« De la mauvaise com' », « bon courage pour trouver des MSU »… Les médecins émettent des réserves sur l’application de la 4e année
Par L.C. le 04-07-2023

La parution de la maquette nationale du nouveau DES* de médecine générale, une semaine avant les ECN, a sonné comme un coup de massue chez les étudiants. Si elle est présentée comme « professionnalisante » et attractive » par le ministère de la Santé, les organisations représentatives des internes s’inquiètent pour l’attractivité de la profession – allant pour certaines jusqu’à prédire la catastrophe. Du côté des lecteurs d’Egora, on se questionne sur la mise en application de cette 4e année d’internat sur le terrain…
Présentée le 12 juin avec six mois de retard, la maquette nationale du nouveau DES de médecine généralecomporte des zones de flou, alertent les organisations représentatives des internes en médecine depuis qu’elle a été dévoilée. Alors que les résultats des ECN viennent de tomber, les étudiants doivent désormais se pencher sur leur choix de spécialité. Pour les syndicats et associations représentatives, la maquette du nouveau DES de médecine générale risque d’entrainer un désamour envers la spécialité – qui souffre déjà d’une démographie en berne.
Si le ministre de la Santé veut faire que cette 4e année « soit véritablement professionnalisante » grâce à une rémunération en partie à l’acte, celle-ci sera plafonnée à 4500 euros nets mensuels. Une somme qui correspond au salaire d’un PH, mais sera loin d’être la réalité pour tous les internes. « Les 4500 euros, c’est si on fait 30 consultations par jour, plafond maximal qui nous a été imposé. Or si on fait des consultations de 20 minutes, comme ce qui est recommandé pour nous, ça veut dire qu’on fait 3 consultations par heure et donc ça veut dire qu’on travaille 10h/jour, sans compter la pause repas », alertait Olivia Fraigneau, présidente de l’Intersyndicale nationale des internes, dans un précédent article d’Egora.
Se pose également la question de l’encadrement des internes. Si le Gouvernement a promis d’augmenter le nombre de maîtres de stages universitaires (MSU), les organisations représentatives des internes veulent une assurance qu’aucun interne ne sera isolé. Le ministère veut également leur imposer une participation à la permanence des soins ambulatoires (PDSA) mais là encore les modalités sont floues : il a été évoqué une astreinte téléphonique, sans plus de précisions.
Lecteurs d’Egora, vous avez partagé votre point de vue sur l’allongement du DES de médecine générale et sur ce à quoi il devrait ressembler. Globalement, vous avez partagé les inquiétudes de vos futurs confrères.« J’ai echappé à ce monstrueux bordel et je plains sincerement les jeunes auxquels j’adresse beaucoup de courage… », écrit par exemple une Egoranaute. Vous êtes nombreux également à avoir émis des doutes sur l’application d’une 4e année de MG sur le terrain…
« Les 4500 nets, c’est de la mauvaise com’ »
Par Fabien_B_4

Déjà annoncer ça 10 jours avant les ECN, c’est vraiment le pire timing. Y a que des gens qui n’ont jamais vécu ça pour faire un truc pareil…
Ensuite les 4500 nets, c’est de la com. Et de la mauvaise com. Simple calcul :
20% de l’acte, ça fait 5€ bruts. Maximum 30 par jour donc 150€ bruts par jours max. 10 demi-journées par semaine donc 750€ bruts par semaine, x4 semaines donc 3000€ bruts par semaine, x0,55 pour le net donc 1650
Donc on résume 1900€ nets + 1650€ = 3550€ nets, en bossant au max. Certes il faut rajouter la PDSA, mais faut aussi retrancher les jours de cours…