Albi : faute de médecins, les urgences de la clinique Claude Bernard ferment pendant plusieurs jours
Les urgences de la clinique vont être fermées pour plusieurs nuits pendant ces fêtes./ DDM archives DDM – « » » » » » » » » » » » » » »DDM- MARIE PIERRE VOLLE » » » » » » » » » » » » » » »
Publié le 21/12/2022 à 17:37
l’essentiel
Les urgences de la clinique Claude Bernard vont être fermées à plusieurs reprises ces prochains jours. Il faudra privilégier l’appel au 15 et à son médecin traitant avant de se rendre aux urgences du centre hospitalier d’Albi, pour éviter tout engorgement.
Depuis plusieurs semaines, la situation des hôpitaux et des services d’urgences inquiètent les patients et les autorités. Épidémies de bronchiolite, de grippe et de Covid-19, les services sont saturés.
Et la situation à Albi ne risque pas de s’améliorer puisque la clinique Claude Bernard vient d’annoncer qu’elle ferme son service des urgences pour plusieurs jours en cette période de fête.
« Les tensions dans le service des urgences sont telles que les leviers habituels tels que les remplacements et la réorganisation des services n’ont pas suffi à maintenir l’organisation habituelle », explique la clinique dans un communiqué.
Les nuits de vendredi 23 décembre, dimanche 25, mardi 27, mercredi 28, jeudi 29 et dimanche 1er janvier, il ne servira à rien de se rendre aux urgences de la clinique Claude Bernard. Les malades trouveront portes closes, en raison d’un problème de recrutement de médecins, comme l’explique la clinique. Il faudra donc aller aux urgences du centre hospitalier d’Albi. Mais il faudra surtout privilégier l’appel vers le 15 ou son médecin traitant avant de s’y rendre.
« Afin de permettre une meilleure régulation des passages aux urgences et l’amélioration de la qualité de prise en charge, il est recommandé de ne pas se rendre aux urgences avant consultation préalable de son médecin traitant et avant appel préalable au 15. Cet appel permet à l’agent régulateur d’apprécier le degré de gravité de la situation et de décider de la pertinence d’un déplacement aux urgences ou de la transmission de conseils, si la situation le permet », rappelle encore la clinique dans son communiqué. Comme les autorités depuis plusieurs semaines.
« Éviter tout passage évitable »
En cette période de fêtes, peut-on craindre par ricochet des embouteillages à l’hôpital d’Albi ? La direction de l’établissement se veut rassurante. « C’est bien sûr compliqué à prévoir. Et les urgences, c’est toute l’année aléatoire », explique Jérémy Luceno, directeur adjoint du CH d’Albi. D’ailleurs, les appels à éviter les urgences répétés ces derniers mois semblent avoir été compris, assure aussi le responsable d’établissement. « C’est une bonne chose, mais on ne peut que le rappeler. Il faut éviter tout passage qui pourrait être évitable ».
En moyenne, ce sont une centaine de patients qui se rendent chaque jour que doivent gérer les soignants. « On peut imaginer que ce sera un peu plus ces prochains jours, et on va s’adapter ».
Au cours de l’été 2021, cette situation s’était déjà produite avec plusieurs jours de fermeture pour les urgences de la clinique Claude Bernard, qui déjà manquait de médecins et peinait à recruter.
Ra. B.
Lescure-d’Albigeois. Une maison de santé très appréciée des Lescuriens
Les Lescuriens peuvent compter sur de nombreux professionnels de santé. Photo DDM
Publié le 05/01/2023 à 05:09 https://www.ladepeche.fr/2023/01/05/une-maison-de-sante-tres-appreciee-des-lescuriens-10905162.php
Les Lescuriens bénéficient d’une maison de santé pluridisciplinaire, qui permet d’améliorer la prise en charge des patients, de diversifier l’offre des soins, d’accueillir de nouveaux praticiens et de faciliter la coordination entre professionnels. Les praticiens nous ont reçus et répondu à nos questions.
Un mot sur le fonctionnement de cette maison de santé pluridisciplinaire ? Nous regroupons plusieurs professionnels de santé avec deux médecins généralistes, une sage-femme et une infirmière. Un cabinet d’infirmiers libéraux, la pharmacienne, la pédicure podologue et la psychologue font également partie de la maison de santé.Quels en sont les avantages ?
À l’heure actuelle et sachant les difficultés que traverse la médecine de ville, il est important de se rassembler pour travailler à plusieurs, et ce pour une meilleure prise en charge des patients et pour le bien-être des professionnels de santé. Nous nous réunissons lors des réunions pluriprofessionnelles pour échanger autour des patients complexes et afin de créer des projets de santé publique.
Et ce qui change pour les patients ? Nous travaillons avec un logiciel médical partagé, ce qui permet à tous les praticiens de la Maison de santé pluridisciplinaire (MSP) d’avoir accès aux dossiers médicaux. Ainsi un patient peut être pris en charge par tous les praticiens de la MSP.Allez vous prendre de nouveaux patients lescuriens ou d’autres communes ?
Pour l’instant, malheureusement, les médecins généralistes ne peuvent pas prendre de nouveaux patients. Nous essayons de tout mettre en œuvre pour répondre à la difficulté d’accès aux soins pour les patients sans médecin traitant de la commune. En effet, nous espérons pouvoir attirer deux nouveaux médecins généralistes dans les prochains mois. Le travail en équipe pluridisciplinaire et les nouveaux locaux modernes sont des arguments attractifs forts pour attirer de jeunes médecins dans notre territoire. Nous sommes persuadés que ce travail va porter ces fruits, et nous demandons juste un peu de patience aux habitants de Lescure.
Et financièrement, cela se passe comment ?Cette maison de santé est financée en grande partie par la mairie de Lescure avec l’aide de subventions du département du Tarn et de l’état. Les professionnels présents dans le bâtiment payent un loyer à la mairie en tant que locataire des lieux.
Alain Rey
Mazamet. Deux médecins salariés au Centre de santé
ABONNÉS
le centre de santé pour médecins salariés sera installé au rez – de- chaussée.Photo
Publié le 30/12/2022 à 05:08 https://www.ladepeche.fr/2022/12/30/deux-medecins-salaries-au-centre-de-sante-10895637.php
Depuis le 2 novembre, la docteur Géraldine Martin exerce ses fonctions au Centre de santé de Mazamet. Un nouveau praticien salarié la rejoindra le 15 février 2023, le docteur Saïd Tamar. Des discussions sont en cours pour compléter l’équipe médicale par d’autres médecins salariés sous contrat. Ces médecins ont pu être embauchés grâce au groupement d’intérêt public « Ma santé, Ma Région » et à la signature d’une convention entre la ville de Mazamet et la Région Occitanie. Faute d’avoir pu trouver des nouveaux professionnels de santé libéraux, l’équilibre de la Société Civile de Moyens qui avait été créée sera dissous au 31 décembre 2022. La ville signera un bail de location avec chaque professionnel libéral pour l’usage des locaux. Ainsi la Maison de santé Simone Veil du 42 boulevard Soult abritera un nouveau centre de santé au rez-de-chaussée avec les médecins salariés qui viennent renforcer l’offre médicale sur le bassin mazamétain. Au premier étage les praticiens de santé exerçant en libéral continueront à exercer en payant un loyer mensuel individuel : Médecin, infirmiers, Psychologue, diététicienne, ergothérapeute et SISA. Le dernier conseil municipal a autorisé le maire à mettre en œuvre ce changement.
Correspondant
Sallèles déchante pour ses médecins
La commune de Sallèles-d’Aude est désormais à la recherche d’un nouveau médecin. CHRISTOPHE BARREAU
Publié le 01/01/2023 à 05:07 https://www.ladepeche.fr/2023/01/01/salleles-dechante-pour-ses-medecins-10898585.php
l’essentiel
Alors que Sallèles-d’Aude allait compter trois médecins au sein de sa maison médicale, deux d’entre eux ont fini par partir. Une situation qui inquiète le maire de la commune puisque désormais une partie de ses administrés ne pourra plus se faire soigner sur place.
Les maires le savent, trouver un médecin pour sa commune relève parfois d’un véritable parcours du combattant. C’est justement l’histoire qu’est en train de vivre Yves Bastié le premier magistrat de Sallèles-d’Aude. Alors que la commune comptait déjà deux médecins, elle s’apprêtait à en accueillir un nouveau. Problème, ce dernier n’est finalement pas resté et un autre est parti à la retraite.
« Nous l’avions trouvé via un cabinet de recrutement, indique Yves Bastié. Il est arrivé au mois de septembre et il devait commencer au moins d’octobre. Nous lui avions laissé un peu de temps pour qu’il puisse s’installer, il était originaire de Roumanie. Finalement, au moment de démarrer, il a considéré qu’il était préférable de repartir. »
Une véritable déception pour le maire de la commune puisque l’un des deux autres médecins est parti à la retraite au mois de décembre. « Nous avions quasiment pallié la demande, on se projetait même pour en avoir un quatrième, mais désormais, nous n’en avons plus qu’un. » Yves Bastié estime d’ailleurs que sur les quelque 3 500 habitants, quasiment la moitié, dont lui-même, ne pourra désormais plus se faire soigner sur la commune.
« Il va falloir espérer que l’on ne tombe pas trop malade le temps que nous parvenions à en trouver un autre, ajoute-t-il. Pour accélérer les choses, on va contacter un deuxième cabinet de recrutement. L’idéal serait que l’on puisse avoir un couple qui s’installe. » Il précise : « Dans les communes alentour, ils sont déjà à fond, ils ne pourront pas accueillir les personnes qui sont désormais sans médecin […] On va continuer à se battre pour trouver une solution rapidement. »
Antoine Castellet
Autoroute, climat, désert médical : Ce qu’il faut retenir des vœux de Christophe Ramond pour le Tarn
ABONNÉS
Christophe Ramond a présenté ses voeux aux personnalités tarnaises. DDM – « » »MARIE PIERRE VOLLE « » »
Publié le 05/01/2023 à 20:19 , mis à jour à 22:08 https://www.ladepeche.fr/2023/01/05/autoroute-climat-desert-medical-ce-quil-faut-retenir-des-voeux-de-christophe-ramond-pour-le-tarn-10906641.php?fbclid=IwAR1xVywgzXbCtn3XhpzbCi64EWV0PQVpk1xrxrscbDSJQ4oK7ztTHdxSNwo
00:00/04:22
l’essentiel
En présentant ses vœux, ce jeudi soir, le président du conseil départemental du Tarn, Christophe Ramond, a dévoilé sa feuille de route pour l’année 2023. Face à un contexte qui se dégrade, il entend se mobiliser sur tous les fronts et défend « l’urgence de faire ».
Voilà deux ans que la cérémonie était annulée pour cause de crise sanitaire. Ce jeudi soir, Christophe Ramond a renoué avec l’exercice des vœux aux personnalités.
Passé le plaisir des retrouvailles – qui a suscité un embouteillage à l’entrée de l’Hôtel du Département- le tableau est plutôt sombre pour ce début d’année. « La fracture civique qui se creuse est assimilable à un trou noir. Il y a dans ce vide, dans ce découragement quelque chose de profondément inquiétant », souligne le président du conseil départemental.
« Tout se fissure »
Face au constat que « tout se fissure », à commencer par les services publics, l’élu met en avant « l’urgence de faire, d’être efficace, d’apporter des solutions concrètes ». Une préoccupation qu’il a placée au cœur de sa feuille de route pour l’année 2023.
Routes. Après la route Albi-Castres, la collectivité entend moderniser les routes du Sud, qui vont bénéficier d’une rallonge de 27 millions d’euros. « Dès cette année, nous lancerons des études pour le contournement de Puylaurens et de nouveaux créneaux de dépassement pour faciliter la liaison Brassac-Lacaune », explique le président qui en profite pour fustiger les opposants à l’A69. « On peut manifester mais en démocratie, il y a un principe intangible : le respect du fait majoritaire ». Des travaux sont également prévus sur l’axe Gaillac-Montauban avec la réalisation d’un nouveau créneau de dépassement.
Mobilités douces. 5 nouvelles aires de covoiturage seront créées en 2023. Une réflexion est en cours pour proposer des trajets gratuits aux 18-25 ans. La collectivité vise par ailleurs 500 km de pistes cyclables à horizon 2028, à l’image de la voie verte, dont l’aménagement va démarrer entre Castres et Lacaune.
Un Livre blanc sur l’eau
Incendies. Après un été marqué par de nombreux incendies, Christophe Ramond veut renforcer les moyens des sapeurs-pompiers qui devraient bénéficier d’une enveloppe de 5 M€ pour leur permettre d’acheter une vingtaine de véhicules supplémentaires.
Environnement. Un « Livre Blanc » est également en préparation pour mieux préserver la ressource en eau. Dans les collèges, des îlots de verdure seront créés pour désimperméabiliser les sols, et apporter de l’ombre. Les EHPAD vont bénéficier d’une enveloppe « climatique » de 1M€ par an pour s’adapter aux fortes chaleurs.
Agriculture. Une enveloppe exceptionnelle de 100 000 € sera proposée au vote pour soutenir la filière avicole, pénalisée par la grippe aviaire.
Désert médical. Si la santé n’est pas une compétence départementale, la collectivité finance l’installation de médecins salariés dans des centres de santé comme à Mazamet et à Lacaune et prévoit d’adhérer au GIP « Ma Santé, Ma Région ».
Jeunesse. Pour améliorer le quotidien des 2 000 enfants qui lui sont confiés, le Département s’engage à créer 40 places supplémentaires d’accueil, de recruter 30 assistants familiaux supplémentaires, de rallonger de 800 000 euros l’enveloppe dédiée à la pédopsychiatrie et de fournir un ordinateur à tous ceux qui entrent au collège. La première pierre du nouveau Foyer départemental de l’enfance doit être posée avant l’été.
Portes ouvertes au musée
Dépendance. Le budget consacré à l’autonomie augmentera de 8% en 2023. 12 millions d’euros seront également mobilisés sur 5 ans pour moderniser les Ehpad. Le Département s’engage également dans la construction de la future Maison départementale de l’Autonomie, futur guichet unique des solidarités.
Emploi. En 2023, le Service Public d’Insertion et de l’Emploi entrera dans sa phase opérationnelle à Graulhet et au sein des intercommunalités Sor-Agout et du Carmausin. Des Assises régionales de l’insertion doivent également se tenir dans le département « avant l’été » pour valoriser les bonnes pratiques. Enfin, les communes et intercommunalités qui souhaitent embaucher un bénéficiaire du RSA disposeront d’une aide financière « de 500€ par mois pendant 6 mois à condition de proposer la pérennisation des embauches. »
Éducation. Un plan pluriannuel de 84 millions d’euros est en cours notamment afin de lancer le nouveau collège de Couffouleux, de reconfigurer intégralement le collège de Graulhet ou encore d’aménager le dojo et le plateau sportif à Cordes.
Culture. 2023 verra la réouverture du Musée Mine de Cagnac. Des journées portes ouvertes gratuites seront proposées pour le découvrir.
Une start-up tarnaise vient de créer une plateforme pour vous permettre de trouver le bon « psy »
ABONNÉS
Ci-dessus, quatre des sept collaborateurs de la start-up Other Sides. DR Others Sides
Publié le 02/01/2023 à 18:01 , mis à jour le 04/01/2023 à 15:48 https://www.ladepeche.fr/2023/01/02/une-start-up-tarnaise-vient-de-creer-une-plateforme-pour-vous-permettre-de-trouver-le-bon-psy-10900395.php
l’essentiel
La start-up tarnaise Other Sides, hébergée au sein de l’hôtel d’entreprises de Castres-Mazamet et forte de 7collaborateurs, vient de lancer « EANQA », une plateforme dédiée à l’accompagnement psychologique. L’objectif ? Faciliter et accélérer la prise en charge psychologique de tous ceux qui en ressentent le besoin et qui ne savent pas vers qui se tourner.
Comment trouver le bon « psy » et surtout, du premier coup ? C’est la question que tout patient se pose lorsqu’il se retrouve confronté aux 400 méthodes thérapeutiques recensées en France. Selon les experts du secteur, le succès d’une thérapie repose également sur la qualité de la relation entre un patient et son thérapeute. Alors comment savoir qu’un psy nous conviendra avant de le rencontrer ?
Pour relever ce qui s’apparente parfois à un véritable parcours du combattant, la start-up tarnaise Other Sides, a décidé de lancer « EANQA », qui signifie Phénix en arabe, la toute première plateforme dédiée à l’orientation du patient dans le domaine de la psychologie. En effet, pour éviter les successions de premiers rendez-vous vains, cette plateforme permet désormais à toute personne en recherche d’un accompagnement psychologique d’accéder rapidement au psy qui la satisfait le mieux.
« Et l’enjeu est de taille lorsqu’on sait que 13 millions de Français souffraient de troubles psychiques en 2021 et que 60 % d’entre eux, soit 7,8 millions, ne sont pas pris en charge », explique Jérémy Muratet, président d’Other Sides, start-up hébergée au sein de l’hôtel d’entreprises de Castres-Mazamet et forte de 7collaborateurs.
« Éviter le turnover de patients »
À l’origine, le projet de cette plateforme a été initié en 2019 par la regrettée Shahinez Bengoua, compagne de Jérémy Muratet, qui poursuivait l’ambition de mettre rapidement en lien et sans obstacle, psychologues et personnes en recherche de soutien. « Il y a trois ans, quand Shahinez est décédée, moi aussi j’ai eu besoin d’un accompagnement psychologique et je n’ai pas trouvé de psy, enfin pas de suite. J’ai trouvé le professionnel qui me convenait au bout de quatre essais, soit 1 an et demi après. Alors je me suis demandé si tout le monde rencontrait ce problème-là…, se souvient Jérémy Muratet.
« Et effectivement en parlant de ça autour de moi, l’adage dit : on voit au moins 3 psychologues avant de trouver le bon. Alors j’ai voulu travailler là-dessus et reprendre le projet de ma compagne », ajoute le président d’Others Side. Quel(s) trouble(s) avez-vous ?Est-ce que vous voulez que le professionnel vous donne des exercices à faire à la maison ?Est-ce que vous voulez qu’il parle peu ou beaucoup ? Qu’il soit directif ou non dans la thérapie ? …En quelques questions et grâce à un algorithme basé sur la recherche scientifique, la plateforme oriente l’utilisateur, futur patient, vers le professionnel qui s’accorde le mieux avec ses besoins et ses attentes.
« En parallèle, on interroge le professionnel pour savoir comment il fonctionne dans son cabinet. Et après, on fait matcher ! », ajoute Jérémy Muratet. « Il faut savoir qu’il y a 80 %d’abandons une fois passés la troisième séance de thérapie et c’est souvent à cause du fait qu’il n’y a pas eu une bonne relation ou assez de confiance entre le psy et son patient d’où l’idée de mettre en place cette plateforme ». Plateforme qui compte aujourd’hui, plus de 50professionnels inscrits, principalement situés dans le Tarn et en Haute-Garonne. « Pour eux, c’est un vrai gain de temps, ils auront moins de rendez-vous non honorés et ça évitera le turnover de patients », conclut confiant Jérémy Muratet.
Pauline Brassart
suivre ce journaliste
L’échappée verte, un pôle médico-social à Albi pour les jeunes en situation de handicap
ABONNÉS
Un groupe d‘adolescent confectionne des crêpes dans les nouvelles cuisines de l’IME./ DDM Emilie Cayre. DDM – « » »DDM EMILIE CAYRE « » »
Publié le 20/12/2022 à 17:23
l’essentiel
Un an de travaux et un nouveau site flambant neuf pour les 151 enfants de l’institut médical éducatif Saint-Jean. Un « grand défi » qui a beaucoup occupé l’équipe éducative.
L’immense bâtiment de l’IME Saint-Jean (institut médico-éducatif) L’échappée verte était presque trop petit pour accueillir les 200 personnes venues découvrir les nouveaux locaux. Plus qu’un ravalement de façade, c’est une véritable transformation qu’a connue l’établissement.
Après un an de travaux, et alors que le projet germait depuis plusieurs années, les 151 enfants de 3 à 20 ans pris en charge et les 90 professionnels qui les encadrent ont pris possession de ce nouvel espace en septembre dernier. « Tout a été refait, pour accueillir au mieux les enfants, et offrir les conditions de travail les plus optimales pour nos salariés », explique Claude Messager, la directrice.
« C’est un grand tournant qu’a pris l’institution, c’était un grand défi », poursuit-elle. Un grand défi, d’abord pour les artisans, les travaux devant se terminer pour le mois de septembre sans troubler les enfants qui présentent des déficiences psychiques diverses. Les coups de pioche se sont multipliés et accélérés pendant l’été, et l’ensemble a été livré dans les temps.
Depuis septembre, les enfants se sont déjà bien approprié l’ensemble. « Une dizaine d’espaces de groupe de vie ont entièrement été refaits et aménagés », précise Claude Messager. Petite cuisine, salon, livres et jeux en tout genre, les enfants sont chouchoutés.
À l’extérieur, malgré les quelques gouttes de pluie, une dizaine de garçons tapent dans un ballon de foot sur leur nouveau terrain multisport. « C’était une demande forte des jeunes ce terrain ». L’internat, qui accueille 35 jeunes, a lui aussi eu droit à un beau coup de propre.
« C’est une réussite »
Mais cette refonte de l’établissement n’est pas qu’architecturale. Il s’agissait surtout de refonder le projet d’établissement. Sur le même site en plein cœur d’Albi, sont désormais regroupés dans un même lieu un institut médical éducatif, un service d’éducation spécialisée et de soins à domicile, et un institut thérapeutique éducatif et pédagogique. Un site unique pour le nord du département, qui accueille des jeunes de tout le Tarn.
« Il s’agit donc d’un site multi-accueil, thérapeutique et éducatif. Nous essayons d’amener nos jeunes vers l’autonomie. Nous travaillons l’inclusion sous toutes ses formes, on construit un projet pour que chaque jeune ait une vie sociale à la hauteur de ses capacités », ajoute Laure Calmels la directrice adjointe. Une quarantaine de partenaires-employeurs travaillent avec l’institut pour prendre des jeunes en stage et les aider à aller vers l’autonomie.
« Ces derniers mois ont demandé beaucoup d’investissements de la part de tous les professionnels. C’est une réussite, et nous allons encore plus pouvoir nous projeter », se réjouissent les deux responsables de l’IME Saint-Jean.
Albi. Un lieu unique pour la maison de l’autonomie
Les élus ont symboliquement posé la première pierre. DDM, E.D.
Solidarité, Démographie – Population, Albi
Publié le 20/12/2022 à 07:50 https://www.ladepeche.fr/2022/12/20/un-lieu-unique-pour-la-maison-de-lautonomie-10879486.php
Le département va rénover l’ancien site de l’institut de formations en soins infirmiers (IFSI) qui va accueillir la maison de l’autonomie en 2024.
Souvent quand arrive l’heure de la dépendance, on se trouve démuni et on ne sait pas trop où chercher l’information. Pour y répondre, le conseil départemental a créé la maison départemental de l’autonomie en 2020. Un guichet unique. Jusqu’à présent, ses services étaient dispersés sur trois sites. En 2024, ils seront tous regroupés à l’ancienne école d’infirmière, rue des trois Tarn. La première pierre a été posée par les élus du conseil départemental cette semaine.
Voilà maintenant quelques années que l’ancien site de l’école d’infirmière d’Albi, 1 751 m2, ne servait plus. Le département l’a racheté pour y regrouper ses services. A la grande satisfaction des riverains, qui ne verront pas y pousser un projet immobilier d’envergure.
Cette maison regroupera l’ensemble des services, soit plus de 130 personnes, travaillant dans ce domaine. Dorénavant, les aidants des personnes en perte d’autonomie (handicap, grand âge, maladies graves…) pourront tout trouver au même endroit. « Le but est de mieux informer et accompagner la population tarnaise. Chaque situation est unique », expliquent le président Christophe Ramond et Elisabeth Claverie, la vice-présidente en charge de l’autonomie.
Avantage du bâtiment, il est idéalement situé à proximité de la rocade et pourvu d’un grand parking.
D’un coût de 5, 5M€ (l’Etat en prend 1, 6M€), les travaux comprennent la restructuration du bâtiment à savoir : « une mise en accessibilité, la rénovation énergétique complète, la réorganisation des espaces intérieurs et extérieurs et la création d’une extension ». Ce bâtiment sera labellisé BBC effinergie rénovation. Il sera équipé d’une pompe à chaleur. Et la consommation énergétique sera partiellement compensée par la production des 100 capteurs photovoltaïques installés. Enfin, les matériaux employés seront issus de la filière courte et sans perturbateurs endocriniens.
Ce lieu sera le siège de la MDA, mais le service aura une antenne à Castres. Il y a aussi un point autonomie dans les 22 maisons de France service que compte le département.
Le but du conseil départemental est d’être au service des personnes en situation de handicap. Et ce « tout au long de la vie ». Et « des seniors en perte d’autonomie pour leur permettre de bien vieillir dans le Tarn ».
Et le président de souligner que le conseil départemental a augmenté de 8 % son investissement dans le secteur social (Ehpad…) Ce qui ne l’empêche pas d’investir dans d’autres domaines.
E.D
Pénurie de soignants : l’Aveyron sur la bonne voie ? – 93 % des médecins généralistes ayant quittéle territoire ont été remplacés
ABONNÉS
93 % des médecins généralistes ayant quittéle territoire ont été remplacés. Archives JAT
Publié le 02/01/2023 à 05:10 https://www.ladepeche.fr/2023/01/02/penurie-de-soignants-laveyron-sur-la-bonne-voie-10899747.php
l’essentiel
Dans un récent rapport, la Chambre régionale des comptes d’Occitanie rappelle les difficultés auxquelles sont confrontés les Aveyronnais, mais elle souligne également les efforts réalisés par le Département pour juguler cette hémorragie de soignants.
La Chambre régionale des comptes d’Occitanie a épluché la politique du département en matière d’accès aux soins de premiers recours, depuis 2016 et jusqu’à aujourd’hui.
Et malgré les difficultés que les Aveyronnais peuvent régulièrement connaître pour consulter un praticien, il s’avère que « l’accès aux soins de premier recours est globalement satisfaisant par rapport au plan national « . « 93 % des médecins ayant quitté le territoire ont été remplacés, poursuit le rapporteur. Et si la densité d’omnipraticiens est légèrement inférieure à la moyenne française, ce n’est pas le cas pour les infirmiers, les kinésithérapeutes et les sages-femmes. «
Entre 2013 et 2021, d’après les données du Département, 107 médecins généralistes ont quitté le territoire et 99 se sont installés. Les chiffres sont cependant moins bons en ce qui concerne les spécialistes : 49 d’entre eux ont quitté l’Aveyron depuis 2013 et 22, seulement, se sont installés.
D’autant que « des inégalités subsistent, le nombre de consultations pouvant différer selon les territoires ». En effet, 5,6 % de la population du département se situent à plus de 20 minutes de services de soins de proximité, contre 1,4 % pour le reste des habitants de la région Occitanie. Aussi, la densité des professionnels de santé est variable : elle fluctue de 3,1 à 11,9 pour 10 000 habitants, selon les territoires. Dans un même temps, la distance pour se rendre dans l’un des services d’urgence est « importante pour une part élevée de la population ». « La partie nord du département est ainsi située à plus d’une heure d’un service d’urgence, avec des communes situées à plus de 79 minutes. Une grande partie du département est située entre 30 et 60 minutes », relève le rapporteur.
42 projets de maison de santé depuis 2008
Une autre problématique est également mise en avant par la chambre régionale des comptes : la demande importante de soins qui découle du vieillissement de la population (13,8 % des Aveyronnais ont plus de 75 ans).Les parties nord du département, autour de Pont-de-Salars, de Saint-Rome-de-Tarn ou de Rivière-sur-Tarn, avaient été identifiées comme pouvant être en difficulté dans les années à venir en raison d’un grand nombre de praticiens proches de la retraite.
Pour autant, et ce depuis au moins 2008, le conseil départemental a entamé un long et patient travail afin de répondre à ces enjeux de santé. Ainsi, « une politique de soutien aux maisons de santé a permis, depuis 2008, de créer 42 projets, ce qui représente une aide départementale de 3,90 M€, soit 9 % du coût total de ces structures et un financement moyen à hauteur de 94 478 € par projet », note la Chambre régionale des comptes.
« L’enjeu est de faire vivre, dans la durée, chaque maison de santé en assurant plus particulièrement le renouvellement des médecins généralistes qui sont au cœur de la chaîne de soins, a rappelé le président du Département, Arnaud Viala, en réponse à ce rapport de la Chambre régionale des comptes. L’implication de la collectivité départementale s’est traduite par la mise en place d’une cellule « accueil médecins » ». Mais si les dépenses consacrées à la politique d’accès au soin « apparaissent limitées au sein du budget départemental (0,07 % des charges de gestion et 0,2 % des dépenses d’équipement), le Département ne procède pas régulièrement à un bilan de l’impact de la politique menée », d’après la Chambre régionale des comptes.
En conclusion, l’échelle départementale apparaît la plus opportune pour tenter de répondre à cette crise de la démographie médicale et de réduire les inégalités.
4 541. Soit le nombre d’actes réalisés, en moyenne et par an, par un médecin généraliste en Aveyron, contre 4 745 en France, en moyenne.
6 114. Soit le nombre d’actes, par an, réalisés en Aveyron par les infirmiers, contre 8 549 sur le plan national.
153. Soit le nombre d’internes qui a bénéficié d’une aide financière à l’hébergement depuis 2016, pour un montant de 91 060 €.
philippe henry
Hautes-Pyrénées : « Légère détente » sur le front de la triple épidémie
L’hôpital de Tarbes reste en tension mais la situation tend à s’améliorer doucement. DDM – THIERRY JOUVE
Santé, Tarbes, Hautes-Pyrénées
Publié le 04/01/2023 à 12:06 https://www.ladepeche.fr/2023/01/04/hautes-pyrenees-legere-detente-sur-le-front-de-la-triple-epidemie-10903856.php
l’essentiel
Covid, Grippe et bronchiolite, cette triple épidémie a mis l’hôpital de Tarbes sous tension en décembre. Si la situation reste difficile, elle s’améliore légèrement.
« Cette conjonction de triple épidémie, cela fait un petit moment qu’elle dure sur le territoire », indique Manon Mordelet, directrice départementale de l ‘ARS dans les Hautes-Pyrénées.
« Sur le département, la 9e vague de Covid est arrivée un petit peu plus tôt. Le pic a été atteint le 1er décembre avec 938 cas pour 100.000 habitants. L’impact du Covid sur le centre hospitalier est resté assez fort pendant la première moitié de décembre ». Manon Mordelet souligne qu’actuellement, on se trouve dans une phase de décroissance de l’épidémie de Covid avec un taux d’incidence de 285,3 dans les Hautes-Pyrénées. Les hospitalisations Covid sont en très légère baisse dans le département, à 130 contre 141 au pic du 8 décembre. La vigilance est maintenue car le taux d’occupation pour cause de Covid reste élevé, à 30 %, au 2 janvier.
Manon Mordelet souligne ensuite qu’il y a eu « une grosse tension courant décembre, avec une ascension épidémique de la grippe et de la bronchiolite, laquelle reste assez élevée. Cette tension-là, on l’a vraiment ressentie. L’impact hospitalier a été fort ».
S’agissant de la bronchiolite, à l’échelon régional, pour la douzième semaine épidémique, en médecine hospitalière comme en médecine libérale, les recours pour diagnostic de bronchiolite chez les moins de 2 ans étaient en diminution par rapport aux semaines précédentes. Concernant l’avant-dernière semaine de 2022, il y a eu 390 passages pour ce diagnostic dans cette classe d’âge et 447 passages la semaine précédente. Parmi ces passages, 154 ont été suivis d’une hospitalisation, soit un taux d’hospitalisation de 39,5 %.
Plus de cas de grippe
Concernant la grippe, toujours à l’échelon régional, on relève une très forte augmentation de l’ensemble des indicateurs qui atteignent, pour SOS Médecins et les passages aux urgences, des niveaux supérieurs aux pics épidémiques des deux saisons précédentes en troisième semaine épidémique. L’avant-dernière semaine de Noël, on a enregistré 778 passages pour grippe et 549 la semaine précédente. Avec un taux d’hospitalisation de 13,4 %. Les hospitalisations pour syndrome grippal représentaient 0,7 % des hospitalisations.
« Désormais, même si cela reste très saturé, très compliqué, très difficile – cela demande beaucoup de mobilisation des équipes au niveau des hôpitaux – on est plutôt sur une « légère détente », précise Manon Mordelet.
300 appels quotidiens au 15
La situation de tension de l’hôpital de Tarbes s’est traduite par une augmentation des appels au 15, plus de venues aux urgences. Au niveau de la régulation, il y a eu, avant Noël, une moyenne de 200 appels quotidiens et entre Noël et jour de l’an, on est monté à 300 appels par jour. La situation a été particulièrement tendue au SAMU et au SMUR. Les services d’urgence de Tarbes et de Lourdes ont connu une très forte activité, et ce, en lien avec la période des fêtes. La tension a été accentuée par le fait que les personnels du centre hospitalier ont été malades. « Il y a eu beaucoup d’arrêts maladies pendant tout le mois de décembre et, du coup, des fermetures de lits pour s’adapter aux sous-effectifs », souligne Manon Mordelet. Il y a eu une sorte d’effet ciseaux entre une augmentation du besoin et une baisse des forces vives de l’hôpital. « Cela a énormément accru les tensions au niveau des services d’urgence et des services hospitaliers. Mais, encore une fois, on est plutôt dans une phase de « légère détente » actuellement », martèle la directrice départementale de l’ARS.
Une grèves des médecins libéraux moins suivie
À la triple épidémie et la période des fêtes, s’est rajoutée la grève des médecins libéraux, qui, d’ailleurs, se poursuit. « On a du mal à mesurer l’impact de ce mouvement de grève. On n’a pas eu de remontées de médecins qui nous indiquaient être en grève contrairement au premier mouvement… Je pense qu’il y a eu une vraie mobilisation des médecins pour aider le département à passer le cap. Cette fois, les tableaux étaient remplis… La permanence des soins ambulatoires a été assurée. Il semble que ce second mouvement a été moins suivi que le premier avec aussi un impact moins important ». Manon Mordelet précise qu’il est difficile à évaluer car on se trouvait en période de fêtes, avec, évidemment, des médecins en congés. La directrice de l’ARS ajoute ensuite en substance qu’à cette période, il y a traditionnellement plus d’appels au 15 et qu’il est difficile de les relier au mouvement de grève. « Autant, pour le premier mouvement, il y avait un lien de causalité fort car on était sur une période normale. Là, on a des augmentations qui sont traditionnelles à cette époque. On fait donc l’hypothèse que le mouvement a été moins suivi », estime Manon Mordelet.
Thierry Jouve
suivre ce journaliste
Hautes Pyrénées – Saint-Laurent-de-Neste. Des consultations médicales à la Maison de santé
Ambiance studieuse lors du dernier conseil communuataire de l’année 2022.
Politique, Saint-Laurent-de-Neste, Hautes-Pyrénées
Publié le 21/12/2022 à 05:10
https://www.ladepeche.fr/2022/12/21/des-consultations-medicales-a-la-maison-de-sante-10881307.php
l’essentiel
Le conseil communautaire de la Communauté de Communes Neste Barousse s’est réuni à Saint-Laurent-de-Neste.
Le conseil communautaire de la Communauté de Communes Neste Barousse s’est réuni en séance publique le mercredi 7 décembre à la zone PPI de Saint-Laurent-de-Neste. Une dernière réunion avant les fêtes de fin d’année.
Pas moins de 13 dossiers étaient à l’ordre du jour, qui, c’est une habitude à la CCNB, ont tous été votés à l’unanimité, tandis que 4 autres points qui ne donnaient pas lieu à vote ont fait l’objet d’une communication par Yoan Rumeau, le président.
Il s’agissait de la convention Petites villes de demain (PVD) entre Loures-Barousse et Saint-Laurent-de-Neste, du projet de territoire, du transport d’intérêt local « culture » entre le Parvis de Tarbes avec les deux communautés de communes voisines : la Communauté de Communes du Plateau de Lannemezan et la Communauté de Communes Aure Louron, et d’une communication sur la Maison de Santé Pluridisciplinaire de Loures-Barousse (MSP) qui, s’agissant de son aménagement a fait l’objet d’un vote, concernant la réalisation de travaux nécessaires afin de créer dans les locaux de la Maison poly disciplinaire de Santé un deuxième espace de secrétariat.
Des travaux nécessaires aussi pour le réseau informatique, divers aménagements et achats de mobilier afin d’aménager les locaux dans les normes et afin qu’ils soient conformes à l’accueil du public. Le tout pour un montant total de 30 482 € HT.
Et justement s’agissant de la MSP le président a profité du vote de ce point à l’ordre du jour pour faire une communication sur son fonctionnement et tordre le cou à certains bruits qui laissent entendre qu’il n’y a pas d’offre s’agissant des consultations médicales.
« Aujourd’hui, rétablit le président, pas moins de 5 médecins assurent les consultations à la maison de santé, du lundi au vendredi, de 8 heures à 17 heures, sachant que dès le début de l’année 2023 deux médecins supplémentaires vont venir renforcer l’équipe en place.
L’un des autres points à l’ordre du jour était la création à Cantaous d’un espace test agricole, d’une pépinière d’entreprises agricoles. Pour Jean – Pierre Fétis, le maire, qui a expliqué la démarche, il s’agit d’utiliser les terrains laissés libres par la fermeture des Jardins de Cantous à l’ancienne ferme du couvent au centre du village, afin d’y créer un lieu dédié au test agricole, un espace destiné à accueillir des porteurs de projets. Un espace qui appartient à la congrégation des Sœurs Saint-Joseph.
Plus précisément, il s’agit de mettre en place un lieu de formation et de test afin de permettre à des porteurs de projets de les tester dans un cadre sécurisant pendant une durée allant de 3 à 5 ans en attendant qu’ils acquièrent les techniques de production ainsi que les circuits de commercialisation de leurs produits. Période à l’issue de laquelle ils pourront mettre en œuvre sur des parcelles leur appartenant.
Yoan Rumeau, le président a demandé au conseil communautaire de l’autoriser à signer pour la réalisation d’une étude de faisabilité d’un montant de 19 500 € hors taxes, de rechercher tous les financements possibles, de signer tous les documents nécessaires à la mise en œuvre de ce projet.
Alain Maillé
Urgences, futur établissement, Ehpad… les dossiers chauds de l’hôpital de Montauban
Sébastien Massip, directeur de l’hôpital et le Dr Roustan, président de la CME ont effectué un premier bilan du projet d’établissement 2022-2026. DDM, MM.
Le service de dermatologie a été renforcé. DDM
Hôpital, Montauban, Tarn-et-Garonne
Publié le 20/12/2022 à 07:49 https://www.ladepeche.fr/2022/12/20/urgences-futur-etablissement-ehpad-les-dossiers-chauds-de-lhopital-10879453.php
l’essentielPlusieurs projets brûlants sont à l’ordre du jour du plan d’établissement 2022-2026, lancé en juin dernier. Un certain nombre d’entre eux ont déjà été mis en œuvre. Les responsables du centre hospitalier ont effectué un premier bilan.
Déficit budgétaire, réorganisation des urgences, renforcement des offres de soin, recrutement de soignants… Sept mois après avoir lancé le projet d’établissement 2022-2026, Brigitte Barèges, présidente du conseil de surveillance du centre hospitalier de Montauban, Sébastien Massip, le directeur et le docteur Jérôme Roustan, président de la commission médicale ont souhaité évaluer les premières mesures, sans éluder les dossiers hautement inflammables. Passage en revue.
Le projet est dans les tuyaux depuis plusieurs mois, il est maintenant officialisé. Le centre hospitalier de Montauban de Montauban va construire sur les terrains voisins de l’ancien arsenal un nouvel établissement d’hébergement de personnes âgées dépendantes (Ehpad) de 90 lits. L’hôpital vient d’acquérir les deux parcelles nécessaires. Le futur bâtiment neuf regroupera l’actuelle maison de retraite du Cours Foucault, ainsi que les lits qui sont aujourd’hui abrités dans des structures modulaires situées au cœur de l’hôpital. Le dossier devrait passer la vitesse supérieure en 2024. Le cap d’une ouverture de ce nouvel établissement est maintenu au premier semestre 2026.
L’hôpital veut gagner la bataille de la pneumologie. « Nous avons désormais une équipe médicale complète dans ce domaine, ce qui n’est pas fréquent dans beaucoup d’autres établissements », se félicite Sébastien Massip. L’oncologie n’est pas en reste dans la stratégie. « L’hématologie est également un point important pour nous. Nous avons recruté un nouveau médecin hématologue qui est arrivé de l’oncopole de Toulouse en novembre. Ça faisait partie des engagements pris dans le projet d’établissement. Aujourd’hui, nous avons renforcé l’équipe médicale du service d’oncologie médicale avec deux médecins spécialisés dans le versant hématologie clinique et deux médecins dans le versant oncologie médicale. »
L’hospitalisation à domicile est prioritaire dans le projet d’établissement. « Nous projetons de créer une équipe médicale de territoire de l’hospitalisation à domicile, entre l’HAD (service d’hospitalisation à domicile) qui dépend de l’hôpital de Moissac et l’HAD qui dépend de l’hôpital de Montauban. Cette équipe de territoire verra le jour en 2023. Une astreinte médicale commune sera mise en place. »
Le service de pédiatrie développe aussi des projets. Des consultations pour les troubles spécifiques du langage sont mises en place. Par ailleurs, le directeur du centre hospitalier a annoncé la création « pour l’année 2023 d’un centre de santé sexuelle qui est portée par le pôle de rattachement de la gynécologie obstétrique avec le pôle de santé sociale. »
L’été dernier, le centre hospitalier a mis en place une nouvelle organisation de régulation systématique de toutes les admissions aux urgences. Le directeur a dressé un premier bilan : « Il est vrai que l’on a constaté et que l’on constate toujours une très forte progression de l’activité de régulation. C’est logique : on a demandé aux patients de téléphoner, ils téléphonent », explique le directeur. Le service des urgences enregistrait en moyenne, quotidiennement, 150 passages avant le mois de juillet dernier. Le chiffre tourne aujourd’hui entre 80 et 90 passages. Selon le Dr Roustan, « on a dans le Tarn-et-Garonne un taux de médecins généralistes pour 100 000 habitants qui est inférieur à la moyenne nationale, donc forcément ça met des contraintes. Jusqu’à l’été dernier, cette activité non programmée était reversée sur les urgences hospitalières. Ce volume d’activité est devenu tel qu’il commençait à mettre en péril la réelle prise en charge des urgences qui nécessitent, elles, un plateau hospitalier. Le volume avait doublé en l’espace d’une dizaine d’années. »
Selon le directeur, la « situation budgétaire de l’hôpital est toujours compliquée. Mais ce qui est le plus important aujourd’hui, c’est que l’on puisse placer l’établissement dans une dynamique de projets avec de nouveaux services. » Paquebot de 1 800 personnels et 200 médecins, l’hôpital pèse un budget de 165 millions d’euros.
Qu’en est-il de la psychiatrie ? Le centre hospitalier de Montauban « sera offensif sur la question des recrutements en psychiatrie. C’est sur ce pôle-là que l’on a le nombre de postes vacants d’infirmiers le plus important. L’établissement souhaite s’engager dans la formation d’infirmiers en pratique avancée (IPA) en priorité pour la psychiatrie. »
Depuis la visite de l’ancien Premier ministre Jean Castex, le 14 mars dernier, le futur hôpital de Montauban a été remis sur de bons rails. « Nous avons mis en place en interne un comité de pilotage, comité composé des professionnels de l’établissement, de représentants d’usagers… Ce comité s’est réuni à deux reprises. Des délégations visitent et visiteront encore des établissements, parmi les plus récents réalisés. En 2023, il s’agit d’élaborer un programme technique fonctionnel et détaillé du futur établissement. Un cahier des charges sera rendu à la fin de l’année prochaine, avant de le soumettre, enwsuite, en 2024 aux cabinets d’architecture hospitalière pour lancer le concours. »
Le service de dermatologie fait peau neuve
Face à une pénurie de médecins spécialisés et une explosion de la demande, le centre hospitalier de Montauban a décidé de muscler son service de dermatologie ambulatoire.
Première nouveauté : un déménagement. La nouvelle structure de consultation a changé en effet de murs au sei de l’hôpital. Le service a quitté le troisième étage du bâtiment principal de l’établissement et a investi les anciens locaux laissés vacants après le départ de l’Institut de formation des infirmiers. Tout est en place aujourd’hui, avec trois bureaux de médecins, un bureau des infirmiers, un bureau administratif…
Trois dermatologues, dont deux travailleront à temps plein feront tourner le service à partir du mois de janvier. Grâce à ces renforts, la cabine de photothérapie qui n’était plus utilisée a été réinstallée et va pouvoir resservir pour le plus grand bénéfice, notamment, des personnes atteintes de psoriasis.
Par ailleurs, une consultation de dermatologie se déroulera une fois par semaine à l’hôpital de Moissac.
Thierry Dupuy
TEMOIGNAGE dans le Tarn et Garonne. Grève des médecins : « On appelle à l’aide, mais ce ne sont pas des bouées que l’on nous envoie, ce sont des boulets »
ABONNÉS
Cela fait tout juste un an que le Dr Boulanger s’est installé à Saint-Antonin-Noble-Val. DDM, E.L.
Santé, Saint-Antonin-Noble-Val, Tarn-et-Garonne
Publié le 03/01/2023 à 12:04 , mis à jour à 15:02 https://www.ladepeche.fr/2023/01/03/greve-des-medecins-on-appelle-a-laide-mais-ce-ne-sont-pas-des-bouees-que-lon-nous-envoie-ce-sont-des-boulets-10901740.php
l’essentiel
Le docteur Mathieu Boulanger soutient activement le mouvement de grève initié par le collectif Médecins pour demain.
Jeudi, il sera à Paris pour défiler auprès de ses confrères lors de la manifestation prévue par le groupe apparu sur Facebook il y a à peine 4 mois.
Fils de médecin, Mathieu Boulanger avait d’abord fait le choix de ne pas embrasser la même carrière que son père. Mais après des études de commerce au Canada, le jeune homme « est rattrapé par la profession ». Il fait donc ses études de médecine dans sa ville d’origine à Toulouse et son internat dans la région. Il effectue des stages et remplacement dans le Tarn, la Haute-Garonne et le Tarn-et-Garonne.
Depuis un an, le médecin généraliste s’est installé dans un cabinet mis à disposition par la mairie de Saint-Antonin-Noble-Val. Un choix qu’il a mûrement réfléchi. « J’avais vu qu’il y avait un projet de maison de santé avec une équipe de santé en cours de consolidation. J’étais content de pouvoir y participer », reconnaît-il. Si le projet n’est pas encore abouti, cela lui permet déjà de collaborer avec le reste de l’équipe soignante et de rompre avec la solitude du médecin, qui plus est en zone rurale. « Ça permet aussi de demander un second avis à un collègue et donc de renforcer le service médical », souligne le praticien soucieux de délivrer les meilleurs soins à ses patients.
C’est d’ailleurs cette volonté de faire toujours mieux qui a poussé le docteur Boulanger à faire grève début décembre et qui le conduira jeudi à Paris, pour manifester notamment devant le Ministere de la Santé.
Derrière le médecin, un homme comme les autres
« On appelle à l’aide, mais ce ne sont pas des bouées que l’on nous envoie, ce sont des boulets, résume-t-il. Ça nous tue ».
« On a fait 10 années d’études pour sauver la vie des gens et c’est la nôtre que nous sommes en train de détruire. Je suis des patients en burn-out et je me rends compte que je fais exactement comme certains d’eux », reconnaît-il impuissant. Car une fois la journée de consultations terminées, où il peut voir jusqu’à 40 patients par jour, la journée ne s’arrête pas.
Il faut gérer l’administratif, consulter les résultats d’examens, rappeler les patients dont les résultats sont inquiétants, remplir les dossiers médicaux partagés, etc. Des choses qui lui rallongent chaque jour sa journée et retarde à chaque fois son retour à son domicile. « J’ai une compagne, deux enfants en bas âge. Je pars le matin, ils sont en train de petit-déjeuner et je rentre le soir, ils sont déjà couchés », regrette le docteur qui reste aussi un homme, et un père de famille comme les autres.
Mettre en lumière les difficultés du métier
Parmi les revendications du collectif Médecins pour demain, le doublement du tarif de la consultation, a justement pour objectif de permettre aux médecins d’embaucher des assistants médicaux qui pourraient traiter ces tâches administratives. « On pourrait embaucher, acheter du matériel. Ils pourraient mieux gérer la prise de rendez-vous, faire du conseil de soin de base. Cela nous donnerait les coudées franches pour faire plus de soins », insiste Mathieu Boulanger.
Cette semaine, le docteur Boulanger n’a pas reconduit la grève qu’il avait pourtant faite début décembre. « J’ai pris des vacances fin décembre, c’était des vacances qui étaient prévues de longue date, se justifie-t-il étrangement. Je ne pouvais pas abandonner mes patients plus longtemps », déplore-t-il. Des vacances qu’il a tout même ponctuées de quelques connexions afin de vérifier certains résultats d’analyse…
Ce jeudi, il montera tout de même à Paris pour soutenir les grévistes et montrer son adhésion au mouvement.
« Nous avons rendez-vous le jour de la grève avec le ministère de la Santé et le président a déjà prévu de s’exprimer le lendemain », confie-t-il. Une annonce programmée qui ne le rend pas très optimiste sur l’aboutissement du mouvement. « On a tout de même gagné sur un point : tous les médias parlent de notre travail et de nos difficultés, et les patients commencent à comprendre l’environnement dans lequel on évolue », se rassure-t-il.
Émilie Lauria
suivre ce journaliste
En Haute-Garonne, les urgences encore très sollicitées
Covid-19, grippe, bronchiolite, grève des médecins : les urgences sont toujours très sollicitées. DDM archives – NATHAN BARANGE
Santé, Coronavirus – Covid 19, Hôpital
Publié le 03/01/2023 à 06:08
l’essentiel
Avec 30 % de lits fermés en Haute-Garonne pendant la période des fêtes, les établissements hospitaliers ont souffert pour faire face à l’afflux de patients aux urgences. Des transferts vers des établissements de soins de suite et des renforts pour orienter les patients vers des cabinets médicaux ont été organisés.
La période des fêtes était redoutée dans les établissements hospitaliers du département. À juste titre. La triple épidémie (bronchiolite, grippe, Covid-19) conjuguée aux fermetures de lits en raison des congés et absence ou manque de personnel ainsi que la fermeture de cabinets médicaux et la grève de certains médecins de ville ont mis à rude épreuve les équipes et les structures, notamment aux urgences. « Pour assurer un pilotage le plus fin possible, nous avons organisé des réunions toutes les 48 heures avec les directions et les médecins en lien avec le Samu. La difficulté principale concernait le manque de lits post-urgences : entre les congés et les absences pour maladie, la Haute-Garonne a compté 30 % de lits fermés. Avec le concours de l’ORU (Observatoire régional des urgences Occitanie) et des beds managers des établissements de santé, nous avons organisé beaucoup de transferts de patients vers des établissements de soins de suite et réadaptation pour libérer des lits de médecine. Il y en a eu 25 jeudi en Haute-Garonne. Ces opérations de transfert se sont poursuivies dans le week-end et nous avons également renforcé les services de transport médicalisé pour assurer des sorties d’hospitalisation », détaille Thierry Cardouat, directeur départemental Haute-Garonne de l’Agence régionale de santé (ARS Occitanie). L’ARS explique également avoir renforcé le centre de régulation des appels du Samu (15) par l’ajout d’opérateurs de soins non programmés, chargés de faciliter l’orientation des patients en trouvant des créneaux chez les médecins. Quant à la grève des médecins libéraux (préavis jusqu’au 8 janvier), elle a occasionné deux réquisitions de médecins pour le week-end de la Saint-Sylvestre.
A lire aussi : Santé : pourquoi cette semaine encore, il sera sans doute difficile d’obtenir un rendez-vous chez votre médecin
Baisse du nombre de cas de Covid-19
Si le retour des vacances offre une perspective d’amélioration avec la réouverture de lits, il implique aussi une vigilance. « Certes le taux d’incidence du Covid-19 a bien chuté (363 cas pour 100 000 habitants, baisse de 48% en 7 jours) mais l’épidémie de bronchiolite n’est pas terminée et les cas de grippe continuent d’augmenter avec de nombreux cas qui arrivent aux urgences. Les vacances ont occasionné des brassages de population importants, restons prudents d’autant que nous avons toujours des services sous tension par manque de personnel et que ce personnel n »échappe pas non plus aux épidémies », poursuit Thierry Cardouat.
Emmanuelle Rey
suivre ce journaliste
Dernier rempart pour empêcher les urgences de couler, le Samu de Toulouse absorbe jusqu’à 1300 appels par jour
ABONNÉS
Le Samu de Haute-Garonne enregistre une hausse de 30 % d’appels par rapport au mois de décembre 2021. DDM archives – Thierry Bordas
Santé, Coronavirus – Covid 19, Hôpital
Publié le 23/12/2022 à 05:54 , mis à jour à 10:14 https://www.ladepeche.fr/2022/12/23/dernier-rempart-pour-empecher-les-urgences-de-couler-le-samu-de-toulouse-absorbe-jusqua-1300-appels-par-jour-10884119.php
l’essentiel
Avec la triple épidémie en cours (bronchiolite, grippe, Covid) et la pénurie de médecins, le Samu de Haute-Garonne absorbe plus de 1000 appels par jour.
La situation est tendue dans les services d’urgence de Haute-Garonne. Le Samu en est le témoin depuis plusieurs semaines. Par rapport au mois de décembre 2021, le nombre d’appels a augmenté de 30 %, soit près de 500 de plus par jour. « Nous recevons entre 1000 et 1300 appels par jour, c’est beaucoup », résume le Pr Vincent Bounes, chef du Samu 31 au CHU de Toulouse. Les appels en lien avec la pédiatrie ont bondi de 40 % (jusqu’à 500 dossiers ouverts le week-end) et la hausse est identique pour les appels concernant les plus de 75 ans. « Nous sommes en plein épisode d’épidémies respiratoires : bronchiolite, grippe et Covid-19. Tous ceux qui appellent pour ces pathologies ont du mal à respirer, ont de la fièvre et se déclarent fatigués, la grippe est forte cette année », confirme l’urgentiste.
A lire aussi : Urgences en Haute-Garonne : Noël à bout de souffle en raison des épidémies et du manque de médecins
Des conseils médicaux pour la moitié des appels
Ce jeudi 22 décembre, dès 7h30, tous les services d’urgence des cliniques et hôpitaux de la métropole toulousaine affichent complet. « On démarre les journées avec un taux d’occupation à 100 % et, le soir, on atteint les 200%, ce qui signifie qu’il y a autant de patients dans les boxes que dans les couloirs », ajoute le Pr Vincent Bounes. Et, comme cet été, la fermeture des lits en raison du manque de personnel (arrêts maladie et congés) accentue l’engorgement des urgences.
L’invitation faite aux patients de ne pas se déplacer jusqu’aux urgences mais d’appeler le 15 a cependant permis de limiter l’afflux. « Sur les 1050 dossiers traités le 21 décembre, un tiers a été transporté dans un service d’urgence (dont 70 % au CHU). Pour la moitié des appels, nous avons donné des conseils médicaux car, en plus des pathologies hivernales, nous sommes appelés par des personnes qui ne trouvent pas de rendez-vous avec un médecin généraliste. Cette régulation permet d’éviter que l’hôpital ne soit submergé par les patients. Le Samu, c’est la seule chose qui empêche les urgences de couler », glisse encore le Pr Vincent Bounes, « amer et triste de voir ce que nous sommes devenus ».
« Nous ne sommes pas assez nombreux, ceux qui restent font tout ce qu’ils peuvent »
« On peut tourner la question dans tous les sens mais la vérité est là : les soignants ne sont pas assez nombreux et ceux qui restent font tout ce qu’ils peuvent. Nos équipes font le maximum mais il nous manque des médecins libéraux pour renforcer nos lignes de régulation de médecine générale. La population, qui comprenait nos difficultés lors des premières vagues de Covid, est devenue agressive et réclame tout de suite une ambulance et nous ne pouvons pas y répondre ».
Emmanuelle Rey
suivre ce journaliste
Clinique de L’Union : les urgences fermées deux nuits en une semaine
Les urgences de la clinique de L’Union abritent le service « SOS Mains », très sollicité pendant les fêtes. DDM – E.H
Publié le 23/12/2022 à 06:00 https://www.ladepeche.fr/2022/12/23/clinique-de-lunion-les-urgences-fermees-deux-nuits-en-une-semaine-10884517.php
l’essentiel
À deux reprises en une semaine, la clinique de L’Union n’a pas pu accueillir de patients dans son service d’urgence.
Sans doute parce que les urgences de la Clinique de L’Union, au nord de Toulouse, concentrent l’un des plus forts taux de fréquentation de la métropole toulousaine (30 000 entrées par an) la question de la fermeture temporaire du service est devenue une véritable angoisse.
A lire aussi : Urgences en Haute-Garonne : Noël à bout de souffle en raison des épidémies et du manque de médecins
Après avoir, pour la nuit du 16 au 17 décembre, invité les patients à faire le 15, qui les a dirigés vers un autre établissement, la clinique a dû fermer de nouveau ce service jeudi 21 décembre à 18 heures jusqu’au 22 décembre 10 heures. Raison de ce deuxième coup dur : l’arrêt maladie du médecin urgentiste qui devait assurer la nuit. Ici, mais comme dans d’autres établissements de Haute-Garonne et partout en France, tout ne tient finalement qu’à un fil.
A lire aussi : Dernier rempart pour empêcher les urgences de couler, le Samu de Toulouse absorbe jusqu’à 1300 appels par jour
« Plannings faits pour les fêtes… sauf accident de dernière minute »
Cette épée de Damoclès, sans l’accepter, Fabrice Derbias a appris à vivre avec, tout en se disant particulièrement « inquiet de la terrible pénurie de personnel soignant qui touche tous les établissements de santé ». Le directeur du Pôle Ramsay Santé Toulouse se veut néanmoins rassurant pour les jours à venir et notamment pour la période de fêtes. Il reste néanmoins très prudent : » A ce jour, les plannings sont faits. Les fêtes seront assurées normalement au service des urgences de L’Union… sauf accident de dernière minute », assure-t-il. Une bonne nouvelle quand on sait que ces urgences abritent également la très fréquentée antenne « SOS mains », (l’autre se trouve au CHU de Toulouse), un accueil plus qu’utile à l’époque des huîtres et leurs couteaux massacreurs.
Quant à l’avenir du service des urgences, Fabrice Derbias tente une note d’optimisme : « on sent un infléchissement positif du nombre de recrues. Mais il ne faudra pas espérer de grande victoire avant deux ou trois ans… voire plus ».
Emmanuel Haillot
Parking payant à la clinique de L’Union : la piqûre de rappel de la députée toulousaine Anne Stambach-Terrenoir
Les aménagements de tarifs n’ont pas suffi à calmer la colère des élus du nord toulousain. / DDM archives DDM – DDM- BENJAMIN DESSE
Publié le 20/12/2022 à 16:39 , mis à jour à 22:13 https://www.ladepeche.fr/2022/12/20/parking-payant-a-la-clinique-de-lunion-la-piqure-de-rappel-de-deputee-toulousaine-anne-stambach-terrenoir-10880420.php
l’essentiel
La députée toulousaine LFi, Anne Stambach-Terrenoir, se lance dans le combat contre le stationnement payant à la Clinique de L’Union, au nord de Toulouse. Une vingtaine de maires, toutes étiquettes confondues, se sont déjà mobilisés il y a deux ans.
Avec 150 députés Nupes à l’assemblée, la pression peut valoir le coup. La députée de la 2e circonscription de Haute-Garonne, Anne Stambach – Terrenoir mise probablement dessus pour faire plier la direction de la Clinique de L’Union. Et obtenir d’elle, in fine, le retour à la gratuité du parking de cet établissement du groupe Ramsay. Le combat n’est pas nouveau.Il date du début de l’année 2021 avec la création d’un collectif d’une vingtaine de maires sous l‘impulsion de celui de L’Union, également conseiller départemental, Marc Péré.
« Un prix dans la moyenne »
C’est lui qui, « insatisfait des réponses faites à ce jour par la clinique », a invité Anne Stambach, avec laquelle il partage le même regard politique (LFI), à monter un peu en pression. Fabrice Derbias, directeur Pôle Ramsay Santé Toulouse, et le directeur général de la clinique, Guillaume Mainhaguiet, viennent donc de recevoir les deux élus qui ont pu exprimer de nouveau leurs attentes et leur colère à peine dissimulée : « Nous avons, lors de ces échanges, rappelé notre attachement à une offre de santé de qualité et partagé nos inquiétudes quant à la pérennité du maintien d’un service des urgences. Et nous avons surtout réaffirmé notre volonté de poursuivre la bataille pour un retour à la gratuité du parking de la Clinique de L’Union », expliquent les deux élus.Ces derniers assurent avoir reçu dans leurs permanences, « des personnes en situation de chômage, au minimum vieillesse ou encore au Smic, qui peinent à se nourrir et à se loger. Elles doivent dépenser des dizaines d’euros par mois pour s’occuper de proches, hospitalisés à la Clinique de L’Union. Face à la chute du pouvoir d’achat de nos concitoyens, nous demandons que le groupe Ramsay mette fin à la ponction des usagers qui peinent à joindre les deux bouts ».Anne Stambach-Terrenoir et Marc Péré n’hésitent pas à évoquer « les bénéfices records de Ramsay en 2022 » pour appuyer leur demande.
Fabrice Derbias, comme il l’a toujours fait depuis le début des revendications, laisse « une porte ouverte aux discussions ».Mais, dit-il, « à ce jour, pas d’évolution notoire sur la gratuité ». Le directeur en profite pour rappeler au passage que « le prix du ticket moyen pour le stationnement à la Clinique de L’Union dépasse à peine les 1,80 € appliqués, en moyenne, dans d’autres établissements.Nous avons déjà pris des mesures pour aménager certains paiements.J’ai entendu la requête de la députée.Nous devrions nous revoir en début d’année prochaine. »
Ariège : médecins libéraux et laboratoires de biologie intensifient leur grogne
La grève se poursuit pour les médecins libéraux en Ariège. DDM Illustration – Sébastien Lapeyrère
Publié le 04/01/2023 à 07:01 , mis à jour à 17:30 https://www.ladepeche.fr/2023/01/04/ariege-medecins-liberaux-et-laboratoires-de-biologie-intensifient-leur-gronde-10902105.php
l’essentiel
Les médecins libéraux ont renouvelé leur grève pour une deuxième semaine consécutive ce lundi 2 janvier 2023. S’est ajoutée au même moment la grève des laboratoires de biologie, qui ne remonteront plus les résultats des tests Covid au gouvernement. L’Ariège n’est pas épargné.
La grève des médecins libéraux est reconduite pour une semaine depuis lundi 2 janvier. Le collectif Médecins pour demain a appelé à la fermeture des cabinets jusqu’au 8 janvier, après une première semaine de grève pendant les fêtes.
« Il y a des questions de fond loin d’être résolus, ce qui n’a pas permis d’apaiser les tensions. Passer la consultation de base d’un prix de 25€ à 50€ est une des revendications, mais pas la principale. C’est surtout un besoin d’améliorer les conditions de travail, du nombre de places dans les hôpitaux, etc. Il y a énormément d’autres choses qu’une simple question financière », détaille Thomas Boussaton, président du conseil de l’ordre des médecins de l’Ariège et médecin responsable du service de soins palliatifs du Chiva (centre hospitalier intercommunal des vallées de l’Ariège).
L’Ariège, département pour lequel les déserts médicaux sont nombreux, n’échappe pas à la gronde générale. « Il existe une profonde crise de la médecine générale. Les usagers sont légitimes à avoir des soins de proximité. Plus que le prix de la consultation, il faut réfléchir à l’organisation du système de santé dans son ensemble. En Ariège, il faut ajouter l’augmentation de l’âge moyen des médecins généralistes et un problème d’accès aux soins spécialisés », précise Yves Paubert, ancien président de MG09.
Les centres de biologies ne remontent plus les tests Covid
Ce début d’année 2023 est aussi marqué par la grève des centres de biologies médicales depuis lundi 2 janvier. Les laboratoires de biologie ne font ainsi plus remonter les résultats des tests Covid, qui permettent au gouvernement de suivre l’évolution de l’épidémie.
La raison se trouve dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Ce dernier prévoit que les laboratoires fassent une économie de 250 millions d’euros en 2023 en revoyant leurs tarifs à la baisse. Ce que les laboratoires sont prêts à faire. Mais un ajout propose de maintenir cette contribution sur la période 2024-2026. La grogne des biologistes enfle.
« Le gouvernement estime qu’il a donné trop d’argent aux laboratoires et veut que l’on rembourse. Nous avons tout le mois de janvier pour faire bouger les lignes. C’est en discussion dans notre groupe afin de trouver les bonnes mesures. En 25 ans de métier, c’est la première fois que je vois une telle mobilisation des labos », indique Patrick Trapé, directeur général de Bio d’Oc, dont deux laboratoires sont situés en Ariège (à Pamiers et Foix).
Les patients peuvent eux, continuer à se faire tester.
« Si nous ne parvenons pas à trouver un accord avec le gouvernement, des laboratoires vont devoir fermer sur certains horaires, voire fermer totalement », ajoute-t-il avec inquiétudes.
Le mois de janvier s’annonce tendu pour le monde de la santé.
Romain Agard
Pamiers. Santé : Philippe Calleja fustige un « pays sous développé »
Médecin et maire de Saverdun, Philippe Calleja s’en est pris à l’industrie pharmaceutique. Archives DDM
Publié le 22/12/2022 à 05:11 https://www.ladepeche.fr/2022/12/22/sante-philippe-calleja-fustige-un-pays-sous-developpe-10883399.php
l’essentiel
L’adoption du contrat local de santé (CLS) porté par l’intercommunalité devait être une simple formalité. Mais cette délibération s’est transformée en véritable tribune.
Jeudi dernier, le dernier conseil de la communauté de communes des Portes d’Ariège-Pyrénées (CCPAP) de l’année a donné lieu à un échange quelque peu surprenant. Alors que les élus devaient approuver le contrat local de santé (CLS), Philippe Calleja, premier vice-président et médecin de son État, en a profité pour pousser un énorme coup de gueule contre ce qu’il estime être « un pays sous développé en matière de santé ». Dans son viseur, l’industrie pharmaceutique. « À Saverdun, il n’y a plus d’antibiotiques pour les enfants, plus de corticoïdes inhalés et il manque une certaine forme d’insuline. C’est très grave ce qu’il se passe ! Des laboratoires comme Sanofi préfèrent vendre leurs produits en Angleterre, par exemple, car ils sont mieux rémunérés. C’est un scandale sanitaire mondial ! Comme je l’ai dit à l’Agence régionale de santé, il vaudrait mieux relocaliser l’industrie pharmaceutique. Mais en France, on préfère payer des tests Covid et des semaines d’arrêt maladie qui, pour certains, sont plus des vacances », assène le maire saverdunois.
« J’ai fait du stock »
En face, l’élue d’opposition appaméenne Michèle Goulier approuve cette sortie verbale au vitriol. « Pour une fois que je suis d’accord avec M. Calleja ! Et il n’y a pas besoin de s’inquiéter de l’approvisionnement des pharmacies car le temps que le patient trouve un médecin, il sera rétabli », surenchérit la membre de Pamiers citoyenne, groupe qui a justement organisé récemment une réunion publique sur le manque de médecins sur le territoire. « J’ai fait du stock, il n’y a aucun problème chez moi ! On trouve toujours des solutions », lance Françoise Lagreu-Corbalan, pharmacienne appaméenne et rapporteuse de la délibération sur le contrat local de santé. Une petite phrase qui n’a pas été du goût de certains élus, regrettant ce « coup de pub » en public.
Toujours est-il que l’assemblée a adopté le CLS qui vise à « mettre en œuvre une politique régionale de santé au plus près des territoires ». Plusieurs actions découlent de ce dispositif, comme la création de groupes de travail ou le recrutement d’un coordonnateur qui aura la charge de dresser un diagnostic et de fixer les priorités opérationnelles. Cette phase de préfiguration est indispensable avant que le CLS soit définitif pour une durée de 5 ans. Chaque année, l’Agence régionale de santé évaluera les avancées de la CCPAP.
Interrogé dernièrement sur cette problématique, le sous-préfet Jean-Baptiste Morinaud a reconnu qu’il s’agissait d’un « sujet difficile » sur lequel il est mobilisé aux côtés des élus et de l’Ordre des médecins. « Nous n’avons pas la possibilité de contraindre l’installation de professionnels de santé », rappelle-t-il. En 2019, le territoire de la CCPAP et ses 40 000 habitants comptaient 36 médecins généralistes. 33,3 % d’entre eux sont âgés de plus de 60 ans.
Géraldine Jammet
Ariège : la santé au cœur des réflexions lors d’une étape de concertation et d’échanges
ABONNÉS
Le maire et médecin saverdunois Philippe Calleja anime un atelier sur l’accès aux soins. DDM – D.V.
Publié le 17/12/2022 à 16:01 https://www.ladepeche.fr/2022/12/17/ariege-la-sante-au-coeur-des-reflexions-lors-dune-etape-de-concertation-et-dechanges-10872439.php
l’essentiel
Une étape de concertation et d’échanges sur les questions de santé en Ariège était organisée ce vendredi 16 décembre 2022, à l’espace Olivier-Carol de Foix. Plusieurs ateliers ont permis de centraliser les différentes idées.
« Il faut réenchanter la médecine ! » À l’espace Olivier-Carol de Foix, Phillipe Calleja donne de la voix. Médecin généraliste et maire de Saverdun, ce dernier anime un atelier autour de l’accès aux soins en Ariège. Autour de lui, une bonne dizaine de personnes sont assises. Pompier, infirmière… Toutes et tous contribuent à la réflexion.
En cette journée du vendredi 16 décembre 2022, une étape de concertation sur les questions de santé en Ariège est organisée dans la cité comtale. Mis en place par l’agence régionale de santé (ARS) Occitanie, en lien avec la préfecture et l’Assurance maladie, cet évènement entre dans le cadre des travaux du Conseil national de la refondation (CNR). L’Ariège est le dernier département occitan à l’accueillir.
« C’est un territoire qui est assez caractéristique de la région, avec un aspect rural, des plaines et des montagnes », introduit Didier Jaffre, directeur général de l’ARS Occitanie. Et d’expliquer : « L’idée de la refondation est de partir des besoins des habitants en ce qui concerne la santé. Les élus que nous sommes doivent faire en sorte qu’ils y aient accès, où qu’ils vivent. »
Ainsi, tout au long de la journée, des groupes constitués de professionnels et d’usagers locaux ont proposé constats et solutions. À deux pas de Phillipe Calleja, des notes jaune et orange sont accrochées sur deux tableaux. Chacun écrit, prend la parole, écoute et réagit.
Pendant une quarantaine de minutes, les participants se réunissent sur un atelier, stylo et dossier sur les genoux. Puis, ils passent au suivant. L’accès aux soins, la permanence des soins, la prévention ou encore les métiers de la santé sont les quatre grandes thématiques du jour.
« C’est un moment inédit où l’on donne la parole aux acteurs du territoire. Il faut vraiment s’en saisir », poursuit Didier Jaffre, cravate bleue nouée autour du col, alors que les participants déambulent dans les entrailles du complexe fuxéen. Innovations, solutions, propositions et mises en avant d’initiatives locales alimentent les conversations.
Une action lancée l’année prochaine
« L’objectif est aussi de montrer toutes les belles réalisations qui sont faites dans le département, afin de séduire les professionnels. Il existe un maillage, des hôpitaux neufs. Il faut qu’on sache prendre soin de nos soignants. Car si l’on a des charges de travail qui augmentent, les gens vont aller faire autre chose. Et les jeunes professionnels veulent également un équilibre avec leur vie personnelle. »
Le directeur général de l’ARS souhaite que les besoins de la population en matière de santé convergent avec les aspirations des professionnels. Au terme de la journée d’échange, une synthèse des idées portées dans l’espace Olivier-Carol a été établie.
Avec les contributions des autres départements, elle sera transmise au ministère de la Santé et de la Prévention d’ici la fin du mois de décembre 2022. « On va accompagner ce qui nous est remonté des différents territoires pour que, dans chaque département, au moins une action du CNR soit mise en œuvre dès janvier », conclut Didier Jaffre. Rendez-vous en 2023.
Dorian Vidal
Gers : une grève des médecins libéraux difficile à cerner
Les médecins généralistes demandent une hausse du prix de la consultation pour embaucher du personnel. DDM – ARCHIVES SEBASTIEN LAPEYRERE
Publié le 04/01/2023 à 17:45 https://www.ladepeche.fr/2023/01/04/gers-une-greve-des-medecins-liberaux-difficile-a-cerner-10904382.php
l’essentiel
À la veille du mouvement social ce jeudi, les médecins généralistes du Gers avancent en ordre dispersé. Si tous s’accordent sur la nécessité de changer la donne, tous ne font pas grève.
La consultation médicale augmentée de 25 € à 50 € : même si ce n’est pas la seule revendication, le mouvement Médecins pour demain en a fait l’étendard de son appel à la grève des généralistes libéraux, ce jeudi 5 janvier. Médecins pour demain est apparu sur les réseaux sociaux, et la grogne des médecins généralistes a commencé avant les fêtes de fin d’année. Dans le Gers, les syndicats n’ont pas de vision globale du suivi de ce mouvement, très individualisé.
L’ordre des médecins gersois confie « n’avoir aucune visibilité sur le nombre de praticiens en grève dans le département, confie la présidente, le Dr Cancio Hébert. Ils sont indépendants et n’ont pas à faire de déclarations à faire. Mais je ne pense pas qu’ils soient très nombreux. » La praticienne ne se prononce pas sur la grève elle-même, mais juge « qu’il est nécessaire de faire remonter les difficultés de la profession ».
Lesquelles ne se limitent pas à l’augmentation des consultations. Celles-ci reviennent déjà à 35 € ou 36 € si on prend en compte des « primes » attribuées par la Sécurité sociale au médecin. Les généralistes souhaitent aussi être soulagés de la pression administrative. Les caisses d’assurance maladie demandent de plus en plus de gestion aux médecins, qui réclament les moyens d’embaucher du personnel pour s’occuper de ces tâches.
Demandes plus générales
Les syndicats partisans de la grève, comme la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), représentée par le Dr Pasquio, n’ont pas de remontée de terrain. « Ils sont assez nombreux à L’Isle-Jourdain et Auch, mais on n’a pas de chiffre. » Lui aussi combat la réduction du mouvement social à la seule hausse de la consultation, qu’il juge de toute façon inatteignable. « Les demandes vont plus loin. Le système de santé est au bord de l’implosion, hospitalier ou libéral… Pour nous, ça signifie des heures au téléphone, sur des emails, etc. Le métier n’attire plus. »
Le syndicat MGF ne soutient pas la grève, mais ne s’y oppose pas. « Nous soutenons les médecins en difficulté qui se font entendre de cette façon, dit le Dr Castader, le délégué gersois. Mais nous participons aux négociations pour une revalorisation globale des honoraires, qui prenne en compte les différents niveaux des consultations, et le temps nécessaire. » Le médecin n’a pas eu vent de grévistes parmi ses adhérents, ou dans son secteur lislois.
Portes closes ou pas, « les patients sont informés par les cabinets médicaux en grève », afin d’éviter les déplacements inutiles.
Marc Centene
Gers : l’avenir du centre hospitalier de Lombez-Samatan se joue aujourd’hui en coulisses
ABONNÉS
La rencontre s’est achevée par la visite du centre hospitalier intercommunal de Lombez-Samatan, souhaitée par Didier Jaffre (deuxième en partant de la droite), directeur général de l’ARS Occitanie. DDM – M.A.
Publié le 31/12/2022 à 18:31 https://www.ladepeche.fr/2022/12/31/gers-lavenir-du-centre-hospitalier-de-lombez-samatan-se-joue-aujourdhui-en-coulisses-10898018.php
l’essentiel`
Lors de la journée du Conseil national de la refondation (CNR) en santé, Didier Jaffre, directeur général de l’ARS Occitanie, s’est arrêté au centre hospitalier intercommunal de Lombez-Samatan pour aborder l’avenir de l’établissement.
Une visite cruciale qui s’est déroulée en la présence de Didier-Pier Florentin, directeur de l’ARS du Gers. Il s’agissait de discuter des projets déjà engagés de longue date sur la modernisation de l’hôpital intercommunal de Lombez-Samatan. Différents scénarios ont été étudiés. Une rétrospective était présentée, mettant en avant les atouts comme les faiblesses actuelles de l’hôpital. Le nouveau directeur de l’établissement, Jean-Claude Thieule, a souhaité étudier un nouveau scénario, présenté au dernier conseil de surveillance.
Le directeur général de l’ARS Occitanie, Didier Jaffre, et Didier-Pier Florentin ont réaffirmé leur volonté de reconstruire cet établissement d’avenir, conforme à l’engagement pris par son prédécesseur, Pierre Ricordeau, dans le cadre du Ségur de la santé. Projet qui devra s’articuler avec les besoins du bassin de vie, l’accès aux soins de premiers recours (dans le cadre de la CPTS), une antenne de la maison de santé de Samatan à Lombez et des axes stratégiques du groupement hospitalier de territoire (GHT). Ceci passera par la restructuration complète de l’Ehpad, du Service Médecine, des soins de suite et de réadaptation (SSR), des unités de soins de longue durée (USLD)… visant à améliorer significativement la qualité de l’offre de santé sur le territoire de Lombez.
Un projet de grande envergure à l’étude
Pour y parvenir, l’État s’est engagé à hauteur de 8 millions d’euros dans le cadre du Ségur de la santé. Ce projet de grande envergure nécessite des moyens financiers importants. Il est en cours d’étude, avec des financements de l’État, de la Région et du conseil départemental. L’acquisition du terrain sera réalisée le 6 janvier prochain.
Le maire de Lombez, Jean-Pierre Cot, président du conseil de surveillance, se dit très satisfait de l’engagement pris par le directeur général de l’ARS Occitanie. « Il faut agir de toute urgence car la vétusté de l’hôpital rend les qualités d’accueil et de travail difficiles. Et puis, il faut réorganiser très vite notre système de santé territorial comme l’avait indiqué Jean Castex, ancien Premier ministre, pour la population et pour être attractif auprès des professionnels de santé. »
Correspondant
Gers : le SSIAD de Vic-Fezensac passe sous le giron de la clinique Pasteur
ABONNÉS
Le projet de reprise de la clinique Pasteur a finalement été retenu après le vote des salariés du SSIAD. DDM – ANTOINE BERLIOZ
Publié le 21/12/2022 à 18:11 https://www.ladepeche.fr/2022/12/21/gers-le-ssiad-de-vic-fezensac-passe-sous-le-giron-de-la-clinique-pasteur-10882171.php
l’essentiel
Après le vote des salariés la semaine dernière, le SSIAD de Vic-Fezensac est officiellement passé sous le giron de la clinique toulousaine. L’installation du nouveau gestionnaire a eu lieu ce mercredi 21 décembre.
C’est la fin d’une longue période de doutes et le début d’une ère qui ne manque déjà pas de susciter de nouvelles interrogations. Après avoir été placés sous la responsabilité d’un administrateur provisoire depuis plus d’un an, les salariés du SSIAD (services de soins infirmiers à domicile) de Vic-Fezensac sont désormais fixés sur leur sort. Comme on pouvait s’y attendre, Didier Jaffre, le directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS), a suivi la volonté d’une grande partie de ces mêmes salariés en choisissant le projet de reprise de la clinique Pasteur.
Pour rappel, trois options de reprises avaient été présentées dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêts, publié le 19 septembre. Deux émanaient de groupes privés, la clinique Pasteur d’un côté et le groupe Avec de l’autre, la troisième ayant été soumise par l’hôpital local de Vic-Fezensac. Appelés à se positionner à l’issue d’une réunion organisée vendredi dernier dans la salle communale de Dému, en présence de l’ARS, l’administrateur provisoire, la CGT et de nombreux élus, les salariés du SSIAD s’étaient majoritairement montrés favorables au projet de l’établissement toulousain (11 votes en faveur de la clinique contre 5 en faveur de l’hôpital de Vic-Fezensac et une abstention).
C’est donc ce projet qui a été retenu par l’ARS, comme en témoigne la publication ce mardi au recueil des actes administratifs de l’arrêté portant transfert d’autorisation. L’installation du nouveau gestionnaire a eu lieu dans la foulée, ce mercredi 21 décembre, au sein des locaux du SSIAD à Dému, en présence du PDG de la clinique Pasteur, le Dr Bernard Assoun, de la directrice de l’HAD du Gers et nouvelle directrice du SSIAD, Florence Soula-Etchegaray, de l’administrateur provisoire, Soffian Bucherie, et du directeur départemental de l’ARS, Didier-Pier Florentin.
La CGT dénonce un « exercice de propagande »
Si les salariés sont donc désormais rattachés à la clinique Pasteur, le transfert effectif pour les paies, la comptabilité et le bilan est programmé début janvier 2023. La tarification des soins ne devrait pas changer et rester celle de la sécurité sociale. « C’est un dossier clos, a commenté le directeur départemental de l’ARS. C’est l’aboutissement de l’administration provisoire et le début d’une nouvelle dynamique, d’autant plus qu’il y a la réforme des services d’aide à domicile qui va commencer à se mettre en place à partir de 2023, donc c’est tout le maintien à domicile qui est complètement revu. C’était important qu’avant le 31 décembre on arrive à avoir une attribution et un service qui fonctionne, hors administration provisoire. »
De son côté, la CGT a fustigé dans un récent communiqué la dernière réunion qui a abouti au vote des salariés du SSIAD, l’assimilant à « un exercice de propagande » et regrettant la « présentation partisane » de l’ARS en faveur de la clinique Pasteur. Le syndicat assure qu’il sera là « pour continuer à défendre les intérêts des personnels soignants, et pour exiger, à Vic-Fezensac et à Eauze, un service public de santé protecteur, éloigné des considérations de profit, et de qualité pour les usagers ».
Député d’Agen-Nérac de la majorité, le docteur Lauzzana comprend la grève des médecins
ABONNÉS
En novembre dernier à Agen, en compagnie d’Agnès Firmin-Le Bodo, ministre déléguée chargée de l’Organisation territoriale et des Professions de santé. photo MC
Politique, Agen, Lot-et-Garonne
Publié le 03/01/2023 à 13:34
l’essentiel
» Je comprends l’exaspération, déclare le parlementaire lot-et-garonnais par ailleurs généraliste. Les médecins ont été trop maltraités. » Non élu, lui aurait fait grève.
Les médecins grévistes, qui demandent notamment une hausse du prix de la consultation, poursuivent leur mouvement jusqu’au 8 janvier. Leurs cabinets sont fermés, une situation que condamne la Première Ministre Elisabeth Borne. « »C’est une partie des organisations qui représentent les médecins qui ont effectivement appelé à la grève. Il y a une discussion en cours entre les médecins et l’Assurance-maladie. Je peux entendre qu’ils peuvent rencontrer des difficultés, qu’ils peuvent souhaiter des améliorations, mais ça n’est vraiment pas responsable de faire grève, notamment dans cette période de fêtes, où ça a augmenté les tensions sur l’hôpital », a déclaré la Première ministre sur franceinfo.
Distance par rapport au mot « d’irresponsable »
« Pas responsable » ? Qu’en pense le député de la majorité parlementaire (Renaissance) Michel Lauzzana, médecin toujours en exercice à Bon-Encontre, où il effectuait hier un remplacement. « Il faut reconnaître que la situation sanitaire est tendue, et cette grève tombe mal. Maintenant, je prends de la distance par rapport au mot « d’irresponsable ». Moi je dirai que la période est mal choisie… »
On sent le docteur Lauzzana un peu gêné aux entournures, coincé entre sa loyauté au gouvernement et celle inhérente à la confraternité. « Le moment est mal choisi car nous avons un devoir par rapport à la santé de la population. Mais je comprends le mouvement, qui est directement lié à l’exaspération des généralistes. Ils travaillent convenablement, et la demande de revalorisation de la consultation mérite d’être étudiée. Elle était passée de 23 à 25 € en 2017. Maintenant 100 % d’augmentation, franchement c’est trop… »
Remettre le généraliste au centre
Selon Michel Lauzzana, la dégradation de la qualité du travail est mesurable au fil du temps. « C’est un travail qui est devenu stakhanoviste, et cela n’est plus possible. Cette grève est une alerte de médecins voulant bien travailler et être mieux considérés. Ils veulent du personnel à leurs côtés et connaissent les défis d’avenir : une augmentation du vieillissement de la population et donc des pathologies, le développement du maintien à domicile, et donc une implication forte des médecins de ville alors que le lien entre hôpitaux et populations s’est dégradé. L’avenir passera donc par la réaffirmation du rôle central de la médecine de ville dans notre système de santé. »
Entre coupure et cassure
S’agissant d’une autre revendication des grévistes, à savoir leur refus au recours d’autres professionnels de santé (infirmières, kinés, etc.) pour certains « petits » actes qu’ils assurent actuellement, le député centriste y voit une « coupure générationnelle », les nouveaux médecins étant plus favorables à ce partage très milité des taches, afin de récupérer du temps pour leurs patients. Cette « coupure générationnelle » fait naître en lui la « crainte d’une cassure entre les médecins », puisque le mouvement est loin de faire l’unanimité au sein de la profession.
» Je comprends l’exaspération, ajoute le parlementaire lot-et-garonnais. Les médecins ont été trop maltraités. » Et s’il n’était pas élu, s’il ne soutenait pas la politique gouvernementale, aurait-il adhéré au mouvement ? » Oui, affirme-t-il immédiatement. Pas pendant une semaine, mais j’aurai fait grève un ou deux jours… »
Sébastien Bouchereau
suivre ce journaliste
REPORTAGE. Gers : à Auch, les Urgences se sont organisées pour passer les fêtes de fin d’année plus sereinement
ABONNÉS
Le service des Urgences a mis en place un dispositif spécial pour cette fin d’année 2022. DDM – Sébastien Lapeyrère.
Publié le 31/12/2022 à 08:00 https://www.ladepeche.fr/2022/12/31/reportage-gers-a-auch-les-urgences-se-sont-organisees-pour-passer-les-fetes-de-fin-dannee-plus-sereinement-10896603.php
l’essentiel
Reportage au cœur du service des urgences du centre hospitalier d’Auch qui a mis en place un dispositif spécial pour les fêtes de fin d’année afin de faire face aux différentes tensions rencontrées. Une permanence pour des consultations de médecine générale est assurée, les équipes sont complétées par des médecins venus du CHU et un salon de sortie a été mis en place.
Cumul des épidémies de bronchiolite, grippe et Covid, congés et grève des médecins libéraux, fermeture de l’Accueil médico-chirurgical de la Clinique de Gascogne… « On appréhendait cette période », reconnaît le docteur Alicia Gouetta, cheffe de service Samu, Smur et Urgences du centre hospitalier d’Auch, ce vendredi 30 décembre. En ce milieu de matinée, un père de famille et ses deux enfants sont en train de s’enregistrer au bureau d’entrée des urgences. Un homme attend patiemment son tour et quelques personnes sont installées dans la salle d’attente.

« Il est connu qu’à cette période, le flux de patients est souvent important, rappelle le docteur Gouetta. Mais, ce n’est jamais prévisible ». Si l’affluence est plutôt calme ce vendredi matin, « lundi 26 décembre, à 8 heures, il y avait déjà la queue devant la porte », assure Christian Laffargue, directeur des affaires médicales du CH Auch. Habituellement, le nombre de passages aux urgences varie de 50 à 70 chaque jour. La journée de lundi a concentré à elle seule 86 passages, un chiffre inédit, avec 38 hospitalisations.

« On avait anticipé les tensions auxquelles nous allions être confrontées, affirme Alicia Gouetta. Depuis Noël, les urgences ont absorbé les flux. Grâce à tout un tas de petites mesures, on a réussi à pallier les grosses difficultés. » Des mesures qui portent tout d’abord sur l’effectif : depuis le 14 novembre, les salariés du centre hospitalier peuvent s’appuyer sur une équipe territoriale du CHU de Toulouse, coordonnée par le docteur Christophe Pauron. Un médecin toulousain est d’ailleurs présent pour la première fois aux Urgences auscitaines ce vendredi matin.
Des consultations de médecine générale aux Urgences
Depuis la mise en place de cette disposition, « les tableaux de service sont pleins et les équipes médicales et paramédicales sont complètes », confirme Vanessa Bompart, directrice des soins au CH. Ainsi, tous les jours, cinq médecins sont mobilisés au sein du service ou à la régulation, permettant ainsi de « mettre en place des projets pour les Urgences et l’ensemble du parcours des patients », poursuit Alicia Gouetta.

Désormais, lors de leur arrivée aux urgences*, les patients rencontrent d’abord une infirmière qui va les orienter vers la prise en charge qui leur correspond : les urgences ou une consultation de médecine générale. Cette dernière option est l’une des mesures prises pour cette fin d’année : depuis le 23 décembre et jusqu’au 1er janvier, une vacation de consultation de médecine générale dans le service des urgences est assurée par un médecin généraliste pour accueillir les patients nécessitant des consultations de soins non programmées. Ces dernières sont assurées de 9 heures à minuit.
« Des personnes qui sont touchées par la grippe par exemple, l’une des maladies qui est en progression ces derniers jours, et qui n’ont pas pu accéder à leur médecin, auront donc une consultation adaptée et n’auront pas besoin de patienter pendant parfois plusieurs heures avant d’être auscultées », explique le docteur Gouetta. Cette mesure permet ainsi de limiter le temps d’attente mais aussi de fluidifier la prise en charge des patients. Le financement par la Région et l’installation de purificateurs d’air dans tous les box du service des urgences réduit également le temps de décontamination pour chaque salle.

De même, un salon de sortie a été organisé à proximité des urgences. Quatre patients peuvent y être installés, sous la surveillance d’une aide-soignante dédiée, dans l’attente d’un moyen de transport pour leur retour à domicile (voir aussi encadré). Si les quatre lits sont vides ce vendredi matin, la salle d’attente se remplit, elle, peu à peu, avec l’arrivée de cinq ambulances à quelques minutes d’intervalle.
Mobilisées et attentives quant à la situation, les équipes médicales auscitaines sont « plus sereines après ce week-end de Noël, assure le docteur Alicia Gouetta. On sait que l’on peut accueillir les patients dans de bonnes conditions ».*Il n’est désormais plus obligatoire d’appeler le 15 avant de se déplacer aux Urgences, même si cela reste conseillé afin d’assurer la meilleure prise en charge possible des patients.
Un partenariat avec la Croix-Rouge pour le retour à domicile
Les Urgences d’Auch étaient également confrontées, en cette fin d’année, à la difficulté de trouver des transports ambulanciers pour les retours à domicile de leurs patients. Pour contrer ce manque d’ambulances, elles bénéficient des mesures exceptionnelles prises par le ministère de la Santé jusqu’au 31 janvier : les taxis et VSL peuvent ainsi participer au transport des patients jusqu’à leur domicile, s’ils n’ont pas besoin de soins. De plus, une réunion a rassemblé ce jeudi l’Agence régionale de santé du Gers, la préfecture et l’hôpital afin de mettre en place un partenariat avec la Croix-Rouge. L’organisation pourra ainsi dès ce week-end transporter des patients, qui peuvent voyager assis et sans soin, depuis les urgences jusqu’à leur lieu d’habitation.
Gers : renforts du 31, gardes de 24h… l’hôpital d’Auch en ordre de bataille pour le Nouvel an
Le service des urgences fonctionne avec le soutien du CHU de Toulouse. DDM ARCHIVES – SEBASTIEN LAPEYRERE
Publié le 25/12/2022 à 08:31 https://www.ladepeche.fr/2022/12/25/gers-renforts-du-31-gardes-de-24h-lhopital-dauch-en-ordre-de-bataille-pour-le-nouvel-an-10886084.php
l’essentiel
Urgences, anesthésie… Le centre hospitalier s’est organisé, en coopération avec le CHU de Toulouse, pour affronter les afflux liés aux fêtes et à la triple épidémie.
La période de fin d’année est toujours synonyme de tension à l’hôpital. 2022 ne sera pas différente, peut-être pire : le monde médical doit faire face à trois épidémies concomitantes. Retour du Covid, grippe virulente et bronchiolites en hausse…
Pour assurer son rôle de service public, le centre hospitalier d’Auch s’est organisé. « Nous sommes là pour répondre aux besoins de la population, souligne la directrice de l’hôpital, Sylvie Lacarrière. Et cela à tout moment. »
A lire aussi : Gers : l’ARS demande aux patients d’appeler le 15 pour éviter la saturation des urgences
La préparation a commencé le 14 novembre, avec le renforcement du service des urgences. « En l’absence de médecine de ville ouverte pendant les vacances, et dans ce contexte d’épidémies, les gens s’adressent aux urgences… Ils n’auront souvent pas d’autre choix. » À Auch, contrairement à ce qui peut se constater dans d’autres villes, comme Montauban, les urgences resteront ouvertes en continu.
Urgences gérées avec Toulouse
Une rareté en Occitanie, qui doit tout à la gestion territoriale. L’équipe du centre hospitalier auscitain peut en effet s’appuyer sur le CHU de Toulouse et le Samu 31. Ce qui a permis de maintenir l’accès aux soins la semaine du 12 décembre, avec la fermeture de l’AMC de la clinique. 15 patients ont été absorbés en 2 heures par les urgences hospitalières.
Aujourd’hui, on y compte 4 médecins urgentistes jour et nuit, tous les jours, avec un planning établi jusqu’à fin mars. On est loin des rafistolages des années précédentes, où l’hôpital devait jongler avec de coûteux vacataires. Ce qui ne signifie pas que tout roule sans souci. En cette période de vacances, les Gersois, et l’hôpital avec eux, ne pourront pas trop compter sur le secteur privé et libéral.
Accueil saturé
Ainsi, il n’y aura aucun anesthésiste à la clinique de Gascogne. Tout va reposer sur l’hôpital, où certains médecins assureront des périodes de 24 heures continues toutes les 48 heures. Beaucoup de cabinets médicaux seront fermés, de même qu’une partie des régulateurs privés sera absente. Les urgences vont devoir gérer des flux plus importants, avec des locaux pas forcément adaptés. « On craint une saturation à l’accueil », confie la directrice.
Pour pallier la fermeture des cabinets, l’hôpital avait lancé un appel au volontariat des médecins libéraux. Bureau, secrétaire, tarif à l’acte, tout était fourni, en échange d’une présence pour des consultations de médecine générale, sur place, afin de désengorger les urgences. L’appel est resté sans réponse. Pas de risque de se retrouver sans solution malgré les fêtes, même si les urgences ont pour 1re vocation de soigner… les urgences vitales !Rappel : avant de se rendre aux urgences, il est impératif d’appeler le 15 pour être dirigé vers le service compétent.
Marc Centene
suivre ce journaliste
Clinique de Gascogne : l’hôpital d’Auch ouvre les portes au dialogue
ABONNÉS
Le centre hospitalier d’Auch entend poursuivre le dialogue avec ses partenaires gersois. DDM – SEBASTIEN LAPEYRERE
Publié le 23/12/2022 à 06:31 https://www.ladepeche.fr/2022/12/23/clinique-de-gascogne-lhopital-dauch-ouvre-les-portes-au-dialogue-10884584.php
l’essentiel
L’hôpital d’Auch était resté muet, depuis le début de la crise qui a secoué le monde médical gersois. La direction présente sa future organisation des soins, pour « l’après » clinique de Gascogne.
La disparition programmée au 1er semestre 2023 de la clinique de Gascogne a entraîné la recomposition de l’offre de soins à Auch. L’hôpital y prend sa part, en dépit de discussions parfois difficiles (lire ci-dessous). L’établissement planche déjà sur la planification de ce passage de relais, qui nécessite la coordination de nombreux acteurs de la santé gersoise. « Nous devons organiser les protocoles qui vont nous lier à la Reviscolada, explique Sylvie Lacarrière, la directrice de l’hôpital. L’urologie, le stomato dentaire avec l’orthopédie, vont opérer là-bas. Par contre, les deux ophtalmologues de la clinique ont demandé à travailler à l’hôpital dès les premiers mois de 2023. »
Privé ou public, le problème n’est pas là, pour l’hôpital. Il s’agit de présenter l’offre de soins la plus large possible aux Gersois. Et de préparer la suite, le futur hôpital. « On contacte actuellement tous les professionnels de santé, libéraux, hôpitaux, etc. pour connaître leurs attentes, et construire un projet médical de territoire. »
Assurer la continuité des soins
« Les médecins de la clinique ont fait le choix, pour certains, de travailler dans le privé, relève le Dr Willy Vaillant, le président de la commission médicale d’établissement (CME). Mais il va falloir mettre en place des protocoles communs. » La charte signée le 8 décembre, entre hôpital, clinique et la Reviscolada, met en avant la nécessité de répartir, entre tous les acteurs, la permanence des soins 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Une demande expresse de la direction de l’ARS, mais qui n’est pas encore réglée.
Actuellement, seule l’urologie en bénéficie. Pour l’orthopédie, elle est assurée à 100 % par les chirurgiens de l’hôpital.
Pour cela, la clinique et ses praticiens doivent déjà s’entendre avec la Reviscolada pour l’organisation sur le site de Montégut. « Ensuite il faudra que nos conventions et nos protocoles, déjà passés avec la clinique, soient reconduits avec la Reviscolada, précise la directrice. Et il faudra reprendre les discussions sur le nouvel hôpital, qui a toujours vocation à accueillir l’activité privée ! » Sans compter que, dans le cas où l’organisation tripartite serait défaillante, c’est au centre hospitalier in fine que reviendrait la tâche d’assurer le service. Il va déjà assumer la stérilisation, la réanimation et les urgences.
Dans les temps
En dépit de l’apparente complexité des accords à conclure, d’un dialogue qui souffre encore d’un mauvais départ, la direction de l’hôpital et le CME sont confiants. « Nous avons 6 mois devant nous pour dialoguer, assure Christian Laprébende, maire et président du conseil de surveillance de l’hôpital. C’est prévu dans la charte. » Surtout que « le privé, relève le Dr Vaillant, n’est pas le seul partenaire. Nous ouvrons les portes, y compris au CHU de Toulouse, avec lequel nous avons déjà des liens. » Et en cas de blocage, l’ARS, qui n’a pas caché son désir de voir le dossier avancer vite, devrait faire bouger les lignes…
Tout ne se fait pas à la clinique
Non, la fermeture de la clinique de Gascogne n’est pas la « catastrophe sanitaire » annoncée par le député Taupiac le 6 décembre à l’Assemblée. L’hôpital et la clinique n’assurent tout simplement pas les mêmes soins. À l’hôpital, le traitement du Covid, de la grippe, de la gynécologie, de la chirurgie viscérale… Quand la clinique s’occupe du canal carpien pour les mains ou le poignet, et du genou, l’hôpital récupère la traumatologie, la pose des pacemakers. La clinique se concentre sur l’activité ambulatoire, moins lourde. Le traitement des cataractes, par exemple, est programmé, et bref : la clinique, seule à les assurer, peut en réaliser une quinzaine par matinée. Selon les sources PMSI, l’hôpital représente 61 % de l’activité chirurgicale du Gers.
« On a appris en juillet le redressement »
Cela fait des mois que l’hôpital d’Auch et la clinique de Gascogne sont en discussion. Mais de la discussion à la coopération, il y a un pas… Dès la décision de l’ARS Occitanie en juillet 2021, confirmée par Jean Castex en février 2022, de créer un nouvel hôpital, il était prévu que celui-ci unirait les atouts du public et du privé.
De juillet 2021 à juin 2022, 10 réunions mensuelles mettent hôpital et clinique autour de la table, pour élaborer un projet médico-soignant, commun, dans l’optique de ce futur établissement. « Le directeur de l’ARS nous a appris que la clinique était en redressement en juillet, dit la directrice de l’hôpital. La clinique ne nous avait jamais informés de la situation. » ARS qui vient dès lors demander à l’hôpital d’assurer le maintien de l’offre de soins dans le Gers.

Fin juillet, clinique et hôpital se retrouvent. L’hôpital ouvre ses portes, et celles des blocs opératoires. « Nous leur avons proposé un compromis d’organisation, d’un côté comme de l’autre, qui impliquait des changements dans les horaires, etc. » Le roulement pour l’utilisation des blocs chirurgicaux est calé, l’hôpital propose même d’installer un bloc modulaire si besoin. « Pour nous, c’était la solution la plus cohérente. Les patients avaient toute la chaîne de soins sur place. » Un signal fort avant le futur hôpital.
« On ne pouvait pas accepter de nous mettre en difficulté »
Mais impossible de travailler à l’hôpital en secteur 2, soit avec des dépassements d’honoraires. Ce seul point bloque toute avancée. La clinique demande à rester en secteur 2, maintenir sa clientèle et conserver ses locaux. « La demande était de passer par un GCS* de moyens, pour partager le loyer avec l’hôpital, et leur permettre de rester sur le site de la clinique. Le GCS – public – de moyens leur permettait aussi de passer à la tarification publique, qui leur était plus favorable… » Demande que l’hôpital a rejetée. « On ne pouvait pas accepter de nous mettre en difficulté pour leur permettre de continuer comme avant sans rien remettre en question. »* GCS : groupement de coopération sanitaire
Marc Centene
suivre ce journaliste
Rodez. Aveyron : aux urgences, « à chaque crise, c’est pire… »
ABONNÉS
Aux urgences de Rodez, il faut s’armer de patience actuellement.
Publié le 30/12/2022 à 05:11 https://www.ladepeche.fr/2022/12/30/aux-urgences-a-chaque-crise-cest-pire-10895982.php
l’essentiel
Face à la triple épidémie actuelle – Covid-19, bronchiolite, grippe –, les urgences ruthénoises sont surchargées. Les soignants tirent la sonnette d’alarme.
Du propre aveu du ministre de la Santé, François Braun, « c’est la semaine de tous les dangers ». L’hôpital public est de nouveau en crise. Et comme à chaque fois, les urgences en sont l’illustration parfaite. Manque de lits, de bras… les maux sont toujours les mêmes. Et la triple épidémie frappant actuellement le pays – Covid-19, bronchiolite et grippe –, aggrave encore un peu plus la situation. Du nord au sud de la France, les hôpitaux tirent tour à tour la sonnette d’alarme. Et l’Aveyron n’échappe plus à la règle.
Plus de 10 heures d’attente aux urgences de Rodez !
Ce jeudi matin, à Rodez, ils étaient encore une dizaine à attendre leur tour dans la salle d’attente des urgences. Des personnes âgées en détresse respiratoire, des enfants fiévreux… « Malgré ce qu’on peut penser, il n’y a pas beaucoup de bobologie. Les gens ne viennent pas pour rien », tient à préciser Frank Becker, responsable régional de l’association des médecins urgentistes de France (Amuf). En ces temps de fêtes de fin d’année, les discussions avec ses collègues ne tournent plus vraiment autour des quelques cas de blessures en ouvrant une huître ou en débouchant une bouteille de champagne… Désormais, on se raconte les temps d’attente. Celui de cette dame en début de semaine, arrivée à 21 h 20 et prise en charge le lendemain à 9 heures… « J’ai même entendu dire que quelqu’un avait patienté 24 heures ! », dit Frank Becker. Il ne pourra pas le vérifier. Mais une chose est sûre : « C’est du jamais vu pour Rodez ».
« À chaque fois, on se dit que cela ne peut pas être pire et pourtant, ça l’est. On franchit toujours des paliers », souffle l’urgentiste. Outre les habituelles revendications sur le manque de personnel, il tient surtout à « féliciter tous les soignants ». « Notre direction joue le jeu également, elle va dans le bon sens », assure-t-il. Comme souvent, la solidarité est d’ailleurs au rendez-vous. Des soignants en repos viennent prêter main-forte à leurs collègues, les médecins des étages supérieurs, comme on dit dans le jargon, apportent également leur concours.
De 18 000 à 33 000 passages
En fin de matinée, on comptait déjà 34 passages aux urgences du centre hospitalier Jacques-Puel. En moyenne, on en dénombre une centaine. Bien plus qu’il y a dix ans. Désormais, Rodez accueille 33 000 personnes tous les ans dans ce service, contre 18 000 à l’époque… C’est dire. La course se joue également à Decazeville ces derniers jours. Là-bas, Frank Becker indique que le besoin serait actuellement de sept lits d’hospitalisation… Il y en a deux.
« On navigue à vue et on prie pour qu’il n’y ait pas une nouvelle vague de Covid-19 dans les semaines à venir… », explique-t-il. Que faire ? « J’aime prendre l’exemple du Canada. Là-bas, ils ont augmenté de 30 % les effectifs d’infirmiers. Et ça a réglé bon nombre de problèmes. » À Rodez, le manque de médecins généralistes est souvent pointé du doigt. Une maison de santé est en projet, l’ARS a donné son agrément mais elle n’a toujours pas trouvé de local.
En attendant, pour assurer au mieux les soins – « car aujourd’hui, on est presque dans de la maltraitance quand on voit le peu de temps qu’on accorde aux patients… » –, les urgentistes rappellent les bons gestes à adopter : joindre tout d’abord son médecin traitant ou une maison de santé – celles du Monastère, du Faubourg à Rodez, de Villeneuve, de Decazeville, de Bozouls et de Luc-la-Primaube sont actuellement ouvertes -, ou bien appeler le 3966.
Et enfin, téléphoner au 15 ou se rendre aux urgences si… urgence il y a.
mathieu roualdès
Un nouvel équipement de pointe en place à l’hôpital de Rodez

La mise en service est programmée pour le début du mois de janvier.
Publié le 25/12/2022 à 05:07 https://www.ladepeche.fr/2022/12/25/un-nouvel-equipement-de-pointe-en-place-a-lhopital-10888423.php
Après plusieurs semaines de travaux pour permettre la mise en conformité de la salle qui accueillera l’appareil, la deuxième gamma caméra hybride de dernière génération du service de médecine nucléaire a été livrée et est en cours d’installation et de paramétrage.
Cette nouvelle acquisition permettra notamment de prendre en charge plus de patients et donc de réduire les délais de rendez-vous des scintigraphies conventionnelles, de répondre le jour même aux examens urgents, de réaliser des examens plus rapides et plus confortables pour le patient.
Ce nouvel équipement assurera par ailleurs la réalisation des examens urgents même en cas d’indisponibilité d’une des deux machines.
« L’offre de soin va ainsi pouvoir être étoffée et améliorée », s’est félicitée la direction du centre hospitalier. La mise en service est programmée pour le début du mois de janvier.
La Dépêche du midi
Villefranche de Rouergue – Mise en place d’un Contrat Local de Santé (CLS) sur le territoire : entre optimisme et résignation…
ABONNÉS
Le renouvellement médical reste la question essentielle.
Publié le 05/01/2023 à 08:30 https://www.ladepeche.fr/2023/01/05/mise-en-place-dun-contrat-local-de-sante-cls-sur-le-territoire-entre-optimisme-et-resignation-10905604.php
Certains le demandaient à cor et à cri, d’autres le décriaient et d’autres restaient circonspects par rapport à son efficacité potentielle.
Depuis peu, le Contrat Local de Santé de Préfiguration est installé sur le territoire de Decazeville Communauté, soit 12 communes pour près de 20 000 habitants.
Les CLS, initiés par la loi Hôpital Patient Santé et Territoire de 2009 sont des outils de territorialisation de la politique de santé. Ils ont pour vocation de décliner au niveau local les priorités du Projet Régional de Santé. Ils sont surtout là, dans leur définition, pour réduire les inégalités territoriales et sociales de santé.
Le 1er janvier 2023, Hélène Cette, recrutée en tant que coordinatrice du CLS Decazeville Communauté prendra ses fonctions. Son poste est financé à 50 % par la collectivité et à 50 % par l’ARS. Elle aura pour première mission d’animer l’ensemble des travaux de diagnostic du CLS en y associant tous les élus et des professionnels de santé du territoire. Ce travail diagnostic permettra de fixer les axes stratégiques et opérationnels du futur CLS, qui sera signé pour une durée de 5 ans. Une gouvernance partagée sera mise en place ainsi qu’une cellule projet. La coordinatrice aura aussi vocation à mettre en place des groupes de travail et, au besoin, un comité technique.
Maintenant, que va-t-il se passer… sur un territoire où, comme ailleurs, la problématique de la démographie médicale est particulièrement prégnante, rien n’indique a priori, que cette épineuse question, qui se généralise au niveau national, à la campagne mais aussi en ville, trouvera réponse grâce à ce dispositif…
La sociologie du territoire induit des pathologies et donc des prises en charge spécifiques que la carence en professionnels de santé rend extrêmement délicate à mettre en œuvre, la santé mentale des adultes mais surtout des jeunes et des adolescents en est une illustration dramatique.
Toutes les communications institutionnelles sur ce qui devrait être une priorité nationale absolue, la prévention, se heurte ici encore et comme ailleurs, à un manque d’organisation et à une carence en professionnels experts de l’éducation à la santé. La prévention reste éternellement un parent pauvre de la médecine de ville.
Le CLS viendra-t-il remédier à cette désertification médicale du territoire qui va s’accentuer à l’avenir, 2 médecins généralistes sur 3 ayant aujourd’hui plus de 60 ans.
Autre question fondamentale, les professionnels de santé qui devraient être la source de réflexion du CLS, trouveront-ils le temps et la motivation suffisante pour l’enrichir de leur expertise professionnelle, celle qui est la plus proche du terrain.
Enfin, le centre de soin principal du territoire, l’Hôpital de Decazeville, attend avec impatience la visite officielle des services de l’Etat pour le début de l’année 2023, en espérant que, pour une fois, le Bassin ne sera pas laissé-pour-compte…
Entre optimisme, résignation et défaitisme, souhaitons en cette période de vœux que de bonnes nouvelles soient annoncées pour le territoire de Decazeville Communauté.
Le Villefranchois
Figeac. À Font-Redonde, la clinique disparaît, l’hôpital se déploie
ABONNÉS
La traditionnelle cérémonie des vœux de l’hôpital a été organisée hier dans le hall de Font-Redonde en présence de nombreuses personnalités.DDM A.L.
Lab Santé, Animaux, Figeac, Santé
Publié le 05/01/2023 à 05:10 https://www.ladepeche.fr/2023/01/05/a-font-redonde-la-clinique-disparait-lhopital-se-deploie-10905267.php
l’essentiel
La cérémonie des vœux de l’hôpital figeacois s’est déroulée symboliquement hier à Font-Redonde qui n’abrite plus la clinique privée mais le centre médical et de réadaptation de l’établissement public.
Fondée il y a 66 ans, la clinique Font-Redonde a définitivement fermé ses portes à la fin de l’année 2022. La délégation de service public actée avec l’hôpital de Figeac depuis dix ans a officiellement pris fin, entérinant la disparition de l’établissement privé dont les murs sont déjà propriété de l’hôpital. Une page se tourne pour la structure de santé dirigée depuis plus de 28 ans par Fouad Cherif qui n’a pas caché son émotion, mercredi, à l’occasion de la traditionnelle cérémonie des vœux prononcés aux côtés du maire de Figeac André Mellinger et du directeur de l’hôpital Raphaël Lagarde, dans le hall de Font-Redonde. Tout un symbole.
« La clinique disparaît mais paradoxalement elle n’a jamais été en aussi bonne santé », a souligné le dirigeant qui a tenu à rappeler quelques chiffres clé. « Près de 5 000 patients ont été soignés ici, 10 000 séances de chimiothérapie ont été réalisées et 600 patients accueillis dans les services de soins palliatifs, sans oublier les multiples consultations. »
Devant les membres du personnel et en présence de nombreuses personnalités et élus du territoire, Fouad Cherif a confié « sa fierté » à l’heure de passer la main. « Cela a été pour moi un honneur d’être votre directeur général, mais toute médaille a son revers. Il y a eu des moments très difficiles quand des choix ont dû être faits […] En dix ans, la dotation versée au SSR n’a pas varié d’un centime alors que l’inflation s’est élevée de 20 %, du coup certains projets n’ont pas pu voir le jour », a-t-il déploré, pointant du doigt « la logique comptable entrée dans le domaine de la santé ». Annonçant son départ, il a souhaité ses meilleurs vœux à l’assistance.
Avant lui, le maire de Figeac, également directeur du conseil d’administration de l’hôpital s’est prêté à l’exercice « particulier cette année », saluant « l’aboutissement d’un long processus ». « Cet établissement Font-Redonde n’est plus la clinique mais est chargé d’histoire », a estimé l’élu, espérant « une offre de soins la plus satisfaisante possible ».
À son tour, le directeur de l’hôpital, Raphaël Lagarde, a pris la parole, faisant le point sur une année compliquée et sur les projets du centre hospitalier. Outre l’arrivée de l’IRM confirmée en 2024 après des travaux prévus en radiologie et aux urgences, le directeur a annoncé prochainement la mise en place d’une activité de chimiothérapie. « Malgré ces éléments positifs, l’hôpital et l’Ehpad sont fragilisés », a-t-il conclu avant de s’adresser à Fouad Cherif. « Nous pouvons nous réjouir du travail en commun. Je tiens à souligner le lien que nous allons garder avec le HAD 46. » Une coopération applaudie et encouragée par Julie Senger, déléguée départementale de l’Agence régionale de santé dans le Lot, qui croit « à l’action territorialisée » pour « garantir une offre de soins équitable, de qualité et de proximité. »
HAD 46 : le groupe Elsan reprend les rênes
Président fondateur de HAD 46, établissement de santé spécialisé dans l’Hospitalisation à domicile sur le département du Lot qui s’apprête à déménager dans l’ex-siège du Grand Figeac voisin de la clinique, Fouad Cherif a cédé les rênes au groupe Elsan, leader de l’hospitalisation privée en France. « Le groupe a su reconnaître en notre établissement une pépite. On ne le sait pas assez, mais le HAD 46 est aujourd’hui, sur les 31 établissements d’Occitanie, le 5e en termes d’activité, devant le CHU de Montpellier. »Fouad Cherif cédera son fauteuil à Nathalie Delclaux (notre photo) à la mi-janvier et deviendra consultant expert pour le groupe Elsan qui gère de nombreuses cliniques autour de Figeac (les Chaumes à Montauban, les Cèdres à Aurillac…). Fouad Cherif a confié avoir déjà engagé des démarches pour faire venir des praticiens, s’engageant à travailler « en concertation » avec l’hôpital.
Audrey Lecomte
Lot : un patient de 91 ans hospitalisé à Figeac attend une place en réanimation depuis huit jours
ABONNÉS
Le patient originaire de Lacapelle-Marival est hospitalisé à Figeac depuis le 22 décembre. DDM – JCB
Santé, Lacapelle-Marival, Figeac
Publié le 30/12/2022 à 18:37 https://www.ladepeche.fr/2022/12/30/lot-un-patient-de-91-ans-hospitalise-a-figeac-attend-une-place-en-reanimation-depuis-huit-jours-10896536.php
l’essentiel
Un patient âgé de 91 ans a été admis jeudi dernier dans un état grave à l’hôpital de Figeac. Placé sous respirateur, ce Lotois est soigné depuis huit jours dans le service de soins continus en attendant une place en réanimation dans un autre hôpital. Sa famille dénonce le fait que son âge ait empêché son transfert.
La période des fêtes a tourné au cauchemar pour une famille installée à Lacapelle-Marival. Depuis huit jours, la Lotoise Karine Laubie qui réside à Paris vit dans l’angoisse en attendant des nouvelles de son père. Suite à une mauvaise chute survenue le 22 décembre, ce dernier âgé de 91 ans, est en effet hospitalisé au centre hospitalier de Figeac dans un état grave. « À cause de cette chute, il est tombé dans le coma. Après un arrêt cardiaque et respiratoire, il a été réanimé mais il a eu des complications au niveau des poumons. Il a été placé sous respirateur car il ne pouvait plus respirer tout seul » raconte Karine Laubie. Son père a alors été admis dans le service de soins continus de l’établissement figeacois.
« Le problème est qu’il y est toujours, cela fait plus d’une semaine alors qu’il aurait dû être transféré normalement 48 heures ou 72 heures plus tard, ailleurs, dans un centre de réanimation » se désole cette parente pour qui l’attente est insupportable.
« Il y a une date limite de vie à l’hôpital… »
« Ce qui m’a choquée, c’est qu’apparemment les services de réa alentour refusent de le prendre en charge car il est trop âgé. Le médecin qui a notamment demandé un transfert à Brive me l’a dit textuellement. D’ailleurs un autre patient de 70 ans qui a eu un AVC est arrivé et a pu être transféré aussitôt. Pourquoi pas mon père ? Il est trop vieux. Ce n’est pas normal d’entendre ça en 2022. C’est quand même incroyable ! Comme dit ma mère : il y a une date limite de vie à l’hôpital » s’insurge-t-elle. Karine Laubie tient aujourd’hui à témoigner pour dénoncer cette situation très difficile à vivre pour les familles. « Je ne remets pas en cause les soins qui sont donnés à Figeac mais dans le service de soins continus, il y a un seul médecin anesthésiste-réanimateur qui doit être partout au bloc, aux urgences. Il n’est pas présent en permanence. On s’occupe bien de mon père mais est ce que ça va suffire pour le sortir de son état ? » s’inquiète Karine Laubie.
Sa mère qui s’est rendue à l’hôpital ce vendredi 30 décembre lui a donné des nouvelles plutôt rassurantes. Le respirateur avait en effet pu être enlevé et son père était placé sous oxygène. Des signes encourageants qui permettaient d’apaiser un peu la famille éprouvée.
De son côté, la direction de l’hôpital de Figeac assurait vendredi que tout était fait dans l’intérêt du patient malgré un contexte de tension hospitalière très compliqué sans vouloir en dire davantage sur ce cas particulier. « La prise en charge est qualitative. Ce patient a pu bénéficier de tous les soins nécessaires » confirmait néanmoins le directeur de l’établissement figeacois, Raphaël Lagarde. Comme partout ailleurs, en cette semaine de congés de fin d’année, les épidémies de grippe et de Covid n’ont pas épargné le territoire, ce qui a conduit à une forte accélération de l’activité dans les différents services de l’hôpital. « On a une réelle tension sur les lits d’hospitalisation et lits de soins critiques sur l’ensemble des établissements actuellement » précisait Raphaël Lagarde.
Audrey Lecomte
Saint-Girons. L’administrateur fait le bilan de sa « mission Chac »
Un nouvel épisode s’écrit pour le Chac. DDM
Publié le 03/01/2023 à 05:11 https://www.ladepeche.fr/2023/01/03/ladministrateur-fait-le-bilan-de-sa-mission-chac-10901361.php
Face aux crises à répétition qui ont secoué la vie du Centre hospitalier Ariège-Couserans (Chac), au tournant de l’année 2022, ponctuée par la mobilisation des syndicats ou encore des élus du territoire, le ministère de la Santé a nommé un administrateur provisoire pour remettre le Chac sur de bons Rails. Yves Bloch a pris ses fonctions le 27 juin dernier. Sa mission vient de s’achever. Pour ce Normand, longtemps parisien, rodé à la direction d’établissements (il s’agissait de son dixième poste de direction), c’est comme une évidence : « Quand on vient sur place, on comprend en voyant ce pays aux 18 vallées, toute la pertinence de la présence du Chac ». Des propos qui se veulent rassurants alors qu’il va devoir rendre compte aux autorités de tutelle. « Il est fondamental de maintenir les « services MCO (médecine, chirurgie et obstétrie) pour asseoir le rôle d’hôpital de 1er recours et assurer des services de soin de qualité et de proximité ». Même s’il pose un regard réaliste quelles seront les évolutions de populations demain, celle de la natalité ? Reste une nécessaire adaptation dans l’organisation du travail au sortir de la crise Covid : « On ne gère plus un hôpital comme il y a 20 ans, surtout par rapport au rôle de l’ambulatoire, des voltigeurs. Il y a des évolutions notamment technologiques et même de l’organisation des urgences ».
Sans perdre de vue la question financière non plus : « On fait avec les moyens que l’on a ». Il retient aussi de son passage la solidarité de la communauté hospitalière, des techniciens, administratifs aux soignants et salue leur attachement à cet établissement comme celle des populations et des élus locaux ou de la médecine de ville. Un climat de confiance autour et au sein du Chac qu’il « faut rétablir ». En ce sens il met en avant « la stagiairisation (voie vers la titularisation) de 112 agents et soignants comme un moyen d’apaiser un mécontentement social ». Fort de sa mission de six mois son verdict est sans appel « La question de la fermeture du Chac ne se pose pas » C’est désormais Marie Dunyach, directrice du Chiva qui assure l’intérim en attendant le recrutement d’un nouveau directeur « en avril si tout va bien ». Un renforcement du GHT, du groupement hospitalier de territoire, que le partant voit aussi comme une « bonne expérience ».
Correspondant
Pénurie de médicaments : « On manque de tout », se désole le président du syndicat des pharmaciens du Tarn-et-Garonne
Arnaud Lignières est le président du syndicat tarn-et-garonnais des pharmaciens. DDM, Manu Massip, archives
Santé, Montauban, Tarn-et-Garonne
Publié le 01/01/2023 à 08:01 , mis à jour le 02/01/2023 à 11:44 https://www.ladepeche.fr/2023/01/01/penurie-de-medicaments-on-manque-de-tout-se-desole-le-president-du-syndicat-des-pharmaciens-du-tarn-et-garonne-10896152.php
l’essentiel
La pénurie de médicaments touche tous les départements. Dans le Tarn-et-Garonne, la situation est critique et si les pharmacies réussissaient à se débrouiller jusque-là, cela devient désormais impossible.
Arnaud Lignières, vous êtes le président du syndicat des pharmaciens du Tarn-et-Garonne, pouvez-vous nous dire quelle est la situation dans le département ? On entend parler de pénurie de médicaments, d’antibiotiques, de paracétamol, c’est aussi le cas pour vous?
Oui tout à fait. On manque de tout. Nous avons de plus en plus de ruptures. On manque surtout de formes pédiatriques mais pour les adultes ça commence aussi à être problématique. Jusqu’à maintenant c’était surtout le paracétamol pour les enfants dont nous manquions.
Pour les antibiotiques, on manque un peu de tout. On cherche quels antibiotiques on peut donner à la place de ceux manquants… Le problème est le même partout en Europe. Il n’y a pas de fabrication et quand il y a des médicaments, nous sommes les derniers servis.
Depuis quand ce problème existe-t-il?
Ça ne date pas d’aujourd’hui. Cela fait des mois que nous avons des soucis de rupture mais jusque-là on arrivait à jongler, à proposer d’autres médicaments à la place de ceux manquants, à proposer des génériques, etc. Mais là, tout manque….c’est très compliqué.
Les pharmacies ont-elles la possibilité de fabriquer certains médicaments?
Certaines pharmacies spécialisées dans la région peuvent en effet fabriquer quelques formes pédiatriques mais encore faut-il qu’il leur reste de la matière première pour le faire. L’hôpital de Montauban a communiqué une procédure pour diluer du paracétamol pour adultes pour en faire des doses pédiatriques. Mais ça reste très tendu.
Quelles sont les solutions que vous pouvez mettre en œuvre pour pallier ces ruptures?
Les ruptures sont internationales. On ne peut qu’attendre que cela s’améliore. Et cela ne va sûrement pas s’arranger dans les mois à venir. Janvier et février risquent d’être encore plus compliqués.
Que vous disent les patients? Ils comprennent la situation?
Les patients sont très compréhensifs. Ils voudraient bien sûr que tout soit fabriqué en France….
L’ANSM donne des conseils pour limiter les tensions d’approvisionnement du paracétamol
« L’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), le Collège de la médecine générale (CMG) et les syndicats de pharmaciens (FSPF et USPO) formulent des recommandations afin de modérer l’utilisation de paracétamol et permettre ainsi aux patients qui ont un besoin immédiat de pouvoir en bénéficier. La production a été optimisée pour permettre un approvisionnement continu sur l’ensemble du territoire », précise l’organisme sur son site.
« Un contingentement quantitatif est en place depuis le mois de juillet 2022 pour l’approvisionnement des pharmacies de ville. Dans la mesure du possible, adaptez la dispensation selon les besoins individuels de vos patients, conseille l’ANSM aux pharmaciens. En l’absence de prescription, limitez la dispensation à deux boîtes par patient. Privilégiez la dispensation sur ordonnance, interrogez vos patients sur leur état et adaptez la dispensation à leurs besoins réels. Ceci tout particulièrement en cas de prescription d’une quantité importante de paracétamol ».
Émilie Lauria
suivre ce journaliste
Carcassonne. Urgences : comment l’hôpital s’est adapté à la fermeture de Montréal
ABONNÉS
Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, les urgences du centre hospitalier seront à nouveau susceptibles de prendre en charge les patients qui se seraient rendus à la polyclinique Montréal. NATHALIE AMEN-VALS
Publié le 27/12/2022 à 05:10 https://www.ladepeche.fr/2022/12/27/urgences-comment-lhopital-sest-adapte-a-la-fermeture-de-montreal-10891049.php
l’essentiel
La polyclinique Montréal, confrontée à des difficultés d’effectifs, avait annoncé la semaine passée la fermeture de son service d’urgences de 20 h à 8 h pour les nuits du 24 au 25 décembre et du 31 décembre au 1er janvier. La soirée de Noël ne semble pas avoir causé d’impact massif sur la fréquentation des urgences du centre hospitalier.
Le 23 décembre, c’est par un communiqué que la polyclinique Montréal annonçait son « impossibilité de maintenir son service d’urgences ouvert pour les nuits du 24 au 25 décembre et du 31 décembre au 1er janvier », avec une fermeture de 20 h à 8 h. Une décision liée à « la pénurie nationale de médecins urgentistes », précisait la direction de l’établissement du groupe Elsan, pour expliquer une « réorganisation qui a été concertée avec l’agence régionale de santé (ARS) et le centre hospitalier de Carcassonne ».
Directrice adjointe et responsable des ressources humaines et de la politique sociale de l’hôpital carcassonnais, Emmanuelle Prot, précisait hier que la « maison médicale de garde avait également été associée à cette concertation » : logique, puisque le site, dont la fréquentation a doublé, était tout comme le centre hospitalier susceptible de subir d’éventuels reports de patients qui auraient trouvé porte close à la polyclinique. Mais au surlendemain de la 1re nuit concernée, Emmanuelle Prot livrait un premier bilan écartant l’idée d’un report massif d’activité nocturne : « Nous avons fait un premier bilan avec la polyclinique par téléphone ce matin, et devons nous voir mercredi 28 pour évoquer l’impact plus en détail, mais aussi préparer la soirée du 31 décembre. La clinique Montréal nous a dit avoir réorienté vers nos deux personnes qui s’étaient présentées physiquement, et avoir invité à contacter le 15 des patients qui avaient appelé la clinique. »
108 passages aux urgences la journée de samedi, mais 128 le vendredi et 124 le dimanche 25
Si les urgences du centre hospitalier de Carcassonne ont vu leur activité« s’accroître après 20 h » samedi soir, difficile cependant de faire « un lien direct » avec la situation de la polyclinique. Demeure donc le sentiment global d’un impact réduit d’autant que, précise Emmanuelle Prot, « la journée de samedi, avec 108 passages, n’a pas été la plus chargée pour les urgences et le Samu. La fréquentation a été beaucoup plus conséquente vendredi 23 et dimanche 25, avec 128 et 124 passages. Reste désormais à attendre le verdict de la nuit de la Saint-Sylvestre, traditionnellement plus pourvoyeuse d’accidents, de la route ou domestiques, tout en appelant à respecter le « bon usage des urgences » (lire ci-dessous).
Philippe Süss, directeur de la polyclinique Montréal, également joint ce lundi 26 décembre, espérait bien que les statistiques ne seraient pas démenties dans quelques jours : « L’an passé, pour la soirée du 31 décembre 2021, nous avions eu six passages entre 20 h et 8 h. En moyenne sur l’année, sauf exceptions ou pics, nous avons 58 à 60 passages sur 24 heures dans nos urgences, dont 8 à 10 entre 20 h et 8 h. C’est parce que nous avons traditionnellement moins d’activité sur ces périodes et ces créneaux nocturnes que nous avons anticipé ces hypothèses de fermeture. On sait que l’impact zéro n’existe pas : mais l’objectif est qu’il y en ait le moins possible sur l’accès aux soins des patients, et sur les autres structures que sont le centre hospitalier et la maison médicale de garde, qui est déjà à saturation. »
Alors qu’approche la 2e nuit de fermeture nocturne, Philippe Süss insiste sur la « vraie volonté médicale de fonctionner comme on l’a toujours fait. C’est la première fois que l’on est obligé de mettre en place des fonctionnements dégradés » . Pour éviter de nouveaux recours à la mesure, la polyclinique poursuit donc ses recherches : « Aujourd’hui, nous avons trois équivalents temps plein de médecins urgentistes. Il en faut 4, voire 4,5 pour assurer un planning en toute sérénité. On a des pistes très sérieuses, mais le contexte est de plus en plus compliqué. Et il y a peu de spécialités qui ne sont pas touchées. »
Les bons réflexes rappelés par l’ARS : « Toujours téléphoner avant de se déplacer »
Le 22 décembre, l’ARS Occitanie réunissait « l’ensemble des représentants des établissements hospitaliers publics et privés, et des professionnels de santé libéraux » : l’occasion de les inviter à « un fonctionnement solidaire et coordonné de leurs activités, afin de garantir un accès aux soins aussi fluide que possible ».Mais c’est aussi aux potentiels patients que l’ARS avait rappelé dans un communiqué les principes d’un « recours adapté aux soins imprévus et urgents », avec un premier « bon réflexe » : « toujours téléphoner avant de se déplacer ». Et de préciser que « le premier réflexe consiste en priorité à contacter son médecin généraliste », tout en complétant : « En dehors des horaires habituels d’ouverture des cabinets médicaux, d’autres dispositifs de permanence permettent de répondre à des besoins de soins imprévus. » Autant de services réunis dans une cartographie interactive sur le site de l’ARS Occitanie.« En cas de doute, d’urgence, ou de besoin d’un avis médical, le bon réflexe est toujours d’appeler le 15 avant de se déplacer », complétait l’ARS : « Au centre de régulation téléphonique, un médecin apprécie le degré de gravité de chaque situation et oriente le patient vers la solution la plus adaptée à la situation. »
A. Ca.
Castelnaudary – La maison de santé Andréossy bientôt dans de nouveaux locaux, mais départ de 3 médecins
Une visite de fin de travaux avec les futurs occupants. photo GLADYS
Publié le 21/12/2022 à 05:12 https://www.ladepeche.fr/2022/12/21/la-maison-de-sante-andreossy-bientot-dans-de-nouveaux-locaux-10881587.php
l’essentiel
La maison de santé pluriprofessionnelle multisites (MSAP) d’Andréossy va déménager à quelques pas de son actuel emplacement, rue du général Rollet.
Elle était installée dans ce qui était l’infirmerie de l’ancien lycée professionnel. La maison de santé Andréossy va emménager à quelques mètres de là, dans l’ancien internat, pour le coup entièrement refait à neuf. Les trois médecins généralistes qui l’occupent actuellement assureront les consultations dans le nouvel espace au tout début de l’année prochaine, dès le 2 janvier.
Déménagement dans les jours à venir
« Durant la période d’entre les fêtes, nous allons procéder au déménagement », explique Philippe Greffier, premier adjoint au maire à propos de cette première phase de travaux d’un projet dont le coût total s’élève à 900 000 € pour lesquels Région, Département et Etat vont être sollicités pour apporter leur écot. Les Dr Piponnier, Alberto-Caille et Espéron recevront ici leur patientèle dans des locaux spacieux, fonctionnels et lumineux de plus de 350m².
Un projet de 900 000 €
Dès janvier aussi, la phase 2 de ce projet pourra, à son tour, commencer puisque les professionnels de santé paramédicaux – psychologues, podologue, infirmières, sage-femme – de la MSAP intégreront les locaux désormais vides du cabinet médical en attendant que soit refait à neuf le bâtiment tout proche qui les accueillera, au mois de juin prochain, qui, lui, s’étendra sur 300m² de plus.
Arrivée d’un ophtalmologiste
Quant au bâtiment que ces professionnels de santé laisseront à leur tour, un ophtalmologiste toulousain est sur le point d’en faire l’acquisition. On espère un démarrage de ses consultations aux environs du mois de septembre.
Au-dessus de son cabinet, il est prévu de loger les internes en médecine qui sont aujourd’hui hébergés aux Fontanilles. « Nous aurons ainsi un pôle santé cohérent, à deux pas du centre hospitalier, en complément des deux autres : l’hôpital et la maison de santé Antoine-Marfan qui se trouve près de la gare », poursuit Philippe Greffier.
À la recherche de solutions pour pallier trois départs
Des bonnes nouvelles qui ne tempèrent toutefois pas l’inquiétude de la Ville qui voit, dès ce 1er janvier, la cessation d’activité de trois de ses médecins. Une situation qui risque de s’avérer compliquée pour les médecins en exercice. Côté élus, on réfléchit à des solutions pour les accompagner.
« Nous allons voir comment aider les secrétariats médicaux à faire face à l’afflux de coups de fil des Chauriens inquiets afin de leur expliquer de ne pas s’inquiéter, que des recherches de solutions sont en cours », explique M. Greffier.
L’élu évoque des pistes de travail à moyen terme, auxquelles la collectivité s’est déjà attelée. « Nous essayons de trouver de nouveaux médecins, ce qui est fait ici, en lien avec l’accueil des internes et le travail réalisé par les médecins qui sont maîtres de stage. Nous sommes aussi en train de réfléchir avec la CPTS (NDLR : communauté professionnelle territoriale de santé) à faire l’acquisition d’outils de e-santé et de voir d’équiper éventuellement la maison de santé de chariot de télémédecine, facilitant les consultations à distance, ce qui permettrait de dégager du temps pour les médecins.
Gladys Kichkoff
La Dépêche du midi
Grippe : « Les urgences sont saturées partout »… les médecins et le gouvernement tirent la sonnette d’alarme
L’épidémie de grippe, très virulente, fait saturer les hôpitaux. DDM – Laurent Dard
Grippe saisonnière, Santé, France – Monde
Publié le 26/12/2022 à 09:45 , mis à jour à 10:23 https://www.ladepeche.fr/2022/12/26/grippe-les-urgences-sont-saturees-partout-les-medecins-et-le-gouvernement-tirent-la-sonnette-dalarme-10889666.php
l’essentielAlors que l’ensemble du territoire métropolitain est en phase épidémique de grippe, les médecins constatent la saturation des hôpitaux et le ministre de la Santé, François Braun, évoquent une situation « critique au niveau du système de santé ».
Depuis le 14 décembre, toutes les régions de France métropolitaine sont placées en phase épidémique de grippe. Et ce mercredi 21 décembre, dans son bulletin hebdomadaire, Santé publique France s’alarme de la « poursuite de l’augmentation des indicateurs de la grippe dans toutes les classes d’âge » et pointe la « très forte augmentation des hospitalisations dans toutes les classes d’âges ».
A lire aussi : Situation sanitaire : covid stable, grippe en hausse, bronchiolite en décrue
« Ça déborde de partout »
« La situation est extrêmement tendue dans les hôpitaux », confiait, jeudi 23 décembre sur BFMTV Rémi Salomon, chef du service néphrologie pédiatrie à l’hôpital Necker de Paris. « Les urgences sont saturées partout, ça déborde de partout (…) On a l’impression d’être maltraitant ». Le médecin évoque une situation très inquiétante outre-Atlantique : « La grippe est en train de monter très fort. Aux États-Unis, où ils ont quelques semaines d’avance sur nous, ça a été terrible. C’est une grippe dont on peut décéder quand on est fragile ».
Un appel à la vaccination
De son côté, le ministre de la Santé, François Braun, a évoqué jeudi soir une situation « critique au niveau du système de santé » en raison de la triple épidémie hivernale de Covid-19, de bronchiolite et de grippe, qui pèse sur des services d’urgences « saturés ».
« Notre système de santé est particulièrement en tension en ce moment, avec les Samu qui ont une augmentation de 30 à 40% du nombre d’appels », a relevé le ministre de la Santé ce jeudi soir devant des journalistes. « Tout le monde se mobilise dans une espèce d’union sacrée qui est remarquable », a-t-il salué, en prédisant une situation « encore plus compliquée la semaine prochaine ». « Nous avons un cap extrêmement difficile à passer », a-t-il noté, en invitant toutes les personnes fragiles à se faire vacciner contre la grippe et le Covid-19.
Un hôpital sur le point « de s’écrouler »
Un collectif de plus de 5000 médecins, soignants et agents hospitaliers a appelé, mercredi 22 décembre, dans une tribune l’exécutif à agir d' »urgence » face à un hôpital public « en train de se fissurer et bientôt de s’écrouler », incapable selon eux « d’amortir la moindre crise sanitaire ».
François Braun a promis jeudi soir qu’il entamerait « dès le mois de janvier la réforme globale de notre système de santé, territoire par territoire », à l’issue des travaux du Conseil national de la refondation (CNR).
« Je remercie l’ensemble des professionnels et je leur dis que nous sommes mobilisés, et que nous allons prendre à bras-le-corps le système de santé pour le réformer », a-t-il assuré.
Grève des médecins généralistes : le SAMU croule sous les appels
Les services du SAMU ne peuvent pas répondre à tous les appels. DDM Illustration – SEBASTIEN LAPEYRERE
Hôpital, Coronavirus – Covid 19, Grippe saisonnière
Publié le 28/12/2022 à 09:36 https://www.ladepeche.fr/2022/12/28/greve-des-medecins-generalistes-le-samu-croule-sous-les-appels-10892785.php
l’essentiel
Impactés par la grève des médecins généralistes et confrontés à une triple épidémie, les services du SAMU sont saturés.
Les services du Samu ne peuvent pas répondre à tous les appels des malades qui se tournaient traditionnellement vers leurs médecins traitant en premier recours, constate BFMTV. La grève des généralistes vient s’ajouter à la triple épidémie de Covid-19, grippe saisonnière et bronchiolite, et à un manque patent de personnel.
A lire aussi : Les médecins libéraux de nouveau appelés à une semaine de grève dès ce lundi
Le lundi 26 décembre, au centre 15 du Samu des Bouches-du-Rhône, 3400 appels ont été reçus. Certains malades ont dû attendre plus de 45 minutes avant de pouvoir parler à un médecin au téléphone.
« Ce n’était pas la bonne période »
« On demande des renforts aux médecins libéraux qui régulent. Moi aussi je me suis mis au poste parce qu’il fallait renforcer la régulation », explique à BFMTV le docteur Puget, directeur médical du Samu de Marseille. « Le ministre condamne fermement l’appel à la grève »
La grève des médecins libéraux a été dénoncée par le président de l’association Samu-Urgences de France. « Lancer un mouvement de grève alors que le système de santé est en souffrance et avec une épidémie forte, c’est mettre en difficulté toute une part de la population qui ne trouvera pas de réponse à leur demande de soins », avertit Marc Noizet sur RMC. « Ce n’était pas la bonne période. Tous les soignants qui le peuvent doivent être au chevet des patients », expliquait-il.
De même, ce 28 décembre, le ministre de la Santé François Braun a qualifié de « malvenu » le mouvement des médecins libéraux.
Covid-19 : en trois ans de pandémie, combien de personnes sont réellement mortes à cause du virus ?
Les autorités sanitaires mondiales affirment qu’au moins 6,65 millions de décès liés au Covid-19 ont été recensés. AFP
Coronavirus – Covid 19, International, France – Monde
Publié le 31/12/2022 à 07:01 https://www.ladepeche.fr/2022/12/31/covid-19-en-trois-ans-de-pandemie-combien-de-personnes-sont-reellement-mortes-a-cause-du-virus-10896595.php
l’essentiel
En trois ans de pandémie, les autorités sanitaires mondiales peinent encore aujourd’hui à dénombrer le nombre de victimes du Covid-19. À ce jour, près de 6,65 millions de décès liés au virus ont été dénombrés.
Un tournant dans nos vies. Il y a trois ans, le SARS-CoV-2 – plus connu sous le nom de Covid-19 – bouleversait le monde. Le virus s’est propagé à travers le monde, a contaminé des millions de personnes… et s’est avéré fatal pour un grand nombre de malades. Et en plus de 150 semaines de pandémie, les principaux acteurs mondiaux de la santé peinent encore aujourd’hui à évaluer le réel impact que ce virus a eu sur la mortalité dans le monde.
A lire aussi : Covid-19 : la situation sanitaire en Chine pourrait-elle aggraver la pénurie de médicaments en France ?
Aujourd’hui encore, des données manquent et les comptages divergent mais les experts s’accordent à dire que le virus a causé beaucoup plus de décès que les chiffres officiels. Les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) font état de 6,65 millions de décès rapportés à ce jour. Mais plusieurs équipes de chercheurs dans le monde, y compris l’OMS et des organes de presse comme The Economist « convergent pour estimer entre 18 et 20 millions le nombre de décès réels du Covid en 2020 et 2021, et ces chiffres sont peut-être encore sous-estimés », déclare l’épidémiologiste Antoine Flahault.
Un fort « excès de mortalité »
En mai, l’OMS a estimé que la pandémie de Covid-19 a été responsable de la mort de 14,83 millions de personnes entre le début 2020 et la fin 2021, soit près de trois fois plus que les décès rapportés par les différents pays du monde pendant cette période. Leur estimation se base sur la mesure de « l’excès de mortalité », défini comme la différence entre le nombre de décès réels et le nombre de décès estimés en l’absence de pandémie. La surmortalité comporte aussi bien les décès directement provoqués par la maladie que ceux qui l’ont été indirectement.
A lire aussi : Explosion des cas de Covid-19 en Chine : la France met en place des mesures de restrictions à destination des voyageurs venant du pays
L’Inde aurait été le pays ayant le plus contribué à cette surmortalité avec 4,74 millions de décès estimés, selon ce modèle de calcul dont la méthodologie est cependant très contestée par New Dehli. La Russie suivrait (1,03 million). Mais c’est en Amérique du Sud que le modèle trouve les plus grands écarts entre le nombre de décès attendu et le nombre réel estimé. Au Pérou, par exemple, les chiffres de la surmortalité auraient été deux fois plus importants qu’en temps normal.
La Chine pourrait ajouter un lourd tribut
Selon l’IHME (Institut pour la mesure et l’évaluation de la santé), basé à Seattle, qui propose des projections de l’évolution de la mortalité, le nombre de morts en Chine pourrait s’élever à environ 300 000 d’ici au 1er avril, et à plus d’un million en 2023. Dans ce pays, un grand nombre de personnes n’ont en effet jamais été immunisées en raison de la politique du « zéro Covid » et la population reste peu vaccinée.
L’expérience de Hong Kong, où 10 000 personnes sont mortes dans les premiers mois de la vague d’Omicron, laisse présager un taux élevé de décès. La semaine dernière, les autorités chinoises ont précisé que seules les personnes décédées directement d’une insuffisance respiratoire liée au Covid-19 étaient désormais comptabilisées dans les statistiques, un changement de méthodologie susceptible de sous-évaluer les morts réels.
Pourquoi il est difficile de compter les morts
Le nombre de décès du Covid reste un sujet sensible, qui a été sous-évalué dans certains pays, minoré dans d’autres, notamment au début de la pandémie. En cause également, des données parcellaires voire inexistantes pour certains pays. « Pour près de la moitié des pays du monde, le suivi de la surmortalité n’est pas possible avec les données disponibles », relèvent des chercheurs de l’OMS dans un article publié dans Nature.
A lire aussi : Covid-19 : faut-il craindre l’apparition de nouveaux variants avec la fin des mesures de restrictions en Chine ?
En Afrique notamment, les données mensuelles sur les causes de décès n’ont pu être fournies que par six pays sur 47. Attribuer une mort au Covid reste par ailleurs un exercice difficile. « Lorsque le décès a lieu dans un hôpital d’un pays très développé, où le diagnostic de Covid a été établi avant, il est possible d’imputer (ou non) la cause au virus, mais en ville ou parfois en maison de retraite, le médecin ne dispose généralement pas de beaucoup d’informations pour le guider », souligne Antoine Flahault.
Robin Serradeil avec AFP