Les généralistes sont moins nombreux, mais on le savait !

Le nombre de médecins généralistes exerçant en cabinet a baissé de 11 % en dix ans

Parmi les revendications des médecins libéraux actuellement en grève figure le doublement du tarif de la consultation, pour encourager l’installation en ville et « éviter la fuite vers des pratiques plus attractives ». 

Par Publié aujourd’hui à 07h00, mis à jour à 10h40 https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/12/29/greve-des-medecins-liberaux-une-baisse-de-11-du-nombre-de-generalistes-en-cabinet-depuis-dix-ans_6155964_4355770.html

Temps de Lecture 2 min. 

Le collectif Médecins pour demain et plusieurs syndicats appellent à fermer les cabinets des médecins libéraux, depuis lundi 26 décembre jusqu’au lundi 2 janvier. La précédente mobilisation, les 1er et 2 décembre, avait entraîné une baisse d’activité de l’ordre de 30 % chez les généralistes, selon l’Assurance-maladie. Le collectif prévoit une journée de manifestation nationale à Paris le 5 janvier.

Leur principale revendication est le doublement du tarif de la consultation de base (passant de 25 à 50 euros) afin de créer un « choc d’attractivité pour que les jeunes médecins s’installent en médecine libérale » et d’« éviter également la fuite vers des pratiques plus attractives, moins contraignantes » ou à « l’étranger ». Des mesures incitatives fortes sont également demandées pour réduire les déserts médicaux vers une médecine de ville en manque d’effectifs.

Lire le décryptage : Une nouvelle grève des médecins libéraux malgré un appel du gouvernement à « l’union sacrée » des professionnels de santé

Depuis dix ans, le nombre de médecins généralistes exerçant exclusivement en cabinet a chuté de 11 %, passant de 64 142 en 2012 à 57 033 au 1er janvier 2022. Dans le même temps, le nombre de généralistes pratiquant à la fois en cabinet et à l’hôpital a presque doublé (de 4 780 à 8 437), ce qui a limité la baisse de l’ensemble des généralistes exerçant en cabinet à 5 % sur ces dix années.

Une étude récente de l’Association nationale des étudiants en médecine de France témoigne « d’une perte d’attractivité majeure pour la (…) médecine générale » ; parmi les étudiants qui s’étaient orientés vers celle-ci, plus d’un sur deux (50,4 %) remettent ce choix en question, et 7,7 % l’abandonnent.

Le phénomène s’est aggravé avec la création d’une quatrième année d’internat à réaliser en priorité dans les déserts médicaux : selon l’étude, 54 % des étudiants qui souhaitaient s’installer en tant que généraliste en France « réfléchissent de plus en plus à exercer en dehors du pays ».

84 médecins pour 100 000 habitants, contre 102 en 2012

Alors que la population française continue à croître, et à vieillir, depuis 2012, la densité de généraliste est en constant recul, passant de 101,7 à 84,34 médecins exerçant exclusivement en cabinet pour 100 000 habitants, et de 109,28 à 96,82 médecins pour 100 000 habitants en intégrant les généralistes pratiquant en cabinet et à l’hôpital.

Du côté des autres spécialités, le constat est similaire, bien que moins marqué, avec une baisse de 8,2 % des spécialistes pratiquant exclusivement en ville, qui se réduit à 4 % en intégrant les spécialistes exerçant à la fois en ville et à l’hôpital.

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques a publié une étude en mars 2021 sur la démographie médicale d’ici à 2050. Elle confirme une raréfaction de la pratique libérale depuis 2012, au profit d’un exercice mixte ou exclusivement salarié. En prenant l’hypothèse que ces comportements se poursuivent et à politiques législatives constantes (nombre de médecins formés par an et arrivée de médecins étrangers), le modèle prévoit une stagnation des effectifs jusqu’en 2030, avant une hausse assez importante jusqu’en 2050 : « Cette hausse se traduirait en partie par l’augmentation de l’exercice salarié, qui est le mode d’exercice à l’installation le plus souvent choisi par les médecins nouvellement diplômés. »

La projection fait état de 63 683 généralistes libéraux en 2030, 75 760 en 2040 et 89 007 à l’horizon 2050. Mais, en raison de l’accroissement de population, la baisse de la densité médicale se poursuivra jusqu’au milieu des années 2030, avant de retrouver son niveau actuel. De plus, cette baisse s’accompagnera d’une « hausse des besoins de soins induite par le vieillissement de la population », ajoute l’étude. La densité médicale devrait ensuite repartir à la hausse et dépasser le niveau de densité actuel de 23 % en 2050.

La série « En un graphique » des Décodeurs éclaire l’actualité sous forme visuelle. Retrouvez tous les articles dans notre rubrique.

Romain Imbach

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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