La montagne est touchée aussi par la sécheresse, et ce malgré les orages.

On a voté pour la descente totale des bêtes » : face à la sécheresse, une décision inédite pour les éleveurs d’estives des Pyrénées

Les troupeaux se retrouvent sur des terrains totalement desséchés. Illustration.

Les troupeaux se retrouvent sur des terrains totalement desséchés. Illustration. • © Stéphanie Para / MAXPPP

Christine Ravier

Publié le18/08/2026 à 11h08 https://t5.nl.france3.fr/r/?id=h5bb0a1e8,70152177,61179ac5&e=cDE9b2NjaXRhbmllJnAyPVYyJnAzPTIwMjYwODE4JnA0PTcyNjM3NS0xNDk3MzQ1MzM3LWRhMTI5ZThkJnA1PURNMTM2MDk0OSZwNj0&s=D7vviZFVrYzAufHjb9Rsw2OPJcbTic43j2DJla-2LWY

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Occitanie

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La montagne est touchée aussi par la sécheresse, et ce malgré les orages. Au vu des dégâts sur les pâturages, des éleveurs de la vallée d’Aure ont fait le choix de faire redescendre leurs troupeaux. Une soixantaine d’entre eux est en train de rapatrier vaches et chevaux dans leurs fermes respectives.

C’est une décision difficile qu’ont prise les éleveurs du syndicat des 4 Véziaux d’Aure : demander à leurs adhérents, une soixantaine d’éleveurs du secteur et de la région, de faire descendre d’estive de façon anticipée leurs troupeaux de vaches et leurs juments.

Des bêtes qui ne pourront pas paître en plaine car l’herbe est là aussi desséchée. Elles vont donc entamer les réserves de foin d’hiver mais selon Thierry Vidal, président du syndicat des 4 Véziaux d’Aure, il n’y avait pas d’autre choix.

« Toutes les bêtes transhumantes descendent à part les brebis qui sont plus haut sur les pics. Au 15 juillet, j’ai envoyé un courrier à tous les éleveurs en expliquant l’état de la montagne et la nécessité de faire descendre tout ou partie des troupeaux de manière anticipée. Je les ai invités à venir voir sur place pour qu’ils se rendent compte de la sécheresse des pâtures. Il n’y a plus rien à brouter, plus de pacages alors au 1er août, on a voté pour la descente totale des bêtes ».Les troupeaux ne trouvent plus de quoi se nourrir dans l’estive des 4 Véziaux. • © Thierry Vidal

Pas de pluie, une chaleur précoce

Pour l’éleveur, la sécheresse des estives a commencé avant même la période caniculaire. Elle date de la sortie de l’hiver avec peu de précipitations et une période de très forte chaleur dès le mois d’avril. « Après au mois de mai, la neige pendant 10 jours sur l’estive a tout « cramé » et le sol n’a pas repris derrière »,explique-t-il.

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Un dérèglement qui a eu pour conséquence une déshérence des troupeaux. « L’eau encore, ça aurait pu passer parce qu’on a fait des investissements cette année pour la création et la réhabilitation de points d’eau, mais les bêtes n’ont pas assez de surface pour manger tout simplement », déplore Thierry Vidal.

Conséquences : aux 4 Véziaux, elles cherchent leur nourriture dans des lieux plus escarpés et dangereux comme les pieds des cimes. Elles mangent des fougères et tout ce qu’elles peuvent trouver. Les mères sont affaiblies, veaux et poulains se retrouvent avec des carences problématiques pour leur développement.

Des mères affaiblies, des veaux et poulains carencés

1.300 vaches et 300 juments sont en train de regagner leurs fermes respectives. Une initiative que salue Denis Feuillerat de l’agence ONF Pyrénées-Gascogne, responsable des questions pastorales et sylvo-pastorales. « Cette mesure de précaution, au vu de la rareté des ressources, est une mesure de gestion responsable des espaces de montagne et si on veut limiter l’impact à la forêt, c’est nécessaire ». Même si c’est une contrainte de devoir utiliser précocement des fourrages pour compenser, précise-t-il, conscient de la situation dans laquelle sont projetés ces éleveurs.

La sécheresse en montagne est susceptible d’entraîner une présence durable des troupeaux en forêt, à la recherche de nourriture et de fraîcheur. « Ce n’est pas sans conséquences pour le renouvellement forestier et les petits semis déjà bien impactés par la présence des grands cervidés ».

Une descente saluée par l’ONF

« À défaut d’herbe avec une valeur alimentaire satisfaisante, les vaches peuvent se concentrer sur certaines zones forestières encore un peu vertes qui constituent ce renouvellement forestier, des essences en devenir sur lesquelles on s’appuie bien évidemment, surtout dans un contexte de changement climatique où il nous faut pouvoir compter sur toute la diversité d’espèces forestières ».Les bêtes, à la recherche d’herbe, franchissent des passages escarpés qui peuvent s’avérer dangereux ou se replient sur les forêts. Illustration. • © Christian Watier / Maxppp

« Une présence occasionnelle ne pose pas problème mais une présence répétée, du fait de troupeaux à la recherche de ressource alimentaire et d’eau, peut créer de vraies difficultés parce que des habitudes peuvent être prises et devenir pérennes », précise Denis Feuillerat.

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La présence de ces herbivores ne nuirait pas qu’aux arbres… le grand tétras, par exemple, qui a besoin d’un milieu spécifique pour s’établir et survivre dans le contexte actuel, peut-être mis à mal par ces troupeaux, prévient le spécialiste.

Préserver la capacité de la montagne à se régénérer va donc devenir un enjeu supplémentaire à prendre en compte pour les éleveurs, qui n’avaient jamais connu pareille situation.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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