Quartiers prioritaires qui se sentent abandonnés

« On est des oubliés, on n’a plus rien » : plongée dans le quotidien de ces habitants de quartiers prioritaires qui se sentent abandonnés

Les tours emblématiques du quartier de Pissevin à Nîmes en février 2026

Les tours emblématiques du quartier de Pissevin à Nîmes en février 2026 • © Dalila Iberrakène/France Télévisions

Écrit parAlexandre Grellier

Publié le01/03/2026 à 07h25 https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/gard/nimes/temoignages-on-est-des-oublies-on-n-a-plus-rien-plongee-dans-le-quotidien-de-ces-habitants-de-quartiers-prioritaires-qui-se-sentent-abandonnes-3306645.html#at_medium=5&at_campaign_group=1&at_campaign=occitanie&at_offre=4&at_variant=V2&at_send_date=20260301&at_recipient_id=726375-1497345337-da129e8d&at_adid=DM1249787&at_highlight=

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Fusillades, trafic de drogue, disparition des services publics : depuis trois ans, les quartiers prioritaires de Nîmes font régulièrement la une de l’actualité. Une large partie des habitants de ces zones aspirent à une vie tranquille et plus simple. À quelques semaines des élections municipales de 2026, nous sommes allés à leur rencontre.Élections municipales 2026Suivez toute l’actualité

C’est une maison posée au milieu des tours de Pissevin. Quelques voix frêles s’en échappent. Quatre fois par semaine, les seniors de ce quartier prioritaire de Nîmes s’y retrouvent pour échanger autour d’un café ou d’un thé à la menthe. Et pratiquer des activités.Eugénie Diolot, directrice adjointe de l’association Mille couleurs dirige la chorale des seniors • © Dalila Iberrakène/France Télévisions

Aujourd’hui, c’est cours de chorale. Eugénie Diolot, la directrice adjointe de l’association Mille couleurs dirige la dizaine d’aînés, leur fait enchaîner les vocalises. Un temps collectif bienvenu pour la travailleuse sociale :

 » On ne s’occupe pas suffisamment de nos aînés des quartiers. Il faut d’abord les repérer, il y en a beaucoup qu’on ne voit pas, qui sont invisibles, seuls chez eux. Qui ne savent pas forcément qu’on existe ou qui ont des problèmes de mobilité. Certains ont des petites retraites, le fait de pouvoir venir à l’association et d’avoir un lieu où se retrouver, discuter, échanger et faire des activités c’est quand même un plus. « Eugénie Diolot, directrice adjointe de Mille couleurs

Sous le drapeau tricolore accroché dans les locaux de l’association, commence l’apprentissage d’une chanson de Serge Reggiani, remise au goût du jour par Chimène Baadi : Ma Liberté.

Un taux de pauvreté de plus de 70%

Un symbole dans ce quartier, marqué par de nombreuses problématiques. Construit dans les années 60 et 70, le quartier de Pissevin était alors une incarnation du confort moderne pour ses habitants avec ses appartements lumineux, ses nombreux commerces et services. Mais peu à peu, le quartier a glissé : d’après l’Insee, le taux de pauvreté en 2018 y atteignait 70,5%, 40 points au-dessus de celui de la ville de Nîmes.

La plupart des seniors qui participent à la chorale résident dans le quartier depuis longtemps. Fatima y a élevé ses quatre enfants et habite le même immeuble depuis 44 ans. Elle ne reconnaît plus le quartier agréable et attractif qu’elle a jadis connu.

Je plains les familles qui ont des enfants, ils n’ont plus rien pour s’amuser. Les miens avaient des toboggans, des tourniquets, des balançoires. Mais là, il n’y a plus rien.Fatima, 73 ans, habitante du quartier de Pissevin depuis 44 ans

Un espace public abandonné : c’est le ressenti de beaucoup de ces seniors. Qui regrettent l’absence de bacs de fleurs, de décorations pendant les fêtes de fin d’année ou la détérioration des trottoirs et de la chaussée. Ainsi que la disparition des bancs. À 71 ans, Monique, habite, elle, le quartier depuis 35 ans : « On nous a promis des bancs et on ne les a toujours pas. En bas de nos immeubles, l’été, on doit s’asseoir par terre : on n’a plus l’âge ! »

« On est des oubliés. On n’a plus rien. On manque de tout ce dont on a besoin dans une vie normale. Quand même on est 12.000 habitants ici, on n’est pas une vingtaine. Dans les villages, vous trouvez tout, mais ici on n’a plus rien. On est abandonnés.Monique, 71 ans, habitante de Pissevin depuis 35 ans

Depuis 2024, Pissevin a entamé une longue réhabilitation sous l’impulsion de l’État et de son bras armé en la matière, l’agence nationale pour la rénovation urbaine. 270 millions d’euros investis au moins jusqu’en 2027, des bâtiments détruits, d’autres reconstruits. Pour reconfigurer le quartier et améliorer le quotidien.En avril 2025, deux tours sont détruites dans le quartier Pissevin à Nîmes • © France Télévisions

Mais pour l’instant, les seniors n’en voient que les effets négatifs, avec la disparition de nombreux commerces. « Pour le moment on n’a rien. Pour faire les courses il faut aller loin, explique Fatima. Moi je ne peux pas y aller. On n’a plus de poissonnier, ni de cordonnier comme avant, on n’a plus rien. On a quelques épiciers, mais c’est tout. On a juste les camions de pizza ! « 

Un quartier enclavé

Une thématique qui met en lumière un certain enclavement de Pissevin malgré sa desserte par le trambus qui relie le quartier au centre-ville. Un vrai problème au jour le jour pour Monique : « Il nous faut une navette pour aller faire nos courses, pour aller à Carrefour. On nous a supprimé le bus qui permettait d’y aller. Et le dimanche, le bus qui permet d’aller en centre-ville ne circule pas. On est obligés de rester là. »Dans le quartier de Pissevin à Nîmes des voitures garées sur un trottoir • © Dalila Iberrakène/France Télévisions

Pour les seniors qui peuvent encore conduire et disposent d’une voiture, un autre problème se pose : celui du stationnement. Il suffit de se promener à Pissevin pour prendre la mesure de la situation. Des véhicules sont garés partout : sur les trottoirs, les terrains vagues, sur le moindre espace disponible. Katy, 71 ans, habite le quartier depuis 40 ans et elle a vu les choses empirer au fil des années. 

Il n’y a pas assez de place de stationnement. Dans les appartements maintenant, il y a les familles, les enfants ont grandi, beaucoup habitent toujours chez leurs parents, et ils ont aussi leur voiture. Mais on ne nous concerte pas.Katy, habitante de Pissevin depuis 40 ans

Pour cette militaire retraitée, l’envahissement de l’espace public par les véhicules est un obstacle à son occupation pour d’autres usages : « Il n’y a plus de lieu de rassemblement. Les enfants peuvent jouer dans la rue, c’est bien. Mais les grands ? Et pour les jeunes, c’est les laisser libres d’occuper l’espace mais peut-être pas de la meilleure des façons. »Katy a acheté un appartement dans le quartier de Pissevin à Nîmes en 1986 • © Alexandre Grellier/FTV

Derrière ces paroles de Katy, une préoccupation partagée par tous, mais que peu osent aborder frontalement par crainte de représailles : la place occupée par les réseaux de narco-trafiquants à Pissevin, avec son cortège de problèmes associés. Depuis de nombreuses années, des épisodes réguliers de violence perturbent le quotidien des habitants. Et font parfois même des victimes collatérales, comme le petit Fayed, un enfant de dix ans, tué dans un règlement de compte en août 2023. Le trafic de stupéfiants a des conséquences en cascades, comme la fermeture de la médiathèque du quartier en juin 2023, en raison de sa proximité avec un point de deal.

Une fresque à l’entrée du quartier Pissevin à Nîmes qui signale le point de deal à proximité de la galerie Wagner • © Alexandre Grellier/FTV

En août 2024, le poste de police municipale tout juste inauguré dans le quartier part en fumée, après un incendie criminel. Au gré des fusillades et des agressions, les services publics reculent. Régulièrement, quand la situation est jugée trop dangereuse, les infirmiers libéraux suspendent leur activité. Certaines sociétés de téléphonie rechignent à venir dépanner leurs clients. A l’été 2025, un couvre-feu pour les mineurs est mis en place, obligeant les jeunes de ces quartiers à rester confinés en soirée dans les appartements surchauffés par la canicule.

L’insécurité dans toutes les têtes

Une insécurité ambiante qui a des conséquences pour les seniors : « Ils sortent beaucoup moins. Ils n’osent pas sortir à certaines heures. Ils sont beaucoup moins à l’aise et ne se sentent pas franchement en sécurité. Ça pèse sur leur quotidien », explique Eugénie Diolot de l’association Mille couleurs.Un immeuble du quartier du Mas de Mingue qui sera bientôt détruit. Au pied de ce bâtiment, un vendeur de fruits a été victime d’une fusillade en juillet 2025. • © Dalila Iberrakène/France Télévisions

À l’autre bout de la ville, un autre quartier prioritaire avec les mêmes problématiques : le Mas de Mingue. En juillet 2025, devant la mosquée, un quinquagénaire qui vendait des fruits et légumes aux fidèles venus à la prière, est victime d’une rafale de Kalachnikov. À seulement une centaine de mètres de là, tous les soirs, les enfants du Mas de Mingue bénéficient d’une aide aux devoirs, proposée par l’association Samuel Vimaire. Ce soir de janvier, ils sont une vingtaine, encadrés par trois adultes. Interrogés sur les besoins du quartier et leurs attentes pour leur future maire, les collégiens expriment d’abord des besoins simples : plus de jeux d’enfants et de végétation dans ce quartier minéral et une fontaine pour se rafraîchir à la saison chaude. Beaucoup nous parlent aussi de l’état de dégradation des logements et des bâtiments dans lesquels ils résident.Ambiance studieuse au soutien scolaire du quartier du Mas de Mingue à Nîmes • © Dalila Iberrakène/France Télévisions

La préoccupation première de Iatoub et d’Imène, deux collégiennes inséparables et aux cahiers impeccables, ce sont les sangliers : « En été, on ne peut même plus sortir », explique la première. Son acolyte surenchérit : « Il y en a trop, on ne peut même plus aller au collège en sécurité. Dès qu’on arrive, les sangliers nous tombent dessus. »

Autre besoin du quotidien exprimé, par Iatoub, l’éclairage. A son goût, certaines zones du Mas de Mingue ne sont pas assez éclairées : « Le matin quand on va à l’école, et le soir quand on rentre, on ne voit rien, c’est tout noir. »

Quand je rentre chez moi, il n’y a presque pas de lumière. Du coup, ça fait un peu peur.Manuella, 14 ans, collégienne au Mas de Mingue

Les collégiens réunis ce soir-là ont conscience d’habiter une zone singulière. Abdelhamid, quand on l’interroge sur les problèmes du quartier, répond spontanément avec ses mots: « Il y a la criminalité dans le quartier, ça, ce n’est pas bien. » Assis à la même table, Ahmed-Yacine explique : « On a quand même peur. Le Mas de Mingue c’est quand même un gros quartier. On a peur des balles perdues. Moi mes parents ne m’autorisent pas à passer par le Mas de Mingue, ils me disent de contourner. »

Les jeunes du Mas de Mingue expriment aussi un besoin d’encadrement et une plus grande diversité d’activité. Pour eux, mais aussi pour aider leurs aînés à faire leurs démarches, dans un monde administratif de plus en plus numérique.Xavier Almella, le directeur du Carrefour des associations une structure sociale dans le quartier du Mas de Mingue à Nîmes • © Dalila Iberrakène/France Télévisions


Xavier Almella, le directeur du Carrefour des associations une structure sociale dans le quartier du Mas de Mingue à Nîmes • © Dalila Iberrakène/France Télévisions

« Il manque d’espaces où l’on puisse occuper les jeunes. Il y a quelques aires de jeux mais il manque d’infrastructures sportives qui soient libres d’accès », résume Xavier Almela, le directeur de l’association Samuel Vimaire. Il faut surtout que ces espaces soient occupés par des adultes, pour que ces enfants-là soient sous regard et puissent être en lien avec des adultes référents, connus et reconnus.

Investir dans des infrastructures, mais aussi dans l’humain. D’un quartier à l’autre, des jeunes aux anciens, le constat est similaire. Les habitants des quartiers prioritaires de Nîmes se sentent déclassés, abandonnés, parfois stigmatisés. La sécurité est au cœur de leurs préoccupations, mais aussi, plus généralement, leur cadre de vie. C’est une tâche immense qui attend le prochain maire de Nîmes.

« Il faut une ou deux semaines pour avoir un rendez-vous » : entre désert médical et violence, cette pharmacie résiste face à la dégradation de l’offre de soin

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Nicolas Pagès est pharmacien dans le quartier de Pissevin à Nîmes depuis 25 ans. Il a vu l'offre de soins se dégrader.

Écrit parAlexandre Grellier

Publié le28/02/2026 à 12h55 https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/gard/nimes/il-faut-une-ou-deux-semaines-pour-avoir-un-rendez-vous-entre-desert-medical-et-violence-cette-pharmacie-resiste-face-a-la-degradation-de-l-offre-de-soin-3306825.html#at_medium=5&at_campaign_group=2&at_campaign=france3regions&at_offre=4&at_variant=Occitanie&at_highlight=Municipales-2026&at_send_date=20260304&at_recipient_id=726375-1497345337-da129e8d&at_adid=DM1252595

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Dans le quartier de Pissevin à Nîmes, l’offre de santé s’est réduite au fil des années. Un désert médical pas tout à fait comme les autres. Nous sommes allés à la rencontre des professionnels de santé et des habitants pour en parler.

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Depuis 25 ans, Nicolas Pagès tient la pharmacie Kennedy, dans un petit centre commercial du quartier de Pissevin. Un sacerdoce : il tient l’une des deux dernières officines du quartier. Dans cette zone paupérisée, il est en première ligne.

Il y a 25 ans, quand je suis arrivé, il y avait 14 médecins généralistes dans la galerie Wagner. Petit à petit, l’offre de soin a diminué. Les médecins sont partis ils n’ont pas été remplacés.Nicolas Pagès, pharmacien à Pissevin depuis 25 ans

Un désert médical s’est installé peu à peu. Un paradoxe pour ce quartier qui compte 12 000 habitants, à quelques centaines de mètres du CHU Carémeau de Nîmes.

La déliquescence de l’offre de soins

Un constat partagé par les six médecins du cabinet voisin de la pharmacie, l’un des derniers du quartier. Au rez-de-chaussée, la salle d’attente est toujours bondée. À tel point que deux bungalows aménagés ont dû être installés sur le parking, pour accueillir le flux de patients.

Le nombre de médecins, d’infirmiers et plus largement de paramédicaux est largement insuffisant pour pouvoir aider de manière efficace la populationYachine Adam, médecin à Pissevin depuis 20 ans

Au cœur de la problématique de la santé, la sécurité du quartier. Depuis de trop nombreuses années, les drames rythment la vie des habitants de Pissevin. Des règlements de compte entre réseaux de narcotrafiquants aux barrages de fortune dressés pour ralentir les forces de l’ordre, la vie quotidienne est empêchée. Et le travail des professionnels de santé aussi. Au gré des épisodes de violences, les infirmiers libéraux refusent parfois de s’engager dans les rues de Pissevin pour soigner leurs patients, comme après les nombreuses fusillades de l’été 2025.

Le fait qu’ils soient agressés ou qu’ils soient en insécurité, effectivement, les professionnels de santé s’installent dans d’autres quartiers. Nicolas Pagès, pharmacien à Pissevin depuis 25 ans

Une réduction de l’offre de soin ressentie par les habitants. Monique, 71 ans, habite le quartier depuis 25 ans : « On n’a pas de médecin, on a un seul kinésithérapeute. Il faut faire la queue ou alors prendre des rendez-vous pour lesquels il faut attendre des mois. »

J’ai un généraliste mais on ne peut pas avoir un rendez-vous de suite. Il faut attendre une ou deux semaines. Tu as le temps de mourir avant ! Fatima, habitante de Pissevin depuis 44 ans

Mais encore de l’espoir

Mais pas de fatalisme chez le pharmacien Nicolas Pagès. À l’approche de la retraite, il compte bien transmettre son officine à ses deux filles, pharmaciennes elles aussi et qui travaillent avec lui. Mais dans un autre bâtiment. Car depuis 2024, l’Anru, l’Agence de rénovation urbaine a entamé un grand programme de réhabilitation du quartier. Des bâtiments sont détruits, d’autres reconstruits. 270 millions doivent être investis d’ici 2027.

Nicolas Pagès, le pharmacien du quartier Pissevin à Nîmes devant les futurs locaux de son officine.

Nicolas Pagès doit déménager son entreprise en début d’année prochaine à cent mètres de son lieu de travail actuel, dans un nouvel immeuble, encore en construction. Il veut encore y croire.

Ce qu’il faut c’est que les pouvoirs publics continuent cette action, aident la population, les professionnels de santé, les services publics pour qu’on ait une vie normale à cet endroit et non pas un ghetto. Tous ces gens qui vivent ici doivent bien vivre. Ensemble. Nicolas Pagès

Un constat partagé par le médecin Yachine Adam : « La politique de l’Anru qui consisterait à aligner des bâtiments tous neufs, les uns à côté des autres serait une politique vide de sens, sans une stratégie publique d’offre scolaire, de sécurité avec une police installée localement, et surtout, de soins de proximité qui fait le lien avec tout ça. La population de Pissevin jugera la politique de la ville aussi par rapport à la possibilité qu’auront les élus à garder les médecins dans ces quartiers-là. »

Assurer la sécurité dans le quartier, le bon fonctionnement des services publics. Et soutenir l’offre de soins à Pissevin. Vastes tâches pour le futur maire de Nîmes.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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