Pour la gauche la réforme de retraites nuirait au climat.

Retraites et écologie: la mauvaise foi de François Ruffin 

 Par Irène Inchauspé

11 janvier 2023 à 6h00

https://www.lopinion.fr/politique/retraites-et-ecologie-la-mauvaise-foi-de-francois-ruffin?utm_campaign=Edition%20de%207h30_11-01-2023

Le raisonnement abracadabrantesque visant à démontrer que la réforme présentée par Elisabeth Borne nuit au climat ne tient pas la route

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François Ruffin 10/01/2023 Inchauspé
François Ruffin, le député insoumis de la Somme.

Les faits – 

«Ecologie, social, bonheur, la bataille des retraites commence» : c’était le thème de la soirée du 10 janvier organisée notamment par le député LFI.

L’Union de la gauche a de l’imagination. Pour contester la réforme des retraites, elle prétend que celle-ci est anti-écologique. François Ruffin (via la revue Fakir) a organisé son premier meeting public (il devrait y en avoir trois) le 10 janvier sur ce thème. Boris Vallaud (PS), Fabien Roussel ( PC), Mathilde Panot ( LFI) et Marine Tondelier ( EELV) y étaient annoncés.

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Lier les retraites et le climat, il fallait quand même y penser. Le raisonnement est simple : si on prolonge l’âge de départ à la retraite, cela veut dire que l’on produit plus, que l’on consomme plus, ce qui est à rebours des efforts de sobriété nécessaires pour limiter les effets du réchauffement climatique. « Cela revient à dire que travailler est anti-écologique, c’est pire que les décroissants habituels. Ce n’est pas seulement consommer moins, c’est travailler moins », juge Olivier Blond, auteur de Plaidoyer pour une écologie de droite.

Un simple coup d’œil sur ce qui se passe dans les autres pays européens permet d’ébranler cette conclusion. Au Danemark, l’âge de départ à la retraite est de 67 ans, alors qu’en Suède l’âge minimum d’ouverture des droits à pension est de 62 ans. Or, le bilan carbone des Danois est de 4,69 tonnes par habitant, alors que celui des Suédois est de neuf tonnes. Les premiers, qui travaillent plus longtemps, sont donc les plus vertueux sur le plan climatique. Il serait hasardeux de tirer une quelconque corrélation de cette constatation. Elle permet simplement de rappeler que les retraités ne mènent pas, s’ils en ont les moyens, des vies austères de stoïciens. L’égoïsme des « boomers », se comportant en cigales écervelées, a ainsi souvent été dénoncé, à tort ou à raison.

L’Union de la gauche apparaît donc en décalage total avec ce qui se fait au niveau mondial sur ce sujet crucial, avec de multiples courants qui cherchent à améliorer l’efficience énergétique et à changer les usages

« Levier ». Ensuite, il est très réducteur de n’évaluer que la demande et la consommation en considérant ainsi que « toute chose est égale par ailleurs ». C’est faire peu de cas des progrès technologiques qui permettent de décarboner l’offre. « C’est l’éternel problème de l’écologie gauchiste qui considère que le seul levier pour résoudre le problème climatique, c’est la réduction de la consommation », estime Olivier Blond. Aux Etats-Unis, la consommation d’énergie a baissé de 15 % au cours des vingt dernières années alors que le PIB par habitant augmentait de 25 %. En Europe, entre 1999 et 2019, les émissions de CO2ont diminué de 23 % alors que le PIB croissait de 50 %. Cela ne va sans doute pas assez vite, mais ça progresse.

Comme l’a indiqué l’économiste Alain Grandjean à l’Opinion, « si les entreprises se sont montrées attentistes pendant des années, pour des raisons bien compréhensibles car elles n’ont pas pour vocation de sauver le climat, on peut observer des bouleversements en profondeur dans certains secteurs ». C’est par exemple l’automobile qui va passer à la motorisation électrique. Dans la production d’énergie, le cas le plus spectaculaire est celui de la compagnie danoise, Orsted dont la production d’énergie est à 90 % à base d’énergies renouvelables, alors qu’elle est issue de DONG Energy dont 85 % de l’énergie produite l’était à base d’hydrocarbures. 

On pourrait ajouter d’autres exemples, l’écologie de l’offre n’est pas un concept, c’est une réalité qui ne peut être dissociée de l’écologie de la demande. L’Union de la gauche apparaît donc en décalage total avec ce qui se fait au niveau mondial sur ce sujet crucial, avec de multiples courants qui cherchent à améliorer l’efficience énergétique et à changer les usages. Le tout pour vivre mieux, qu’on soit à la retraite ou pas.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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