trop vite. Sans donner de date, la secrétaire nationale a promis un vote des adhérents pour trancher le choix stratégique de 2027.

Fabien Roussel a, lui aussi, profité de l’université de son parti, les 22 et 23 août, à Toulouse, pour lancer sa campagne autonome. La candidature du secrétaire national du Parti communiste français (PCF), qui invite le député (Debout !) de la Somme François Ruffin à le rallier, doit encore être validée par un vote des militants, le 6 septembre.

Son issue fait peu de doutes, bien que la formation soit également traversée par des interrogations quant à la stratégie à adopter pour 2027. La ligne unioniste, proche de LFI, incarnée par le président du groupe à l’Assemblée nationale, Stéphane Peu, ou la députée des Hauts-de-Seine Elsa Faucillon – tous deux absents des Amfis et de l’université du PCF – grappille du terrain en interne.

Depuis 2022, les proches de Jean-Luc Mélenchon accusent le PCF d’avoir capté une partie des 420 000 voix qui lui ont manqué pour accéder au second tour de la présidentielle. En meilleure posture qu’il y a cinq ans, le candidat de LFI fait mine d’avoir oublié cet épisode et veut se placer au-dessus de la mêlée d’une bataille des gauches qui ne fait que commencer.

Pour approfondir  (1 article)

Article réservé aux abonnés    Raphaël Glucksmann annonce être candidat à l’élection présidentielle de 2027 dans le cadre de la primaire organisée avec le PS

Sandrine Cassini Châteauneuf-sur-Isère (Drôme), envoyée spéciale

François-Régis Couteau Toulouse, envoyé spécial

Robin Richardot Grenoble, envoyé spécial

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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