« Déserts médicaux : le gouvernement s’invite dans le match parlementaire »
Date de publication : 5 mai 2025


Ludwig Gallet note dans Le Parisien : « D’un côté, des milliers de médecins et d’étudiants en médecine dans la rue, craignant que leur liberté d’installation ne soit remise en cause. De l’autre, des Français qui ont toujours plus de mal à trouver un simple rendez-vous médical ».
Le journaliste explique ainsi que « la colère est vive dans le pays, alors que le gouvernement et les parlementaires cherchent des solutions pour lutter contre les déserts médicaux. […] L’heure est grave, et les responsables politiques ont décidé d’agir. Un « match » s’apprête même à être joué entre les députés et les sénateurs ».
Ludwig Gallet fait savoir que « cette semaine, les premiers reprendront leurs travaux sur la proposition de loi du député socialiste Guillaume Garot, celle qui a suscité la gronde des médecins. La semaine suivante, les sénateurs débuteront quant à eux l’examen d’une autre proposition, formulée par leur collègue LR Philippe Mouiller ».
Le journaliste rappelle que « Guillaume Garot remet en partie en question la liberté d’installation des médecins. […] Du fait d’un agenda parlementaire trop chargé, les débats ne reprennent donc que cette semaine… un mois après. Entre-temps, les médecins ont eu le temps de se mobiliser ».
Ludwig Gallet observe que « dans l’entourage de Catherine Vautrin, la ministre qui a la tutelle de la Santé, on assure que le gouvernement partage l’objectif de Guillaume Garot. […] Mais les moyens mis en œuvre suscitent aussi de nombreuses réserves ».
« Si bien que le gouvernement semble surtout regarder d’un très bon œil le texte de Philippe Mouiller, qui se contente lui de demander aux médecins de s’engager à lancer, par exemple, des cabinets secondaires dans des zones souffrant d’une pénurie de praticiens. Sans remettre en cause la liberté d’installation », relève le journaliste.
Il explique que « le 25 avril dernier, […] François Bayrou s’était officiellement prononcé contre la proposition de Guillaume Garot, proposant une autre voie : le «principe de responsabilité et de solidarité territoriale». Avec une idée nouvelle : demander à certains médecins d’accorder 2 jours par mois aux déserts médicaux pour y assurer des rendez-vous ».
« Reste à savoir comment mettre en œuvre ces propositions. Selon nos informations, plusieurs d’entre elles pourraient être directement intégrées dans la proposition de loi Mouiller. Des contacts ont été lancés en ce sens entre le ministère de la Santé et le sénateur », indique Ludwig Gallet.
Philippe Mouiller déclare ainsi : « J’attends de connaître les contours de cette mesure. Si les médecins doivent faire 100 km pour assurer des rendez-vous, je ne sais pas si je serai d’accord. Je suis tout à fait ouvert à la discussion, mais j’ai aussi tenu à rappeler l’indépendance du travail des sénateurs ».
Le Monde titre pour sa part : « Déserts médicaux : plus de 1500 élus locaux ** appellent les députés à voter pour la régulation de l’installation des médecins ».
Les élus écrivent ainsi dans une tribune : « Parce qu’il refuse de baisser les bras face à l’urgence, parce qu’il bénéficie d’un large soutien sur les bancs de droite, de gauche et du centre au Parlement, ce texte doit poursuivre son cheminement parlementaire. L’attente de nos concitoyens est forte : ne les décevons pas ».
Ils ajoutent que la proposition de loi « fait de la régulation de l’installation des médecins, déjà appliquée pour de nombreuses professions de santé, (…) le nécessaire levier d’une politique à mener, par ailleurs, sur tous les fronts ».
** https://environnementsantepolitique.fr/2025/05/04/lattente-de-nos-concitoyens-est-forte-ne-les-decevons-pas-1500-elus-locaux/