Si la part des populations de poissons en bon état se stabilise, celles des populations en surpêche se dégrade,

Pêche : la pression sur les populations de poissons doit être réduite, selon l’Ifremer

Biodiversité  |  Aujourd’hui à 14h57  

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|  C. Girardin Lang

Pêche : la pression sur les populations de poissons doit être réduite, selon l'Ifremer

© Анна Костенко

L’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) a rendu son bilan annuel sur l’état des populations de poissons pêchés en France. 50 % des volumes de poissons débarqués en France hexagonale en 2024 proviennent de populations exploitées durablement, contre 44 % estimés pour les débarquements de 2023 après révision. En effet, à chaque nouvelle évaluation, les scientifiques intègrent les données de l’année la plus récente à la série historique et revisitent les estimations des années antérieures pour être au plus proche de la réalité.

Si la part des populations en bon état se stabilise, celles des populations en surpêche se dégrade, passant progressivement de « surpêchées » à « surpêchées et dégradées ». En Guyane, cela concerne 50 % des poissons pêchés. « Cela indique que leur biomasse – la masse estimée de poissons vivant dans l’écosystème – diminue en deçà du seuil de référence » précise Lionnel Pawlowski, chercheur en halieutique, co-coordinateur du Groupe de Travail Outre-Mer de l’Ifremer.

État des populations de poissons exploitées dans les pêcheries côtières des départements d’Outre-mer en 2024 © Ifremer 2026, J. Barrault

Ces résultats sont encore bien loin de l’objectif de 100 % des populations pêchées au niveau du rendement maximum durable (RMD) fixé par la politique européenne commune de la pêche. Cet indicateur correspond au niveau maximal de captures qu’une population de poissons peut supporter sur le long terme sans compromettre sa capacité à se renouveler.

Si dans le passé, il a servi à reconstituer plusieurs populations surexploitées, aujourd’hui, cet indicateur n’est plus adapté, notamment car il ne prend pas en compte les effets du changement climatique sur l’environnement

Repenser l’indicateur du rendement maximum durable

C’est ce qui ressort d’un rapport scientifique de l’Ifremer datant de fin 2025. Les chercheurs recommandent de renforcer la robustesse des avis scientifiques et la résilience des pêcheries, notamment en réduisant la pression de pêche pour maintenir des niveaux de biomasse plus élevés. Dans cette optique, il a été considéré de repenser le rendement maximum durable (RMD) actuel, et de le voir comme une limite plutôt que comme une cible.

Pour éviter de dépasser cette limite, les chercheurs proposent de viser des niveaux d’exploitation un peu plus faibles. Un seuil de référence correspondant à 95 % du RMD a déjà été calculé pour de nombreuses populations et pourrait être utilisé comme une cible de gestion plus prudente. Pêcher en dessous du RMD permet d’augmenter la biomasse et d’améliorer la résilience des populations de poissons, tout en gardant une marge de précaution, explique Clara Ulrich, chercheure et coordinatrice des expertises halieutiques à Ifremer.

Camille Girardin Lang, journaliste
Éditrice – rédactrice juridique

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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