Opinion.
Ce commentateur conservateur se félicite de l’éclatant succès du milliardaire républicain à l’élection présidentielle. Un pied de nez aux médias traditionnels et aux diplômés privilégiés, qui ont oublié la promesse de l’Amérique, assène-t-il dans les colonnes du “New York Post”.

New York PostTraduit de l’anglais
Réservé aux abonnés Lecture 2 min.Publié le 10 novembre 2024 à 05h00 https://www.courrierinternational.com/article/opinion-la-victoire-de-trump-ne-choque-que-les-elites-imbues-d-elles-memes_224327?at_medium=email&at_campaign=alerte_courrier&at_creation=article_lire_la_suite

L’ancien président Donald Trump face à des journalistes, en août 2024, dans sa résidence de Mar-a-Lago en Floride. DOUG MILLS/THE NEW YORK TIMES
La seule chose qui soit moins surprenante que le triomphe de Trump, c’est la surprise des médias face à ce dernier. À de rares exceptions près, nos élites nationales autoproclamées ne comprennent toujours pas la nature de la nation qu’elles prétendent diriger.
Elles pensent que les Américains sont heureux de voir une économie qui déprécie le travail manuel et récompense trop le travail intellectuel.
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Elles pensent que les Américains réclament toujours plus de dissolution des normes traditionnelles, et que plus vite elles seront détruites, mieux ça vaudra.
Elles pensent que les Américains veulent se soucier davantage des gens qui souffrent à l’étranger que de ceux qui sont en difficulté chez nous.
Elles pensent que les Américains sont aussi obsédés par la race et le genre qu’elles, et que l’Amérique est un pays qui opprime la diversité au lieu de la célébrer et de la favoriser.
Elles ont tort, tort, tort, tort.
Une promesse toujours réelle
Les Américains qui ont voté pour Trump ne voient pas dans sa victoire la fin de la démocratie ; c’est la perpétuation de la domination des élites sur la vie économique et culturelle du pays qu’ils considèrent comme la négation de la démocratie.
Qu’est-ce que les élites ne comprennent pas dans la phrase “Tous les hommes naissent égaux” ?
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Le peuple américain sait que cette promesse est à la fois une “évidence” et le cœur battant de l’Amérique.
Le peuple américain sait qu’aujourd’hui cette promesse est réelle, même si son application reste imparfaite (nous sommes des êtres humains faillibles, après tout).
Liberté et responsabilité
Le peuple américain veut ce qu’ont toujours voulu les Américains : un État assez fort pour les délester des fardeaux dont ils ne peuvent se défaire eux-mêmes, et qu’ensuite il dégage de là.
Le peuple américain ne voit pas de contradiction entre les normes traditionnelles et la liberté et la diversité humaines.
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Il veut la liberté et la responsabilité.
Le peuple américain veut un État qui respecte le gagne-pain de tous les Américains, et non un État qui arrose les classes favorisées d’allègements fiscaux et de subventions et qui écrase d’impôts, de réglementations et de mépris ceux qui n’ont pas de diplôme universitaire.
Il partage leurs valeurs
Surtout, le peuple américain est fatigué que ceux qui ont de hauts revenus et des existences tranquilles lui disent qu’il mène une vie inférieure.
“Tous les hommes naissent égaux”, ça veut dire égalité des chances, égalité de traitement devant la loi, et le même respect pour tous.
Les Américains savent que Trump, en dépit de tous ses défauts, partage leurs valeurs.
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Et ils savent qu’en dépit de tout leur savoir et de tout leur pouvoir ce n’est pour l’essentiel pas le cas des médias, des élus de Washington et des classes intellectuelles.
Trump doit rassembler
Trump serait avisé de gouverner avec fermeté, mais pas de façon obtuse.
Qu’il tienne ses promesses et affronte ses ennemis, mais qu’il comprenne aussi que nombre de ceux qui s’opposent à lui aujourd’hui pourrait être ses alliés demain.
Les plus grands présidents américains – Jefferson, Lincoln, Franklin Roosevelt, Reagan – en étaient conscients.
Ils ont tous fait d’un parti minoritaire une force qui a dominé la politique américaine des décennies durant après leur départ.
Trump et son futur vice-président, J. D. Vance, ont la possibilité d’ouvrir la voie à un cinquième grand réalignement, qui se fondera sur le nouvel ascendant républicain dans les urnes pour en faire une nouvelle majorité américaine.
Le renouveau du rêve américain.
La restauration de la puissance américaine.
La réparation de notre fracture nationale.
Foi en l’Amérique
Tout cela est désormais possible parce que le peuple américain a gardé sa foi en l’Amérique et rejeté le chant des sirènes de l’aristocratie à pedigree de Wall Street, des tours d’ivoire, d’Hollywood et des médias traditionnels.
Liberté.
Responsabilité.
Égalité.
Possibilité.
Qu’il est merveilleux de vivre en cet instant dans le pays le plus formidable du monde.
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