Démographie médicale: « les perspectives sont beaucoup plus optimistes dans la décennie à venir, à condition que les jeunes générations s’installent là où on a le plus besoin d’elles « .

« À quand une amélioration dans les déserts médicaux ? « Le point de bascule est proche » »

Date de publication : 3 mars 2025

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Le Parisien

Dans un autre article sur les déserts médicaux, Véronique Hunsinger observe dans Le Parisien que « la densité médicale a atteint son point le plus bas, mais les perspectives sont beaucoup plus optimistes dans la décennie à venir, à condition que les jeunes générations s’installent là où on a le plus besoin d’elles ».
Le Dr Jean-Marcel Mourgues, vice-président du Conseil national de l’Ordre des médecins, déclare ainsi qu’« il y avait déjà un frémissement l’année dernière et l’inversion de la courbe devrait se confirmer. La hausse n’est pas encore suffisante pour avoir un impact significatif sur l’offre de soins, mais il faut se dire que, d’ici 10 ans, le paysage sera complètement bouleversé ».


Véronique Hunsinger relève en effet qu’« en 2024, pour la première fois, le nombre de médecins nouvellement inscrits au tableau du Conseil national de l’Ordre, toutes spécialités confondues, a dépassé de plus de 1600 celui des sortants. Pour les généralistes, la balance était encore négative de 175 mais le point de bascule est proche ».


Le Dr Mourgues explique qu’« actuellement, ce sont les médecins formés à la fin des années 1970 qui partent à la retraite. Ils sont beaucoup moins nombreux que ceux qui sortent des études et dont les promos sont beaucoup plus fournies ».
La journaliste ajoute que « le mouvement va même s’accélérer avec la suppression du numerus clausus en 2020 : on forme aujourd’hui trois fois plus de médecins par an qu’il y a 30 ans. Mais que faire en attendant, au-delà des initiatives associatives comme les «médecins solidaires», qui proposent des vacations à la semaine ? ».


Brigitte Dumont, économiste de la santé, indique qu’« on ne peut pas obliger des médecins à s’installer là où ils n’ont pas envie d’aller. Mais dans un moment de pénurie, on peut aussi essayer de mettre en place d’autres fonctionnements. Par exemple, imaginer que des médecins de grandes villes fassent des vacations un ou plusieurs jours par semaine en zone rurale ».


Véronique Hunsinger souligne que « les solutions pour lutter contre les déserts médicaux sont aujourd’hui multiples, à défaut d’être totalement suffisantes ».


Le Dr Mourgues remarque ainsi : « On sait que les médecins s’installent plus volontiers à proximité de là où ils ont fait leurs études. Il faut donc favoriser les stages dans ces territoires. Il faut aussi soutenir la coordination des soins par le médecin traitant ».
« Mais pas question pour le Conseil national de l’Ordre de toucher à la liberté d’installation, aujourd’hui menacée », 
continue la journaliste.


Elle remarque cependant qu’« une proposition de loi cosignée par 258 députés de tout bord (hors RN) pourrait être examinée à la fin du mois de mars. […] Si le texte était adopté, une autorisation d’installation des médecins par les Agences régionales de santé (ARS) serait créée. Et les médecins ne pourraient plus s’installer là où ils sont déjà suffisamment nombreux et incités à aller exercer ailleurs ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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