Mathieu Plane : « Un feu de forêt, s’il se prolonge, s’il est de grande ampleur, va avoir des effets sur l’économie »
Publié le lundi 27 juillet 2026 à 07:45 https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-lundi-27-juillet-2026-5784343?at_medium=newsletter&at_campaign=inter_quoti_edito&at_chaine=france_inter&at_date=2026-07-27&at_position=2
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Provenant du podcast
L’invité de 7h50
Mathieu Plane, économiste et directeur adjoint du département Analyse et Prévision de l’OFCE, est l’invité d’Alexis Morel.
Avec
- Mathieu PlaneÉconomiste, directeur adjoint du département analyse et prévision de l’OFCE
Les conséquences économiques des phénomènes extrêmes liés au changement climatique sont encore assez mal évaluées, explique l’économiste Mathieu Plane. « Souvent, les économistes se sont plutôt attardés à regarder leurs effets à moyen ou long terme. Or, aujourd’hui on voit qu’on a plutôt des effets à court terme aussi, c’est-à-dire conjoncturels. Une canicule ou un feu de forêt, s’il se prolonge, s’il est de grande ampleur, va avoir des effets sur l’économie, que ce soit sur les infrastructures, sur les rendements agricoles, sur le tourisme », liste le directeur adjoint du département Analyse et Prévision de l’OFCE.
Changer de braquet ?
« Jusqu’à présent, on considérait que c’était des épisodes un peu isolés, indique Mathieu Plane. À partir du moment où ils deviennent récurrents chaque année, voire même des fois, plusieurs fois dans l’année, se pose la question de l’adaptation, de comment faire, comment sécuriser l’économie, comment limiter ces catastrophes et puis comment on change de braquet aussi. »
Dans ce contexte, « la grande question, c’est comment les politiques publiques vont pouvoir réagir parce qu’il ne faut pas oublier que le gouvernement est quand même très embêté dans cette affaire, parce que la réalité c’est que les marges de manœuvre budgétaires sont très limitées, et donc plus le choc dure, plus le gouvernement va devoir intervenir« , projette Mathieu Plane.
L’impact de la guerre
« On a déjà eu un premier trimestre qui n’a pas été bon, on a eu une croissance négative à – 0,1 %, et le deuxième trimestre est quand même très marqué par l’impact de la guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz« , rappelle l’économiste. « La question qui se pose, c’est est-ce que, dans les prochains mois, on est sur un scénario avec un pétrole à 100 dollars ou au-delà, ou est-ce que ça va durer quelques jours ou quelques semaines, puis ça va rebaisser ? Et dans ces cas-là, vous n’avez pas du tout les mêmes effets de diffusion, c’est-à-dire que si vous avez un choc qui est important, mais temporaire, finalement, l’effet de diffusion va être limité. Par contre, s’il est durable, alors à ce moment-là, il va se transmettre au reste de l’économie, donc au secteur industriel, des transports, de la chimie, bien sûr, mais aussi des services, et puis après se posera la question des négociations salariales. »