Une grosse bévue du Président dans son discours des voeux qui témoigne , oh combien, il est éloigné des préoccupations environnementales.

« Qui aurait pu prédire la crise climatique ? » : Macron accusé de « déconnexion » sur l’écologie

Des scientifiques et des membres de l’opposition reprochent au chef de l’Etat d’avoir prononcé une phrase maladroite, lors de ses vœux aux Français, samedi, sous-entendant que la crise climatique actuelle était imprévisible. 

Par Matthieu Goar

Publié aujourd’hui à 05h45, mis à jour à 09h38 https://www.lemonde.fr/politique/article/2023/01/03/emmanuel-macron-et-le-climat-un-discours-qui-rate-sa-cible_6156389_823448.html

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Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée du 31 décembre 2022.
Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée du 31 décembre 2022.  JULIEN DE ROSA / AFP

Même lors des vœux, exercice souvent anodin, il faut se méfier du poids des mots. Samedi 31 décembre 2022, Emmanuel Macron a prononcé une petite phrase très mal reçue par de nombreux acteurs de la cause climatique.

S’étonnant de l’aspect « singulier » de ces allocutions qui « obligent à parler d’un futur qu’en vérité on ne connaît pas », le président de la République revient d’abord sur les crises de l’année écoulée. « Qui aurait pu prédire la vague d’inflation, ainsi déclenchée ? Ou la crise climatique aux effets spectaculaires encore cet été dans notre pays ? »,s’interroge le chef de l’Etat. Après de longs passages sur les retraites et la nécessité de travailler plus, il ne reparlera ensuite qu’à une seule reprise de cette thématique, en affirmant que la « transition écologique est une bataille que nous devrons gagner ».

A peine quelques minutes consacrées à un des enjeux du siècle, une remise en question de la prévisibilité du réchauffement planétaire… Les mots présidentiels ont aussitôt été perçus comme un symptôme de déconnexion par plusieurs experts. « “Qui aurait pu prédire la crise climatique ?” C’est amusant, c’est exactement une de mes boutades préférées pour moquer les politiciens qui vivent hors du réel », a tweeté Gonéri Le Cozannet, géologue et coauteur du dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

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La paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte, invitée à l’Elysée le 31 août 2022 pour sensibiliser le gouvernement, a, elle, repris la petite phrase des vœux tout en relayant des documents du dernier rapport du GIEC sur les conséquences du réchauffement en Europe. « C’est un discours qui rate le sens de l’histoire. Il aurait pu être tenu dans les années 1980, pas en 2022 »a déclaré à Franceinfo Magali Reghezza-Zitt, géographe et membre du Haut Conseil pour le climat (HCC), créé en 2018 par M. Macron.

« Macron agit en tacticien, pas en stratège »

« C’est consternant, et ç’a été droit au cœur de tous ceux qui travaillent sur ces sujets, analyse Matthieu Auzanneau, directeur du Shift Project, un groupe de réflexion voué à dessiner les contours d’une France décarbonée. Le protocole de Kyoto date de 1997, Jacques Chirac a parlé de “notre maison qui brûle” il y a plus de vingt ans… Il faut être totalement inconséquent pour écrire, puis prononcer ce genre de phrases. Le plus inquiétant est de dire la même chose de l’inflation, qui a commencé en septembre 2021 et est aussi un symptôme de la raréfaction des ressources. Cela veut dire que la personne la mieux informée de France ne comprend pas les ressorts structurels de ces crises qui sont toutes liées et ne sont pas conjoncturelles. Il se paie de mots, agit en tacticien et pas en stratège. »

Sollicité par Le Monde, l’Elysée n’a pas souhaité réagir et n’a pas précisé les conditions d’écriture des vœux. Impossible de savoir si Emmanuel Macron a rédigé lui-même cette partie. « Ça peut être vu par certains comme maladroit. Il a surtout voulu exprimer ce que les Français ont ressenti, c’est-à-dire une accélération des phénomènes que même certains scientifiques n’avaient pas envisagé voir arriver à cette vitesse, décrypte le député européen macroniste Pascal Canfin. Mais ce serait vraiment un faux procès d’en conclure qu’il n’est pas conscient de la situation. »

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Cette expression présidentielle arrive à un moment particulier. Pendant les vacances de fin d’année, le thème du réchauffement s’est de nouveau invité dans les médias, avec des records de chaleur mensuels battus dans de nombreux territoires (24 °C à Dax, 23 °C à Biscarrosse dans les Landes).

Météo-France devrait annoncer cette semaine que 2022 a été l’année la plus chaude depuis le début des relevés. Et l’opinion publique reste marquée par les canicules, la sécheresse et les incendies de l’été, le plus chaud jamais enregistré sur le continent européen selon le service européen Copernicus, dépassant de 0,4 °C le record établi en… 2021.

Les oppositions montent au créneau

A la décharge d’un chef de l’Etat estomaqué des « effets spectaculaires », même certains météorologues s’étaient étonnés de la virulence des pics de chaleur en juillet et en août 2022. Sa naïveté affichée quant à l’imprévisibilité de la crise mondiale est plus étonnante. Le premier rapport du GIEC date de 1990. Depuis, vingt-sept conférences des Nations unies sur les changements climatiques (COP) ont eu lieu. Récemment, le GIEC a publié, entre août 2021 et avril 2022, les trois volets de son sixième rapport d’évaluation. Dans le premier volet, consacré à la physique des changements climatiques, les experts alertaient sur les « changements rapides dans l’atmosphère, les océans, la cryosphère et la biosphère » et notaient que les événements extrêmes, comme les canicules, les pluies diluviennes ou les sécheresses, étaient devenus plus fréquents et plus intenses.

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Dans la foulée, les oppositions sont, elles aussi, montées au créneau pour souligner l’inconséquence du chef de l’Etat. « Je suis tombée de ma chaise, assène Marine Tondelier, secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Ces mots sont écrits, lus, relus par son équipe, puis prononcés par le président de la République… Que personne ne voie le problème démontre une déconnexion entre le pouvoir et les scientifiques et les écologistes, préoccupés par tout ça depuis des années, mais aussi avec la jeunesse, inquiète pour son futur. »

« C’est absolument scandaleux. En remettant en cause le côté prévisible du réchauffement, il se place du côté des climatosceptiques, affirme Aurélie Trouvé, députée (La France insoumise, LFI) de Seine-Saint-Denis et cheffe de file de son groupeen ce qui concerne le projet de loi sur les énergies renouvelables. Cette phrase a un sens politique. Il prépare ses renoncements et son irresponsabilité, alors que ça fait six ans qu’il est au pouvoir. Il ne peut pas dire qu’il ne pouvait pas prévoir les trajectoires. »

Défendre une approche pragmatique

Alors que des premières échéances arrivent vite, avec le vote du texte sur les énergies renouvelables à l’Assemblée nationale, le 10 janvier, cette sortie jette une nouvelle ombre sur les engagements de l’Elysée en la matière.

Lors de la campagne présidentielle, le candidat Macron avait semblé vouloir prendre un virage. Le 16 avril 2022, à Marseille, il avait décrit la transition écologique comme le « combat du siècle » et avait terminé son discours par une promesse : « La politique que je mènerai dans les cinq ans à venir sera donc écologique ou ne sera pas. » Depuis, il a mis en place une nouvelle architecture, avec un secrétariat général à la planification écologique à Matignon.

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Mais, malgré une intervention crépusculaire en début du conseil des ministres du 24 août 2022 sur « la fin de l’abondance », il n’a jamais prononcé un discours fondateur depuis le début de son second mandat. Plutôt que de construire une doctrine ou un récit global sur le sujet, M. Macron préfère défendre une approche pragmatique où il mélange la sobriété, le pari des innovations et la croissance économique. « C’est le “en même temps” du nucléaire et du renouvelable, qui permet d’accompagner l’autre “en même temps”, qui est la réduction de notre consommation et l’électrification de nos pratiques », a-t-il ainsi résumé dans une des deux vidéos YouTube qu’il a consacrées à l’écologie, à la fin de l’automne.

« Macron éprouve une très grande difficulté à exister et à être légitime sur cette thématique, selon Emmanuel Rivière, directeur international pour les études politiques de l’institut Kantar Public. Sur le climat, faire du “en même temps” donne le sentiment de diluer la réponse, alors que les gens sont soumis à de multiples opinions et informations. Dans ce contexte, les postures saillantes émergent plus facilement. »

« La question climatique s’est installée dans l’opinion »

A mots couverts, certains écologistes de la majorité doutent de plus en plus des ambitions climatiques du chef de l’Etat et misent sur Elisabeth Borne, chargée de la planification, pour mener à bien la concrétisation des projets face à des Français toujours très attentifs à ce sujet.

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Tout en haut des enquêtes d’opinion après l’été 2019, la question climatique a certes été dépassée dans les préoccupations par le pouvoir d’achat et la guerre en Ukraine. Mais elle se maintient – c’est la quatrième préoccupation des Européens dans l’eurobaromètre publié en septembre 2022.

« Il y a un effet cliquet, le sujet s’est installé dans l’opinion, estime Pierre Cazeneuve, député (Renaissance) des Hauts-de-Seine. Les Français se rendent bien compte que le climat est lié, d’une façon ou d’une autre, à beaucoup de faits d’actualité, comme notre dépendance à certains pays avec les énergies fossiles ou l’inflation. Il y a une prise de conscience que la fin du mois et la fin du monde s’entremêlent. Dans notre majorité aussi, il y a de plus en plus de députés qui croient qu’il peut y avoir une troisième voie écologique. » Reste à convaincre, maintenant, certains scientifiques un peu refroidis par ce réveillon

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Matthieu Goar

*La planification écologique est-elle compatible avec le macronisme ?

Conséquence directe de la guerre en Ukraine, le plan de sobriété, présenté jeudi par Elisabeth Borne, est une solution d’urgence pour éviter les coupures. Mais aussi la première marche de l’ambition affichée du second mandat d’Emmanuel Macron. 

Par Matthieu GoarPublié le 07 octobre 2022 à 06h16, mis à jour le 07 octobre 2022 à 13h59

https://www.lemonde.fr/politique/article/2022/10/07/la-planification-ecologique-est-elle-compatible-avec-le-macronisme_6144778_823448.html

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Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition énergétique (à gauche) et Stanislas Guerini, ministre de la transformation et de la fonction publiques, lors de la présentation du plan de sobriété énergétique, à Paris, le 6 octobre 2022.
Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition énergétique (à gauche) et Stanislas Guerini, ministre de la transformation et de la fonction publiques, lors de la présentation du plan de sobriété énergétique, à Paris, le 6 octobre 2022.  AGNES DHERBEYS / MYOP POUR «LE MONDE»

Un plan pour l’hiver ou la première étape du monde d’après ? En conclusion de la présentation des mesures de sobriété dévoilées jeudi 6 octobre, Elisabeth Borne n’a pas tergiversé. « La baisse de la consommation d’énergie doit s’inscrire dans le temps long, a déclaré la cheffe du gouvernement. C’est une nouvelle manière de penser et d’agir. Ce n’est pas une question de principe ou d’idéologie. Il en va de notre transition écologique. » Conséquence directe de la guerre en Ukraine, le plan de sobriété est une solution d’urgence pour éviter les coupures. Mais aussi la première marche de l’ambition affichée du second mandat d’Emmanuel Macron : mettre en place la planification écologique pour diriger la France vers un point d’arrivée crucial, la neutralité carbone en 2050.

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Loin du rêve de la « start-up nation » de 2017, la planification écologique macroniste a émergé, le 16 avril, à Marseille. Chemise blanche, manches retroussées, le président sortant fait bifurquer sa campagne vers un autre horizon. « Nous devons réconcilier tout le pays par un changement de paradigme, lance-t-il sur les hauteurs du Pharo. La politique que je mènerai dans les cinq ans à venir sera donc écologique ou ne sera pas. » Et le président-candidat donne corps à son ambition. Pour gagner ce « combat du siècle », son ou sa prochaine premier(première) ministre « sera directement chargé(e) de la planification écologique » parce que « c’est la politique des politiques ».

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En plein entre-deux-tours, les observateurs et ses opposants y voient une manœuvre pour récupérer les voix de la gauche, alors que Jean-Luc Mélenchon défend cette idée depuis une dizaine d’années. En réalité, le terme de planification écologique était déjà présent à la page 15 de son programme. Et l’idée cheminait depuis 2019. Quelques mois après la crise des « gilets jaunes » et à l’issue du grand débat, l’ancienne plume du président, Jonathan Guémas, avait sondé plusieurs acteurs climatiques sur ce sujet. Lors de ses vœux, le 31 décembre, le chef de l’Etat avait alors esquissé une « stratégie sur plusieurs années » pour « réduire nos émissions » tout en réindustrialisant. Ce qui aboutira à la création du Haut-Commissariat au plan, le 1er septembre 2020. Un premier palier.

« Un changement de culture »

Depuis, l’architecture souhaitée par Macron et suggérée depuis longtemps par des figures de la majorité (l’ancienne ministre de la transition écologique Barbara Pompili, le député européen Pascal Canfin, etc.) s’est mise en place. Matignon chapeaute la planification en lien avec deux ministères : celui de la transition énergétique et celui de la transition écologique.

Et, dès le 20 mai, Antoine Pellion a été nommé secrétaire général à la planification écologique (SGPE) pour coordonner l’ensemble. Dans son bureau, en face de Matignon, il travaille maintenant avec quinze collaborateurs. « C’est à la fois un sujet transversal avec un nombre de mesures importantes et un sujet de court et de long terme, résume-t-il. Nous travaillons avec tous les ministères avec des feuilles de route que nous voulons réactualiser en permanence. » Le SGPE a décidé de se pencher sur six thèmes, en reprenant les sujets de la convention citoyenne pour le climat (se nourrir, se loger, travailler, se déplacer, consommer) et en en ajoutant un, la préservation des écosystèmes, et a identifié vingt chantiers.

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Installé au cœur de la machine gouvernementale, le SGPE, qui souhaite avoir un référent climat dans chaque cabinet ministériel, échange avec tous les membres du gouvernement. Des réunions pour le moment discrètes. Mais une promesse répétée à chaque fois : cette fois-ci, les arbitrages iront dans le sens du climat. « Le ministère de l’écologie a toujours fait un gros travail pour verdir les politiques publiques, mais il manquait de certains leviers, notamment la capacité à arbitrer, poursuit M. Pellion. C’est un changement de culture très réel et c’est pour cela que la première ministre est directement chargée de la planification écologique. »

« L’économie telle qu’elle est organisée par Macron ne peut pas intégrer cette vision de l’intérêt général à long terme », affirme la députée (LFI, Seine-Saint-Denis) Aurélie Trouvé

Officiellement, la Macronie au sens large s’est convertie à cette philosophie. « Dans des domaines stratégiques et non rentables à court terme, on a besoin d’investissements de l’Etat. Sans cette planification, la filière hydrogène ne se développerait pas », estime le ministre de l’économie, Bruno Le Maire. Plus interventionniste, la gauche mélenchoniste ne croit pas à la conversion de ce gouvernement. « C’est de la pure hypocrisie, un vernis vert, affirme Aurélie Trouvé, députée La France insoumise de Seine-Saint-Denis. L’économie telle qu’elle est organisée par Macron ne peut pas intégrer cette vision de l’intérêt général à long terme. Nous n’y arriverons pas sans contraintes, ce qui n’est pas le cas du plan de sobriété, par exemple. »Lire aussi l’analyse :  Article réservé à nos abonnés  La conversion contrainte d’Emmanuel Macron à la « sobriété »

Si l’architecture est en place, le contenu de la planification écologique est encore à définir. A la fin du mois d’août, après un été de canicules et d’incendies, M. Macron avait demandé à Elisabeth Borne de mettre en place un calendrier de la planification. L’exécutif planche toujours dessus, alors que plusieurs échéances se rapprochent – entre 2023 et 2024 devront être arrêtés la première loi de programmation quinquennale sur l’énergie et le climat, la stratégie nationale bas carbone, la programmation pluriannuelle de l’énergie et le plan national d’adaptation au changement climatique. Mais, malgré la sortie très sombre du chef de l’Etat sur la « fin de l’abondance », le 24 août, aucun grand discours politique n’a dessiné les étapes et les conséquences concrètes à moyen terme pour les entreprises, les ménages, etc.

Un sujet qui percute la politique

« L’architecture choisie est très intéressante, analyse Benoît Leguet, directeur général de l’Institut de l’économie pour le climat. Sauf qu’il manque le récit pour faire adhérer les gens, alors que la planification demande une vision globale : comment vivra-t-on dans une France bas carbone ? Il faut un retour de la politique au sens noble pour décrire ce bouleversement qui ne se fera pas avec quelques start-up. On parle quand même de la rénovation et de la transformation d’une vingtaine de millions de logements. »

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Sujet éminemment complexe, transversal et global, la planification percute la politique. Sur les aspects budgétaires classiques : comment trouver l’argent et qui paye ? Mais aussi sur la pratique du pouvoir. Comment décider en associant tout le monde et sans donner l’impression que l’Etat impose et s’expose à des frondes dans le « dernier kilomètre », si cher à M. Macron ?

« Le défi est immense, c’est une opération à cœur ouvert, où il s’agit de changer tout le système sanguin, décrypte Matthieu Auzanneau, directeur de The Shift Project, groupe de réflexion sur la transition énergétique. Faire de la planification en 2022 demande des évolutions dans la méthode de gouvernance. On ne peut plus être aussi jacobin, car on a besoin d’adapter, de prévoir à une ou deux décennies, mais aussi de corriger le tir en permanence, entre les bassins d’emplois, les filières. Pour cela, il faut une conversation démocratique de grande qualité. Il n’y a rien de tout cela pour le moment et beaucoup de faux-semblants. Mais, au pays de Descartes, nous ne sommes pas les moins armés pour rationaliser tout cela. »

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Au sein de la majorité, de plus en plus de voix aimeraient que Mme Borne dévoile vite un « plan vert » ou un « plan climat » qui donnerait le cap et les points d’étape. L’idée est toujours à l’étude. Mais le chemin d’un tel geste politique est escarpé : coordonner les secteurs, mettre en perspective le court et le long terme, ne pas être trop général, mais ne pas non plus tout détailler au risque de délivrer une feuille de route technocratique. « La planification, c’est quitte ou double : si ça marche, on met un réel coup d’accélérateur à la transition écologique. Si ça ne prend pas, on aura juste réussi à affaiblir le ministère de l’écologie », conclut Mme Pompili. Un pari à la hauteur des enjeux.

Matthieu Goar

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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