Le défaut d’écoute de la douleur chez l’enfant

« Avant tout, entendre la souffrance de l’enfant »

Date de publication : 5 juin 2023

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Le Figaro

« « Personne ne me croit. On m’a dit que je n’avais rien, que c’était dans ma tête. C’est la première fois qu’on nous écoute… » Ces mots, le Pr Frédéric Bernard, responsable du service d’algologie pédiatrique et soins palliatifs du CHU de Clermont-Ferrand, les entend trop souvent », indique Pauline Léna dans Le Figaro. « La fréquence de ces propos constitue la principale différence avec la douleur chronique chez l’adulte, et c’est d’une brutalité terrible », enrage le spécialiste.
« Ce défaut d’écoute allonge le délai d’errance avant la rencontre avec un expert qui pourra soulager les enfants et les adolescents, alors qu’ils sont de plus en plus concernés par les douleurs chroniques, qui représentent jusqu’à 40% des consultations dans certains centres d’étude et de traitement de la douleur pédiatrique », révèle la journaliste.
« Il y a notamment une composante émotionnelle très importante dans la douleur chez les enfants qui est trop souvent ignorée », regrette le Pr Bernard. « Il a cependant été reconnu que les durées de consultation sont bien plus longues qu’avec les adultes, et nous ne devons pas justifier d’un nombre minimal annuel de consultations pour recevoir notre label », souligne la Dr Sylvie Berciaud, responsable de la consultation douleur chronique pédiatrique du CHU de Bordeaux.
« L’évaluation de la douleur, ses causes et ses répercussions sur la vie de l’enfant ou de l’adolescent sont donc plus difficiles à explorer, et certaines pathologies ont des présentations différentes, comme les migraines qui peuvent, chez l’enfant, provoquer des douleurs abdominales », note l’article. « La dimension psychologique, en particulier l’histoire familiale, pèse très lourd sur le succès de la prise en charge, avec des signatures neurologiques qui peuvent passer inaperçues pendant très longtemps », alerte-t-il.
« Nous avons des moyens satisfaisants sauf sur le nombre de psychologues et de pédopsychiatres », insiste la Dr Marine Letellier, responsable de l’équipe mobile douleur pédiatrique du CHU de Nantes. « Les familles peuvent néanmoins compter sur les ressources des associations impliquées dans la douleur pédiatrique, qui fournissent beaucoup d’outils de soutien validée par des professionnels », observe Le Figaro.
« L’autre grand regret des spécialistes est le manque de formation des médecins, qui reçoivent une seule heure de cours sur la douleur pédiatrique pendant tout leur cursus. Certains font volontiers appel à la ligne dédiée aux professionnels des CETD », indique la journaliste.
« Cette méconnaissance des médecins généralistes affecte aussi la prise en charge de la douleur aiguë, parfois tout simplement parce que les médecins n’osent pas prescrire d’antalgiques dont les autorisations de mise sur le marché n’ont été validées que pour les adultes, ou au contraire parce qu’ils ne s’inquiètent pas de voir un enfant prendre des antalgiques plus d’un mois après une petite intervention », met en garde Le Figaro.
« Comme chez l’adulte, c’est pourtant là qu’il faut se montrer particulièrement vigilant pour empêcher la douleur chronique de se glisser dans les failles induites par les médicaments. Surtout lorsque l’enfant traverse d’autres difficultés dans sa vie personnelle », conclut Pauline

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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