Un décret publié ce vendredi reconnaît les notions de consultation et de diagnostic infirmier et ouvre un droit général à la prescription pour les infirmières

Le métier d’infirmière réformé en profondeur

Quentin Haroche| 29 Décembre 2025 https://www.jim.fr/viewarticle/métier-dinfirmière-réformé-profondeur-2025a10010kf?ecd=wnl_all_251231_jim_daily-doctor_etid7995586&uac=368069PV&impID=7995586&sso=true

Un décret publié ce vendredi reconnaît les notions de consultation et de diagnostic infirmier et ouvre un droit général à la prescription pour les infirmières.

Les quelque 600 000 infirmières que compte notre pays ont reçu un joli cadeau pour Noël. Un cadeau qu’elles attendaient depuis plus de vingt ans, sous la forme d’un décret publié ce vendredi en application de la loi infirmière promulguée le 27 juin dernier et qui réforme de fond en comble le métier d’infirmière. Fini le décret de 2004, qui listait les actes que les infirmières étaient autorisées à effectuer sous le contrôle d’un médecin et qui faisait d’elles, en théorie du moins, de simples exécutantes. Le décret publié ce vendredi reconnaît le « rôle propre » des infirmières, leur autonomie et leur rôle central dans le système de santé. « Ce décret est une avancée majeure pour la profession infirmière, il reconnaît et sécurise enfin les pratiques infirmières du quotidien » s’est félicité vendredi la ministre de la Santé Stéphanie Rist.

Dans le détail, le décret crée une nouvelle section dans le Code de la Santé Publique (CSP) sur les « activités et compétences » des infirmières. On peut y lire que les infirmières ont pour mission, entre autres, d’ « élaborer des diagnostics infirmiers », d’ « initier, entreprendre, mettre en œuvre et évaluer les soins infirmiers (…) en particulier dans le cadre d’une consultation infirmière » et de « prescrire des produits de santé et des examens complémentaires adaptés à la situation clinique et dans ses domaines de compétences ».

Un droit général à la prescription reconnu pour les infirmières

Les notions de diagnostic et de consultation infirmière ainsi que le droit à la prescription des infirmières sont donc pleinement reconnus. Le décret précise à ce titre que la consultation infirmière comprend notamment un « entretien clinique », « l’élaboration et la détermination d’actions et d’objectifs de soins infirmiers » et « la réalisation, l’évaluation ou l’adaptation des soins infirmiers ».

Le nouveau décret reconnaît également le droit pour les infirmières, « dans le cadre de leur rôle propre » de « prendre en charge directement les patients » et d’ « initier, accomplir et évaluer les actes et les soins qu’elles estiment nécessaires ». « Dans le cadre d’un raisonnement et d’une démarche clinique, l’infirmier identifie les besoins de la personne et de son entourage, formule des diagnostics infirmiers, fixe des objectifs de soins, définit, planifie, réalise et adapte les interventions appropriées » poursuit le décret. 

Enfin, le décret reconnait aux infirmières anesthésistes diplômées d’Etat (IADE) le titre d’infirmières en pratique avancée (IPA). D’autres textes réglementaires similaires sont en attente pour accorder le même statut aux autres infirmières spécialisées, comme les infirmières de bloc opératoire ou les puéricultrices.

Des arrêtés attendus pour préciser les nouvelles compétences des infirmières

Ce décret s’inscrit dans un mouvement de transfert de compétences des médecins vers les professions paramédicales, lancé il y a plusieurs années et qui a notamment pour but de pallier la pénurie de médecins et la désertification médicale. Dernière mesure en date : en avril dernier, un droit à la primo-prescription avait été reconnu aux IPA

Attendu de longue date par la profession, le décret de vendredi a été logiquement accueilli avec enthousiasme par l’ensemble des organisations représentant la profession. « Le décret définit le contenu du rôle propre infirmier en affirmant clairement l’autonomie professionnelle des infirmiers et infirmières : cette reconnaissance constitue une avancée majeure pour la profession et participe à l’amélioration de l’accès aux soins et de la continuité des prises en charge notamment dans les zones en tension » se félicite ainsi l’Ordre national des infirmiers (ONI) dans un communiqué publié ce vendredi. La Fédération Nationale des Infirmières (FNI) évoque quant à elle « une étape déterminante pour la reconnaissance de la profession infirmière » et « l’affirmation des compétences propres des infirmières et infirmiers dans les parcours de soins » tandis que le collectif des infirmiers libéraux en colère (Cilec) salue « une victoire ».

La réforme du métier d’infirmier n’est cependant pas encore achevée. Des arrêtés doivent encore être pris pour préciser certaines modalités du décret et notamment deux points essentiels : la liste des produits de santé que les infirmières peuvent directement prescrire et celle des actes qu’elles sont autorisées à accomplir sans passer par une prescription d’un médecin. La ministre de la Santé Stéphanie Rist a promis que ces arrêtés essentiels seront pris avant le 30 juin prochain. « L’Ordre national des infirmiers restera pleinement mobilisé et vigilant quant au respect du calendrier annoncé et à la qualité des textes à venir » avertit l’ONI.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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