« Travailler de nuit plus de deux nuits par semaine pendant plus de 10 ans multiplie le risque de cancer du sein par trois

« Accident du travail : la justice reconnaît un “lien direct” entre le cancer du sein d’une infirmière et son travail de nuit »

 Date de publication : 5 mars 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=3be1303603c2dc1060d4367eb880fce6&id_newsletter=23459&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=23459&from=newsletter

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Libération observe que « le tribunal administratif de Marseille a reconnu mardi 3 mars l’existence d’un «lien direct» entre le cancer du sein d’une infirmière et ses conditions de travail de nuit pendant près de 25 ans ».


« Le tribunal a annulé la décision du directeur du centre hospitalier de Martigues qui avait rejeté en 2021 la demande de «reconnaissance d’imputabilité» formulée par l’infirmière, qui s’était également vu refuser sa demande de reconnaissance de maladie professionnelle en 2019 », précise le journal.


Libération retient ainsi : « Le tribunal rappelle qu’«une maladie contractée par un fonctionnaire est imputable au service public hospitalier si elle présente un lien direct avec ses conditions de travail, permettant son développement sauf si des circonstances particulières en sont à l’origine».

Or, souligne le tribunal, «alors que la plupart des causes à l’origine de la maladie restent ignorées, les études scientifiques dès 2007 révèlent les effets du travail de nuit sur les fonctions hormonales de la femme, entraînant une majoration du risque de cancer» ».

Le quotidien explique que « l’infirmière, qui a été diagnostiquée d’un cancer en 2014, a exercé à l’hôpital de Martigues pendant près de 25 ans «exclusivement de nuit, avec une moyenne de 140 nuits par an», souligne le tribunal qui relève que «les autres facteurs de risques connus tels que génétiques, hormonaux et les facteurs environnementaux et hygiéno-diététiques sont, chez cette infirmière, faibles, voire absents» ».
« Il juge que, dans ces conditions, «existe une probabilité suffisamment élevée d’un lien direct entre la pathologie dont a été atteinte l’infirmière et ses conditions de travail de nuit à l’origine du développement de cette maladie». Il «enjoint donc au centre hospitalier de reconnaître l’imputabilité de la maladie au service» », indique Libération.


La Croix relève aussi que « le tribunal administratif de Marseille a reconnu […] un «lien direct» entre le cancer du sein d’une infirmière de Martigues et ses 25 années de travail de nuit. Une décision rare qui s’appuie sur les études scientifiques montrant les risques du travail nocturne sur les fonctions hormonales de la femme ».
Le journal souligne que « le cancer du sein est une maladie dont on n’a pas fini d’explorer les facteurs de risques : le travail de nuit a été jugé «probablement cancérogène» en 2007 par le Centre international de recherche sur le cancer, agence de l’OMS qui a aussi classé «cancérogènes avérés» les rayons X et Gamma ».
Le quotidien ajoute que « travailler de nuit plus de deux nuits par semaine pendant plus de 10 ans multiplie le risque par trois, avait estimé l’Institut national de la santé et de la recherche médicale en 2018 ».
La Croix rappelle en outre que « jusqu’ici, très peu de femmes ont obtenu reconnaissance de maladie professionnelle pour leur cancer du sein, qui ouvre droit à une indemnisation. La première, en 2023, était une infirmière mosellane exposée à des rayons et travaillant de nuit à l’hôpital pendant 28 ans ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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