Municipales 2026 : la carte des villes où LFI et le PS partent ensemble dès le premier tour
Le Parisien a comptabilisé au moins 69 villes où les socialistes et les insoumis partiront côte à côte le 15 mars, la plupart du temps dans des listes sans étiquettes ou face à une forte extrême droite localement.
Par Benjamin Moisset
Le 6 mars 2026 à 14h10

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Jusqu’au sommet des partis, le flou règne. Pour le leader des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, son parti est associé aux socialistes dans soixante villes dès le premier tour des élections municipales du 15 et 22 mars, comme il l’a dit sur X. Du côté de la direction du PS, on évoque seulement une « situation marginale » et on répète qu’il n’y a pas d’accord national.
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Passant au crible les candidatures, sans pouvoir être exhaustif, Le Parisien a en réalité comptabilisé que socialistes et insoumis partiront côte à côte dès le premier tour dans au moins 69 villes — complétant les chiffres de l’Opinion (une soixantaine) ou de RTL(une quarantaine).
La question de ces alliances se veut brûlante, alors que la droite et l’extrême droite cherchent à diviser la gauche, poussant notamment le Parti socialiste à prendre ses distances avec la France insoumise depuis la mort de Quentin Deranque. Le président des Républicains Bruno Retailleau a ainsi dénoncé jeudi des « accords de la honte », lors d’une conférence de presse.
Municipales 2026

Source : Le Parisien
Dans les faits, le plus souvent, ce sont « des listes citoyennes (et locales) qui n’ont pas été validées par la direction nationale du PS », comme l’a affirmé Pierre Jouvet mercredi sur Public Sénat. C’est le cas par exemple à Agen (Lot-et-Garonne), derrière la tête de liste Laurent Bruneau, non encarté. Pour justifier cette union de la gauche, il a défendu auprès de l’AFP l’idée que « ce qui se passe au niveau national importe peu, ce qui compte, c’est le projet local ».

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Désistement ou fusion technique ?
Auprès du Parisien, Kanza Sakat, tête de liste d’une union à Mantes-la-Jolie (Yvelines), trouvait quant à elle « intelligent » de laisser de la « liberté » au niveau local. « Tout se passe bien entre nous… Tant qu’on ne parle pas de sujets nationaux », disait-elle dans nos colonnes mi-février.
Régulièrement, aussi, ces listes justifient leur union par la présence d’une extrême droite bien installée dans leur commune. L’exemple le plus marquant ? Christine Romano, tête de liste à Fréjus (Var) soutenue par les Insoumis, les communistes, les socialistes ou les Écologistes, qui prône l’alliance face au maire Rassemblement national (RN) David Rachline.
Ces près de soixante-dix situations restent enfin des exceptions. Les socialistes ont en effet annoncé fin janvier présenter 2 000 candidats têtes de liste aux municipales. La France insoumise, quant à elle, affirme conduire des listes dans 380 villes à travers la France et être engagée dans 124 listes de gauche — ce qu’elle répertorie sur son site.
La question reviendra malgré tout au second tour. D’un côté, Jean-Luc Mélenchon tend toujours la main à ses partenaires, prônant des « fusions techniques » si LFI arrive derrière une autre liste de gauche au lendemain du premier tour. De l’autre côté, le Parti socialiste évoque de « rares cas » d’union au second tour et prône, plutôt, comme à Marseille avec Benoît Payan, un désistement sec des Insoumis pour battre l’extrême droite.
Voir aussi:
Municipales 2026 à Albi : « C’est notre ligne rouge ! » Pour Jean-Luc Suarez, pas d’alliance possible à gauche avec LFI sur la liste https://environnementsantepolitique.fr/2026/03/04/72072/