𝐋𝐚 𝐜𝐨-𝐯𝐢𝐜𝐭𝐢𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 : 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐟𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐬𝐮𝐛𝐢𝐬𝐬𝐞𝐧𝐭
🔍 𝐐𝐮’𝐞𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐚 𝐜𝐨-𝐯𝐢𝐜𝐭𝐢𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 ?
Dans le cadre des violences conjugales, la co-victimation désigne la situation des enfants qui, bien que non directement agressés physiquement, subissent les conséquences des violences exercées dans leur foyer.
Un enfant qui entend des disputes violentes, qui voit un parent frappé ou qui vit dans un climat constant de peur est aussi une victime.
🎯 𝐏𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐞𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐮𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐛𝐥𝐞̀𝐦𝐞 𝐦𝐚𝐣𝐞𝐮𝐫 ?
Les enfants co-victimes sont souvent perçus comme de simples témoins. En réalité, ils en subissent des impacts profonds :
• Psychologiques : anxiété, stress post-traumatique, dépression.
• Comportementaux : agressivité, troubles du sommeil, repli sur soi.
• Sociaux : difficultés scolaires, isolement, comportements à risque.
Les violences conjugales affectent donc toute la cellule familiale, et les enfants exposés risquent de reproduire ou de subir ces dynamiques à l’âge adulte.
💡 𝐋𝐚 𝐜𝐨-𝐯𝐢𝐜𝐭𝐢𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧, 𝐮𝐧𝐞 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞 𝐝𝐞 𝐦𝐚𝐥𝐭𝐫𝐚𝐢𝐭𝐚𝐧𝐜𝐞
Reconnaître les enfants comme co-victimes est crucial :
1️⃣ Pour comprendre que les violences conjugales ne concernent pas que les adultes impliqués.
2️⃣ Pour garantir une prise en charge adaptée aux besoins des enfants (soutien psychologique, accompagnement).
3️⃣ Pour briser le cycle de la violence et prévenir la transmission intergénérationnelle.
🔑 𝐏𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐩𝐚𝐫𝐥𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐯𝐢𝐨𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐭𝐫𝐚𝐟𝐚𝐦𝐢𝐥𝐢𝐚𝐥𝐞𝐬 ?
C’est justement pour inclure ces enfants dans les dispositifs de protection et dans la prise de conscience collective que nous devons parler de violences intrafamiliales (VIF).
Les violences conjugales ne se limitent pas à un agresseur et une victime directe. Elles affectent l’ensemble de la famille, souvent dans l’ombre.
Mettre en lumière la co-victimation, c’est reconnaître que la lutte contre les violences intrafamiliales doit être globale, pour protéger toutes les victimes visibles et invisibles.
Réactions:
Nadia Bouguida Bakour
Votre article est très interessant mais nous avons encore des juges aujourd’hui qui considèrent qu’il faut traiter les violences contre la mère et contre les enfants de manière distincte. Quand on plaide un dossier de violences intra familiales se pose toujours la question des droits de visite et d’hébergement du parent violent et il est encore inconcevable dans notre société patriarcale d’imaginer qu’un père violent puisse être séparé de ses enfants même sur une courte période. Le juge fixe souvent des droits de visite médiatisé quand il faudrait juste une suspension des droits de visite et d’hébergement du père violent le temps que la famille puisse retrouver un peu de serenite et la force surtout pour la mère de protéger au mieux ses enfants.
Le combat est encore long même si nous avons les solutions.
Hajer Nayal
Merci pour le partage d’un article qui traite une thématique si douloureuse, mais jusqu’à aujourd’hui ne trouve pas assez d’appuis de la part des professionnels que ce soit d’un point de vue juridique ou même de la part des professionnels de la santé mentale. Ce qui est encore plus lourd à porter comme conséquence à long terme c’est à l’âge adulte. Souvent ces victimes par ricochet se trouvent elle-même victime de manipulation, de dépendance affective, ou même d’isolement social. À quand la prise de conscience et surtout une vraie écoute active de ces victimes et surtout apporter de la considération à leurs douleurs et ressentis qui sont réels. Pourquoi jusqu’à aujourd’hui la voix de l’adulte vaut plus que celui qui est jugé non mâture, celui qui est le plus vulnérable de tous qui est l’enfant. L’enfant victime d’aujourd’hui sera l’adulte qui souffrira de troubles émotionnels, de manque de confiance en soi, de sous-estime….. l’enfant est un produit. Un produit de sa propre famille, de l’environnement direct dans lequel il a vécu et surtout des institutions à qui il a à faire et qui ont l’autorité à contrôler sa propre vie.
Françoise C.
Quand le couple conjugal dysfonctionne, leur enfant se retrouve dans des conflits de loyauté. Il n’arrive plus à se mobiliser dans les apprentissages. Quand il a des prises en charge elles sont discontinues ou sont arrêtées. Parfois le seul espace de rencontre est l’équipe éducative à l’école pour les positionner en tant que couple parental vis à vis de la scolairité et des soins. Il arrive qu’une information préoccupante soit rédigée et présentée aux parents pour les aider dans leur couple parental, à tisser des liens moins toxiques et violents entre eux dans l’intérêt de leur enfant.
Aurore Bouguera
Merci beaucoup de sensibiliser à cette question cher collègue, l’impact des violences conjugales sur les enfants est trop souvent oublié et nos décisions sur le plan civil ont un impact majeur sur leur protection et leur développement futur, les enfants d’aujourd’hui étant les adultes de demain, prendre en compte cet impact est indispensable pour ne pas perpétuer cette violence. Je pose souvent la question aux auteurs de violences intrafamiliales s’ils ont eux même été témoins plus jeunes de ce type de violences et malheureusement leur réponse est trop souvent positive…