Surexposition au cadmium : l’Anses pousse à revoir les pratiques agricoles
Par Caroline Coq-Chodorge
Céréales, pommes de terre, légumes : les produits alimentaires de base sont imprégnés de cadmium, un métal lourd. La population française est largement touchée, en particulier les enfants. Pour l’Anses, il faut réduire drastiquement la concentration en cadmium des engrais phosphatés.
Les études scientifiques s’accumulent et attestent d’une très forte imprégnation de la population française au cadmium, un métal lourd. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) s’est « autosaisie » du sujet et a rendu, mercredi 25 mars 2026, un nouveau rapport d’expertise ainsi qu’un avis qui acte « la nécessité de réduire les sources d’exposition ».
Les Français et les Françaises sont en effet surexposé·es. En 2021, l’étude « Estaban » de Santé publique France a déterminé que 47,6 % de la population générale adulte (18-60 ans) dépasse le niveau « critique » de concentration urinaire de cadmium. Ce niveau d’imprégnation de la population est en hausse par rapport à de précédentes études. Et il est trois à quatre fois supérieur à celui constaté « dans d’autres pays nord-américains et européens ».

Pulvérisateur d’engrais dans un champs dans le Tarn, en février 2025. © Photo Lydie Lecarpentier / Rea
Les données sont plus alarmantes encore chez les enfants, selon plusieurs études sur l’alimentation totale de l’Anses (2011, 2016 et 2026). Elles montrent qu’« une part des adultes et des enfants est exposée au cadmium au-delà de la dose journalière tolérable » : 0,6 % des adultes, 14 % des enfants de 3 à 17 ans, et jusqu’à 36 % des enfants de moins de 3 ans.
La situation est pour le moins « préoccupante », euphémise l’Anses. Car le cadmium est un toxique qui s’accumule dans l’organisme. Sa demi-vie est longue : il faut dix à trente ans pour que la moitié des atomes du cadmium se désintègrent naturellement. Et plus la dose accumulée est forte, plus les effets néfastes sur la santé sont graves et nombreux.
Cancers, ostéoporose
Le cadmium est une substance cancérogène certaine pour les cancers du sein et du poumon, suspecté pour les cancers hormono-dépendants, des testicules, de la prostate, du rein, ou encore du pancréas. Il est aussi la cause de maladies cardiovasculaires et de troubles neurodéveloppementaux.
Le système osseux est particulièrement ciblé. Une étude a montré qu’en France, en Belgique et en Espagne, « environ 23 % des cas d’ostéoporose chez la femme sont attribuables à cette exposition, avec une projection pouvant aller jusqu’à 34 % de femmes affectées d’ici à 2040 si les niveaux d’exposition ne diminuent pas », insiste l’Anses.
Le cadmium est un métal lourd naturellement présent dans les sols, l’air, les eaux et les sédiments. Mais l’activité humaine multiplie les apports. Parmi les sources de pollution se trouvent l’industrie chimique, la métallurgie, la combustion du charbon ou des produits pétroliers, l’exploitation minière, l’incinération des déchets, ou encore la production d’engrais ou de batteries. Des actions ont été prises, se félicite l’Anses : « Ces dernières décennies, en Europe et en France », il y a eu « un renforcement des obligations réglementaires ».
Les normes sont au contraire très lâches voire inexistantes dans l’agriculture, qui est la principale source d’apport de cadmium, à travers les engrais phosphatés et « les effluents d’élevage, boues et autres bio-solides ». L’agriculture biologique est tout aussi exposée, car son cahier des charges autorise certains engrais phosphatés et ne pose pas de limite à l’apport en cadmium.
Il n’existe pas de menu type permettant de se protéger de l’exposition au cadmium.
Le cadmium s’infiltre ainsi dans les sols et pénètre dans les végétaux destinés à l’alimentation, qui est la « source majeure de l’imprégnation humaine au cadmium tout au long de la vie », insiste l’Anses. C’est particulièrement le cas pour « les enfants de moins de 12 mois », qui ont aussi été exposés in utero. « L’exposition prénatale constitue une fenêtre de sensibilité particulière vis-à-vis des effets sur le développement », insiste l’agence. Chez les enfants âgés de plus de 12 mois jusqu’à 17 ans et les adultes non fumeurs, l’alimentation est aussi la source principale, qui explique « jusqu’à 98 % de l’imprégnation au cadmium ».
Les personnes fumeuses cumulent les risques : le tabac est une plante très gourmande en phosphates, l’inhalation de sa fumée est un apport très important de cadmium. Chez les 45-64 ans, le tabagisme peut « représenter jusqu’à 43 % de l’imprégnation » des fumeurs et des fumeuses.
Agir sur les sols
En se fondant sur cette expertise, l’Anses avance des pistes d’action. L’une d’elles est simple : accroître encore les politiques de lutte contre le tabac. Du côté de l’alimentation, il est impossible de se passer des principaux produits contaminés : les pommes de terre, les produits céréaliers (céréales, pains, pâtes, riz et blé raffinés, viennoiseries, pâtisseries, gâteaux et biscuits sucrés, etc.), ainsi que d’autres légumes.
« Il n’est pas pertinent de formuler des recommandations en termes de choix individuels et de fréquence de consommation des aliments concernés », indique l’Anses. Autrement dit : il n’existe pas de menu type permettant de se protéger de l’exposition au cadmium.
Il faut donc agir, au plus vite, aux « sources de contamination des aliments identifiés comme contributeurs au cours de la vie », et elles se trouvent « dans les sols ». L’évolution des pratiques agricoles est un « levier majeur » pour diminuer l’exposition au cadmium de la population française.
Théoriquement, il existe une limite réglementaire d’apport en cadmium dans les engrais : de 90 milligrammes (mg) par kilogramme. Mais la France est moins-disante par rapport à l’Union européenne qui a fixé une limite de 60 mg par kilogramme. Pour l’Anses, la limite devrait être « inférieure ou égale à 20 mg »par kilogramme. Cet objectif est aujourd’hui illusoire, puisqu’il n’existe « aucune base de données officielle sur la concentration en cadmium dans les engrais minéraux phosphatés commercialisés en France ».
« Cadmium : le ministère de l’Agriculture va limiter sa présence dans les engrais pour diminuer la pollution des sols »
Date de publication : 26 mars 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=6f5513a006d4b0fbbf33203b0643e254&midn=23567&from=newsletter
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Le Figaro fait savoir qu’« alors que l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a qualifié hier de «préoccupante» l’imprégnation des Français en cadmium, un métal lourd omniprésent dans l’environnement, le ministère de l’Agriculture a annoncé qu’il allait abaisser les limites maximales autorisées dans les engrais ».
Le journal note ainsi qu’« un décret et un arrêté destinés à «uniformiser et renforcer l’encadrement de l’innocuité des matières fertilisantes et des supports de culture» doivent être publiés après l’avis du Conseil d’État, attendu «d’ici avril» ».
Le quotidien ajoute que « ces textes rejoignent «les recommandations de l’Anses relatives à l’abaissement des apports en cadmium» avec «une trajectoire de diminution» retenue par le gouvernement «à la fois exigeante et réaliste», souligne-t-on au ministère ».
Le Figaro relève que « le ministère a précisé que la diminution serait progressive, passant «de 90 milligrammes par kilogramme actuellement à 60 mg/kg en 2027, 40 mg/kg en 2030 et 20 mg/kg après une étude d’impact favorable et avant 2038» ».
Le journal souligne que « la baisse envisagée, très progressive, est loin des recommandations d’urgence de l’agence sanitaire au regard de la confirmation d’une surexposition des Français, l’alimentation générant jusqu’à 98% de l’imprégnation au cadmium des non-fumeurs ».
« Le ministère de l’Agriculture estime que sa trajectoire de baisse «permet aux professionnels de se projeter pour faire évoluer de façon pérenne leurs pratiques». En outre, il indique conduire chaque année des plans de surveillance et de contrôle dans les denrées alimentaires », note le quotidien.
Le ministère observe ainsi que « ces dernières années, les résultats de contrôles montrent une conformité à plus de 99,5% des denrées ».
Libération titre pour sa part : « Surexposition des Français au cadmium : «La purée de pommes de terre tous les jours aux petits, c’est non» ».
Camélia Paugam explique qu’« il existe […] des leviers pour se prémunir – un peu – d’une exposition excessive au cadmium dans l’assiette », et « fait le point » avec Pierre Souvet, cardiologue, président de l’Association santé environnement santé France (Asef).
La journaliste indique notamment : « En tête des suspects, le chocolat sud-américain, identifié il y a plusieurs mois par l’UFC-Que choisir comme source importante de cadmium. Dans ce cas précis, relève Pierre Sauvet, «le sol est naturellement riche en cadmium dans ces pays». Sur la liste de courses, mieux vaut également biffer les produits à base de blé ».
Camélia Paugam note que « dans son «Kit cadmium : comment réduire son exposition ?» le site de l’Asef invite ainsi à lever le pied au petit-déjeuner sur les biscuits, les pains au lait, les brioches et autres viennoiseries.
Pour le goûter, barres de céréales, snacks salés et sucrés, sont à éviter. Au déjeuner et au dîner, si on peut se passer de pâtes, de riz, de pain, de pizza et d’huile d’arachide, ce n’est pas plus mal ».
« Autre aliment de base à bouder… La pomme de terre. Au revoir, chips, frites, gnocchis. Quant à «la purée donnée tous les jours aux petits, c’est non», tranche Pierre Souvet. En outre, certains légumes concentrent davantage le cadmium, ceux dits «à feuilles», comme la salade et les épinards. Les champignons, en grande quantité, sont également déconseillés », continue la journaliste.
Elle ajoute : « Pois chiches ou cassés, lentilles, haricots secs, fèves, soja… Pour tenter d’oublier les féculents, l’Asef encourage à consommer des légumineuses, riches en protéines. La polenta, le quinoa, le sarrasin sont aussi à privilégier, tout comme la patate douce, en petite quantité ».
Surexposition au cadmium : les autorités sanitaires exhortent le gouvernement français à agir en urgence
Dans un rapport publié mercredi 25 mars, l’Agence nationale de sécurité sanitaire recommande de réduire drastiquement les teneurs de ce métal cancérogène dans les engrais phosphatés et de limiter la consommation de céréales, de pains ou de pâtes.

Il faut prendre des mesures immédiates pour réduire l’exposition des Français au cadmium par l’alimentation : après les médecins libéraux en juin 2025, c’est au tour de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) de donner l’alerte. Dans un rapport publié mercredi 25 mars, elle confirme qu’une « part significative » de la population française est imprégnéeà des niveaux « préoccupants ».
L’Anses exhorte le gouvernement à « agir à la source » en abaissant « dès que possible » les valeurs limites en cadmium pour les matières fertilisantes, et tout particulièrement les engrais phosphatés, dont l’agriculture française est friande. C’est la seule action à même de maîtriser la pollution des sols agricoles, la contamination des aliments et, donc, de diminuer, à terme, l’imprégnation de la population, martèle l’autorité de santé, qui documente la « surexposition » des Français au cadmium depuis maintenant quinze ans.
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« Si les niveaux d’exposition actuels se maintiennent et qu’aucune action n’est mise en place, des effets néfastes à terme sont probables pour une part croissante de la population », prévient Géraldine Carne, la coordinatrice de l’expertise de l’Anses. Le cadmium est un métal lourd, classé depuis 2012 cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction. Il est « suspecté » notamment, depuis 2021 par Santé publique France, de « jouer un rôle dans l’accroissement majeur et extrêmement préoccupant de l’incidence du cancer du pancréas ».
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Le cadmium, qui s’accumule dans les reins et le foie, est également associé à un risque accru de cancers du rein, du poumon, de la prostate ou encore du sein. Il a des effets rénaux, cardio-vasculaires, neurodéveloppementaux. En se fixant sur les os, il favorise également l’ostéoporose. En France, plus d’un tiers des cas d’ostéoporose chez les femmes de plus de 55 ans pourrait être attribuable à l’exposition au cadmium d’ici à 2040 avec des coûts (associés aux fractures liées à la maladie) estimés à 2,6 milliards d’euros. « Ces résultats montrent l’importance de réduire l’exposition au cadmium, particulièrement en France, où les impacts sanitaires et les coûts associés sont majeurs », commente l’Anses.
Imprégnation dès le plus jeune âge
Etude après étude, la situation ne cesse de se dégrader. « Les données les plus récentes témoignent d’une situation préoccupante », répète l’Anses. La dernière grande enquête nationale de biosurveillance, Esteban, publiée en 2021 par Santé publique France, révélait des taux d’imprégnation qui avaient presque doublé en dix ans, et une singularité française avec des niveaux de trois à quatre fois supérieurs à ceux qui sont observés dans d’autres pays européens ou d’Amérique du Nord.
Ainsi, près de la moitié de la population (47,6 %) présentait des taux de cadmium dans les urines dépassant le seuil de concentration critique, fixé à 0,5 microgramme par gramme de créatinine. Cette valeur toxique de référence ayant été élaborée, en 2019, pour une imprégnation à ne pas dépasser à l’âge de 60 ans, l’Anses a déterminé des valeurs par tranche d’âge. Les modélisations pour l’année 2025 font apparaître des niveaux d’imprégnation très importants dès le plus jeune âge, avec 100 % de dépassements pour les enfants de 2 à 3 ans, ou encore 59 % pour les 45-64 ans, hors fumeurs (le tabac est une source supplémentaire d’exposition).
Pour la première fois, l’Anses a évalué l’ensemble des sources d’exposition possibles : alimentation, tabagisme, pollution industrielle, produits cosmétiques. Les résultats confirment que l’alimentation est, de loin, la source majeure d’exposition, jusqu’à 98 % de l’imprégnation au cadmium pour les non-fumeurs. Les aliments les plus contributeurs sont des produits de grande consommation : les denrées à base de céréales, en particulier de blé (céréales du petit déjeuner, pains, viennoiseries, pâtisseries, gâteaux et biscuits, pâtes), ainsi que les pommes de terre.
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Publiée en février, la troisième grande étude de l’alimentation totale, EAT3, montre que la proportion d’enfants de plus de 3 ans qui dépassent la dose journalière tolérable de cadmium a augmenté d’environ 8 % en une dizaine d’années, pour s’établir entre 23 % et 27 %. L’enquête relève notamment que les concentrations ont plus que triplé dans les céréales du petit déjeuner.
Aussi, l’Anses recommande de « limiter la consommation de produits à base de blé sucrés et salés tels que les céréales du petit déjeuner, les gâteaux et les biscuits », et d’« introduire plus de légumineuses comme les pois chiches dans les repas à la place des aliments à base de blé comme les pâtes ». Concernant le chocolat (en tablette), bien que le cacao puisse être fortement contaminé en cadmium, l’Anses ne préconise pas de modération : elle indique qu’il est un faible contributeur (moins de 3 % de l’exposition totale de l’alimentation).
Engrais et sols contaminés
L’Anses invite surtout le gouvernement à appliquer enfin les recommandations formulées dès 2019 : réduire drastiquement les teneurs en cadmium autorisées dans les engrais phosphatés, en abaissant la teneur maximale à 20 milligrammes par kilo (mg/kg) afin de ne pas dépasser un flux d’apport de 2 grammes de cadmium par hectare et par an, pour freiner l’accumulation du métal dans des sols agricoles fortement contaminés. Or, aujourd’hui, la teneur autorisée en France est toujours de 90 mg/kg, quand la réglementation de l’Union européenne (UE) l’a réduite de 60 mg/kg à 40 mg/kg et que certains pays, comme la Finlande, la Hongrie, la Slovaquie ou la Roumanie, appliquent déjà le seuil de 20 mg/kg, qui entrera en vigueur dans l’UE en 2035.
Un projet d’arrêté prévoyant de passer progressivement à 20 mg/kg en six ans avait été mis en consultation fin 2023, mais il n’a toujours pas été publié. Le ministère de l’agriculture n’a pas répondu à nos sollicitations. Egalement contacté, le ministère de la santé assure que le texte, porté par le ministère de l’agriculture, est toujours « en préparation ». « Les travaux de l’Anses confirment une exposition préoccupante de la population, principalement liée à l’alimentation, ce qui impose d’agir à la source », reconnaît-on au cabinet de la ministre de la santé, Stéphanie Rist.
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Le temps presse. Même si la France applique demain la réglementation européenne, les sols agricoles sont tellement contaminés qu’il faudra plusieurs dizaines d’années pour observer une baisse des concentrations en cadmium dans les aliments. L’autorité sanitaire recommande donc de recourir sans tarder à des « sources d’approvisionnement pauvres en cadmium » pour les engrais phosphatés.
Aujourd’hui, l’agriculture française s’approvisionne principalement au Maroc. Le pays possède les plus grandes réserves minières en phosphates du monde, or ses roches affichent des teneurs en cadmium qui peuvent être très élevées, jusqu’à 73 mg/kg. D’autres gisements de phosphates pauvres en cadmium sont pourtant disponibles en Finlande ou en Norvège. Autre possibilité, les procédés de décadmiation. L’Anses estime que leur mise en œuvre entraînerait des « surcoûts agricoles limités ».
Plus globalement, l’Anses promeut de « nouvelles pratiques agricoles » : l’ajustement du type de fertilisant en fonction des sols et des cultures ; des pratiques agro-environnementales mobilisant le phosphore déjà présent dans les sols, par exemple par la mise en place de couvertures végétales ; ou encore l’utilisation de variétés végétales moins accumulatrices de cadmium.
Autre anomalie révélée par le rapport de l’Anses, « aucune base de données officielle » sur la concentration en cadmium dans les engrais phosphatés commercialisés en France n’a pu être identifiée. A la lumière de son expertise, l’agence estime, enfin, que les teneurs maximales réglementaires en cadmium dans les denrées ne sont « pas suffisamment protectrices pour la santé du consommateur ». Elle recommande de les réviser à la baisse pour les aliments les plus contributeurs.