50 généralistes de Corse se déconventionnent.

On veut montrer qu’on est au bord du gouffre » : En Corse, 50 médecins prennent la tangente »

Date de publication : 3 mai 2024

Libération

Nathalie Raulin relaie dans Libération une « alerte rouge sur l’accès aux soins en Corse. Ce samedi 4 mai […], comme 32 de ses confrères exerçant sur le grand Bastia, le Dr Dominique Nicolas se rendra à la poste centrale de la préfecture de Haute-Corse pour adresser, en recommandé, à la Cnam sa demande de déconventionnement ».
La journaliste indique qu’« à Porto-Vecchio, en Corse-du-Sud, 17 autres médecins libéraux enverront eux aussi leur avis de rupture avec la Sécurité sociale ».
« Au total, 50 praticiens annoncent leur intention de pratiquer des honoraires libres, non remboursés, à compter du 1er octobre. Un mouvement qui sur ces deux villes menace d’amputer de moitié le nombre de médecins conventionnés secteur 1 dont les consultations sont quasiment intégralement prises en charge par la solidarité nationale »,
 remarque Nathalie Raulin.
Le Dr Nicolas souligne : « On veut montrer qu’on est au bord du gouffre. Je bosse 60 heures par semaine et je ne peux pas proposer de rendez-vous avant un mois ! Comme la moitié de ma patientèle a plus de 70 ans, je dois me déplacer pour les voir. La semaine dernière, j’ai été au domicile d’une trentaine de patients, tous nonagénaires ou centenaires. Cela prend du temps et l’Assurance maladie n’en tient pas compte. Il faut attirer plus de médecins en Corse. Vu la cherté de la vie et la topographie, on a besoin de mesures spécifiques ».
Le médecin souligne : « Je veux dégager du temps pour les soigner correctement. Le non-remboursement mettra fin aux consultations inutiles. Pour les malades sérieux qui ne peuvent pas payer, ce sera gratuit. Je sais que je vais perdre de l’argent. L’alternative, c’est de fermer et de me consacrer à ma fille de 6 mois que je ne vois pas grandir ».
Nathalie Raulin explique que « tous les protestataires sont membres du collectif Corsica ML, qui depuis 6 mois milite pour la reconnaissance d’une spécificité de la Corse dans la convention médicale. Leur objectif : obtenir le statut «île-montagne» qui ouvre le droit à une hausse des indemnités kilométriques des praticiens mais aussi accéder à la majoration des actes cliniques et techniques en vigueur dans les départements d’outre-mer ».
« Une nécessité, pour valoriser l’activité médicale «au même niveau que sur le continent» et en finir avec des «conditions d’exercice dégradées» »,
 selon le porte-parole du collectif, le Dr Cyrille Brunel, précise la journaliste.
Le Dr Brunel, généraliste à Furiani, déclare ainsi : « On manque de spécialistes et l’hôpital de Bastia est débordé. Dans la région, on n’a plus ni rhumatos, ni rééducateurs fonctionnels. Avec mon associé, on ne fait quasiment plus que de la médecine articulaire, de la cervicalgie, des lombalgies, des sciatiques. J’en suis à faire des infiltrations du rachis en cabinet ! C’est 45 minutes de consultation pour 40 euros. Je suis contraint de faire des dépassements qui me mettent hors la loi. Ce n’est plus possible ».
Nathalie Raulin note que « l’Assurance maladie a compris le danger. […] La Cnam, pourtant, affiche un calme olympien ». Cette dernière remarque : « On regrette ce mouvement mais ils ne demandent leur déconventionnement qu’en octobre. Cela laisse du temps au dialogue ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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