La ZAC des Portes du Tarn, et celle « du Rivel », au sud de Toulouse, sièges de tensions

Autour de Toulouse, batailles au sujet des zones d’aménagement concerté

A l’est et au sud de l’agglomération, deux projets de ZAC sont confrontés à une nécessaire adaptation écologique et aux recours en justice des opposants. 

Par Philippe Gagnebet(Toulouse, correspondant)Publié hier à 14h59, mis à jour hier à 18h22

https://www.lemonde.fr/economie/article/2023/01/12/autour-de-toulouse-les-batailles-des-zac_6157599_3234.html

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Manifestation contre la ZAC Portes du Tarn, à Toulouse, le 9 février 2022.
Manifestation contre la ZAC Portes du Tarn, à Toulouse, le 9 février 2022.  FRED SCHEIBER/SIPA

A une trentaine de kilomètres autour de Toulouse, deux projets vieux de plus de dix ans illustrent les tensions et les contradictions sur les créations de deux zones d’aménagement concerté (ZAC).

Portées par des collectivités locales, la ZAC des Portes du Tarn, à cheval entre la Haute-Garonne et le Tarn, et celle dite « du Rivel », au sud de Toulouse, connaissent des avancées diverses. A l’heure de l’objectif « zéro artificialisation des sols », axe majeur du plan biodiversité, ces projets doivent composer entre impact de l’étalement urbain, création d’emplois et nécessaire transition écologique.

Le 14 décembre 2022, le Conseil d’État est revenu sur la suspension des travaux de viabilisation engagés par la société publique locale d’aménagement (SPLA) Les Portes du Tarn. Dans ce dossier, sur 198 hectares situés sur les communes de Saint-Sulpice-la-Pointe (81) et Buzet-sur-Tarn (31), l’ambition « est de créer 2 200 emplois à l’horizon 2042, en se positionnant comme un parc d’activités industriel nouvelle génération ».

Plantation

Soutenu par la région Occitanie et les départements, le projet veut construire « un pôle réservé aux services et loisirs, dans le cadre d’une démarche d’économie circulaire exemplaire », selon sa directrice Valérie Laumond. Le tout pour un coût global de 88 millions d’euros qui prévoit la plantation de 40 000 arbres, la création de deux zones humides et la sanctuarisation de 8,5 ha de terres agricoles.

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Insuffisant pour les opposants : contestés en mars 2022 par France Nature Environnement et le collectif Saint-Sulpice active et citoyenne, les travaux ont été interrompus depuis.

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Si ce projet a connu autant d’oppositions et de batailles juridiques, c’est aussi dû au flou entretenu autour de l’arrivée, sur cette ZAC, dans un immense entrepôt, d’un géant de l’e-commerce, type Amazon. En écartant désormais l’idée de créer « un pôle logistique XXL » sur le parc d’activités, les Portes du Tarn vont continuer à tenter d’attirer des entreprises, alors que le site n’accueille actuellement qu’une grande coopérative viticole et une station essence.

« Nous craignons surtout une dégradation du cadre de vie, due à une folle artificialisation des terres » Stéphane Dupraz, membre du collectif contre la ZAC du Rivel

Selon sa direction, « un contrat de réservation a notamment été signé avec la société H2V en août 2022, en vue de l’implantation de son projet de site de production d’hydrogène renouvelable sur le parc ».

A quelques kilomètres de là, entre Baziège et Montgiscard, au sud de Toulouse, un autre projet, dit ZAC du Rivel, avance chaotiquement. Porté par la communauté de communes (Sicoval) depuis 2014 et prévu à l’origine sur 200 hectares, il a réduit la voilure et doit s’étendre sur une centaine d’hectares.

« Nous travaillons sur l’aménagement de cette zone depuis les années 1990, dans l’objectif de rééquilibrer le territoire du sud au nord, vers Toulouse », explique Jacques Oberti, président du Sicoval. L’élu précise que tout le projet a été revu en 2014, « pour coller aux impératifs de la transition écologique ».

Energie positive

Soutenue par le programme France 2030, cette ZAC sera, selon ses promoteurs, à énergie positive. Le cahier des charges imposera toutes les nouvelles normes environnementales aux entreprises intéressées. Les travaux doivent débuter courant 2023, ce qui n’est pas du goût des opposants.  « L’argument de créations d’emplois ne tient pas et nous craignons surtout une dégradation du cadre de vie, due à une folle artificialisation des terres », explique Stéphane Dupraz, membre du collectif contre la ZAC du Rivel.

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Si plusieurs exploitants agricoles ont vendu leurs terres, un seul recours en justice est actuellement examiné. Et la loi impose désormais la création de zones de compensation écologique, sur près de 30 % des surfaces concernées. Aux Portes du Tarn comme au Rivel, les premières entreprises s’installeront d’ici à 2024 ou 2025. Plus de quinze ans après la création des ZAC dédiées.

Philippe Gagnebet(Toulouse, correspondant)

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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