Les électeurs du NFP désavouent le parti socialiste et toutes les listes de gauche qui refusent toute alliance avec LFI comme à Albi

Municipales 2026 : les électeurs du NFP pour l’union de toute la gauche au second tour, avec LFI

Municipales 2026 : les électeurs du NFP pour l’union de toute la gauche, avec LFI
  • Municipales 2026 : les électeurs du NFP pour l’union de toute la gauche, avec LFI DDM – DDM- MICHAËL FABRE

   

Municipales 2026,  Sondages des Municipales 2026

Publié le 05/03/2026 à 06:31 https://www.ladepeche.fr/2026/03/05/municipales-2026-les-electeurs-du-nfp-pour-lunion-de-toute-la-gauche-au-second-tour-avec-lfi-13255121.php

Article rédigé par Philippe Rioux

Philippe Rioux

Journaliste éditorialisteLa Dépêche du Midi

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by majelan X

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Les alliances à gauche pour le second tour des municipales divisent. Un sondage révèle que 21 % des Français préfèrent un accord sans LFI, tandis que 52 % des électeurs du Nouveau Front populaire souhaitent l’inclure.Résultats des élections

Comme dans toute élection, il y a les choix politiques des appareils et la réalité concrète du terrain. Concernant la question des alliances à gauche pour le second tour des élections municipales, la question se pose.

« Dans l’hypothèse où plusieurs listes de gauche se qualifieraient au second tour des municipales, 21 % des Français privilégieraient un accord entre formations de gauche excluant LFI, 15 % seraient favorables à une alliance incluant LFI, tandis que 36 % rejetteraient tout accord et 28 % n’ont pas d’opinion », indiquait un sondage Elabe sur « Les Français et La France insoumise » paru le 25 février.

Municipales 2026 : les électeurs du NFP pour l’union de toute la gauche, avec LFI

Municipales 2026 : les électeurs du NFP pour l’union de toute la gauche, avec LFI DR

En revanche, une majorité d’électeurs du Nouveau Front populaire (NFP) mis en place lors des élections législatives anticipées, (52 %) souhaite un accord intégrant LFI, contre 33 % un accord sans ce mouvement et 7 % aucun accord.

Mais cette opinion ne fait pas l’unanimité à gauche : 72 % des sympathisants du Parti Socialiste privilégient un accord excluant LFI. Les électeurs du NFP apparaissent très divisés sur la récente déclaration de François Hollande appelant le PS à rompre avec LFI. 50 % ne sont pas d’accord avec l’ancien Président, 49 % sont d’accord avec lui ; les sympathisants PS approuvent massivement ses propos (88 %). 74 % électeurs du NFP rejettent majoritairement la disposition à « faire barrage » à LFI.

Le vote « barrage » contre le RN est, en revanche, un réflexe électoral puissant chez les électeurs du NFP (86 %). Contrairement au pronostic de certains à l’extrême droite, à droite et parfois dans le bloc central, le front républicain n’est pas encore mort…

Municipales 2026 : ces villes où socialistes et insoumis partent ensemble au premier tour

Municipales 2026,  Candidats des municipales 2026Politique

Publié le 05/03/2026 à 06:31 https://www.ladepeche.fr/2026/03/05/municipales-2026-ces-villes-ou-socialistes-et-insoumis-partent-ensemble-au-premier-tour-13255107.php

Article rédigé par Philippe Rioux

Philippe Rioux

Journaliste éditorialisteLa Dépêche du Midi

Sans alliance nationale entre socialistes et insoumis pour les municipales de mars 2026, des listes communes émergent pourtant dans plusieurs dizaines de municipalités. Une stratégie largement dictée par les réalités locales et qui prolonge, à l’échelle municipale, la logique du Nouveau Front populaire.

À l’échelle nationale, les relations restent distantes voire glaciales et, depuis mardi et la décision du bureau politique du Parti socialiste (PS) sur les alliances de second tour avec La France insoumise (LFI), quasi-rompues. Pour autant, sur le terrain local, les frontières entre socialistes et insoumis sont plus poreuses.

Ainsi, à l’approche des élections municipales, le PS et LFI se retrouvent finalement alliés dans une soixantaine de communes, selon un décompte de L’Opinion. Ces listes communes réunissent au minimum socialistes et insoumis, parfois élargis aux écologistes et aux communistes.

Le schéma du Nouveau Front populaire

Ce nombre de villes où l’alliance de toute la gauche est de mise doit toutefois être lu avec prudence. D’autres recensements évoquent une trentaine à une quarantaine de communes, les dépôts de listes étant gérés localement et aucune compilation exhaustive n’ayant été publiée au niveau national. Mais, même dans l’hypothèse basse, ces rapprochements témoignent d’une dynamique locale qui tranche, d’évidence, avec l’absence d’accord politique global entre les deux formations au niveau national.

Dans le détail, les socialistes dirigent la majorité de ces alliances. Treize listes d’union sont conduites par un candidat PS, notamment à Dugny, Vaires-sur-Marne, Maisons-Laffitte, Cachan, Saint-Lô ou encore Cavaillon. Les insoumis, eux, mènent plus rarement ces coalitions : trois seulement seraient conduites par LFI, à Mantes-la-Jolie, Wattrelos et Grabels. Les écologistes et les communistes occupent également une place comparable dans la direction des listes.

Le schéma le plus fréquent reprend celui du Nouveau Front populaire (NFP), mis en place lors des élections législatives anticipées de 2024. Dans 45 villes sur 60, les listes rassemblent ainsi socialistes, écologistes, communistes et insoumis. Dans quelques cas, d’autres formations s’ajoutent à l’équation.

À Beauvais, Gardanne, Arcueil ou Chennevières-sur-Marne, le mouvement fondé par Raphaël Glucksmann participe même à la coalition, malgré son opposition politique à LFI.

Des considérations militantes locales

Ces rapprochements s’expliquent d’abord par des logiques locales. Dans plusieurs communes, la gauche cherche à éviter la dispersion qui avait pu lui coûter des mairies lors du précédent scrutin. À Gardanne, par exemple, la division au second tour en 2020 avait favorisé la victoire de la droite dans un bastion historique du communisme. Cette fois, les différentes forces ont choisi de s’unir dès le premier tour.

Dans d’autres villes, l’objectif est clairement défensif. À Bruay-la-Buissière ou à Fréjus, l’union élargie de la gauche vise à tenter de reconquérir des municipalités dirigées par le Rassemblement national. Ailleurs encore, il s’agit simplement de reconduire des majorités existantes, comme à Cachan.

La formation de ces listes communes répond aussi à des considérations militantes. Sur le terrain, les réseaux locaux de gauche collaborent parfois depuis très longtemps, et la constitution d’une liste complète peut nécessiter de rassembler différentes sensibilités. Des personnalités aujourd’hui chez LFI ont parfois un engagement à gauche de longue date et une notoriété locale qui facilite les rapprochements, loin des passes d’armes médiatisées des leaders nationaux.

Enfin, les collectifs citoyens jouent également un rôle dans certains territoires, intégrant des candidats issus de plusieurs partis tout en revendiquant une étiquette locale apartisane.

Bastions de résistance pour l’après 2027

Pour La France insoumise, ces alliances constituent aussi un moyen d’accroître son implantation municipale. Le mouvement présente par ailleurs des listes autonomes dans plus de 500 communes, mais voit dans ces coalitions l’opportunité d’obtenir des élus locaux – notamment en vue des élections sénatoriales – et de renforcer son ancrage territorial.

Reste que ces unions locales ne préjugent pas des stratégies nationales. Avant la décision du bureau politique mardi sur les alliances de second tour, la direction du PS a limité les rapprochements avec LFI à des situations ponctuelles.

Les alliances de second tour pourraient toutefois encore évoluer après le premier tour. Comme à chaque scrutin municipal, les fusions de listes entre les deux tours – voire des désistements – devraient modifier les équilibres politiques et élargir, le cas échéant, les coalitions de gauche déjà constituées pour remporter des municipalités.

Pour la gauche, ces élections municipales revêtent aussi une dimension particulière. À un an d’une élection présidentielle qui pourrait voir l’extrême droite entrer à l’Elysée, certains ont bien conscience que – comme aux États-Unis – les municipalités pourraient constituer des bastions de résistance pour défendre les valeurs républicaines…

Le PS accuse Jean-Luc Mélenchon de « propos antisémites intolérables »

Le bureau national du PS appelle, dans un communiqué, les militants LFI à se désolidariser de leur leader après les récentes polémiques autour de patronymes juifs. M. Mélenchon a réagi en dénonçant, lui aussi, des accusations « intolérables ». 

Le Monde avec AFPPublié hier à 01h28, modifié hier à 10h40 https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/03/04/le-parti-socialiste-accuse-jean-luc-melenchon-de-propos-antisemites-intolerables_6669428_823448.html

Jean-Luc Mélenchon, lors d’un meeting LFI, le 1ᵉʳ mars 2026 à Perpignan.
Jean-Luc Mélenchon, lors d’un meeting LFI, le 1ᵉʳ mars 2026 à Perpignan.  GUILLAUME HERBAUT POUR « LE MONDE »

A moins de deux semaines des élections municipales, rien ne va plus entre La France insoumise (LFI) et le Parti socialiste (PS) qui a accusé d’antisémitisme Jean-Luc Mélenchon, lequel dénonce d’« intolérables accusations ».

Lire aussi |  Raphaël Glucksmann dit que Jean-Luc Mélenchon, qui a plaisanté sur la prononciation de son nom, joue avec « les pires codes de l’extrême droite » et de « l’antisémitisme »

Dans la soirée du mardi 3 mars, le bureau national du PS – la plus haute instance du parti à la rose – a dénoncé « sans réserve », dans un communiqué, les « caricatures complotistes et propos antisémites intolérables » de Jean-Luc Mélenchon, après les récentes polémiques autour de la manière qu’a eu le leader « insoumis » de prononcer les patronymes juifs « Epstein » et « Glucksmann ».

« Par la stratégie de conflictualisation permanente, le leader de LFI rêve d’un face-à-face avec l’extrême droite. Il n’a abouti qu’à fracturer les électeurs de gauche et à renforcer les passerelles entre droite et extrême droite », critique également le PS, où les opposants à Olivier Faure, les plus hostiles à LFI au sein du parti, réclamaient une rupture nette et précise avec le parti fondé par Jean-Luc Mélenchon.

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Intense passe d’armes

Le PS, souvent engagé dans des listes d’union de la gauche notamment avec Les Ecologistes pour les municipales – à l’inverse des « insoumis » qui feront la plupart du temps cavaliers seuls –, appelle donc « localement les militantes et les militants “insoumis” à se désolidariser clairement et pleinement de ces propos » et les électeurs de LFI à voter pour les « listes de rassemblement de la gauche ». Dans la majorité des cas aux municipales, les listes PS sont données devant les listes « insoumises » par les sondages.

La réaction de Jean-Luc Mélenchon face à ce communiqué du parti où il a passé plus de trente ans ne s’est pas fait attendre, donnant lieu à une intense passe d’armes entre les deux ex-partenaires de la gauche. Par un tweet, le triple candidat à la présidentielle a tonné contre ces « intolérables accusations d’antisémitisme », qui n’avaient jamais été formulées aussi clairement à son encontre par le PS.

« Insupportable désolidarisation du combat antifasciste qui reprend les attaques de l’extrême droite », a-t-il ajouté, le PS ayant estimé que « certaines pratiques » du mouvement antifasciste de la Jeune Garde, dont des membres sont accusés d’être impliqués dans le meurtre de Quentin Deranque, « ont conduit à la mort » du militant nationaliste à Lyon. La Jeune Garde, fondée par le député (LFI, Vaucluse) Raphaël Arnault, est associée au parti mélenchoniste.

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Dans sa résolution, le PS estime que « l’absence de désolidarisation de La France insoumise avec La Jeune Garde [est]inacceptable »« Si l’extrême droite est la principale responsable des violences politiques dans notre pays, il nous faut être intraitables vis-à-vis de celles qui se déploient dans les rangs de l’ultragauche », ajoute le PS.

François Hollande plaide la rupture totale avec LFI

Concernant d’éventuels rapprochements au second tour entre des listes de gauche, qui pourraient être nécessaires dans certaines villes pour empêcher la droite de gagner, le PS rappelle qu’« il ne saurait y avoir d’accord national » entre lui et LFI « compte tenu de l’inquiétante dérive de la direction de ce mouvement ».

« Si le risque de victoire du Rassemblement national existe, une règle s’impose : celle du désistement républicain », précise le PS. Un cas de figure que l’on pourrait retrouver à Marseille.

« Les luttes internes du PS et leurs surenchères de haine anti-LFI promettent ainsi à la droite et au RN la victoire dans des dizaines de villes au premier et au second tour », a accusé en retour Jean-Luc Mélenchon dans son tweet.

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Au premier tour des élections municipales, LFI évalue que des « insoumis » et des socialistes feront liste commune dans une cinquantaine de villes, le plus souvent sous l’égide de têtes de liste sans étiquette partisane. LFI estime même que dans une demi-douzaine de cas, certains de ses membres seront présents sur une liste conduite par un candidat socialiste.

Le PS avait déjà posé il y a deux semaines ses conditions pour de « rares » rapprochements locaux de second tour avec des « insoumis » : ces derniers devront « clarifier leur position sur le rapport de leur mouvement à la violence politique ».

Plusieurs personnalités socialistes, comme l’ex-président de la République François Hollande, la présidente d’Occitanie Carole Delga ou le député (Essonne) Jérôme Guedj ont, eux, réclamé une rupture totale avec LFI.

Lire aussi |    Municipales 2026 : les « insoumis » à l’assaut des dernières mairies communistes et socialistes de la « ceinture rouge »

Le Monde avec AFP

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Le PS et Place publique condamnent les « propos antisémites » de Jean-Luc Mélenchon et coupent les ponts avant les municipales

A deux semaines du scrutin, le bureau national du Parti socialiste, à la suite du mouvement de Raphaël Glucksmann, a pris ses distances avec La France insoumise. Rappelant qu’il n’y aura aucun accord national au second tour, il laisse le champ libre aux accords locaux. 

Par Olivier Pérou

Publié aujourd’hui à 05h30, modifié à 09h35 https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/03/05/le-ps-et-place-publique-condamnent-les-propos-antisemites-de-jean-luc-melenchon-et-coupent-les-ponts-avant-les-municipales_6669584_823448.html?lmd_medium=email&lmd_campaign=trf_newsletters_lmfr&lmd_creation=a_la_une&lmd_send_date=20260305&lmd_link&&M_BT=53496897516380#x3D;autrestitres-title-_titre_1

Raphaël Glucksmann, coprésident de Place publique, avec des membres de la Confédération paysanne, lors du Salon de l’agriculture, à Paris, le 23 février 2026.
Raphaël Glucksmann, coprésident de Place publique, avec des membres de la Confédération paysanne, lors du Salon de l’agriculture, à Paris, le 23 février 2026.  BERTRAND GUAY/AFP

La rupture, c’est maintenant ? L’enchaînement de polémiques signées Jean-Luc Mélenchon, depuis la mi-février, a précipité les autres partis de gauche à se prononcer sur d’éventuelles alliances avec La France insoumise (LFI) à l’aube des élections municipales. Perdre des villes ou des élections plutôt que s’allier avec LFI, c’est la question – périlleuse politiquement – qui n’a de cesse d’être posée aux dirigeants du Parti socialiste (PS), de Place publique, des Ecologistes ou encore du Parti communiste français.

Le mouvement de Raphaël Glucksmann a donné le « la ». Place publique a ainsi fait le ménage dans ses rangs, retirant son soutien à ses candidats investis si ceux-ci étaient aux côtés d’« insoumis » dans les listes aux municipales. La manœuvre, peu coûteuse électoralement pour un si jeune mouvement, qui ne compte que 150 candidatures, ne concerne qu’une poignée de militants. Une vingtaine tout au plus, selon la direction, a vu le soutien de Place publique disparaître. A Beauvais, son représentant local, Guillaume Cervantes, présent sur une liste d’union de la gauche allant jusqu’à LFI et menée par Roxane Lundy (Génération.s), a été mis au ban.

Le PS a, dans la foulée, pris ses distances avec Jean-Luc Mélenchon de manière officielle à l’issue d’un bureau national – le gouvernement du parti – qui s’est tenu mardi 3 mars au soir. Fait inédit, le parti à la rose a condamné dans un communiqué de presse « les caricatures complotistes et les propos antisémites intolérables » lancés par le leader « insoumis », qui « a divisé la gauche et contribué à l’affaiblir ». Une clarification dont se félicitent les opposants du premier secrétaire, Olivier Faure, tant ils la réclamaient depuis des mois.

« LFI est un accélérateur de particules du Rassemblement national [RN], et tout ce que Jean-Luc Mélenchon pouvait dire retombait sur nous. L’acte d’hier est une rupture nette », explique l’ancien sénateur de Paris David Assouline, membre du bureau national du PS. La direction « insoumise » et Jean-Luc Mélenchon ont dénoncé unanimement une prise de position « intolérable », « insupportable » et « odieuse »« Les luttes internes du PS et leurs surenchères de haine anti-LFI promettent ainsi à la droite et au RN la victoire dans des dizaines de villes au premier et au second tour », s’est insurgé le triple candidat à l’élection présidentielle.

Position mi-chèvre, mi-chou

Mais, dans le jeu des alliances politiques, le diable se cache toujours dans les détails. La rupture socialiste est moins-disante que celle de Place publique, et si les opposants internes à Olivier Faure le poussaient à empêcher toute éventualité d’alliances avec LFI, notamment au second tour, le PS laisse finalement cette porte ouverte. « Il n’y aura pas d’accord national », a rappelé le bureau national, comme le répète depuis des mois le secrétaire général du parti, l’eurodéputé Pierre Jouvet. De cette façon, le PS laisse le champ libre aux accords locaux de ses candidats. « Nous avons 2 000 têtes de liste, c’est autant de cas de figure possibles », rappelait Pierre Jouvet au Monde, il y a encore quelques semaines.

« Les candidats ne vont pas tous appeler Olivier Faure au soir du premier tour pour demander je ne sais quelle autorisation, poursuit Luc Broussy, président du conseil national du PS et proche de premier secrétaire. Si la victoire dépend de LFI et que, localement, ces “insoumis” ne sont pas les aficionados des propos de Jean-Luc Mélenchon, on ne va pas perdre et offrir une mairie à la droite par principe. Ceux qui disent qu’il vaut mieux perdre que faire alliance avec LFI ne sont ni candidats ni sur le terrain. Respectons ceux qui font campagne et essaient de conquérir des villes. » 

Avec cette prise de position mi-chèvre, mi-chou, le PS espère aussi affaiblir Jean-Luc Mélenchon en décrochant de lui ses candidats. « Nous appelons, localement, les militants “insoumis” à se désolidariser clairement et pleinement des propos [de Jean-Luc Mélenchon] », renchérit le parti dans son communiqué. A Toulouse, par exemple, le candidat socialiste François Briançon aura besoin des voix « insoumises » pour espérer déloger le maire de droite, Jean-Luc Moudenc. Pour autant, il a d’ores et déjà fait savoir que si son concurrent LFI, le député François Piquemal, ne prenait pas ses distances avec les propos du dirigeant « insoumis », aucune alliance ne serait envisageable.

Lire aussi l’éditorial |  La fuite en avant mortifère de Jean-Luc Mélenchon

Quitte à laisser la ville à la droite ? « Un espace de discussion est possible, mais il faut condamner les propos du chef. Il va y avoir une forte pression sur les candidats “insoumis”, pour leur propre avenir : veulent-ils protéger à tout prix Jean-Luc Mélenchon ou laisser des villes à la droite ? », interroge David Assouline, pourtant vigoureusement opposé à LFI au sein du PS.

Dans les rangs des Ecologistes et des communistes, on observe la joute opposant le PS et LFI à distance. La direction du parti Vert dit « prendre note de la position du PS », mais ne changera pas la sienne pour autant. « Nous considérons qu’il faut faire gagner les listes de gauche partout où nous le pouvons », rappelle Aïssa Ghalmi, le numéro deux des Ecologistes, qui insiste : « Je crois qu’il ne faut pas se tromper de combat : le danger immédiat, c’est l’extrême droite. » 

Olivier Pérou

Jean-Luc Mélenchon met le reste de la gauche au pied du mur en s’imposant comme l’incarnation de « l’arc antifasciste »

Analyse

Olivier Pérou

Tout en polarisant le débat public, le candidat à la présidentielle veut incarner un « arc antifasciste » qui, espère-t-il, fonctionnera encore face au Rassemblement national en 2027.

Publié le 28 février 2026 à 11h00  https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/02/28/jean-luc-melenchon-met-le-reste-de-la-gauche-au-pied-du-mur-en-s-imposant-comme-l-incarnation-de-l-arc-antifasciste_6668686_823448.html?M_BT=53496897516380

Temps de Lecture 3 min. 

Jean-Luc Mélenchon, lors d’un meeting à Lyon, le 26 février 2026.
Jean-Luc Mélenchon, lors d’un meeting à Lyon, le 26 février 2026.  BRUNO AMSELLEM/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Le second tour de l’élection présidentielle de 2027 s’est-il ouvert le 14 février, après la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, à Lyon ? Un face-à-face dont rêve le Rassemblement national (RN) et que théorise La France insoumise (LFI) de Jean-Luc Mélenchon depuis plusieurs années, sous le slogan du « eux contre nous ».

Depuis le drame de Lyon, l’extrême droitela droite et une partie des macronistes ont sauté sur l’occasion pour faire du leader de LFI le nouvel infréquentable de la République, appelant à organiser « un front commun » contre lui. Une inversion des normes du barrage républicain qui n’est pas pour déplaire à Jean-Luc Mélenchon.

Depuis deux ans, il a accéléré sa mue populiste, multipliant les polémiques, flirtant avec la rhétorique antisémite à plusieurs reprises, et assumant cette brutalité oratoire contre les médias ou l’institution judiciaire. Ses propos douteux et complotistes sur la prononciation du patronyme juif Epstein, jeudi 26 février à Lyon, ont de nouveau creusé le fossé entre lui et le reste de la gauche. François Hollande a accusé celui qu’il a côtoyé au PS d’avoir « fini par tomber dans les formules antisémites ». Jean-Luc Mélenchon, lui, a mis, sur X, sa sortie sur le compte de « l’ironie », accusant ses détracteurs de « susciter délibérément la violence contre LFI ».

« Reconstruire une force »

Jean-Luc Mélenchon assume de reléguer le PS et Les Ecologistes au rang d’acteurs impuissants, presque disparus, et dit ne plus avoir besoin d’eux. Des satellites tout au plus à ses yeux – en témoignent leurs faibles scores en 2022. Il se convainc que leur électorat se reportera instinctivement vers lui dans un éventuel second tour face à un candidat du RN. « Le petit-bourgeois sans colonne vertébrale politique (…) votera “insoumis” si c’est à la mode dans “Le Nouvel Obs” ou dans “Libération”, trois jours avant l’élection », a-t-il expliqué récemment à l’hebdomadaire.

Car là est le pari de l’“insoumis” en chef. Il espère tirer profit de ce qu’il estime être la puissance intacte du réflexe antifasciste dans l’électorat de gauche, y compris social-démocrate. Pour le politiste Philippe Marlière, c’est même le cœur de la stratégie du tribun : « A partir d’une position de faiblesse, il tente de reconstruire une force. Il ne s’agit pas de redevenir populaire dans la majorité de l’opinion mais de cristalliser autour de sa personne une réaction de défense sur la base de la mythologie très puissante à gauche de la lutte antifasciste, qui attrape tout et rassemble des individus venus de différentes traditions de la gauche. Bref, on resserre les rangs vers celui qui est le mieux placé pour résister face au péril, quitte à faire fi de ses excès. »

« Toute situation est une opportunité. Toute situation. Aucune ne nous accable. Tout est le moyen d’une prise d’un côté ou de l’autre », expliquait Jean-Luc Mélenchon, lundi 23 février, devant quelques médias.

« Arc antifasciste »

En poussant cette stratégie de polarisation à l’extrême, Jean-Luc Mélenchon complique les affaires des socialistes, des écologistes et des communistes, en les sommant de se positionner avant l’heure sur un éventuel second tour LFI-RN, de le soutenir au nom de l’antifascisme malgré les polémiques à répétition. A Lyon jeudi soir, Jean-Luc Mélenchon les a mis en garde, sans les nommer, les sommant de choisir dès à présent entre lui et le reste du champ politique : « Il n’y a que deux côtés à la barricade, à la digue contre le fascisme. On est d’un côté ou de l’autre. Il n’y a pas de milieu. » Désormais, un nouvel élément de langage fait florès chez les « insoumis » : « l’arc antifasciste ». Exit ainsi l’arc républicain dont certains ont exclu LFI.

« Je plaide pour l’union avec les “insoumis” mais j’entends aussi de plus en plus de voix qui s’élèvent pour dire que ce n’est plus tolérable », observe, presque impuissant, le député (L’Après) Alexis Corbière, évincé de LFI en 2024. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a prévenu au micro de TF1, vendredi 27 février : « Tous ceux qui se reconnaissent dans les propos de Mélenchon ne peuvent pas être avec nous sur les listes. »

Un divorce consommé ? Socialistes, écologistes et communistes refusent encore la rupture complète et définitive avec LFI. Les résultats de la dernière élection présidentielle et des deux scrutins législatifs rappellent régulièrement qu’il leur sera difficile de se passer des bulletins « insoumis ». Pour les élections municipales à venir, déjà, nombre de villes détenues par la gauche risquent de basculer sans le soutien des candidatures « insoumises » au second tour.

Lire aussi l’entretien |    Rémi Lefebvre, politiste : « La stratégie de LFI peut fonctionner au premier tour de la présidentielle, mais pas au second »

Un risque à prendre, selon les ténors de la social-démocratie, de François Hollande à Raphaël Glucksmann. Le député Place publique Aurélien Rousseau presse ses camarades de rompre une bonne fois pour toutes : « Je ne sais pas si Jean-Luc Mélenchon est antisémite, mais force est de constater qu’il utilise ce levier-là pour radicaliser, brutaliser et forcer le choix. Il a sa force : un socle électoral entre 10 % et 12 %, qui risque de ne pas bouger. Ceux qui restent assis entre deux chaises, refusant de faire un choix entre lui et la candidature sociale-démocrate, n’aident pas la gauche à faire front contre l’extrême droite. » Un nœud gordien.

Pour approfondir  (2 articles)

Olivier Pérou

Voir aussi:

Municipales 2026 à Albi : « C’est notre ligne rouge ! » Pour Jean-Luc Suarez, pas d’alliance possible à gauche avec LFI sur la liste

https://environnementsantepolitique.fr/2026/03/04/72072/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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