Allergies: la chaleur et la pollution augmentent la sensibilité dans la population »
Date de publication : 17 juin 2026 Temps de lecture: 3 min

Delphine Roucaute observe dans Le Monde que « le nouvel épisode de chaleur qui frappe la France s’accompagne d’un concert d’éternuements et de reniflements. Les fortes températures […] créent en effet des conditions favorables à l’émission et à la dispersion de fortes quantités de pollens, alors que la saison des graminées bat son plein ».
« Présents dans l’air de fin avril à début septembre, les pollens de graminées sont connus pour être particulièrement allergisants, provoquant rhinites, conjonctivites et crises d’asthme, dans le pire des cas », rappelle la journaliste.
Laurent Guilleminault, allergologue au CHU de Toulouse et vice-président de la Société française d’allergologie, indique ainsi que « nous avons plus de demandes que d’habitude à l’hôpital ».
Delphine Roucaute note que « la période la plus compliquée devrait durer jusqu’à la mi-juillet pour les personnes sensibles à ce pollen, néanmoins le pic semble passé, avec un léger reflux des recours aux urgences et à SOS-Médecins lors de la première semaine de juin ».
La journaliste explique qu’« en juillet, c’est l’ambroisie qui prendra le relais. Particulièrement présente en Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté et Nouvelle-Aquitaine, cette plante envahissante s’étend peu à peu sur tout le territoire ».
Delphine Roucaute souligne ainsi que « les allergies respiratoires sont en augmentation depuis plusieurs dizaines d’années, aussi bien en France que dans le monde. Si peu d’études épidémiologiques existent, les experts s’accordent sur le fait que de 25% à 30% de la population européenne souffre de rhinites tous les ans ».
« En 2022, la cohorte française Constances a confirmé que 28% des participants étaient atteints par cette inflammation des muqueuses nasales provoquée par une réaction excessive du système immunitaire face à un allergène. Des chiffres que les spécialistes s’attendent à voir grimper dans les années à venir », continue la journaliste.
Elle indique que « les allergies respiratoires, comme les allergies en général, ont une dimension génétique. On estime que le fait d’avoir un parent allergique augmente de 20% à 25% le risque de développer une allergie ».
Le Pr Guilleminault souligne que « cela n’explique pas l’augmentation de la prévalence depuis 50 ans, donc il y a forcément une dimension environnementale ».
Delphine Roucaute note ainsi que « l’une des pistes privilégiées par les allergologues est l’hypothèse hygiéniste, selon laquelle l’aseptisation de l’environnement causée par le mode de vie occidental réduit la diversité des allergènes auxquels nous sommes confrontés, et abaisse d’autant la tolérance du système immunitaire vis-à-vis de ces substances exogènes ».
« Cette hypothèse va de pair avec les découvertes récentes sur le microbiome, […] dont le déséquilibre peut entraîner toutes sortes de pathologies. […] L’augmentation généralisée des températures a pour conséquence d’allonger la période de pollinisation des plantes », ajoute la journaliste.
Elle note également que « le lien entre la pollution de l’air à l’ozone et l’asthme a été clairement démontré, ce polluant atmosphérique favorisant à la fois le développement de la maladie et la survenue de crises lors de pics de pollution ».
Delphine Roucaute explique enfin que « les antihistaminiques de deuxième génération agissent tous de la même façon, bloquant certains récepteurs de l’histamine et l’empêchant ainsi de se lier et de provoquer des réactions allergiques. Quand ils ne suffisent plus à contrôler les symptômes, la seule solution reste la désensibilisation ».
Minaxi Patel, allergologue au CHU d’Orléans, précise toutefois : « Les patients souhaitent nous voir quand ça ne va pas, alors que la désensibilisation se fait plutôt hors saison. […] Il faut en général 7 ans aux personnes souffrant de rhinite allergique pour arriver en consultation allergologique ».