Municipales 2026 à Albi : À l’inverse de leurs colistiers, les communistes albigeois appellent à voter Ferrand-Lefranc

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Publié le 18/03/2026 à 17:30
Article rédigé par Emmanuel Droillard
Les élections municipales à Albi révèlent une nouvelle fracture au sein de la gauche. Les communistes soutiennent Nathalie Ferrand-Lefranc, rompant avec leurs alliés de la liste Suarez. Un choix assumé au nom du rassemblement manqué.Résultats des élections
Une fois n’est pas coutume, les communistes albigeois ont décidé de se distinguer du reste de leur liste. Ainsi, pour ce second tour, ils appellent à voter pour Nathalie Ferrand-Lefranc. Contrairement au reste des composantes de la liste menée par Jean-Luc Suarez (PS, PRG, Place publique et le collectif Nous les Albigeois) qui se sont bien gardées de donner une consigne de vote pour le second tour, après s’être retirées lundi.
Les communistes rappellent qu’eux étaient pour une union des deux listes. « Les propositions avancées par Nathalie Ferrand-Lefranc permettaient d’ouvrir des négociations pour un possible rassemblement des deux listes », souligne le comité de section du PCF de l’Albigeois.
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Mais les quatre autres organisations ont refusé ces propositions. « Les communistes ne partagent pas cette décision, la priorité étant d’abord de répondre aux problèmes quotidiens des gens. » Selon eux, Nathalie Ferrand-Lefranc et ses colistiers proposaient de poursuivre plusieurs éléments du programme de leur liste (emploi, réindustrialisation, pratique sportive…).
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Les communistes se désolidarisent également de la conférence de presse menée par leurs colistiers mardi après-midi. « Nous ne sommes pas d’accord ni sur le fond, ni sur la forme. Nous ne sommes pas d’accord avec cette stratégie. Nous restons attachés au rassemblement et nous regrettons qu’il n’y en ait pas eu », précise André Boudes.
Municipales 2026 à Albi : un débat décisif où les lignes de fracture se sont nettement révélées
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Publié le 18/03/2026 à 17:31 https://l.ladepeche.fr/jdJK
Article rédigé par Alexandre Ferrer

Responsable adjointLa Dépêche du Midi
Mobilités, environnement, sécurité et économie : pendant plus d’une heure, les quatre candidats au second tour ont confronté leurs visions dans un débat organisé par La Dépêche du Midi. Derrière les échanges parfois vifs et les passes d’armes stratégiques, c’est bien le rapport de force entre la maire sortante et ses challengers qui s’est dessiné.
À quelques jours du second tour des municipales à Albi, le débat organisé par notre journal au siège de La Dépêche du Midi devait clarifier les lignes. Il a surtout confirmé une chose : derrière des échanges globalement maîtrisés, les fractures restent nettes entre les quatre candidats encore en lice.
Face à la maire sortante (divers droite) Stéphanie Guiraud-Chaumeil, arrivée en tête au premier tour, trois oppositions se dessinent : Nathalie Ferrand-Lefranc (divers gauche), Frédéric Cabrolier (extrême droite) et Marie-Louise At (divers droite). Tous siègent au conseil municipal, tous se connaissent, et tous ont, à leur manière, tenté d’imposer leur statut dans cette quadrangulaire inédite.
Des convergences affichées, des divergences bien réelles
Sur le papier, le débat promettait des échanges tendus après un premier tour marqué par des attaques. Dans les faits, si les piques ont parfois fusé, les candidats sont restés globalement mesurés, au point de faire émerger quelques convergences, notamment sur les mobilités et l’environnement. Tous s’accordent sur la nécessité de fluidifier le centre-ville et de développer les mobilités douces.

Les quatre candidats ont participé au débat organisé dans les locaux de La Dépêche du Midi. DDM – MARC SALVET
Mais derrière ce consensus de façade, les divergences réapparaissent vite. Nathalie Ferrand-Lefranc a ainsi défendu la gratuité des transports en commun : « Le surcoût de la passerelle (11,1 millions d’euros hors taxes, soit près de quatre fois plus cher que le prix annoncé à la base, NDLR) aurait pu financer 17 années de transport gratuit ». À l’inverse, Frédéric Cabrolier et Marie-Louise At ont soutenu la création d’un troisième pont. Une proposition à laquelle s’oppose Stéphanie Guiraud-Chaumeil, restée fidèle à sa ligne, invoquant un « enjeu d’équilibre » avec le futur pôle multimodal.
La sécurité, un marqueur politique clivant
Très vite, le débat a retrouvé des airs familiers : ceux du conseil municipal et communautaire. La maire sortante a défendu son bilan, quand Nathalie Ferrand-Lefranc et Frédéric Cabrolier ont cherché à s’imposer comme les principaux contradicteurs. Dans ce face-à-face à trois, Marie-Louise At, ancienne élue de la majorité, est apparue plus en retrait.
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La sécurité s’est imposée comme un marqueur politique plus clivant. Entre « médiation », « tolérance zéro » et « priorité absolue », les lignes de fracture sont assumées. L’échange le plus tendu est venu de Frédéric Cabrolier, interpellant Nathalie Ferrand-Lefranc : « Vous êtes soutenue par LFI… alors est-ce que la police tue ? » Une attaque à laquelle la candidate a répondu en prenant ses distances : « Je n’appartiens à aucun parti ».
L’économie et l’agglomération au cœur des critiques
Mais c’est sur l’économie et le pouvoir d’achat que le débat s’est le plus durci. Derrière ces thèmes, c’est la gestion de l’agglomération qui a cristallisé les critiques : manque de dialogue avec les acteurs économiques, coût du futur hôtel d’agglomération ou des bassins nordiques. Face à ce front critique, Stéphanie Guiraud-Chaumeil a opposé un argument central : la capacité d’investissement, estimée à 30 millions d’euros par an, et la création de plus de 1 600 emplois à Albi.
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Au final, ce débat n’aura pas bouleversé les lignes, mais il aura clarifié les positionnements : une maire sortante qui défend sa gestion, deux opposants qui revendiquent l’alternative, et une candidate plus en retrait. Reste désormais à savoir si cette confrontation, sans éclat majeur mais riche en lignes de fracture, suffira à éclairer le choix des électeurs dimanche.