UN REVERS CINGLANT POUR UNE BONNE LEÇON DE RÉALISME SOCIOLOGIQUE

Frédéric PIERRUFrédéric PIERRU • 1er • 1erSociologue, Républicain social, démoc

Bonjour,

Vous trouverez le lien vers la suite de mon billet de la semaine dernière intitulé Fahrenheit 51 et qui porte sur les élections US*.

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UN REVERS CINGLANT POUR UNE BONNE LEÇON DE RÉALISME SOCIOLOGIQUE

par FRÉDÉRIC PIERRU CNRS-CERAPS

LUNDI 18 NOVEMBRE 2024

https://www.gaucherepublicaine.org/respublica-idees/un-revers-cinglant-pour-une-bonne-lecon-de-realisme-sociologique/7436735

La semaine dernière nous annoncions, avec toute la prudence de rigueur, que la victoire de Donald Trump était possible, là où les commentateurs – difficile d’appeler cela des journalistes – estimaient que la batterie de casseroles que ce dernier traînait rendait improbable un tel come-back revanchard. Comme très souvent, les commentateurs furent une boussole indiquant le Sud. Nous annoncions au contraire ici qu’il pouvait gagner 68 grands électeurs dans les désormais « États pivots », il a fait le strike depuis que le score de l’Arizona est connu : 93 et sept « swing states » sur sept. Comme attendu, ce fut, dans les milieux « autorisés », pour reprendre le mot railleur de Coluche, incompréhension, sidération et colère. Mais comment, les États-Unis, cette « plus grande démocratie du monde » – celle qui a encore la peine de mort dans certains États qui ne se privent pas de l’utiliser, celle qui a le privilège d’avoir le plus grand complexe carcéral du monde, qui possède le complexe militaro-industriel le plus développé, qui surveille en permanence sa population et ses alliés via ses « grandes oreilles », où la politique n’est qu’une affaire de millionnaires et de milliardaires, etc. –, ont-ils pu réélire un tel histrion, vulgaire, affairiste, menteur, démago ?

Des démocrates sans programme hormis le wokisme

Sans surprise, ces commentateurs ont donné des explications conformes à leur habitus. Si Kamala Harris a perdu 10 millions d’électeurs par rapport à Joe Biden, c’est qu’elle a été trop ou pas assez radicale alors qu’elle… n’avait pas de programme. En fait si, elle avait un programme, peu ou prou celui de Trump : protectionnisme, lutte contre l’immigration illégale, libéralisme interne, défense des armes à feu, etc. Il est difficile de gagner une élection quand vous la focalisez sur le seul droit à l’avortement qui, par ailleurs, il faut le rappeler, est défendu par de nombreux États fédérés et encore à cette occasion.

En face, on y a vu une défaite en rase campagne du wokisme. Ce n’est pas faux. Pour le coup, Harris a payé le prix des errements du parti démocrate depuis Obama et ses politiques d’identité auxquelles ce dernier ne croit plus. L’hystérisation identitaire du débat politique américain a contribué à sa polarisation. Mais c’est en partie injuste, car Harris a senti que la vague woke était devenue un repoussoir à électeurs et elle s’est bien gardée de surfer dessus, bien au contraire. Elle n’a pas jeté à la figure des électeurs qu’il fallait voter pour elle parce qu’elle était une femme ou qu’elle était métisse. Non, ce qu’elle a chèrement payé c’est que, hormis le wokisme, le parti démocrate n’est plus qu’une machine électorale oligarchique vide de sens. En dehors des politiques d’identité, il ne lui reste que le plus petit dénominateur commun avec les Républicains : la défense de l’industrie américaine, ou ce qu’il en reste, les GAFA et Wall Street, cette dernière qui, retournant brusquement sa veste, a salué l’élection de Donald Trump par une hausse record du Dow Jones. L’argent n’a pas de préférence idéologique, d’autant plus, et nous l’avons assez dit et répété ici, que le wokisme a toujours était sa feuille de vigne.

Le retour de la question sociale

« It’s the economy stupid ! » déclamait Bill Clinton qui mit le parti démocrate sur les rails du néolibéralisme progressiste, soit cette union entre défense des minorités et acceptation du capitalisme financiarisé le plus débridé. C’est à partir des années 1990, entre deux cigares, que le parti démocrate a oublié la classe ouvrière qui, en retour, l’a oublié, ainsi qu’en a fait récemment le constat amer Bernie Sanders. Car la victoire de Trump ne tient pas seulement à une abstention différentielle, les électeurs démocrates traditionnels étant écœurés : il a fait une percée dans les bastions dont les wokes se font les hérauts : les hispaniques, une partie non négligeable des afro-américains, une conquête impériale des classes populaires et moyennes inférieures en proie au déclassement économique et social(1) **.

Les démocrates ont beau se gargariser d’un très faible taux de chômage, si cela signifie pour les gens ordinaires cumuler deux ou trois boulots mal payés, on peut comprendre qu’ils ne voient pas cela comme un « progrès » surtout avec une inflation galopante, avec la cavalcade du prix des logements, avec l’idée que l’immigration illégale fait peser à la baisse les salaires. En effet, l’immigration arrive dans le peloton de tête des préoccupations des Américains. Mais il ne faut pas confondre avec le racisme, bien réel aux États-Unis toutefois, car ces derniers ont plutôt une lecture marxiste du phénomène : elle est une armée de réserve qui pousse à la baisse des salaires et à la déconstruction de « l’entreprise providence » made in USA (en particulier, les droits à assurance maladie).

La défaite des démocrates résulte donc de l’abandon de la lecture « classiste » de la société.

La défaite des démocrates résulte donc de l’abandon de la lecture « classiste » de la société. Des essayistes comme Christopher Lasch avaient précocement – en fait dès les années 1980 – anticipé cette « sécession des élites » et le décrochage de la majorité(2), annonçant, comme en ont fait récemment le constat l’anthropologue Peter Turchin(3) ou encore, en France, Emmanuel Todd, le « chaos » pour l’un, le « nihilisme » contemporain pour l’autre. Donald Trump est l’incarnation de ce chaos et de ce nihilisme. Chaos social, nihilisme des élites : voici où nous en sommes. Car le constat ne vaut bien entendu pas seulement que pour les États-Unis ; c’est tout l’Occident qui est affecté. Le point positif de la période est épistémo-politique.

Vers la fin du maoïsme sociétal 2.0 ?

Progrès épistémologique : les sciences sociales vont certainement se débarrasser de ce maoïsme sociétal 2.0 qu’était la « synthèse identitaire », l’invalidation empirique étant flagrante. En France, la lecture terranovienne de la société en a pris un coup de plomb dans l’aile. « Les femmes », les « minorités », les « jeunes éduqués » ne sont pas des électorats homogènes qu’on pourrait additionner comme des sacs de pommes de terre. Faut-il rappeler que 45 % des femmes américaines ont voté Trump ? Certes, il existe un survote féminin pour les démocrates, de l’ordre de 8 à 9 points, mais « les femmes », sociologiquement et électoralement, cela n’existe pas. C’est d’autant plus frappant que ces femmes ont voté pour un candidat ouvertement machiste, si ce n’est misogyne. Il en va de même pour l’électorat « latino » ou hispanique, qui votait traditionnellement et massivement démocrate.

On pourrait continuer indéfiniment : les sociologues et autres politologues ont inventé des groupes fictifs dont ils se sont faits les porte-parole. Quel dépit ! Leurs bases ont l’audace de ne pas suivre leurs injonctions et leurs « combats », lesquels consistent bien souvent à rédiger des articles lus par personne ou des tribunes oubliées à peine terminées. Bref, dans une science « normale », une hypothèse invalidée de façon aussi nette doit être abandonnée. Marx a gagné contre Saintes Kimberlé Crenshaw ou Judith Butler, cette professeure de rhétorique aux écrits obscurs et délirants (au sens psychiatrique : des discours qui n’ont plus aucun rapport avec la réalité du monde social).

Du déni en politique : quand la gauche pseudo-radicale reprend les vieilles lunes conservatrices

Progrès politique : peut-être est-ce du wishful thinking, mais l’espace devrait se rouvrir à gauche, une fois desserré l’étau des politiques identitaires. Dans certains états-majors politiques doit se faire sentir une certaine gêne : et si la terranovisation de la gauche était une grossière erreur induite par des pseudo-chercheurs « en roue libre » ? Certains sont irrécupérables : ils nous réactivent le vieux fond conservateur du racisme de l’intelligence à l’égard des moins et des non-diplômés qu’avait initié en son temps Lipset dans son maître ouvrage The Political Man(4) et qui sert de viatique depuis des décennies à la « pensée Sciences Po ». : les pauvres votent mal avec leur appétence pour les régimes autoritaires, les élites seules ont la démocratie chevillée au corps(5).

Les moins diplômés, ceux qui ne sont pas passés par l’enseignement supérieur, seraient en effet très influençables, « fermés » (bonjour la contradiction), disposés à adopter les pires travers de la nature humaine : racisme, sexisme, machisme, autoritarisme, violence, etc. bref tous les fléaux que combattent nos courageux wokes assis confortablement derrière leur bureau. Il est toujours étonnant de constater que des thèses aussi ineptes aient la vie aussi dure. En l’occurrence, les petites gens seraient la proie de tous les démagogues selon le vieux schéma du « viol des foules par la propagande » (car bien sûr, les diplômés du supérieur ne sont pas du tout influençables, il suffit de regarder leur accoutrement : la publicité y fait des ravages).

Pas de chance, comme l’a bien montré la synthèse récente des travaux de psychologie expérimentale faite par Hugo Mercier, les individus « ne sont pas nés de la dernière pluie »(6) : ils remettent difficilement en cause leurs croyances, surtout si elles structurent leur vie(7). Le pire est que ces chercheurs et commentateurs ont l’invalidation empirique de cette thèse sous les yeux : malgré une couverture médiatique favorable à hauteur de 90 % (bonjour le pluralisme) à Harris, cette dernière a subi une gifle électorale historique ! C’est bien la preuve que les électeurs, même traités avec dédain comme des « crétins », n’en font qu’à leur tête ou plutôt : ils votent en fonction de ce qui les affecte vraiment, réellement, dans leur vie quotidienne. Disons que la « question trans » ou celle des « toilettes transgenres » les mobilisent moins que les difficultés à remplir le frigo ou à se soigner… Il faut vraiment être un bourgeois hors sol pour ne pas voir une telle évidence, ainsi que l’ont récemment mis en image Gilles Perret et François Ruffin dans leur film Au boulot !

Limiter le chaos qui vient

Si c’est cette lecture qui l’emportait la gauche serait définitivement perdue, et pas seulement pour 2027. Cagé et Piketty avaitent pourtant déjà enfoncé un coin dans cette certitude de camper une position supérieure sur ses contemporains en rappelant la primauté des clivages socio-économiques dans la vie politique française sur la longue durée(8). L’Institut La Boétie, Mélenchon en tête, en fut fort contrarié, puisque LFI avait adopté la ligne politique inverse : cap sur Terra Nova et l’américanisation de la gauche ! Les voilà Gros-Jean comme devant !

Il existe certes à gauche encore des gens comme Sandrine Rousseau pour défendre le voile contre les courageuses Iraniennes, quitte à se faire remettre vertement en place par la réalisatrice du remarquable Persépolis, Marjane Satrapi. Mais le cas Rousseau est perdu. Toutefois, ces voix-là devraient être moins audibles dans les deux années qui viennent. Les élections américaines vont durablement marquer les esprits. L’on va commencer enfin à remettre sur le devant de la scène les vrais enjeux du moment : creusement des inégalités sociales, extension de la pauvreté, déclassement des catégories populaires et moyennes et, bien entendu, le défi climatique qu’a dramatiquement illustré l’Espagne ces dernières semaines.

Appréhendée de la sorte, l’élection de Donald Trump et son cortège de remise en question de certitudes qui s’étaient imposées depuis moins d’une décennie (priorité au « sociétal » !) pourraient être salutaires. C’est peut-être à ce prix que nous pourrons peut-être sinon éviter, du moins, limiter « le chaos qui vient ».

Notes de bas de page

↑1Pour une analyse fouillée des résultats, on lire l’excellent site ELUCID  **: https://elucid.media/analyse-graphique/election-donald-trump-president-etats-unis-economy-stupid-veritable-sens-victoire.
↑2Christopher Lasch, La révolte des élites et la trahison de la démocratie, Paris, Flammarion, 1995.
↑3Le chaos qui vient, Le Cherche Midi, 2024 .
↑4Seymour Martin Lispset, The Political Man: The social Basis of Politics, 1960.
↑5Il suffit de lire l’ouvrage de Johann Chapoutot, Christian Ingrao, Nicolas Patin, Le monde nazi, Paris, Tallandier, 2024 pour réaliser l’inanité de ce racisme social.
↑6Hugo Mercier, Pas né de la dernière pluie, Paris, Humensis, 2022.
↑7Pour un autre exemple, qui date des années 1950, lire le classique de Leon Festinger et al., L’Échec d’une prophétie (Paris, PUF, 1993).
↑8Julia Cagé, Thomas Piketty, Une histoire du conflit politique en France, Paris, Seuil, 2024.

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**« It’s the economy, stupid ! » : le véritable sens de la victoire de Donald Trump

La victoire de Trump a largement surpris les analystes et commentateurs : non seulement il a gagné, mais de manière assez fracassante. Pourtant, de nombreux nuages s’étaient amoncelés sur la campagne de Biden et Harris, comme les mensonges autour de la « bonne » santé de Biden ou encore les politiques « va-t-en-guerre » désastreuses en Europe et au Moyen-Orient. Mais plus déterminant encore, la dévastation économique d’une vaste partie de la population américaine, lourdement frappée par la crise inflationniste, a définitivement poussé l’Amérique à se tourner vers Trump. On vous explique tout !

Graphe Politique

publié le 07/11/2024 Par Olivier Berruyer

1- La deuxième victoire de Trump
2- Une folle campagne électorale
3- Des médias très largement biaisés
4- Trump, candidat de l’économie et du pouvoir d’achat
5- Les déterminants du vote Trump ou Harris
6- Comment Trump a gagné en 2024
7- L’argent faiseur de rois – mais pas en 2024
Ce qu’il faut retenir

Après des mois de suspens, le résultat est donc tombé : après un improbable come-back, Donald Trump est réélu président des États-Unis. C’est le deuxième président à avoir obtenu deux mandats non consécutifs (après Grover Cleveland à la fin du XIXe siècle) : il est donc à la fois le 45e et 47e président des États-Unis.

Les médias mainstream connaissent désormais le nom du « nouveau leader du monde libre », et les citoyens de l’Europe (protectorat américain), celui de leur nouveau suzerain. Nous allons aujourd’hui analyser les résultats pour comprendre les raisons de cette victoire.

Rappelons pour commencer que le mode de scrutin présidentiel américain est très particulier. Il est indirect : les électeurs votent pour élire 538 grands électeurs (répartis par État au prorata de la population) qui voteront pour le candidat. De plus, cette élection n’est pas réalisée à la proportionnelle : le candidat qui arrive en tête dans un État y obtient généralement tous ses grands électeurs. C’est donc un mode de scrutin particulier, souvent critiqué, mais il est en réalité plus équilibré qu’il n’y parait, avec une certaine utilité. Si ces généralités sur le mode de scrutin vous intéressent, nous les développons dans cette annexe.

La deuxième victoire de Trump

Donald Trump a donc remporté la présidentielle avec (probablement) 312 grands électeurs, obtenus dans 31 États, contre 226 à Kamala Harris dans 19 États (+ Washington).

En raison des énormes différences de densité aux États-Unis, ce cartogramme des grands électeurs par État donne une vision plus équilibrée que les cartes traditionnelles.

Il n’y a donc pas eu de surprise dans les États hors swing states (= États pivots ou États au résultat serré), et Trump a remporté 7 des 7 swing states, lui assurant une large victoire.

Les sondeurs n’avaient pas anticipé la victoire de Trump dans les États industriels du Wisconsin et du Michigan ni sa forte poussée nationale. Une nette percée républicaine a en effet touché le pays.

Le score obtenu par Donald Trump est au final une vraie surprise. La forte polarisation du pays fait que le Président obtient habituellement, au fil des élections, des scores de plus en plus faibles. Et cela fait plus de 35 ans qu’aucun Président n’a obtenu plus de 70 % des grands électeurs.

Les 50 États américains (+ le district de Washington) se répartissent en une vingtaine de bastions démocrates et une vingtaine de bastions républicains, qui changent très peu d’orientation politique, ainsi que 7 swing states (+ la Floride parfois indécise) où le résultat est serré, et où la couleur du candidat vainqueur change régulièrement. Et 2024 n’a pas fait exception.

Une folle campagne électorale

On pensait Donald Trump coulé après la fin orageuse de son premier mandat, en particulier après que ses partisans aient pris d’assaut le Capitole le 6 janvier 2021. En 2023, il a été déclaré coupable d’agression sexuelle sur l’écrivaine E. Jean Carroll dans une affaire civile. En mai 2024, il a été condamné par un tribunal de Manhattan pour 34 chefs d’accusation pour des versements d’argent pour faire taire des gens. Au total, il fait face à 116 inculpations. En conséquence, il a été banni des réseaux sociaux et de l’espace médiatique. Mais tout ceci ne l’a pas empêché de devenir le 47e président des États-Unis.

Alors que les élites médiatiques soutenaient Kamala Harris, il a su s’entourer de personnalités comme Robert Kennedy ou Elon Musk, qui ont su canaliser vers sa candidature la colère d’une grande partie du peuple américain. Cette colère a de multiples racines : les réformes sociétales de Biden, ses mensonges récurrents à propos d’une inflation présentée comme bénigne alors que le pouvoir d’achat des plus pauvres baissait fortement ou encore les méthodes scandaleuses des grands médias pour soutenir Harris (on se souviendra que CBS a tout de même du éditer une de ses interviews pour l’avantager). Alors que les Démocrates dénoncent régulièrement les mensonges de Trump, les électeurs ont largement pu constater que ces derniers mentaient également, en particulier sur la santé de Biden.

Pendant ce temps, Trump a su créer à son avantage de puissants moments politiques, créant des images emblématiques qui l’identifient comme une sorte de « guerrier » auprès de la moitié des Américains.

On peut citer quatre photos emblématiques de cette campagne victorieuse : celle du 24 août 2023, prise dans une prison d’Atlanta, qui l’a fait passer pour une victime politique du pouvoir ; celle du 13 juillet 2024, levant triomphalement le bras en l’air après sa tentative d’assassinat ; celle du 20 octobre, portant un tablier McDonald’s et servant des clients pour se moquer d’une remarque de Kamala Harris et envoyer un message fort à la classe ouvrière ; et enfin celle du 30 octobre, moins d’une semaine avant le jour du scrutin, où vêtu d’un gilet orange, il s’est glissé dans un camion poubelle suite à une énième bourde de Biden qui avait qualifié les partisans de Trump de « déchets ». Ce dernier point a permis à Trump de montrer qu’il était attaqué au motif que les Démocrates détestaient ses partisans.

Les 4 moments phares de la campagne Trump 2024

Dans un système politique de plus en plus polarisé où les gens se détestent (en 1960, environ 5 % des sondés se disaient mécontentes si leur enfant épousait un partenaire d’un autre parti politique que le leur, contre environ la moitié des sondés en 2010, et surement plus aujourd’hui), la méthode a fait mouche.

En face, Kamala Harris a enchainé les bourdes, fuyant les interviews sans proposer de solutions concrètes à beaucoup de problèmes politiques rencontrés par les électeurs. Le match a donc été sèchement plié.

Des médias très largement biaisés

La couverture médiatique a été très largement biaisée dans cette campagne, ce qui questionne évidemment beaucoup la question de la Démocratie. En 2024, les trois grands réseaux historiques de télévision ont ainsi réalisé une couverture de Harris positive à 81 % et une couverture de Trump négative à 75 %. Jamais un tel écart n’avait été observé.

Il en est de même des journaux, dont 90 % ont officiellement pris position pour appeler leurs lecteurs à voter pour la candidate démocrate, contre 10 % pour Trump. C’est la même proportion depuis 2016.

Le changement est remarquable, car les Démocrates remportent le soutien majoritaire des journaux depuis l’an 2000. Avant, c’était les Républicains, et dans des proportions impressionnantes dans les années 1970-1980.

C’est une des conséquences de la conversion de la gauche au néo-libéralisme au cours des années 1980-1990. Auparavant, la gauche captait surtout les suffrages des citoyens qui gagnaient le moins, dont les métiers étaient les plus durs et dont l’éducation était la plus faible ; les Républicains étaient le parti des riches à l’éducation longue. En une trentaine d’années, les choses se sont totalement inversées.

C’est cette couverture aussi biaisée des médias en faveur des Démocrates qui explique le surprenant soutien qu’ils obtiennent auprès d’une majorité de citoyens de la plupart des pays occidentaux. Cela en dit long sur le niveau de propagande dans nos pays…

La ferveur pro-Harris – qui confine parfois au fanatisme – de certains médias et journalistes français n’aura pu que confirmer la défiance de beaucoup de citoyens envers les grands médias.

Source : 1, 2, 3, 4

Source : Libération, 22 août 2024

Trump, candidat de l’économie et du pouvoir d’achat (à tort ou à raison)

On ne peut toutefois analyser des élections sans s’intéresser au contexte économique dans lesquelles elles se déroulent. Durant la campagne de 1992, un conseiller de campagne de Bill Clinton lança un slogan qui assura sa victoire en cette période de crise : « it’s the economy, stupid ! », qu’on pourrait traduire dans ce contexte par « Il n’y a que l’économie qui compte, imbécile ! ».

L’économie a certainement pesé bien lourd en 2024. En effet, la présidence Biden/Harris a été marquée par le Covid et la crise inflationniste qui a suivi. Tous deux ont eu de très lourdes conséquences. Ainsi, en raison de la crise inflationniste, le revenu moyen réel aux États-Unis (corrigé de l’inflation) a baissé de 11 % durant le mandat de Biden, et de -2 à -3 % pour la zone médiane de la population. Le revenu réel n’a augmenté que pour les 10 % les plus riches (et de seulement 1 % par an).

Dans ce contexte, on comprend mieux pourquoi la force du vote républicain de la moitié du pays la plus frappée par la crise a surpris les sondeurs.

On comprend cependant beaucoup moins pourquoi la presse française n’a pas cessé de chanter les louanges du bilan économique de Biden.

Sources : 1, 2, 3, 4, 5

Intéressons-nous maintenant en détail aux résultats de l’élection par sous-catégories de votants. Le résultat de 2024 montre un renversement de tendance, avec une nette progression du score en voix des Républicains. Il y avait depuis 1992 (à l’exception de 2004, en pleine guerre d’Irak) une suite presque ininterrompue de fortes victoires en voix des Démocrates, avec les réserves précédemment apportées.

Soulignons une particularité américaine assez étrange : il faut environ 15 jours pour disposer du décompte final de toutes les voix. Quelques jours après le scrutin, il reste toujours une quinzaine de millions de voix en attente de dépouillement (très majoritairement démocrates, car beaucoup sont en Californie), ce qui explique les grosses baisses de nombre total de voix des finalistes qui apparaissent toujours le lendemain du vote, et qu’il ne faut donc surtout pas chercher à commenter.

La victoire de Trump est donc bien plus forte qu’en 2016, malgré une campagne des médias contre lui et des publicités démocrates encore plus à charge.

L’image de Kamala Harris se révèle problématique, avec seulement 66 % d’adhésion à sa personne, 34 % ayant d’abord voté pour faire barrage à Trump. Le nouveau président des États-Unis a obtenu pour sa part 78 % de votes d’adhésion. L’écart entre les deux finalistes est important, et donc de nature à davantage mobiliser l’électorat.

Les principaux enjeux du vote sont clairs : l’économie à 40 % (« stupid ! »), l’immigration à 20 %, l’avortement à 11 %, la santé à 8 % et le changement climatique à 7 %. Trump écrase Harris dans les deux premiers items (à 60 % et 88 %), qui s’avèrent centraux pour les citoyens américains.

Lorsque l’on demande aux Américains LE principal déterminant qui a incité à voter pour un candidat, il en ressort principalement l’enjeu démocratique qui a incité à voter Harris, et l’économie qui a incité à voter Trump.

Autre façon d’analyser le choix du candidat : sa principale qualité d’après la perception des Américains. Trump superforme nettement dans les deux principales : sa capacité à diriger et à apporter un changement. Harris surperformait dans les deux suivantes : avoir un bon jugement et se préoccuper des gens. Harris a clairement souffert d’un manque de « leadership », l’un des gros problèmes de sa campagne.

Le souci pour Kamala Harris, c’est que les Américains ont clairement exprimé une volonté de changement substantiel ou total à 83 %. En tant que Vice-Présidente sortante, Harris était bien moins crédible pour répondre à cette exigence.

Ainsi, le 8 octobre 2024, quand on lui a posé la question la plus évidente pour un vice-président d’un président impopulaire : « Qu’auriez-vous fait de différent du président Biden ? », elle a répondu « Rien de précis ne me vient à l’esprit, j’ai été impliquée dans la plupart des décisions importantes ». C’est une sérieuse erreur de casting, mais qui était largement identifiée dès le début (raison pour laquelle Obama a trainé des pieds pour la soutenir).

Pourquoi tant d’électeurs souhaitaient-ils un changement profond ? Tout simplement parce que leur situation financière s’est dégradée durant le mandat de Joe Biden. Cela transparait bien dans les sondages : 24 % des gens vont mieux qu’il y a 4 ans, et 45 % aussi bien ; ils ont donc voté Harris à 83 et 70 %. Mais 45 % des sondés déclarent aller moins bien qu’en 2020 ; ces derniers ont voté Trump à 80 %.

L’inflation en est une cause majeure, puisqu’elle a causé des difficultés graves à 22 % des citoyens et des difficultés modérées à 53 %.

La situation devrait s’aggraver, puisqu’une disposition législative a supprimé en 2024 la couverture publique de santé (destinée aux plus pauvres) à plus de 25 millions d’Américains – soit autant d’électeurs potentiels fâchés… Ce n’est pas pour rien que la première mesure du programme républicain 2024 concerne l’inflation.

Programme GOP, MAGA, Donald Trump, 2024

Enfin, spécifiquement sur le sujet démocratique, environ 75 % des citoyens pensent qu’elle est menacée. Mais parmi ceux-là, il y a eu autant de citoyens qui ont décidé de voter Harris que de voter Trump.

La campagne médiatique contre ce dernier n’a donc pas pris sur une vaste majorité de l’opinion américaine.

Source : The Atlantic, 18 octobre 2024

Les déterminants du vote Trump ou Harris

Le genre reste un fort facteur de choix du vote aux États-Unis, certainement en raison du sujet de l’avortement. Les femmes, plus mobilisées que les hommes, sont ainsi 53 % à avoir voté Démocrate alors que les hommes ont voté à 54 % Républicain.

Si on simplifie en s’intéressant simplement à l’écart entre le vote démocrate et le vote républicain, il apparaît que les femmes votent Démocrate 9 points de plus que Républicain, soit pratiquement l’inverse des hommes.

Au niveau ethnique, les blancs ont majoritairement voté Trump (à 55 %) et les minorités ont voté Démocrate (à 55 %, sauf les personnes noires à 83 %).

L’écart des voix est donc massif entre les communautés, ce qui traduit l’état d’un pays profondément divisé.

Au niveau des âges, les votes, bien que différenciés, ont des écarts bien moindres qu’avec le critère ethnique. Les jeunes votent un peu plus Démocrate et les adultes et séniors un peu plus Républicain.

Au niveau éducatif, on retrouve de nouveau un vote de plus en plus démocrate quand le niveau éducatif augmente, ce qui a d’ailleurs fortement évolué en un demi-siècle.

L’écart est massif : 26 points d’avance des Démocrates chez les diplômés Bac+6 et 18 points d’avance pour les Républicains chez les non-diplômés.

Cependant, il faut se garder d’une conclusion largement prégnante dans les grands médias mais fausse, selon laquelle les électeurs de Trump seraient plus « stupides ». Ce n’est pas quelques années à la faculté qui rendent intelligent. Elles rendent en revanche plus riche, le niveau de revenus étant largement corrélé au niveau d’étude. Les électeurs de Donald Trump ont souvent des conditions de vie plus difficiles que ceux de Kamala Harris (sauf les minorités ethniques).

Il est cependant plus pertinent d’analyser l’impact des revenus que celui du niveau éducatif, car il est bien plus causal du vote en ce qu’il concerne les conditions de vie. Les Démocrates surperforment chez les riches et les pauvres (dont une grande partie de minorités ethniques). Trump obtient quant à lui plus de soutien chez les classes moyennes.

Comment Trump a gagné en 2024

Il y a 4 ans, Trump a obtenu 47 % des voix face à Biden (51 %), soit 4 points de moins. En 2024, Harris et Trump ont tous les deux obtenu environ 49 % des suffrages. Autrement, la différence de suffrages entre les 2 candidats a augmenté 4 points en l’espace de 4 ans. Il est possible de calculer comment ces 4 points ont été récupérés au niveau de chaque groupe d’électeurs. L’évolution depuis 2020 est la suivante :

  • au niveau des genres, les femmes comme les hommes ont plus voté Républicain ce qui a assuré la victoire de Trump. S’il existe de gros écarts absolus de votes entre genres, ils ont évolué de la même façon en 2024. Ce critère n’est pas explicatif pour cette élection ;
  • au niveau des âges, Trump a largement plus convaincu en 2024 qu’en 2020 les très jeunes et les actifs de 40 à 64 ans. Il a perdu du soutien chez les retraités ;
  • au niveau des groupes ethniques, Trump obtient en 2024 exactement la même avance chez les blancs qu’en 2020, et bien moins qu’en 2016. C’est sa forte progression chez les noirs (+ 14 points), les latinos (+ 13 points) et les Asiatiques (+ 5 points) qui lui a permis de l’emporter.
  • au niveau des groupes de revenus, Trump a perdu le soutien historique aux Républicains des personnes de plus de 100 k$ de revenu, pour récupérer celui des 30-100 k€, historiquement Démocrates. Cela confirme bien que la baisse du niveau de vie des classes moyennes a fait perdre la présidentielle aux Démocrates
  • au niveau des groupes selon l’éducation, Trump compense facilement sa forte baisse chez les Bac+6 par une nette hausse chez les autres catégories, et tout particulièrement les non-diplômés ;
  • au niveau de la religion, Trump a généralement progressé dans la plupart des groupes, ce critère est donc peu explicatif en 2024 ;
  • au niveau de groupes d’agglomération, Trump progresse nettement dans les campagnes, ce qui compense son recul dans les villes.

Trump doit ainsi sa victoire à sa progression chez les jeunes et les actifs de 40-65 ans, les noirs et les latinos, et les classes moyennes.

L’argent faiseur de rois – mais pas en 2024

Aux États-Unis, l’argent est devenu le faiseur de Présidents. Il n’en a pas toujours été ainsi. Dès 1907, le législateur américain avait interdit les dons directs des entreprises aux candidats en politique pour limiter la corruption. Plus tard, les dons directs des particuliers (« hard money ») ont été plafonnés. En 1971, un financement public des campagnes a été mis en place ; il avait cependant la tare mortelle d’être facultatif : soit un candidat acceptait de limiter ses dépenses à un plafond, et il bénéficiait d’un très large financement public, soit il pouvait dépenser sans compter, mais sans argent public.

Ce système a hélas rapidement périclité. Dès 1976, la Cour suprême a déplafonné les dons des candidats à leur propre campagne, autorisé les dépenses « indépendantes » (non coordonnées avec un candidat) des individus pour soutenir ou s’opposer à un candidat (« soft money »), et supprimé les limites aux dépenses globales des campagnes électorales. En 2008, c’est Obama qui a entamé la destruction du financement public des campagnes en refusant l’argent public pour dépenser sans compter, alors que son adversaire John McCain était resté limité à 84 M$. Depuis 2012, tous les grands candidats ont renoncé à l’argent public pour dépenser sans compter.

Cependant, le coup le plus grave est encore venu de la Cour suprême : en 2010, par son arrêt Citizen United, elle a accordé des droits civiques aux entreprises, pouvant se prévaloir comme les citoyens de la protection de leur liberté d’expression. La Cour a donc supprimé toute limite aux dépenses des entreprises, à la condition qu’elles restent « indépendantes » des candidats. En 2014, elle a fini par supprimer le plafond de dépenses totales de financement des campagnes (tous candidats confondus).

Le triste bilan est là : avec environ 1,6 milliard de dollars, la campagne de Kamala Harris a été la deuxième plus cher de l’histoire (après les 2 milliards de celle de Biden en 2020), Trump dépassant « à peine » le milliard de dollars. Les dons de ces campagnes ont été majoritairement des gros dons de plus de 200 $.

Recettes de campagne des finalistes de la Présidentielle Américaine, 2004-2024

Ce sont surtout les énormes dons extérieurs des entreprises et des milliardaires qui ont largement financé cette campagne, la Silicon Valley et les universités pour Harris, et Elon Musk et d’autres milliardaires pour Trump.

Les plus gros donateurs pour chaque candidat des élections présidentielles de 2024

Dons à la campagne des candidats finalistes (dons limités) et aux groupes extérieurs soutenant ces candidats (dons illimités) lors de la campagne 2024

Au niveau des deux finalistes, on remarque deux sauts majeurs dans les dépenses, qui étaient inférieures à 500 M$ jusqu’en 2000 : 2004-2008, quand les candidats ont renoncé aux financements publics pour tripler leurs dépenses, et 2020-2024 où les candidats ont profité des déplafonnements des dépenses de soutien des entreprises pour encore doubler leurs dépenses.

Recettes de campagne des deux finalistes de la Présidentielle Américaine, 1980-2024

Si l’on s’intéresse à l’ensemble des dépenses de tous les candidats, pour la présidentielle et toutes les élections législatives, l’élection 2024 devrait atteindre le total colossal de 16 milliards de dollars contre 18 en 2020. C’est le double des années 2000-2010, et près de 10 fois plus que durant les années 1970…

Dépenses de campagne des élections générales américaines, 1960-2024

La politique américaine est donc devenue totalement gangrénée par l’argent : il est impossible de devenir président sans capacité à lever des centaines de millions de dollars, ce qui rend la « démocratie » captive des deux grands partis. Le seul point (un peu) positif, c’est que les deux victoires de Trump montrent que dépenser largement plus que son adversaire n’est pas forcément synonyme de victoire, comme l’ont constaté à leurs dépens Hillary Clinton et Kamala Harris, cette dernière ayant beaucoup plus dépensé dans les swing states (= États au résultat serré) que Donald Trump.

Dépenses de publicité politique dans les swing states en 2024

Mais la politique étant la politique, un candidat habile peut obtenir un retour bien supérieur à des heures de publicité après une simple balade dans un camion à ordures…

Rappelons enfin que ces énormes masses d’argent finissent généralement dans des dépenses de publicité, donc dans la poche des grands médias, ce qui explique probablement une partie des forts biais de ces derniers. L’indépendance financière d’un média restera toujours un gage de sécurité pour la qualité de l’information.

Ce qu’il faut retenir

La réélection de Donald Trump a surpris les sondeurs, qui n’ont pas vu venir un grand chelem républicain dans les 7 swing states. Trump a ainsi réalisé une performance qui n’avait plus été vue depuis au moins une vingtaine d’années pour les Républicains.

C’est d’autant plus surprenant qu’il avait contre lui quasiment l’ensemble des médias, et près du double d’argent.

Cependant, les faits sont têtus, et tout ce que peut dire la télévision n’effacera jamais les difficultés à boucler les fins de mois, qui se sont multipliées durant le mandant de Joe Biden pour une vaste partie de la population.

La moitié la plus pauvre de la population a ainsi perdu plus de 20 % de ses revenus en 4 ans.

Il est peu surprenant qu’une telle situation ait entraîné un énorme besoin de changement, que Kamala Harris ne pouvait incarner puisqu’elle était en quelque sorte la candidate sortante. Trump est donc devenu pour beaucoup d’électeurs le candidat du pouvoir d’achat. Il doit sa victoire à une forte percée chez les jeunes et les actifs de 40-65 ans, les noirs et les latinos, et les classes moyennes.

Comme en France, la « gauche hollandiste » américaine a clairement tourné le dos aux classes laborieuses. Elle ne peut donc pas se plaindre que les classes laborieuses lui aient, en retour, également tourné le dos.

D’une certaine manière, Kamala Harris a logiquement connu le sort de François Hollande…

Voir aussi:

https://environnementsantepolitique.fr/2024/11/13/tout-est-pret-pour-que-la-democratie-americaine-seffondre/

https://environnementsantepolitique.fr/2024/11/16/la-droite-tech-americaine-linfluence-dun-nouveau-courant-ideologique-faisant-le-pont-entre-les-utopies-libertariennes-et-les-valeurs-conservatrices/

https://environnementsantepolitique.fr/2024/11/12/rares-sont-les-politologues-et-medias-qui-prevoyaient-avant-le-jour-j-la-victoire-de-trump/

https://environnementsantepolitique.fr/2024/11/10/la-victoire-de-trump-ne-choque-que-les-elites-imbues-delles-memes/

https://environnementsantepolitique.fr/2024/11/09/une-avant-garde-woke-regardee-avec-mansuetude-par-la-base-du-camp-democrate-sest-coupee-dune-amerique-reelle-populaire-et-droitisee

https://environnementsantepolitique.fr/2024/11/07/election-de-donald-trump-le-parti-democrate-a-ses-responsabilites-dans-lechec-cuisant-qui-vient-de-lui-etre-impose/

https://environnementsantepolitique.fr/2024/11/05/quelles-soient-politiques-economiques-sociologiques-ou-culturelles-toutes-les-analyses-peinent-a-expliquer-pourquoi-les-dirigeants-des-etats-unis-et-nombre-de-leurs-electeurs/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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