Langres : faute de place, un patient se fait soigner dans le garage des urgences
Publié le 11/11/2024 22:09Mis à jour le 12/11/2024 07:52
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Article rédigé par France 2 – S. Soubane, P. -Y. Salique, R. Mathé, C. Beauvalet
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Après 24 heures passées aux urgences pour une inflammation des intestins, Gérard Claudet a été déplacé dans le garage de l’hôpital de Langres (Haute-Marne), faute de chambre disponible. Une situation commune pour l’établissement de santé qui pose question.
Les hôpitaux de France manquent de places. Gérard Claudet, hospitalisé aux urgences de l’hôpital de Langres, en Haute-Marne, en a fait les frais. Le 26 octobre dernier, il est hospitalisé pour une inflammation intestinale. Sa convalescence démarre dans une des chambres des urgences, avant qu’il soit transféré au garage réservé à l’ambulance. « Je n’ai pas fermé l’œil la nuit, vous imaginez bien la colère qui monte… Vous ne comprenez pas pourquoi on vous gare dans ce garage« , déplore-t-il.
Une dégradation depuis 2022
Cette situation ne serait pas nouvelle. Le Docteur Vincent Escudier, ancien directeur des urgences de l’Hôpital de Langres en témoigne. « J’ai démissionné à peu près il y a un mois, après les problématiques de patients garage. On a eu une dégradation très brutale depuis à peu près l’été 2022« , regrette-t-il, alors que l’Agence régionale de santé veut mettre fin à ces pratiques.
Regardez l’intégralité du reportage dans la vidéo ci-dessus.
Déplacé dans un garage à 1 heure du matin : l’indignation d’un patient hospitalisé à l’hôpital de Langres
Hospitalisé en urgence le 26 octobre à l’hôpital de Langres (Haute-Marne), Gérard Claudet a été transféré au bout de 24 heures dans un garage transformé en annexe de l’hôpital en cas de surcharge. Une situation qu’il a désormais à cœur de dénoncer.
12/11/2024 Par Aveline Marques
Déplacé dans un garage à 1 heure du matin : l’indignation d’un patient hospitalisé à l’hôpital de Langres

« On [ne] peut pas se retrouver en 2024 dans un garage alors même qu’on a décidé de fermer quelques lits« , dénonce Gérard Claudet sur BFMTV. Ce père de famille a tenu à témoigner de son bref séjour à l’hôpital de Langres (Haute-Marne), fin octobre. Hospitalisé en urgence pour une inflammation intestinale, ce dernier raconte avoir été réveillé la nuit suivante pour être transféré. « A 1 heure du matin, on vient me chercher et on me dit ‘écoutez, on est obligé de vous déplacer’« , relate-t-il.
Gérard Claudet atterrit alors dans une annexe de l’hôpital, qui n’est autre qu’un garage d’ordinaire réservé au Smur, dans lequel des patients seraient installés quand il n’y a « plus de place« , lui explique-t-on. Dans cet espace utilisé ponctuellement depuis la période du Covid, trois autres patients s’y trouvent cette nuit-là.
N’en croyant pas ses yeux, le patient filme les lieux : le sol est sale, tâché, la ventilation fait un bruit infernal qui l’empêche de dormir. Le lendemain, Gérard Claudet demande à sortir. Quelques jours après, il adresse une lettre à l’ARS, au centre hospitalier et au ministère de la Santé pour demander des comptes sur cette situation et les inviter à venir passer une nuit dans ce garage. Sur BFM, le citoyen explique vouloir se battre pour les « acquis » sociaux : « On paie des impôts, on paie des charges sociales, on a une dette colossale… mais que faisons-nous de cet argent ?«
Des investigations complémentaires prévues
L’ARS Grand Est a tenu à réagir. Elle explique à BFM que suite à des « situations similaires » signalées dans cet établissement en 2023, une « inspection en urgence » a été diligentée. A l’issue de cette inspection, l’ARS a émis le 30 juin 2023 une « injonction de cesser immédiatement l’utilisation inacceptable du local ‘Garage Smur’ pour l’installation de patients relevant potentiellement de l’unité d’hospitalisation de courte durée », écrit l’ARS, précisant que l’hôpital « avait indiqué preuves à l’appui avoir rendu le local à ses fonctions initiales et apporté un certain nombre de garanties pour que la situation ne se reproduise pas ».
Des « investigations complémentaires » doivent désormais être menées « pour comprendre dans quelles conditions un patient a pu de nouveau se trouver hospitalisé dans ce local et mobiliser avec l’établissement toutes les actions nécessaires pour mettre un terme définitif à de telles pratiques ».
[avec BFMTV.com]