Aluminium dans les vaccins : une revue systématique rassure
Dr Roseline Peluchon
Une revue systématique publiée dans le BMJ portant sur 59 études confirme l’absence d’association causale entre les vaccins contenant de l’aluminium et toute maladie chronique grave.
Introduits en 1926, les sels d’aluminium sont les adjuvants vaccinaux les plus utilisés au monde, présents dans de nombreux vaccins (diphtérie, tétanos, hépatites, HPV, etc). Ils permettent de réduire la quantité d’antigènes et le nombre d’injections nécessaires. Malgré des décennies de surveillance, des interrogations persistent sur leurs effets à long terme, alimentées par diverses publications.
Une revue systématique fait le point et vient d’être publiée dans le British Medical Journal. Elle porte sur 59 études (37 séries de cas, 11 essais cliniques randomisés, 9 études de cohorte et 2 études écologiques). Les troubles étudiés incluent l’autisme, l’asthme, les maladies auto-immunes, les douleurs musculaires, les céphalées ou la myofasciite à macrophage.
Pas d’association causale pour les maladies chroniques sévères
L’analyse des données les plus solides provenant de grandes cohortes danoises et américaines, ainsi que d’essais contrôlés, ne met pas en évidence d’association causale entre les vaccins contenant de l’aluminium et des maladies chroniques graves telles que les troubles du spectre de l’autisme, le diabète de type 1, l’asthme ou les maladies auto-immunes.
Concernant l’autisme, une cohorte danoise portant sur 1,2 million d’enfants ne retrouve aucune augmentation du risque de troubles du neurodéveloppement ni d’autisme liée à l’exposition cumulée à l’aluminium des vaccins. Deux études écologiques anciennes avaient observé des corrélations statistiques, mais elles présentaient d’importantes limites méthodologiques.
Pour l’asthme et d’autres maladies chroniques, certaines études rapportent de faibles associations, non reproduites dans des études plus robustes. Les résultats des grandes cohortes danoises et américaines sont rassurants.
Quant à la myofasciite à macrophages, les études disponibles portaient majoritairement sur des patients biopsiés pour symptômes musculosquelettiques après vaccination, introduisant un biais de sélection majeur ; elles étaient par ailleurs de petite taille et méthodologiquement limitées, ne permettant pas d’établir un lien causal avec des symptômes systémiques chroniques. Concernant les effets indésirables systémiques plus courants, les essais contrôlés randomisés de haute qualité ne montrent pas de risque accru de myalgies ou de céphalées après un vaccin contenant de l’aluminium ; lorsque des différences sont observées, elles restent faibles et d’intensité légère à modérée.
Des réactions locales bénignes, rares et résolutives
Les seuls effets significativement associés aux vaccins contenant de l’aluminium sont des réactions locales bénignes : nodules persistants, granulomes ou démangeaisons au point d’injection. Ces réactions sont présentes dans moins de 1 % des cas, le plus souvent limitées à la zone d’injection et de pronostic spontanément favorable dans la grande majorité des cas.
En conclusion, cette synthèse des données humaines confirme les données des bases de vaccinovigilance : les données de haute qualité (essais contrôlés randomisés et grandes cohortes) ne soutiennent pas l’idée que les sels d’aluminium dans les vaccins provoquent des maladies graves ou des effets à long terme, tandis que les études aux conclusions plus alarmistes sont majoritairement de faible niveau de certitude. Les auteurs soulignent toutefois que certains points mériteraient encore des recherches de meilleure qualité méthodologique afin d’être totalement convaincants.