72 % de l’espace terrestre français reste exposé à des niveaux de pollution lumineuse élevés en cœur de nuit ce qui détériore la santé des espèces sauvages

La pollution lumineuse détériore la santé des espèces sauvages

Biodiversité  |  07.05.2026  |https://www.actu-environnement.com/ae/news/etude-cnrs-impact-pollution-lumineuse-sante-crapaud-47975.php4#xtor=EPR-50

  F. Roussel

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La pollution lumineuse détériore la santé des espèces sauvages

© Claire Haskins

Malgré des politiques d’économie d’énergie ayant conduit à diminuer l’éclairage nocturnedans plusieurs communes, 72 % de l’espace terrestre français reste exposé à des niveaux de pollution lumineuse élevés en cœur de nuit, selon les derniers chiffres du Service des données et études statistiques. Une pollution qui n’est pas sans conséquence sur la faune sauvage, comme le démontre une nouvelle étude du CNRS.

Pour les êtres vivants, la lumière est en effet un signal primordial de synchronisation des activités biologiques, en influençant les comportements (activité, orientation, migration, etc.) et le fonctionnement de l’organisme (hormones, immunité, etc.). Une équipe du Laboratoire d’écologie des hydrosystèmes naturels et anthropisés (LEHNA – CNRS / Ecole Nationale des Travaux publics d’Etat / Lyon 1 Université) a mené une étude inédite (1) afin d’évaluer si les effets de la pollution lumineuse sur l’immunité, démontrés jusqu’ici expérimentalement, sont observables chez une espèce sauvage en milieu naturel.

Les chercheurs ont choisi d’étudier quinze populations naturelles de crapaud commun (Bufo Bufo) autour de la métropole de Lyon. « Les résultats montrent que les crapauds des sites les plus exposés à la pollution lumineuse se sont avérés en moins bonne condition physique, bien plus petits et légers, que ceux des sites sombres », résument les chercheurs dans un communiqué. Cela s’explique par une activité nocturne réduite pour les crapaud exposés, ce qui perturbe leurs capacités de chasse, donc probablement leur aptitude à s’alimenter correctement. « Des différences immunitaires ont aussi été observées entre les crapauds des différentes populations, davantage liées à l’urbanisation autour des sites qu’aux effets de la pollution lumineuse seule », font remarquer également les chercheurs qui soulignent la nécessité de mener davantage de recherches sur les effets de la pollution lumineuse nocturne en conditions d’exposition naturelles.1. Cheynel, L., Dumet, A., Gilot-Fromont, E., Régis, C., Ramery, E., Gardette, V., Rey, B., Lengagne, T., & Mondy, N. (2025). Does nocturnal light pollution impair immune function in a wild-living amphibian? Functional Ecology, publié le 4 décembre 2025
https://besjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/1365-2435.70212

Florence Roussel, journaliste
Directrice de la rédaction et rédactrice en Chef d’Actu-Environnement

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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