Depuis le 1er janvier 2026, le financement de l’Association Asalée assuré jusque-là par l’Assurance maladie a été suspendu.

Association Asalée : plus de 2 000 infirmiers menacés par la suspension du financement

AssociationAsalée

06/03/26 https://infos-media-nantes.fr/crise-association-asalee-financement-infirmiers/?fbclid=IwY2xjawQX-N9leHRuA2FlbQIxMABicmlkETBjdk5tRU5RbElZa2t3aGhvc3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHgWAWNKTouAVXJcjJ64ah5pvC7kUqPA0ohAGocFjCAKWyxnRk6r2jMx4rEXB_aem_dcPlPIoKkqeNXC-EOe2vqA

Une inquiétude grandissante traverse actuellement l’association Asalée. Créé en 2004, ce dispositif national emploie environ 2 000 infirmiers et infirmières travaillant aux côtés de médecins généralistes afin d’accompagner les patients atteints de maladies chroniques, notamment dans le cadre de l’éducation thérapeutique.

Mais depuis le 1er janvier 2026, le financement assuré jusque-là par l’Assurance maladie a été suspendu. Cette situation met en difficulté l’association et ses salariés, dont les salaires pourraient ne plus être versés dans les prochaines semaines faute de fonds.

Une mobilisation lancée par les professionnels de santé

Plusieurs professionnels de santé se mobilisent aujourd’hui pour alerter sur la situation. Dans une publication relayée sur les réseaux sociaux par une infirmière membre de l’association, le message est clair :

« Nous sommes 2 000 à nous battre pour l’accès aux soins. Nous voulons gagner. Nous avons besoin de votre aide. Aidez-nous à prendre soin de vous. »

Selon ce témoignage, l’association fonctionnait depuis plus de vingt ans grâce au financement de l’Assurance maladie qui permettait de rémunérer les infirmiers intervenant dans les cabinets médicaux. Ces professionnels assurent le suivi des patients atteints de maladies chroniques et les accompagnent dans leur parcours de soins.

Or, depuis la suspension de ce financement, la trésorerie de l’association serait aujourd’hui proche de l’épuisement. Après le versement des salaires de janvier, rendu possible grâce aux dernières réserves disponibles, l’association indique désormais manquer de fonds pour assurer les paiements suivants.

Une crise liée à la suspension du financement par la CNAM

Dans un communiqué publié le 3 mars 2026, les syndicats CFDT Santé-Sociaux et UNSA Santé Sociaux dénoncent une situation jugée « inacceptable » pour les salariés et les patients.

Selon ces organisations syndicales, la crise serait liée à la suspension du financement décidée par la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) à la suite d’un manque de conformité de l’association avec certaines recommandations issues d’un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS).

Les syndicats évoquent également des difficultés financières importantes, notamment liées à l’endettement de l’association, ainsi qu’un manque de transparence dans la gestion de la situation.

Face à ces éléments, la CFDT Santé-Sociaux et l’UNSA Santé Sociaux ont saisi le procureur de la République et demandent la mise sous administration judiciaire de l’association afin de sécuriser les salaires et préserver les emplois.

Un dispositif reconnu pour le suivi des maladies chroniques

Malgré la crise actuelle, les salariés poursuivent leurs missions auprès des patients. Le dispositif Asalée est reconnu pour son rôle dans l’accompagnement des personnes atteintes de maladies chroniques, notamment le diabète ou les pathologies cardiovasculaires.

Les infirmiers interviennent directement dans les cabinets de médecine générale afin d’assurer un suivi régulier des patients et de renforcer la prévention et l’éducation thérapeutique.

Pour les professionnels concernés, l’enjeu dépasse leur situation personnelle : il s’agit aussi de préserver un dispositif de santé publique développé depuis plus de vingt ans.

Des critiques également formulées après un rapport de l’IGAS

La situation actuelle s’inscrit également dans un contexte de critiques concernant le fonctionnement du dispositif. Plusieurs analyses ont été publiées après un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) portant sur l’organisation et la gestion d’Asalée.

Selon certaines publications spécialisées du secteur infirmier, le rapport évoque des dysfonctionnements de gouvernance et une activité inférieure aux objectifs fixés. Le dispositif, qui mobilise plus de 2 000 infirmiers travaillant avec environ 9 000 médecins, serait financé par l’Assurance maladie à hauteur d’environ 104 millions d’euros par an.

Ces critiques ont notamment été relayées par la Fédération nationale des infirmiers (FNI), qui évoque un système jugé opaque et s’interroge sur la place des infirmiers dans le dispositif.

Lire l’analyse publiée par la Fédération nationale des infirmiers

Ces éléments font partie du contexte ayant conduit les autorités sanitaires à demander des évolutions dans la gouvernance et le fonctionnement du dispositif.

Lire le communiqué de la CFDT Santé-Sociaux

SALÉE : salarié·es et patient·es sacrifié·es par une gouvernance défaillante

Publié le 3 mars 2026 https://sante-sociaux.cfdt.fr/sinformer/presse/asalee-salarie-es-et-patient-es-sacrifie-es-par-une-gouvernance-defaillante

  • Communiqués de presse CFDT Santé-Sociaux

 Pour les plus de 2 000 salarié·es de l’Association ASALEE, les mois de galère se suivent et se ressemblent. Après un retard de paiement en janvier 2026, ils subissent à nouveau des difficultés majeures pour le versement de leurs salaires de février. La gouvernance évoque un paiement partiel et demande aux infirmières et infirmiers d’attendre, tandis que l’association sollicite une avance financière auprès des méde-cins du dispositif. Cette situation est inacceptable.  [Lire la suite ci-dessous]

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ASALÉE : salarié·es et patient·es sacrifié·es par une gouvernance défaillante
ASALÉE : salarié·es et patient·es sacrifié·es par une gouvernance défaillante Pour les plus de 2 000 salarié·es de l’Association ASALEE, les mois de galère se suivent et se ressemblent. Après un retard de paiement en janvier 2026, ils subissent à nouveau

 Cette crise est la conséquence directe du manque persistant de transparence de l’association et l’absence de mise en conformité avec les préconisations du rapport de l’IGAS, ce qui a entrainé la suspension du financement décidée par la CNAM depuis décembre 2025. Les alertes étaient connues, rien n’a été corrigé par l’association. 

Privée de ressources, l’association voit son endettement exploser, no-tamment auprès des URSSAF. Dans le même temps, les représen-tant·es du personnel n’ont pas été informés d’un signalement judiciaire pourtant déclenché dès décembre 2025 par le commissaire aux comptes, en violation manifeste des obligations légales. La direction refuse toujours de reconnaitre la situation financière réelle de l’association. 

Face à ces manquements graves, la CFDT Santé-Sociaux et l’UNSA Santé Sociaux ont saisi le procureur de la République. Une procédure est engagée. 

Malgré cette situation critique, les salarié·es continuent d’assurer leurs missions auprès des patient·es. Ils et elles tiennent à bout de bras un dispositif reconnu, tout en étant pris en otage par la gestion de la gou-vernance au coeur du conflit avec la CNAM. 

La CFDT Santé-Sociaux et l’UNSA Santé Sociaux exigent en urgence la mise sous administration judiciaire de l’association, seule solution pour garantir le paiement des salaires, protéger les emplois et sauver le dispositif Asalée. 

La CFDT demande une procédure de sauvegarde pour les infirmières Asalée

PUBLIÉ LE 11/02/2026 https://www.lequotidiendumedecin.fr/liberal-soins-de-ville/exercice/la-cfdt-demande-une-procedure-de-sauvegarde-pour-les-infirmieres-asalee

La CFDT souhaite que l’association Asalée qui emploie 2 000 infirmières pour de l’accompagnement thérapeutique au côté de 9 400 généralistes fasse l’objet d’une « procédure de sauvegarde ». La direction d’Asalée est en conflit ouvert avec la Cnam, qui la finance à hauteur de 100 millions d’euros par an.

Programme d’exercices physiques supervisé par une infirmière Asalée, dans le cadre de la prise en charge du sujet âgé, au sein d’une maison médicale

Programme d’exercices physiques supervisé par une infirmière Asalée, dans le cadre de la prise en charge du sujet âgé, au sein d’une maison médicale
Crédit photo : Phanie

La mobilisation autour de l’avenir du dispositif Asalée, réseau de coopération libérale qui mobilise quelque 9 400 généralistes et 2 000 infirmières autour de patients chroniques, prend de l’ampleur. « Nous souhaitons une procédure de sauvegarde, dans l’intérêt des salariés, a en tout cas indiqué à l’AFP Benjamin Vitel, secrétaire national à la CFDT Santé sociaux. C’est pour nous la meilleure solution […] pour sauver l’entreprise, les emplois et les salaires », alors que les salariés « se retrouvent dans une situation totalement anxiogène. »

L’association a payé avec retard les salaires de janvier, ont reconnu ses dirigeants dans des échanges par vidéo organisés pour la presse…

Pour les infirmières libérales, l’Asalée c’est le scandale de l’été

C’est le scandale dont tout le monde parle dans le monde de la santé : un rapport explosif de l’IGAS dévoile les coulisses troubles du dispositif Asalée. Derrière les beaux discours sur la coopération médecins-infirmiers, c’est une tout autre réalité qui se dessine

L’association, vitrine du syndicat MG France, salarie plus de 2 000 infirmiers pour épauler 9 000 médecins dans le suivi des patients chroniques — le tout, entièrement financé par la Sécu, à hauteur de 104 millions d’euros par an. Mais l’IGAS dénonce une gestion chaotique, des irrégularités multiples et surtout… une activité bien en deçà des objectifs. À tel point que les ministres ont dû taper du poing sur la table : Asalée a 4 mois pour se réformer ou dire adieu aux financements !

Et les infirmiers dans tout ça ? Recrutés comme salariés, ils sont transformés les petites mains du médecin, à mille lieues de la dynamique qui fait aujourd’hui progresser la profession vers la pleine reconnaissance de ses compétences autonomes..

Pour la FNI, le masque est tombé. Ce scandale révèle l’opacité de dispositifs qui salarient des infirmières pour les subordonner aux médecins, et surtout contourner le bouclier protecteur de la convention infirmière des IDEL. Le « salariat libéral » est un piège. Parlez-en autour de vous !

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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