Stop ou encore ?

- Philippe Rioux
Publié le 02/02/2023 à 05:01
https://www.ladepeche.fr/2023/02/02/stop-ou-encore-10967649.php
00:00/02:59
La hausse annuelle des tarifs de péage des autoroutes concédées n’est certes pas une surprise, certaines sociétés avaient même annoncé en décembre la couleur.Mais dans un contexte où l’inflation reste forte, la hausse moyenne des péages de +4,75 % a du mal à passer auprès des Français, d’autant qu’elle n’était que de +2 % en 2022, +0,4 % en 2021, +0,8 % en 2020 et +1,9 % en 2019. Elle intervient de plus le même jour que la hausse de +15 % des tarifs régulés de l’électricité. Le budget des ménages est mis à rude épreuve.
Mais si la revalorisation des tarifs passe particulièrement mal cette année, c’est aussi parce que les sociétés d’autoroutes ont atteint une rentabilité record, très supérieure à celle qui était fixée par les contrats de concessions. Selon un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) réalisé en 2021 et révélé le 25 janvier par Le Canard enchaîné, la rentabilité de deux des plus grosses sociétés concessionnaires (ASF-Escota, groupe Vinci) et APRR (Area, groupe Eiffage) étaient proches de 12 %, bien supérieurs aux 7,67 % ciblés par l’État lors de la privatisation des autoroutes en 2006.
Pour revenir à cet objectif, les inspecteurs ont préconisé « un réalignement de la rentabilité » en proposant plusieurs pistes : la fin anticipée des concessions en 2026, une baisse des tarifs de péage de l’ordre de 60 % – ce qu’apprécieraient certainement les automobilistes – ou le prélèvement par l’État de plus de 63 % de l’excédent brut d’exploitation, soit au bas mot quelque 55,4 milliards d’euros. Destinataire du rapport, le ministre de l’Économie s’est empressé… de ne rien faire.
Prudent, l’hôte de Bercy s’est certainement rappelé que les clauses de contrats de concessions signés en 2006 par Dominique de Villepin ont été révisées en 2015 par un gouvernement dont le ministre de l’Economie était un certain Emmanuel Macron et dont la directrice de cabinet de la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, était une certaine Elisabeth Borne…qui fut directrice des concessions chez Eiffage en 2007.
À moins que Bruno Le Maire n’ait mesuré toute la difficulté de toucher à ces contrats face à des sociétés d’autoroutes prêtes à défendre bec et ongles leur poule aux œufs d’or. En 2015, en contrepartie du gel des tarifs demandé par Ségolène Royal, l’État a ainsi dû accepter de compenser intégralement ce gel par des hausses de tarifs additionnelles les 1er février de chaque année de 2019 à 2023…
Face à cette situation, nombreux sont ceux qui, régulièrement, réclament une renationalisation du réseau autoroutier français, une remise à plat complète d’un système déséquilibré de rentes qui favorise les sociétés d’autoroutes au détriment de l’État, garant de l’intérêt général. Des pétitions circulent, des propositions de loi sont déposées au Sénat ou à l’Assemblée. Mais c’est plus sûrement au moment de la renégociation des contrats, qui arrivent à terme entre 2031 et 2036, que le débat devra se poser en termes clairs : entre l’État et les sociétés privés, qui a la capacité, l’expertise et les moyens de maintenir et développer un réseau autoroutier parmi les meilleurs d’Europe, à l’heure de la transition écologique avec laquelle il faudra inventer l’autoroute de demain, décarbonée, multimodale et accessible à tous ?
DECRYPTAGE. Hausse des prix aux péages : dette, inflation… on vous explique pourquoi les sociétés d’autoroutes augmentent les tarifs

Les prix vont grimper en moyenne de 4,75% aux abords des autoroutes françaises. DDM – DDM MORAD CHERCHARI
Autoroutes, Economie, Circulation – Déplacements
Publié le 02/02/2023 à 07:01 , mis à jour à 07:41
l’essentiel
Les sociétés concessionnaires d’autoroutes ont annoncé que les prix allaient grimper en moyenne de 4,75% au niveau des péages. Celles-ci expliquent pourquoi en 2023 cette hausse des prix est si élevée.
Oui, en 2023, les automobilistes vont payer plus cher pour prendre l’autoroute. Mais les sociétés chargées de la gestion du réseau autoroutier français sont-elles les premières responsables de cette augmentation ?
A lire aussi : Péages d’autoroutes : des hausses jamais vues en un an, voici tous les nouveaux tarifs dans la région au 1er février 2023
Ces sociétés soulignent la responsabilité de l’État dans cette prise de décision : « C’est lui qui décide et contrôle les hausses des tarifs aux péages, affirme l’Association des Sociétés Françaises d’Autoroutes (Asfa). La hausse annuelle des prix est clairement indiquée dans les contrats de concession et prévue plusieurs années à l’avance. » Chaque année, ces hausses de prix doivent prendre en compte au moins 70 % de l’inflation. C’est d’ailleurs sur ce point que Vinci, l’un des principaux gestionnaires français, justifie la hausse de ses tarifs pour 2023 : « L’inflation, on la subit dans nos charges, c’est-à-dire les coûts de maintenance, les coûts d’exploitation, les coûts salariaux, et les coûts d’investissement », évoque Raphaël Ventre, directeur marketing et services de Vinci Autoroutes.
A lire aussi : ENTRETIEN. Hausse des prix aux péages : un amendement pour taxer les sociétés d’autoroutes ?
Sur cette question, le ministre des Transports, Clément Beaune, est aussi monté au créneau pour défendre une hausse « raisonnable » des prix (à hauteur de 4,75 % sur l’ensemble des réseaux concédés, ndlr). C’est un « niveau de hausse qui est 25 % inférieur à l’inflation de référence (6,33 % selon l’Insee, ndlr), appuie Vinci. Cette augmentation des prix aux péages devait être inférieure à un ordre de grandeur de 7 ou 8 % ».
5 milliards d’euros reversés chaque année à l’État
Selon les sociétés concessionnaires d’autoroute (SCA), l’État a donc non seulement le dernier mot sur l’augmentation des prix, mais reste aussi le premier bénéficiaire des revenus des péages. « Sur 10 € TTC de péage, 3,80 € sont reversés à l’État sous forme d’impôts et de taxes », estime l’Asfa. « Cela représente 5 milliards d’euros par an », complète pour sa part la société Vinci. Le reste ? Un tiers du chiffre d’affaires des péages est utilisé pour construire et moderniser le réseau autoroutier. Le quart restant sert à rembourser les investisseurs… et la dette : « Rappelons que les sociétés d’autoroute supportent pour le compte de l’État et de la collectivité la charge d’une dette qui est colossale, de 37 milliards d’euros à l’échelle du secteur en France », explique Vinci.
A lire aussi : Hausse des prix des péages : les sociétés concessionnaires autoroutières dégagent-elles trop de marges ?
Malgré le poids de la dette, les sociétés d’autoroute estiment par ailleurs que les hausses de prix annuelles sont aujourd’hui nettement inférieures à ce qui était enregistré avant la privatisation du réseau en 2006 : « Les tarifs des péages augmentaient davantage lorsque les sociétés étaient gérées par l’État, estime l’Asfa. Entre 2000 et 2006, la hausse annuelle moyenne des prix était de 2,1 % contre 1,5 % entre 2006 et 2020. Cette augmentation a donc été contenue », relève l’association.
Des aides pour les habitués de la route
Les sociétés d’autoroutes reconnaissent malgré tout des marges élevées, « mais il faut regarder la rentabilité d’une concession sur toute sa durée pour avoir une juste appréciation des niveaux de marge, ponctue l’Asfa. La particularité du modèle de la concession réside dans les investissements très lourds consentis au moment de la création de la société et de la construction de l’autoroute. » L’association explique ainsi que sur plusieurs dizaines d’années, une société concessionnaire peut être déficitaire : « C’était le cas par exemple de Cofiroute, une de nos sociétés, qui a enregistré ses premiers bénéfices au bout de 15 ans d’existence », explique Vinci. Mais pour ces sociétés, les objectifs vont bien au-delà de quinze petites années d’existence. À terme, pour les SCA, il s’agit surtout de faire en sorte qu’à la fin des concessions – prévues entre 2031 et 2036 en fonction des sociétés – le réseau autoroutier soit laissé « en bon état et sans dette ».
A lire aussi : Péages d’autoroutes : le top 5 des hausses les plus fortes dans le Grand sud en 2023
Et pour les usagers de la route ? Il faudra sans aucun doute s’habituer aux hausses annuelles des prix. En ce début d’année, plusieurs sociétés d’autoroutes ont accompagné cette évolution tarifaire de mesures commerciales. Vinci Autoroutes a ainsi décidé de bloquer « sur l’ensemble de son réseau, les tarifs de péage de 70 % des trajets de moins de 30 kilomètres ». La « moitié des trajets de moins de 50 kilomètres » et les itinéraires de contournement de 35 agglomérations desservies par son réseau bénéficieront également de cette mesure. Un petit coup de pouce pour des automobilistes déjà ébranlés par la hausse des prix des carburants…
Robin Serradeil
suivre ce journaliste
Commentaire Dr Jean Scheffer:
C’est un peu gros de la part du journaliste de la Dépêche, de mettre en avant le reversement des sociétés d’autoroutes à l’Etat Français de 5 Milliards d’€/ an, alors que si elles étaient nationalisées , ce serait 15 Milliards qui rentreraient dans les caisses de l’Etat.
Péages d’autoroutes : des hausses jamais vues en un an, voici tous les nouveaux tarifs dans la région au 1er février 2023
Un automobiliste règle le péage sur l’A61 à Carcassonne. Photo DDM archives
Autoroutes, Vie pratique – conso, Circulation – Déplacements
Publié le 01/02/2023 à 07:04 , mis à jour à 08:12
l’essentiel
Les tarifs des péages autoroutiers évoluent ce mercredi 1er février. Vinci autoroutes augmente ses prix de près de 5 %. Dans la région, les hausses les plus fortes sont entre Toulouse et la Méditerranée et de Bordeaux à Toulouse.
Impossible d’y échapper chaque année : le 1er février, les tarifs des autoroutes évoluent. La revalorisation atteint 4,75 % en moyenne au niveau national en 2023 en application des contrats très stricts de concession signés entre l’Etat et les sociétés d’autoroutes. La hausse était de + 2 % l’an dernier et de + 0,44 % en 2021. Les sociétés d’autoroute justifient cette forte évolution par l’inflation et les travaux en cours et à venir.
En parallèle, Vinci autoroutes assure avoir bloqué les tarifs de péage de 70 % des trajets de moins de 30 km sur son réseau, la moitié des trajets de moins de 50 km et les itinéraires de contournement de 35 agglomérations.
A lire aussi : Prix des péages : Vinci fait un geste sur les tarifs des autoroutes pour les trajets courts
Quelles sont les évolutions des péages sur les principales autoroutes de la région ?
Autour de Toulouse
Bonne nouvelle pour les automobilistes qui doivent se rendre quotidiennement à Toulouse pour leur travail. Les tarifs restent inchangés par rapport à 2022. Sur l’A62, le trajet Saint-Jory/Toulouse conserve ses tarifs de 0,80 € en direction du périphérique ouest et 1,10 € en direction du périphérique est (1,30 € et 1,80 € entre Eurocentre et le péage de Toulouse-nord). Sur l’A64, le péage de Muret coûtera toujours 1,80 €. En revanche sur l’A68 en direction d’Albi, le péage de Toulouse-est augmente de 10 centimes à 1,70 € (1,60 € en 2022). Pas de changement pour le péage de l’Union à 0,50 €. La bretelle de Verfeil passe à 1,70 € (1,60 € en 2022).

A61/A66
Au départ du péage de Toulouse-sud, tout dépend si vous venez du périphérique ouest (géré par la direction des routes du Sud-Ouest) ou du périphérique est (géré par Vinci autoroutes). Dans ce dernier cas, les tarifs de votre trajet seront plus élevés. Le trajet vers l’Ariège coûte 30 centimes plus cher par rapport à 2022 : 6 € pour Toulouse/Pamiers en venant du périphérique ouest et 6,60 € en venant du périphérique est.
Le péage pour faire du shopping au village de marques de Nailloux garde un prix inchangé ; 2,40 € ou 2,80 € selon votre provenance sur le périphérique toulousain.
Sur l’A61, Toulouse/Villefranche-de-Lauragais ne change pas : 2 € en venant du périphérique ouest ; 2,40 € en venant du périphérique est. Le trajet Toulouse/Carcassonne-est augmente de 30 centimes. Il passe de 9,40 € à 9,70 € en venant du périphérique ouest et de 10 € à 10,30 € en venant du périphérique est. En quatre ans, Toulouse/Carcassonne coûte 1 € plus cher. Prendre l’autoroute sur l’A61 à Montgiscard en direction de la Ville rose reste à 1,30 € et 1,70 € selon votre direction sur le périphérique ouest ou est.
A61/A9
Vous rendre à la mer de Toulouse à Narbonne-sud va vous coûter… 1 € plus cher qu’en 2022 ! 15,30 € au lieu de 14,30 € en venant du périphérique ouest et 15,90 € au lieu de 14,90 € en venant du périphérique est. Toulouse/Narbonne est toujours en travaux pour élargir localement l’A61 à 2*3 voies.
Relier Toulouse à Montpellier (péage de Montpellier Saint-Jean-de-Védas) subit une très forte hausse : 1,50 € ! 26 € au lieu de 24,50 € en venant de l’ouest de Toulouse et 26,60 € au lieu de 25,10 € en venant de l’est de la Ville rose. Relier les deux métropoles d’Occitanie a un coût non négligeable.
Envie d’aller bientôt en Espagne ? Là aussi, vous allez payer le prix fort. 1,60 € supplémentaire en un an ! Rejoindre le Perthus va coûter 25,20 € au lieu de 23,60 € en venant du périphérique ouest et 25,80 € au lieu de 24,20 € en venant du périphérique est.

A62
Relier Montauban à Toulouse va coûter 10 centimes supplémentaires à partir du 1er février 2023 : 3,10 € en direction du périphérique ouest et 3,80 € en direction du périphérique est. Aller de Toulouse à Agen sera plus onéreux de 10 centimes : 10,70 € en passant par le périphérique ouest et 11,40 € en passant par l’est. Le trajet Toulouse/Bordeaux subit une très forte hausse de 1,70 € en un an : 21,80 € au lieu de 20,10 € ou 21,10 € au lieu de 19,40 € au péage de Saint-Selve selon votre provenance côté toulousain et inversement.
A64
En direction des Pyrénées, les tarifs évoluent ou pas. Tout dépend de votre destination. Toulouse/Saint-Gaudens reste à 2,10 €, Toulouse/Montréjeau augmente de 20 centimes à 4,10 €, Toulouse/Lannemezan est 30 centimes plus onéreux à 5,60 €. Le trajet Toulouse/Tarbes-ouest augmente de 50 centimes à 8,30 €, 70 centimes pour un Toulouse/Pau à 11,70 €. Relier Toulouse à la côte basque (péage de Sames) vous coûtera 1,40 € supplémentaire à 21,40 € (20 € en 2022 ; 19,40 € en 2021 ; 19 € en 2020 et 18,90 € en 2019). Des tarifs auxquels il faut ajouter les 1,80 € du péage de Muret.

A20
Sur l’A20, relier Montauban-nord à Cahors-sud augmente de 20 centimes à 4,20 €. Le trajet Montauban-nord/péage de Gignac subit une hausse de 80 centimes à 15 €.
Tunnel du Puymorens
Le tarif du tunnel du Puymorens dans les Pyrénées augmente de 30 centimes à 7,50 € contre 7,20 € (il était à 6,90 € en 2019).
Viaduc de Millau
Les tarifs du péage du viaduc de Millau augmentent de 70 centimes : ils passent à 12,50 € l’été et 10,10 € en dehors de la période estivale.Les tarifs indiqués correspondent à la classe 1 (véhicules de tourisme). Retrouvez la grille tarifaire complète au 1er février 2023 en cliquant ici.
Cyril Brioulet
suivre ce journaliste
Péages d’autoroutes : le top 5 des hausses les plus fortes dans le Grand sud en 2023
Le péage de Toulouse-sud sur l’A61. Photo DDM archives, Xavier de Fenoyl
Autoroutes, Automobile, Economie
Publié le 01/02/2023 à 12:48 , mis à jour à 13:56
l’essentiel
Les péages des réseaux autoroutiers ont augmenté de 4,75 % en moyenne ce mercredi 1er février. Les hausses sont particulièrement élevées dans le Sud-Ouest.
Quand les automobilistes passent à la caisse. Les prix des péages d’autoroutes évoluent ce mercredi 1er février. Si les tarifs de plusieurs trajets courts restent inchangés, les longues distances subissent une forte hausse sur un an. Au niveau national, la hausse moyenne atteint 4,75 %, selon le ministère des Transports.
Les Autoroutes du Sud de la France (ASF) sont la société d’autoroute qui appliquent la hausse la plus élevée, + 4,823 %, à l’exception de l’A14 dans l’ouest de l’Île-de-France dont le péage a bondi de 9,89 %.
Quels sont les trajets qui ont augmenté le plus entre 2022 et 2023 en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine ?
1 – Bordeaux/Toulouse : + 1,70 €
Le trajet Toulouse/Bordeaux subit une très forte hausse de 1,70 € en un an : 21,80 € au lieu de 20,10 € ou 21,10 € au lieu de 19,40 € au péage de Saint-Selve selon votre provenance côté toulousain et inversement.
2 – Toulouse/le Perthus : + 1,60 €
Rejoindre le Perthus depuis Toulouse va coûter 25,20 € au lieu de 23,60 € en venant du périphérique ouest et 25,80 € au lieu de 24,20 € en venant du périphérique est.
3 – Toulouse/Montpellier : + 1,50 €
Relier Toulouse à Montpellier (péage de Montpellier Saint-Jean-de-Védas) subit une très forte hausse : 1,50 € ! 26 € au lieu de 24,50 € en venant de l’ouest de Toulouse et 26,60 € au lieu de 25,10 € en venant de l’est de la Ville rose.
4 – Toulouse/Perpignan : + 1,30 €
Aller de Toulouse au péage de Perpignan-nord a un coût non négligeable : 1,30 € supplémentaire. Il faut débourser 20,60 € ou 21,20 € selon votre provenance sur le périphérique toulousain.
5 – Toulouse/Narbonne : + 1 €
Vous rendre à la mer de Toulouse à Narbonne-sud va vous coûter… 1 € plus cher qu’en 2022 ! 15,30 € au lieu de 14,30 € en venant du périphérique ouest et 15,90 € au lieu de 14,90 € en venant du périphérique est.
Cyril Brioulet
suivre ce journaliste
Tarifs des péages : un rapport pointant les superprofits des sociétés d’autoroutes « étouffé » ? On vous explique la polémique
Le péage du Palays au sud de Toulouse sur l’A61. Photo DDM archives, Xavier de Fenoyl
Autoroutes, Transports, Economie
Publié le 27/01/2023 à 12:31 , mis à jour à 13:05
l’essentiel
D’après Le Canard Enchaîné, un rapport remis au ministère de l’Economie préconisant une baisse du tarif des autoroutes françaises aurait été « étouffé » par Bruno Le Maire. Ce document, confidentiel, alertait sur les « surprofits » engrangés par les sociétés concessionnaires d’autoroute.
Une mission d’expertise, commandée par le ministère de l’Economie en février 2021, préconisait de baisser les tarifs autoroutiers de 60% sur les deux tiers du réseau français, révèle Le Canard enchaîné. D’après nos confrères, les conclusions de ce rapport, rédigé par l’Inspection générale des finances (IGF) et le service d’inspection du ministère de l’Écologie, sont sans appel. Vinci et Eiffage, les deux concessionnaires à la tête des deux tiers du réseau autoroutier, enregistrent « une rentabilité très supérieure à l’attendu (…) ce qui va contre le principe de rémunération raisonnable ». D’après l’hebdomadaire satirique, les deux groupes présenteraient une rentabilité proche de 12%, soit un niveau « très supérieur » à celui « ciblé » par l’Etat lors de la privatisation du réseau en 2006.
Face à ces bénéfices records, les auteurs du rapport recommandent donc à Bercy « un réalignement de la rentabilité » de ces sociétés via trois options. La première : une « fin anticipée » des concessions visées en 2026. La deuxième : « une baisse drastique des péages dès 2022 » de l’ordre de près de 60%. Enfin, la troisième consiste à prélever 63 % de l’excédent brut d’exploitation de ces deux groupes concessionnaires. Par ailleurs, les fonctionnaires derrière le rapport estiment que seule la première proposition est « légalement envisageable ». Les autres ont seulement « valeur d’illustration », écrivent-ils.

« Manque d’implication »
Dans les faits, cette affaire est sensible car ce rapport a été commandé il y a près de deux ans, et qu’aucune mesure ne semble depuis être allée dans le sens des conclusions du document. Au point que l’Inspection générale des finances s’inquiète d’un « manque d’implication » de Bercy, qui « a de quoi surprendre alors que les concessions autoroutières touchent environ 11 milliards par an de péage ». Un décalage d’autant plus frappant que, au 1er février prochain, le tarif des autoroutes augmentera de 4,75 % en moyenne.
Le Canard enchaîné rappelle également que c’est Bruno Le Maire lui-même qui a commandé ce travail à l’IGF. « Quand on veut mettre des réalités sous le tapis, on ne commande pas un rapport sur le sujet », ironise ainsi un proche du ministre auprès du Figaro.
Les opposants à la majorité ont, de leur côté, vivement réagi à ces révélations du Canard. « Quand Bruno Le Maire protège les superprofits des concessionnaires d’autoroutes tout en disant que les caisses sont vides pour financer nos retraites. Gentil avec les puissants, terrible avec le peuple », a ainsi tweeté l’Insoumis Manuel Bompard.
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Quand @BrunoLeMaire protège les superprofits des concessionnaires d’autoroutes tout en disant que les caisses sont vides pour financer nos #retraites. Gentil avec les puissants, terrible avec le peuple !
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Le Canard enchaîné
@canardenchaine
25 janv.
Bruno Le Maire, a étouffé un rapport de l’Inspection des Finances qui décortiquait les superprofits des concessionnaires d’autoroutes et proposait de baisser les péages de… 60 % sur les deux tiers du réseau #péagesautoroutes #BrunoLeMaire http://lecanardenchaine.fr
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Bonjour Mr Lemaire@BrunoLeMaire , cet article pose de nombreuses questions. Nous demandons à voir ce rapport. La représentation nationale, comme les Français, y ont droit.
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Le Canard enchaîné
@canardenchaine
25 janv.

« Bonjour Bruno Le Maire, cet article pose de nombreuses questions. Nous demandons à voir ce rapport. La représentation nationale, comme les Français, y ont droit », a réagi sur le même réseau social le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud. Ce dernier a demandé à « voir ce rapport ».
Selon Politico, la députée socialiste Christine Pirès-Beaune compte introduire un amendement à sa proposition de loi sur les superprofits, pour y inclure les concessionnaires d’autoroutes.
Prix des péages : on a fait les calculs, découvrez quels trajets coûtent plus cher dans le Lot
ABONNÉS
Au départ du péage de Cahors Nord, certains trajets ont augmenté. DDM Marc Salvet
Publié le 03/02/2023 à 18:18 , mis à jour le 07/02/2023 à 19:12
l’essentiel
Vinci autoroute augmente les tarifs des péages de presque 5% en ce début février. Dans le Lot, les petits trajets sont globalement épargnés. En revanche, au-delà de 50 kilomètres, de légères hausses se font sentir. La Dépêche fait le point.
À quelle sauce les Lotois vont-ils être mangés ? En ce début février, Vinci autoroute augmente ces tarifs de 4,68 % en moyenne sur les péages. La hausse était de + 2 % l’an dernier et de + 0,44 % en 2021. Les sociétés d’autoroute justifient cette forte évolution par l’inflation et les travaux en cours et à venir. Une annonce pas toujours très bien accueillie parmi certains Lotois. « Il ne faut pas déconner, ce sont des prix excessifs », soupire Marcel. Ce retraité de 77 ans n’emprunte plus l’autoroute tous les jours. Mais une fois par an, il se rend à Strasbourg pour voir sa famille. « Alors entre le prix du gasoil qui augmente et maintenant les péages, ça commence à faire mal au porte-monnaie », regrette-t-il.

Les trajets de moins de 50 kilomètres
Vinci s’engage à bloquer les tarifs de péage de 70% des trajets de moins de 30 km et de la moitié des trajets de moins de 50 km, une « mesure au bénéfice notamment des déplacements domicile travail ». Qu’est-il dans le Lot ? La plupart des trajets de moins de 50 km n’augmentent pas. Pour rallier Coeur-de-Causse (anciennement Labastide-Murat) depuis Cahors Nord, il faut toujours compter 2,10 euros. De Cahors Sud à Cahors Nord, 2,20 euros. De Souillac à Gignac, 2,20 euros. En revanche, deux trajets de moins de 50 kilomètres augmentent. Il s’agit de Coeur-de-Causse à Souillac, où il faudra payer 10 centimes de plus (2,50 à 2,60 euros). Et entre Coeur-de-Causse et Cahors Sud (un trajet de plus de 50 kilomètres), l’augmentation est de 20 centimes : les usagers payaient 4,60 euros et vont devoir débourser 4,80 euros.
Interrogés dans la rue, de nombreux Lotois confient ne pas utiliser l’autoroute et préférer les petites routes lors de trajets dans le département. Un choix qui n’est pas toujours possible quand la route devient plus longue.
60 centimes en plus pour aller du nord au sud du département
Mais alors quand on veut faire des trajets de plus 50 kilomètres ou se rendre dans un autre département ? C’est là que les prix augmentent, entre 80 à 20 centimes. Commençons par les départs de Cahors Sud. Pour aller jusqu’à Montauban Nord (Tarn-et-Garonne), il faudra compter 20 centimes de plus (4 à 4,20 euros), 30 centimes pour Toulouse (de 7,70 à 8 euros), 40 centimes pour Souillac (6,90 à 7,30 euros). Et pour rallier le Lot de part en part, soit de Cahors Sud, qui est le péage le plus au sud, à Gignac, qui est le plus au nord, il faut compter une hausse de 60 centimes. On passe de 9,60 à 10,20 euros.
Les usagers de Cahors Nord vont également constater une hausse sur leur ticket de péage. Plus 30 centimes jusqu’à Souillac (4,60 à 4,90 euros). Et pour aller à Gignac, 50 centimes : le trajet coûtera désormais 7,80 euros contre 7,30 euros auparavant. Pour aller plus loin, entre Gignac et Montauban Nord, il y a 80 centimes d’augmentation (de 14,20 à 15 euros). Et pour terminer, entre Coeur-de-Causse et Caussade (Tarn-et-Garonne), il faudra débourser 40 centimes (de 6,90 à 7,30 euros).
Aouregan Texier
Autoroute Toulouse-Albi : la gestion de l’A68 confiée à la Région Occitanie pour 8 ans
L’A68 est gratuite entre Montastruc-la-Conseillère et Marssac-sur-Tarn. (péage à L’Union). DDM – – EMILIE CAYRE
Autoroutes, Occitanie, Marssac-sur-Tarn
Publié le 02/02/2023 à 07:00 https://www.ladepeche.fr/2023/02/02/autoroute-toulouse-albi-la-gestion-de-la68-confiee-a-la-region-occitanie-pour-8-ans-10967505.php
l’essentiel
Accélératrice de décentralisation, la loi 3DS votée en février 2022 vient d’entrer en application. Alors que les Départements qui le souhaitent se sont vus transférer la gestion de nombreuses routes nationales, la Région Occitanie, elle, passe par une phase intermédiaire avec une mise à disposition de huit ans. Une durée qui sera mise à profit pour accélérer les différentes solutions de mobilité sur le territoire, comme l’explique Jean-Luc Gibelin, le vice-président de la Région en charge des transports.
Longue de 61 km entre le périphérique Est de Toulouse et Marssac, l’A68 était gratuite à partir de Montastruc-la-Conseillère. Elle le restera avec l’entrée en vigueur de la loi 3Ds relative à la décentralisation qui a été adoptée en février 2022. Place maintenant à la négociation entre la Région et l’Etat qui se donnent huit mois pour négocier la convention de mise à disposition des 360 km de routes nationales attribués à l’Occitanie. « L’État reste propriétaire mais allons intervenir pendant 8 ans sur l’entretien et la maintenance », précise Jean-Luc Gibelin, le vice-président de la Région en charge des infrastructures et des transports.
Avantage, l’Occitanie fera avancer beaucoup plus vite la mise en œuvre des grands chantiers, comme la fluidification du trafic entre Toulouse et la Lozère via l’A68 et la RN88. Le calendrier des études des aménagements de Lescure-d’Albigeois, Romardiès, Mende et Langogne devrait donc être accéléré, dès que les transferts financiers auront été faits et que le point zéro de la mise à disposition sera fixé, vraisemblablement début 2024.
« Il n’y a rien à redire sur le professionnalisme des personnels de l’Etat, assure Jean-Luc Gibelin. Mais sur les trois derniers contrats de plan Etat Région, moins de 50 % des crédits annoncés par l’Etat ont été mobilisés. Ce sont autant de projets qui n’ont pas vu le jour. Même quand il y a un engagement de l’Etat, Bercy a toujours une bonne raison pour pas mettre en œuvre ce qui était prévu. En gérant nous-même, nous serons plus efficaces. »
Objectif, apporter une réponse plus rapide aux usagers de la route et optimiser la coordination des différentes solutions de mobilité sur le territoire.
Béatrice Dillies
suivre ce journaliste
ENTRETIEN. Hausse des prix aux péages : un amendement pour taxer les sociétés d’autoroutes ?ABONNÉS
Les tarifs des péages vont augmenter de 4,75% en moyenne en 2023. DDM Manuel Massip
Autoroutes, Circulation – Déplacements, Politique
Publié le 02/02/2023 à 07:01 https://www.ladepeche.fr/2023/02/02/entretien-hausse-des-prix-aux-peages-un-amendement-pour-taxer-les-societes-dautoroutes-10967647.php
l’essentiel
Ce mercredi, la députée socialiste Christine Pirès-Beaune a introduit un amendement à sa proposition de loi sur les superprofits, pour y inclure les concessionnaires d’autoroutes. Selon l’élue, ces sociétés réalisent des profits trop importants.
Selon vous, les profits dégagés par les sociétés concessionnaires d’autoroutes sont-ils beaucoup trop élevés aujourd’hui ?
Clairement ! Les profits des sociétés concessionnaires d’autoroutes sont trop élevés. Ils sont surtout bien plus élevés que ce qui était prévu au moment où les contrats ont été négociés, lors de la privatisation des autoroutes en 2006. À l’époque, on parlait d’un taux de rentabilité de 7,6 %. Aujourd’hui on a une rentabilité proche de 12 %.
Quel est l’objectif de l’amendement que vous avez intégré dans votre proposition de loi ?
La Commission des Finances examinait ce mercredi un texte sur les « superprofits » qui dit que toutes les entreprises qui font un chiffre d’affaires supérieur à 750 millions d’euros pourraient être taxées. Les sociétés concessionnaires d’autoroutes en font évidemment partie.

C’est sur cet argument que l’on pourrait être amené à taxer ces sociétés. Notre objectif, c’est de demander aux sociétés concessionnaires une contribution additionnelle aux bénéfices exceptionnels qui ont été dégagés.
Le Conseil d’État pourrait-il lui aussi se saisir du dossier ?
C’est en tout cas une possibilité. En 2020, j’ai moi-même déposé une proposition de résolution invitant le gouvernement à saisir le Conseil d’État sur cette question. Mais l’objectif, c’est de continuer à mettre la pression pour éviter des prolongations de contrats avec certaines sociétés. La plupart des contrats qui ont été signés à l’époque vont courir jusqu’en 2031 ou 2036.
Mais ces contrats sont très mal ficelés. Ce n’est pas la peine de les prolonger puisque les vices actuels vont perdurer. L’idée c’est de se questionner, et de savoir ce qu’il conviendra de faire lorsque ces contrats arriveront à échéance. Je crains cependant que l’on ait plus la matière grise ou les ressources humaines nécessaires pour renégocier avec ces grands groupes.
Recueilli par R.S.
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