Les jeunes, les diplômés et les habitants des grandes villes recourent davantage aux téléconsultations

DREES Février 2026

https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2026-02/ER1366_Téléconsultations.pdf

En 2024, 15 % des personnes de 18 ans ou plus déclarent avoir recouru au moins une fois à la téléconsultation au cours des douze derniers mois. Plus on est jeune, plus on est diplômé, plus on a recours à la téléconsultation. Les personnes de moins de 45 ans y recourent quatre fois plus souvent que les personnes âgées de 60 ans ou plus, et les diplômés du supérieur, en moyenne, deux fois plus souvent que les personnes titulaires d’un CAP ou d’un BEP. 43 % des personnes déclarent téléconsulter en raison des délais d’attente trop longs pour un rendez-vous en cabinet, 33 % pour une consultation en urgence et 20 % pour renouveler une ordonnance ou un certificat médical.

En 2023, la grande majorité des enquêtés du Baromètre d’opinion de la Drees (73 %) estiment que les téléconsultations sont un moyen de lutter contre les déserts médicaux. La téléconsultation n’est pourtant pas perçue que d’un œil favorable : plus de huit personnes sur dix considèrent qu’elle déshumanise la relation entre le patient et le médecin et plus de six sur dix qu’elle augmente le risque de fuite de données personnelles de santé.

Enfin, 42 % de la population estime que la téléconsultation devrait être autorisée uniquement avec son médecin traitant et 31 % avec des médecins que le patient a déjà vus.

https://environnementsantepolitique.fr/2025/06/25/teleconsultations-il-faut-sinterroger-sur-les-avantages-et-les-inconvenients-de-leur-mise-en-oeuvre-au-quotidien/

https://environnementsantepolitique.fr/2026/01/27/les-teleconsultations-plutot-que-de-reguler-les-installations/

Des cabines de téléconsultation d’un nouveau genre sont déployées dans le Tarn https://environnementsantepolitique.fr/2026/03/11/72425/

https://environnementsantepolitique.fr/2026/02/19/des-teleconsultations-dans-un-medicobus-avec-des-infirmieres-dans-le-loiret-a-darvoy/

https://environnementsantepolitique.fr/2026/02/12/sans-le-lot-les-pharmaciens-sinterrogent-sur-lefficacite-des-cabines-de-consultation/

https://environnementsantepolitique.fr/2026/01/27/les-teleconsultations-plutot-que-de-reguler-les-installations/

https://environnementsantepolitique.fr/2025/06/25/teleconsultations-il-faut-sinterroger-sur-les-avantages-et-les-inconvenients-de-leur-mise-en-oeuvre-au-quotidien/

https://environnementsantepolitique.fr/2025/04/22/pour-une-plateforme-de-teleconsultation-francaise-cest-une-premiere-depuis-le-25-mars-dernier-livi-est-accessible-24-heures-sur-24-7-jours-sur-7/

https://environnementsantepolitique.fr/2025/04/09/pour-la-cour-des-comptes-il-y-a-un-usage-insuffisant-des-teleconsultations/

Haro sur les cabines de consultation qui pullulent https://environnementsantepolitique.fr/2023/12/13/48216/

https://environnementsantepolitique.fr/2023/12/04/mg-france-denonce-les-effets-negatifs-des-teleconsultations-hors-sol-communique/

https://environnementsantepolitique.fr/2023/11/24/non-aux-machines-informatiques-pour-remplacer-les-medecins/

https://environnementsantepolitique.fr/2023/07/21/les-recommandations-de-la-mission-flash-relative-aux-teleconsultations-par-abonnement-rendues-publiques-devant-la-commission-des-affaires-sociales-de-lassemblee-nationale-mercr/

https://environnementsantepolitique.fr/2023/06/24/un-collectif-denonce-la-marchandisation-de-la-sante-derniers-exemples-des-cabines-de-tele-medecine-les-gares-des-tele-consultations-avec-des-infirmieres/

Commentaire Dr Jean SCHEFFER

Il ne faut pas perdre de vue que ces plates-formes qui commercialisent les cabines de consultation et services attenants sont un des modes de financiarisation de l’accès aux soins déjà présent dans les chaines de laboratoires, de centres dentaires, d’ophtalmologie, de centres de soins non programmés, financés par de l’argent public et qui le plus souvent ne répondent pas aux besoins les plus criants.

Si 73 % des enquêtés estiment que les téléconsultations sont un moyen de lutter contre les déserts médicaux, la téléconsultation n’est pourtant pas perçue que d’un œil favorable et plus de huit personnes sur dix considèrent qu’elle déshumanise la relation entre le patient et le médecin et plus de six sur dix qu’elle augmente le risque de fuite de données personnelles de santé. 

Plus des deux-tiers invoquent le souhait de se rendre sur place pour consulter un médecin plutôt que de le faire virtuellement.

Contrairement à Gilbert Hangard (voir ci-dessous), je ne pense pas que la téléconsultation soit « un véritable service public de proximité, humain et sécurisé ».

Je pense que c’est une façon de camoufler, l’absence de volonté politique de tous les gouvernements depuis 20 ans, de réguler les installations des généralistes et des spécialites. C’est une façon de faire ignorer à tout un chacun l’échec des mesures mises en oeuvre par les gouvernements Macron, et en particulier les deux dernières, celle du gouvernement Bayrou avec l’échec des « missions de solidarité territoriale » et celle du gouvernement de Sébastien Lecornu avec son réseau « France Santé » qui ne fait que rebaptiser des structures existantes.

La preuve des ces échecs retentissants est apportée par le dernier rapport de Conseil National de l’Ordre des Médecins, qui démontre que malgré l’augmentation du nombre de généralistes depuis deux ans, les inégalités d’accès aux généralistes continuent à augmenter (https://environnementsantepolitique.fr/2026/04/06/une-progression-des-inegalites-dacces-aux-soins/)

Commentaire Gilbert Hangard (Elus Santé Publique et Territoires)

Déserts médicaux : la téléconsultation, une solution « urbaine » qui doit encore conquérir nos territoires ?


La dernière étude de la Drees (février 2026) vient de paraître et elle interpelle directement nos politiques publiques de santé locale.
Alors que 73% des Français voient dans la téléconsultation un levier majeur pour lutter contre les déserts médicaux, les chiffres révèlent un paradoxe territorial frappant : ce sont les habitants des grands centres urbains qui y ont le plus recours (21%) contre seulement 9% à 10% dans les zones rurales.
Pourquoi ce décalage et comment agir en tant qu’élus ?
L’étude souligne trois freins sur lesquels les collectivités locales ont un rôle pivot :
L’accompagnement au numérique : 21% des plus de 75 ans et 17% des non-diplômés ne téléconsultent pas par manque d’aisance avec les outils informatiques. Nos CCAS et maisons de services publics sont en première ligne pour briser cet « illectronisme » de santé.
L’équipement des territoires : Le manque de matériel adapté reste un obstacle pour les populations les plus fragiles. Le déploiement de bornes ou cabines de téléconsultation dans nos communes rurales peut répondre à l’urgence (citée par 33% des usagers).
La proximité du soin : 42% des Français souhaitent que la téléconsultation reste liée à leur médecin traitant. Soutenir nos structures locales (CPTS, Maisons de Santé Pluriprofessionnelles) pour qu’elles intègrent ce mode de consultation est essentiel pour maintenir le lien humain, jugé menacé par 85% des non-utilisateurs.
Le chiffre à retenir : Dans les communes « sous-dotées » en médecins, la demande est là. Les délais d’attente trop longs y sont la première motivation de recours pour 52% des patients.
En tant qu’élus, notre défi est de transformer cet outil technologique en un véritable service public de proximité, humain et sécurisé.
Source : Drees, Études et Résultats n° 1366, « Les jeunes, les diplômés et les habitants des grandes villes recourent davantage aux téléconsultations », février 2026.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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