Comment les vagues de chaleur dégradent les conditions de soins dans les hôpitaux ?
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Entre surmortalité, limitation de soin et dégradation de matériel, des praticiens racontent l’hôpital pendant les canicules.
Par Marion Huysman et Félix Pommier (motion design)Publié hier à 19h27, modifié hier à 22h45
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Lors de la canicule historique de juin, les services d’urgence des hôpitaux ont connu un afflux exceptionnel de patients un peu partout en France. « Mes chefs, qui ont connu le Covid-19, ont dit que c’était dans leur top 3 de gardes », témoigne Iseult, externe en médecine à Paris, en stage de réanimation dans un hôpital parisien lors du pic de canicule de la fin juin.
Mais comment prendre en charge des patients souffrant des effets de la chaleur dans un hôpital qui n’en est lui-même pas protégé ? Selon la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), 60 % du bâti hospitalier français est considéré comme vétuste. Dans des établissements vieillissants, datant des années 1960 ou 1970, de nombreux soignants ont rapporté des situations où la température dans les chambres pouvait atteindre les 30 °C à 40 °C sans discontinuer pendant des jours.
« J’ai vu, pendant la canicule, des familles de patients mettre des couvertures de survie aux fenêtres de leurs proches, parce qu’il faisait vraiment trop chaud dans la chambre ; des familles qui apportent des ventilateurs, puisqu’on n’en a pas assez à fournir » raconte Antoine Thiriet, interne en réanimation à Rouen.
Lire aussi les témoignages | Les bâtiments hospitaliers encore largement inadaptés : « Nous avons des chambres à 40 degrés, les conditions sont très difficiles » *
Dans cette vidéo, des soignants racontent au Monde les conditions difficiles créées par la chaleur dans les hôpitaux, pour les patients comme pour le personnel médical et paramédical.
Pour en savoir plus sur les conséquences sanitaires des canicules, nous vous recommandons la lecture de l’article ci-dessous.
Marion Huysman et Félix Pommier (motion design)
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Canicule et mortalité : logements, inégalités sociales et hôpitaux en tension, ces enjeux essentiels mis de côté
Analyse
Camille StromboniMattea Battaglia
Le gouvernement axe sa communication sur des mesures comportementales individuelles, de prévention ou de vigilance, mais ne met pas l’accent sur un certain nombre de questions centrales, si l’on veut lutter contre les effets sanitaires les plus graves.
Publié le 12 août 2026 à 16h00, modifié le 12 août 2026 à 16h08 https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/12/canicule-et-mortalite-logements-inegalites-sociales-et-hopitaux-en-tension-ces-enjeux-essentiels-mis-de-cote_6745069_3224.html
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Les températures vont encore une fois monter dangereusement en France entre mercredi 12 août, où 78 départements sont classés en vigilance orange canicule, et vendredi 14 août. Avec elles vont ressurgir les questionnements autour de la réponse politique apportée à ces événements à répétition.
D’une vague de chaleur à l’autre, alors que les Français constatent cette année encore que la chaleur peut être très meurtrière (quelque 6 000 morts « en excès » sont déjà décomptés pour l’épisode de juin, considéré, à date, comme le plus extrême), la rhétorique du gouvernement s’est concentrée sur des messages de prévention : boire de l’eau, prendre soin de ses proches – à commencer par les plus âgés, qui ont représenté plus des deux tiers de ces 6 000 décès –, éviter les activités sportives et les sorties aux heures les plus chaudes…
Autant de petits gestes et d’attentions, qui renvoient à une responsabilité individuelle ou sociétale. Avec une ou deux mesures portées par les autorités de santé, telles la nécessité d’inscrire les personnes plus vulnérables sur des registres communaux, ou encore la commande de climatiseurs pour les hôpitaux.
Le décompte des morts a beau avoir fait monter la pression sur l’exécutif, interpellé sur la scène politique pour son manque d’anticipation, celui-ci n’a pas infléchi son message. Comme si l’issue d’une crise sanitaire qu’il s’est longtemps refusé à nommer comme telle reposait d’abord sur l’entraide, la vigilance à porter aux personnes seules, alors que les décès à domicile ont été nombreux. Le système de soins et les Ehpad ont « tenu », a martelé la ministre de la santé, Stéphanie Rist, à la radio et sur les plateaux télévisés, ce qui a permis un bilan « bien moindre » qu’à l’été 2003, quand la canicule, qui sert de référence partagée, avait causé environ 15 000 morts.
La rénovation du bâti
Ce choix de communication laisse dans l’ombre des enjeux de santé essentiels, qui mériteraient pourtant d’être au cœur du débat démocratique, si la priorité est d’éviter de tels niveaux de mortalité lors des futures vagues de chaleur. A commencer par le rôle des conditions de logement. Spécialiste des questions de changement climatique et de santé à l’Inserm, l’épidémiologiste Basile Chaix rappelle, selon des études menées au Canada ou aux Etats-Unis, que les trois quarts des décès dus à la chaleur se produisent dans le logement ou que celui-ci en est à l’origine. Une manière de dire que tant qu’on ne s’attaquera pas à cette question, il n’y aura pas de « progrès significatif ».
Etre seul ou entouré, être inscrit sur un registre communal ou avoir accès à un lieu rafraîchi quelques heures par jour restent autant de mesures qui, même si elles ont leur utilité, ne changeront pas fondamentalement la donne. Si une personne vulnérable temporairement mise à l’abri doit retourner vivre dans un lieu où la température reste à 33 °C, à terme, le décès surviendra tout autant. Le risque de déshydratation, contre lequel les autorités n’ont cessé de mettre en garde, ne peut faire oublier celui de l’hyperthermie (quand la température corporelle dépasse 41 °C), bien plus complexe à empêcher.
Ne pas porter le bon diagnostic, c’est occulter une question épineuse pour les pouvoirs publics : comment aller plus vite, en ces temps de difficultés budgétaires, pour rénover, rafraîchir ou encore climatiser les logements ? « Aujourd’hui, ce sujet essentiel de la température à l’intérieur des logements fait encore partie des grands sujets insuffisamment traités »,reprend Basile Chaix. Ce chercheur travaille sur le parc de logements dans lequel, de « manière contre-intuitive », dit-il, la température intérieure peut dépasser celle de l’extérieur avant même que le pic de chaleur ne soit atteint, ou au moment où il est atteint.
3 000 décès en trois jours
Autre enjeu laissé à l’arrière-plan : celui des inégalités sociales de santé. « Toutes les crises sanitaires récentes creusent les inégalités sociales, mais ce ne sont pas toujours exactement les mêmes facteurs qui interviennent », rapporte Magali Barbieri, démographe à l’Institut national d’études démographiques. Le Covid-19 en avait rappelé la prégnance : le virus s’était révélé plus meurtrier dans les quartiers populaires, pour les personnes exerçant de métiers « de première ligne », ou celles touchées par certaines comorbidités (pathologies respiratoires, obésité…). Six ans plus tard, la canicule, sans surprise, n’a pas les mêmes conséquences pour tous.
« Les plus favorisés, ceux qui ont les moyens de climatiser leur logement, ou qui peuvent se permettre d’aller se rafraîchir dans une résidence secondaire, ont moins souffert des fortes chaleurs », reprend Magali Barbieri. Et de citer aussi, sur le plan professionnel, les métiers d’extérieur, dans le bâtiment par exemple, ou les transports, particulièrement exposés. « Contrairement à la mortalité liée à la circulation du Covid-19, les décès qui résultent de la canicule sont très majoritairement évitables », ajoute-t-elle.
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Une mortalité qui n’est souvent évoquée que de manière globale, par les pouvoirs publics, sur toute la durée d’une vague de chaleur, au risque de passer sous silence des « effets de seuil ». Ainsi les 6 000 décès recensés en juin ont eu lieu, selon Santé publique France, pour moitié, sur trois jours seulement – du 25 au 27 juin, soit des journées parmi les plus chaudes jamais enregistrées en France. Une région, l’Ile-de-France, a comptabilisé à elle seule quasiment un tiers de ces morts, avec, sur la semaine du 22 au 28 juin, un doublement des décès.
Comment ne pas soulever la problématique parisienne ? Cette ville, dans laquelle l’effet d’îlot de chaleur peut atteindre + 8 °C (par rapport aux zones rurales périphériques), souligne le chercheur Basile Chaix, est la métropole où l’effet de la chaleur sur la mortalité est le plus important, selon une étude portant sur 854 villes d’une trentaine de pays, datant de 2023. Ce qui s’explique par la faiblesse des espaces verts comme par la densité de l’habitat.
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Dernier point sur lequel le discours politique passe un peu vite : les difficultés des hôpitaux. Certes, ils n’ont pas été le théâtre de l’« hécatombe » de l’été 2003, quand les morgues s’étaient remplies, mais ils « tiennent sur un fil », selon l’expression chère aux soignants. L’annonce, fin juin par le gouvernement, d’une commande en urgence de 30 000 climatiseurs ne suffira pas à répondre à des conditions d’exercice et d’accueil parfois extrêmes, avec des chambres aux températures insupportables. Ni celle du doublement de l’enveloppe de 300 millions d’euros pour les dix prochaines années destinée à l’adaptation du bâti. Sans compter l’effet, dans un système hospitalier à flux tendu où les lits viennent à manquer à chaque crise, des reports d’opération et des retards de prise en charge, synonymes de pertes de chance pour des patients.
Au-delà de la mortalité, c’est bien la question de l’impact global sur la santé des Français qui devra être posée. Ce chantier est déjà engagé : Santé publique France a annoncé, lundi 10 août, le lancement d’une enquête nationale, CaniculePrev, visant à mesurer, sur un échantillon de 2 000 personnes, les effets des températures élevées tant sur la santé physique que mentale, les conditions d’exposition ou encore les mesures individuelles de protection. Les premiers résultats sont attendus en octobre, et les conclusions définitives, en fin d’année.
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Camille Stromboni et Mattea Battaglia
*Les bâtiments hospitaliers encore largement inadaptés : « Nous avons des chambres à 40 degrés, les conditions sont très difficiles »
L’inquiétude est forte dans de nombreux établissements sur les conditions de prise en charge, dès lors que leurs infrastructures, en majorité anciennes, n’ont pas été conçues pour de si fortes chaleurs : l’hospitalisation se révèle parfois une souffrance pour les patients, qui demandent une plus grande surveillance.
Propos recueillis par Mattea Battaglia et Camille Stromboni
Publié le 24 juin 2026 à 20h00, modifié le 25 juin 2026 à 14h42 https://www.lemonde.fr/sante/article/2026/06/24/les-batiments-hospitaliers-encore-largement-inadaptes-nous-avons-des-chambres-a-40-degres-les-conditions-sont-tres-difficiles_6713222_1651302.html
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D’une vague de chaleur à l’autre, la capacité des services hospitaliers à accueillir les patients dans de bonnes conditions se retrouve au cœur des attentions. Avec, à force de répétitions, un constat qui s’impose plus crûment : le bâti est encore très largement inadapté au changement climatique. Au « 20 heures » de France 2, mercredi 24 juin, la ministre de la santé, Stéphanie Rist, a annoncé débloquer en urgence 100 millions d’euros pour « des outils d’appoint de rafraîchissement », comme des climatiseurs, pour « permettre d’être un peu plus confortable » à l’hôpital.
« Sur certains sites nantais, comme celui de l’Hôtel-Dieu [qui regroupe des services médicaux, chirurgicaux, mais aussi un service d’urgences], nous avons des chambres à 40 degrés, les conditions sont très difficiles, les soignants sont épuisés, rapporte Olivier Terrien, aide-soignant et secrétaire général de la CGT Santé au CHU de Nantes. La charge de soins est plus importante, pour réhydrater les patients et être dans une vigilance renforcée. Et une grande partie des locaux restent totalement inadaptés. Ça ne date pas d’aujourd’hui, mais on atteint des pics de températures jamais connus. »
« Les équipes travaillent, depuis le début de semaine, à des températures voisines des 38 degrés », décrit Catherine Legall, cheffe de service aux urgences, à l’hôpital d’Argenteuil (Val-d’Oise). Dans son établissement comme ailleurs, la crainte du « manque de bras », autrement dit, que des professionnels de santé ne puissent venir travailler, alors que de nombreuses écoles ferment ou adaptent leurs horaires, fait monter encore la pression.
Patients équipés de leur ventilateur
« Beaucoup d’établissements vieillissants, comme le nôtre, ne sont pas aptes à accueillir les patients dans de bonnes conditions face à cette chaleur, dans des chambres à plus de 30 degrés, souligne Thierry Godeau, praticien au centre hospitalier de La Rochelle (Charente-Maritime), dont le bâtiment date des années 1970. A part mettre des ventilateurs dans les chambres, on est un peu démunis. Ce que la canicule révèle, à chaque fois, c’est l’urgence de réinvestir dans le bâti. » Le président de la commission du groupement hospitalier (La Rochelle-Rochefort) le rappelle : chez lui, un projet de construction d’un nouvel établissement reste en suspens depuis 2018, alors qu’il nécessiterait une enveloppe de 400 millions d’euros. Son établissement a déclenché le plan blanc [un dispositif de crise] dès le 21 juin, en raison de grandes tensions sur les lits d’hospitalisation. Mercredi 24 juin au matin, aucun lit n’était libre.

A tous les étages de l’hôpital, l’inquiétude reste forte quant aux conditions de prise en charge, avec des patients dont l’hospitalisation se révèle parfois une souffrance. Entre telle patiente qui peine à se remettre de sa chirurgie dans ces températures extrêmes, tels parents qui apportent des ventilateurs de leur domicile pour équiper la chambre de leur enfant, ou encore telle femme enceinte qui part à la maternité en y emmenant sa « petite clim »… Les anecdotes, échangées entre soignants, impuissants, en disent long.
Le constat est connu : avec de nombreux bâtiments remontant aux années 1960 ou 1970, le parc hospitalier doit faire avec des locaux souvent pas (ou très mal) isolés – ni contre la chaleur ni contre le froid. Souvent, au sein d’un même établissement, plusieurs configurations cohabitent, avec une part de bâtiments reconstruits, raccordés au réseau de froid et/ou climatisés, où l’on installe prioritairement des patients vulnérables et des activités sensibles (blocs opératoires, imagerie, réanimation) ; une autre, avec des locaux plus vétustes, où l’on déploie, au cas par cas, les équipements disponibles (ventilateurs, climatiseurs…).
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Du côté de la Fédération hospitalière de France, lobby des hôpitaux publics, on le martèle : « Cela suffit de se retrouver toujours avec les mêmes constats, avec de nombreuses équipes obligées d’exercer dans des bouilloires thermiques : il faut lancer un plan d’urgence pour le bâti, défend Zaynab Riet, déléguée générale. L’idée n’est pas de climatiser tout l’hôpital, ce n’est ni possible ni souhaitable, mais d’accélérer les opérations de travaux de rafraîchissement des locaux, d’isolation des façades… » A ce jour, la fédération estime que, pour réussir une véritable adaptation, il faudrait que les hôpitaux puissent investir 7 % de leur budget, au lieu des 5 % atteints actuellement. Le 19 mai, la ministre de la santé, Stéphanie Rist, annonçait une enveloppe de 6 milliards d’euros sur dix ans, pour soutenir les projets d’investissements en région. Sur cette somme, 300 millions d’euros devaient être consacrés à l’adaptation au changement climatique ; une enveloppe que Mme Rist a promis de doubler, mercredi.
Aux urgences de Toulouse, comme à celles de Montauban (Tarn-et-Garonne), des territoires habitués à voir les températures flamber, on fait état d’un environnement de travail plus favorable. « Même si notre bâtiment est ancien, nous avons la chance, aux urgences, d’être bien climatisés, estime Hélène Pizzut, cheffe de service au centre hospitalier de Montauban. Et c’est la même chose pour notre unité d’hospitalisation de courte durée, où les patients peuvent rester de quelques heures à quelques jours. »
Besoins différents selon les secteurs
A Marseille, la climatisation est présente dans tous les lieux d’accueil des patients, décrit-on à la direction de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), parfois avec des climatisations mobiles pour certaines salles d’attente et de consultation. « L’enjeu, c’est aussi de sécuriser techniquement les équipements électriques, car quand la canicule est là, le risque de panne existe. » Cela s’est confirmé mercredi matin, avec le « groupe froid » de l’hôpital Nord, qui a lâché. Cela n’empêche pas la nécessité de mener de grands travaux : l’AP-HM a prévu de réhabiliter la moitié de son patrimoine foncier, pour mieux l’isoler et pour qu’il soit moins consommateur d’énergie, à l’horizon 2030.

A chaque secteur ses particularités. « En psychiatrie, nos patients sont plus mobiles et autonomes qu’en médecine ou en chirurgie. On peut climatiser ou rafraîchir des espaces plus restreints, où ils peuvent au moins passer la journée », explique Maxime Morin, directeur du Centre hospitalier spécialisé de la Savoie. D’un autre côté, la chaleur influe négativement sur la santé mentale, engendre des décompensations, tandis que les traitements psychotropes doivent bien souvent être adaptés. Arrivé il y a un peu plus d’un an à la tête de la structure, Maxime Morin a lancé des travaux de rénovation immédiatement pour mettre en place un système de rafraîchissement des pièces communes et des couloirs, effectif aujourd’hui dans la moitié des unités d’hospitalisation. Avec ce même dilemme : financer des « aménagements »rapides ou des « grands travaux », plus structurels et coûteux, à plus long terme. « Nous avons de grands projets de refroidissement à trois ou quatre ans, mais on ne pouvait pas attendre. Il faut le dire : on bute clairement sur la question des moyens. »
Mise à jour mercredi 24 juin à 21 heures : ajout des propos de la ministre de la santé, Stéphanie Rist, au « 20 heures » de France 2.