« Sans être tirés d’affaire, les hôpitaux sortent un peu la tête de l’eau »
Date de publication : 18 mars 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=280cfd61f15d6fd54b9ba8a88a5a62ff&id_newsletter=23530&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=23530&from=newsletter
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Jean Cittone remarque dans Le Figaro que « les finances des hôpitaux publics sont mauvaises. En 2024, leur déficit annuel atteignait près de 3 milliards d’euros. En 2025, il serait en baisse de 200 millions, selon les estimations de la Fédération hospitalière de France (FHF). […] Un premier signal positif, mais qui s’apparente encore à un simple pansement sur une jambe de bois, tant la situation est critique.
Le journaliste observe ainsi que « depuis plusieurs années, la FHF alerte sur cette situation, qu’elle impute à une prise en charge financière insuffisante de l’inflation et des mesures appliquées aux établissements de santé depuis la crise sanitaire, comme la revalorisation des salaires des soignants, actée par le «Ségur de la santé» ».
Jean Cittone note que « deux rapports publics – l’un de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), l’autre de l’Inspection générale des finances (IGF) – viennent de lui donner raison. Ils révèlent que l’insuffisance de l’enveloppe pour les revalorisations salariales du «Ségur» se chiffre à près d’un demi-milliard d’euros ».
Le journaliste ajoute que « le sous-financement «massif» du mécanisme du «glissement vieillesse technicité» (les variations de la masse salariale liées à l’augmentation du personnel et aux hausses de salaires) est quant à lui de 1,1 milliard d’euros «sur la seule période 2020-2024», note l’Igas ».
Il retient qu’« au total, les auteurs affirment que leurs calculs expliquent «à hauteur de 1,7 milliard d’euros la dégradation des comptes des établissements publics de santé entre 2020 et 2024 hors impact de l’inflation». À cela s’ajouterait 1,3 milliard d’euros liés à l’inflation, selon la FHF. Soit un total de 3 milliards, «ce qui correspond à peu près au déficit 2024», note Zaynab Riet, déléguée générale de la FHF ».
Jean Cittone continue : « L’amélioration du déficit de 2,9 à 2,7 milliards d’euros serait […] liée «à l’impact de la hausse d’activité et aux revalorisations ciblées demandées et obtenues par la FHF sur les activités sous-financées (réanimation, chirurgie de recours, médecine lourde, pédiatrie, soins palliatifs)», juge la fédération. Pour autant, «la situation reste très préoccupante car le niveau de déficit est élevé et le niveau de déficit cumulé s’accroît au fil des années» ».
Le journaliste relève que « le rapport Igas-IGF sur la productivité des hôpitaux publics jette […] un autre pavé dans la mare. Reconnaissant que le sous-financement des revalorisations salariales «a incontestablement contribué à la dégradation du déficit hospitalier», ce rapport estime toutefois que «des marges d’efficience sont mobilisables», avec un impact de l’ordre de 1 milliard d’euros par an ».
« La réduction du déficit des hôpitaux devrait être une priorité, «car le système hospitalier public va faire face à une hausse de ses besoins de financement», évaluée à 3 milliards d’euros par an en moyenne, ce qui «pourrait mettre en péril la continuité des prises en charge» », observe Jean Cittone.
Le journaliste indique que « ces coûts à venir sont dus à la fois à la hausse du nombre d’étudiants en médecine, mais surtout au vieillissement de la population et à la prévalence des maladies chroniques, ainsi qu’à l’instauration d’un nombre minimum de soignants par patient, prévue par la loi pour améliorer les conditions de travail et la qualité des soins ».
Dans un autre article, Jean Cittone explique en outre « comment l’AP-HP a réduit son déficit tout en augmentant ses effectifs ».
Le journaliste relève que « l’établissement public de santé a lancé en 2022 un plan ambitieux contenant 30 «leviers» pour améliorer le quotidien des soignants. Une réussite. Entre 2022 et 2025, les recrutements infirmiers ont progressé de 30% et les départs ont diminué de 30%, ce qui se traduit par la réouverture de 1000 lits ».
« Les sages-femmes et préparateurs en pharmacie sont également plus nombreux. Cerise sur le gâteau : tout en augmentant ses effectifs, l’AP-HP a diminué son déficit en 2025, notamment grâce à un gain de performance. Il faut dire que la situation de départ était peu reluisante », poursuit Jean Cittone.