Contre une « fermeture programmée », le personnel de cet hôpital de l’Aveyron se déshabille et lance « un appel au secours »
Des photos de salariés de l’hôpital nus, cachant leurs parties intimes, étaient apposées dans les couloirs. Midi Libre – J.-M. C
Jean-Marc Cognot
Face à la situation actuelle qu’il dénonce, le collectif Émile Borel de défense de l’hôpital de Saint-Affrique reprend du service pour éviter, selon lui, la fermeture programmée de l’établissement.
Une centaine de salariés de l’hôpital de Saint-Affrique (Aveyron) s’affichent nus dans les couloirs de l’établissement. Ils ont posé pour une séance photo inédite. Ils masquent leurs parties intimes avec des messages dirigés à l’Agence régionale de santé (ARS) : « L’ARS nous déshabille », « le personnel se déshabille et dénonce » ou encore « l’hôpital de Saint-Affrique est mis à nu ». Ils dénoncent la situation actuelle de l’hôpital de Saint-Affrique.
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« Vingt ans plus tard, le collectif Émile Borel reprend du service pour, une nouvelle fois, réclamer le respect du droit d’accès aux soins pour la population du bassin de vie du Saint- Affricain et empêcher la fermeture de l’hôpital de Saint-Affrique », a déclaré au nom du collectif Régine Sauveplane, infirmière et secrétaire CGT de l’hôpital.
Une fermeture programmée ?
Le collectif compte une trentaine de membres (médecins de l’hôpital, du groupement de coopération sanitaire et des généralistes, des paramédicaux hospitaliers et libéraux, des élus de tous bords et des représentants des usagers).
« L’hôpital de Saint-Affrique est un hôpital de proximité qui apporte des soins de qualité, poursuit Régine Sauveplane. Il a été brillamment certifié. Il réussit à associer privé et service public pour une offre de soins diversifiée. Le collectif est très inquiet de la tournure des événements et souhaite attirer l’attention de chacun sur la situation qui se dégrade de jour en jour. La chirurgie viscérale est déjà fermée. Des lits de médecine, de court séjour gériatrique ou de Soins de suite et de réadaptation sont fermés, même l’Ehpad est menacé. Tout concourt à penser que nous allons assister à la fermeture programmée de tout notre hôpital. »
Le collectif rappelle « qu’aucun service ne devait fermer ni à Saint-Affrique, ni à Millau, tant que le nouvel hôpital ne serait pas ouvert. Force est de constater que cet engagement n’a pas été tenu ! »
Et d’expliquer que les médecins généralistes, impactés lourdement par la pénurie médicale, se trouvent bien en difficulté faute de ressources hospitalières pour la prise en charge de leurs patients.
Le collectif questionne alors : « Comment attirer de nouveaux médecins généralistes s’il n’y a plus d’hôpital ? Comment attirer des familles si on ne peut pas se faire soigner ? Comment prendre soin de nos aînés à proximité de leur lieu de vie ? »
Coup de pression des usagers sur la Direction de l’Hôpital de Saint Affrique…
Publication publiée :06/11/2024 https://www.radiosaintaffrique.com/coup-de-pression-des-usagers-sur-la-direction-de-lhopital-de-saint-affrique/
“Besoin de soignants, pas de liquidateurs” et stop à la régulation des Urgences …
Ce mercredi 6 novembre une cinquantaine de personnes, à l’appel du MANIFESTE, s’est invitée dans les bureaux de la direction de l’hôpital de St Affrique, en Aveyron.
Ce qu’ils tenaient à exiger, c’est que les urgences fonctionnent à nouveau à St Affrique. En effet, depuis cet été, une restriction d’accès aux urgences a été instaurée. Et depuis cette restriction, , nombre d’habitantes ont du faire des déplacements importants pour trouver une réponse de soin. Plusieurs personnes qui se sont présentées blessées à l’hôpital ont été repoussées à l’entrée, sans pouvoir rencontrer le personnel des urgences.
Nous nous rendons, enregistreur en main, avec les usagers de l’hôpital, à la rencontre de M. Durand, directeur des hôpitaux de Millau et St Affrique, et M. Kerimidjan, directeur délégué pour l’hôpital de St Affrique. C’est Henri Célié, du MANIFESTE qui lance la discussion.
Photo: MAYLINE