Le Parti socialiste annonce la victoire d’Olivier Faure au Congrès avec 50,83%
Par Le Figaro avec AFP 20 Janvier 2023
Publié il y a 9 heures, mis à jour à l’instant
Congrès du PS: le sortant Olivier Faure vainqueur avec 50,83% selon le parti
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Le premier secrétaire sortant était opposé au maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, qui avait lui aussi revendiqué la victoire cette nuit. Les deux camps, s’accusant mutuellement d’irrégularités, ont annoncé des recours.
Le Parti socialiste a déclaré ce vendredi matin Olivier Faure vainqueur avec 50,83% dans le duel qui l’opposait à son rival, le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, pour le poste de premier secrétaire du Parti socialiste.
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La tension a atteint un paroxysme dans la nuit de jeudi à vendredi, quand ils ont tous deux revendiqué avoir remporté le scrutin. La situation était ubuesque : vers 01h30 du matin, Nicolas Mayer-Rossignol a annoncé sa victoire à la presse, suivi quelques minutes plus tard par Olivier Faure sur YouTube. «Nous avons remporté ce résultat à hauteur de 53,47% des voix sur 90% des dépouillés», a déclaré l’élu normand, ajoutant que l’écart avec son concurrent n’était «plus rattrapable». Les militants «ont exprimé ce soir, par un vote clair, leur volonté de poursuivre le rassemblement de la gauche et des écologistes en me renouvelant leur confiance», a assuré pour sa part Olivier Faure.
«Le choix des militants doit être respecté»
Les deux camps, s’accusant mutuellement d’irrégularités dans les votes, ont annoncé dans la nuit des recours et demandes d’annulations de vote dans des sections. Une commission de recollement des résultats doit se réunir vendredi.
Une fois les résultats officiels publiés, Nicolas Mayer-Rossignol a fait part via un communiqué d’un message d’apaisement. «Le choix des militants doit être respecté, l’unité du Parti socialiste préservée», a-t-il écrit sur Twitter, en alertant sur le fait que «les Français nous regardent». Lui-même explique avoir contacté Olivier Faure dans la nuit «pour trouver une issue à cette crise.»
L’édile maintient toutefois que des «irrégularités graves et manifestes (…) dont les preuves factuelles sont publiques» ont été constatées. «Tout cela donne une image déplorable de notre Parti», peut-on lire dans le communiqué. Le concurrent d’Olivier Faure demande que la commission de récolement «se réunisse dès cet après-midi, afin de valider le scrutin». «À cette heure et en dépit de nos demandes, elle n’a toujours pas été convoquée par la direction sortante», déplore-t-il. Et d’ajouter : «Aucun résultat final ne peut évidemment être proclamé sans validation par la commission de récolement.»
«Menaces de mort» et «intimidations»
Un peu plus tôt, la direction sortante avait fait état de l’agression de cinq jeunes socialistes, venus en qualité de scrutateurs devant un bureau de vote à Elbeuf (Seine-Maritime), une section proche de Nicolas Mayer-Rossignol. Ces scrutateurs ont été «menacés de mort», une «intimidation» qui laisserait supposer selon elle un lien avec le vote en cours. Nicolas Mayer-Rossignol a demandé un démenti de ces «insinuations».
Le vainqueur sera officiellement intronisé lors d’un congrès dans une semaine à Marseille. Le résultat pourrait avoir des conséquences sur l’accord conclu en mai 2022 pour les législatives avec LFI, EELV et le PCF. Cette alliance a permis de garder un groupe de 32 députés socialistes à l’Assemblée nationale, malgré l’échec historique à la présidentielle de la candidate Anne Hidalgo (1,7%). Mais elle a profondément divisé le PS. Olivier Faure défend sa stratégie d’alliance de gauche «sans exclusive», seul moyen selon lui de faire barrage à la droite et à l’extrême droite en 2027. Nicolas Mayer-Rossignol, plus réservé sur cet accord, ne cache pas ses réticences vis-à-vis du parti de Jean-Luc Mélenchon. Il a le soutien de la troisième candidate, la maire de Vaulx-en-Velin Hélène Geoffroy, clairement hostile à la Nupes.
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Alors que les deux camps s’accusent mutuellement d’irrégularités, « aucun résultat final ne peut être proclamé sans validation par la commission de recollement », a réagi l’adversaire du premier secrétaire sortant, Nicolas Mayer-Rossignol.
Le Monde avec AFPPublié aujourd’hui à 03h37, mis à jour à 10h04 https://www.lemonde.fr/politique/article/2023/01/20/congres-du-ps-nicolas-mayer-rossignol-et-olivier-faure-revendiquent-chacun-la-victoire_6158580_823448.html?xtor=EPR-32280629-%5Ba-la-une%5D-20230120-%5Bzone_edito_2_titre_4%5D&M_BT=53496897516380
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L’élection du premier secrétaire du Parti socialiste (PS) prend une tournure ubuesque. Le duel entre le sortant Olivier Faure et son rival, le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, a atteint un paroxysme dans la nuit du jeudi 19 au vendredi 20 janvier, quand les deux candidats ont revendiqué avoir remporté le scrutin désignant le prochain chef du mouvement.
Dans la matinée de vendredi, le PS a annoncé officiellement la reconduction d’Olivier Faure avec moins de 400 voix d’avance. Le premier secrétaire sortant a récolté 50,83 % des suffrages, contre 49,17 % pour Nicolas Mayer-Rossignol. Ce score s’appuie sur les résultats issus des fédérations et transmis à la commission d’organisation du congrès. Mais les deux camps s’accusent mutuellement d’irrégularités dans les votes et ont annoncé des recours et demandes d’annulation de vote dans des sections.
Le camp de Nicolas Mayer-Rossignol affirmait dans la matinée que la commission de recollement ne s’était pas réunie pendant la nuit. « Aucun résultat final ne peut évidemment être proclamé sans validation par la commission de recollement. Je demande que le choix des militants soit simplement respecté », a réagi le maire de Rouen dans un communiqué.
Course de vitesse dans la nuit
- Vers 1 h 30 du matin, ce dernier avait pourtant été le premier à annoncer sa victoire à la presse. « Nous avons remporté ce résultat à hauteur de 53,47 % des voix sur 90 % des [suffrages] dépouillés », avait déclaré l’élu normand dans la nuit, ajoutant que l’écart avec son concurrent n’était « plus rattrapable ».
Quelques minutes plus tard, Olivier Faure faisait de même sur YouTube. Les militants « ont exprimé ce soir, par un vote clair, leur volonté de poursuivre le rassemblement de la gauche et des écologistes en me renouvelant leur confiance », assurait le premier secrétaire sortant.
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Les deux camps s’accusent de nombreuses « irrégularités », telles que le bourrage d’urnes ou la présence de surveillants de scrutin non autorisés à entrer dans des bureaux de vote.
Selon la numéro deux du PS, Corinne Narassiguin, Olivier Faure arrivait légèrement en tête, autour de 52 %, selon les premières tendances portant sur « plus de 50 % des fédérations représentant plus de 50 % des votants ».
Ce sont « les seuls chiffres réels qui peuvent être compilés », a assuré le mandataire du candidat sortant, Pierre Jouvet, dénonçant une « déstabilisation inadmissible » de la part du camp adverse, et « des méthodes qu’on a trop vues outre-Atlantique », dans une allusion à la défaite jamais reconnue de Donald Trump à la présidentielle américaine de 2020. « Olivier Faure a remporté le scrutin avec certitude », a-t-il insisté.
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A l’inverse, Nicolas Mayer-Rossignol affirmait que, même si quelques fédérations plus favorables à Olivier Faure n’étaient pas encore dépouillées, il obtiendrait dans le pire des cas 50,5 % des voix. Le maire de Rouen a demandé par ailleurs « l’annulation d’un certain nombre de résultats », en raison de contentieux, notamment dans la section de Liévin (Pas-de-Calais, environ 300 voix).
Des conséquences sur l’accord de la Nupes
Le vainqueur doit être officiellement intronisé lors d’un congrès dans une semaine à Marseille. Le résultat pourrait avoir des conséquences sur l’accord de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) conclu en mai 2022 pour les élections législatives avec La France insoumise, Europe Ecologie-Les Verts et le Parti communiste français.
Cette alliance a permis au PS de garder un groupe de trente-deux députés à l’Assemblée nationale, malgré l’échec historique à la présidentielle de la candidate du parti, Anne Hidalgo (1,7 % des voix au premier tour). Mais elle a profondément divisé le mouvement.
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Olivier Faure défend sa stratégie d’une alliance à gauche « sans exclusive », seul moyen, selon lui, de faire barrage à la droite et à l’extrême droite en 2027. Nicolas Mayer-Rossignol, plus réservé sur cet accord, ne cache pas ses réticences vis-à-vis du parti de Jean-Luc Mélenchon. Il a le soutien de la troisième candidate, battue au premier tour, la maire de Vaulx-en-Velin (Rhône), Hélène Geoffroy, clairement hostile à la Nupes.
La bataille de chiffres va se poursuivre vendredi, comme lors du vote des militants sur le texte d’orientation, destiné à déterminer le rapport de force dans les instances du parti. Les adhérents avaient alors placé Olivier Faure en tête à 49,15 % des voix, contre 30,51 % pour Nicolas Mayer-Rossignol, et 20,34 % pour Hélène Geoffroy.
Soutenu par la maire de Paris, Anne Hidalgo, la présidente d’Occitanie, Carole Delga, et l’ex-président François Hollande, Nicolas Mayer-Rossignol affirme être le seul à pouvoir rassembler, sur une « voie centrale »
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Pour Olivier Faure, les résultats du premier vote ont prouvé que seuls 20 % des adhérents ont voté contre la Nupes, confortant de fait sa ligne. Son entourage affirme qu’il dispose déjà d’« une majorité absolue au conseil national » du PS (sorte de parlement de la formation), grâce à l’appui d’au moins soixante premiers secrétaires fédéraux, qui comptent pour un tiers dans la composition du conseil. Il s’agit d’une projection, le vote des premiers fédéraux n’aura lieu qu’en février.
Le Monde avec AFP