Les systèmes de santé craquent partout en Europe

« L’Europe confrontée à une crise d’ampleur de ses systèmes de santé »

Date de publication : 7 décembre 2022

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Marie-Cécile Renault relève dans Le Figaro que « mis à rude épreuve durant le Covid, les systèmes de santé européens ont résisté. Mais la pandémie a mis en lumière des faiblesses préexistantes. Au-delà de leurs modes d’organisation et de financement différents, ils se trouvent tous confrontés au moins à trois révolutions qui les plongent dans une profonde crise ».
La journaliste observe ainsi que « les systèmes de santé se trouvent tous confrontés au moins à trois révolutions qui les plongent dans une profonde crise. […] Les réseaux de soins craquent, par défaut de personnel, de financement ou par manque d’organisation, sous le poids des dépenses croissantes ».
Elle explique notamment que « l’Europe fait tout d’abord face à une transition démographique majeure liée au vieillissement de sa population. Non seulement les générations nombreuses du baby-boom arrivent au grand âge, mais, en plus, l’espérance de vie augmente ».
« Cette «transition épidémiologique» se traduit par des patients plus âgés, avec des pathologies chroniques et multiples, en plus grand nombre. En conséquence, les prises en charge sont de plus en plus complexes et nécessitent la coordination de nombreux acteurs, du sanitaire jusqu’au social », 
note Marie-Cécile Renault.
Jean de Kervasdoué, économiste de la santé, observe ainsi : « On ne meurt plus de maladie cardiaque à 70 ans, mais d’autres pathologies à 80 ans. Et, entre-temps, on se fait opérer de la cataracte, on subit un pontage, on se fait poser des stents, etc. ».
Marie-Cécile Renault ajoute que « l’autre grande mutation est scientifique, technique et numérique. De nouveaux médicaments et traitements, aux coûts élevés, apparaissent. Les progrès bouleversent aussi les façons d’exercer : les besoins en expertise et en compétence s’en trouvent accrus. La dernière mutation est de nature sociétale. Internet et les réseaux sociaux permettent aux patients de se renseigner sur leur maladie, leur traitement, et de participer aux choix qui les concernent. Entre vieillissement, progrès technique et meilleure information, les dépenses de santé augmentent donc naturellement de 4% par an si on ne les régule pas ».
Jean de Kervasdoué déclare que « la santé est un système de rationnement, pas un système d’économie de marché. Tous les gouvernements du monde s’assoient donc sur le couvercle de la marmite pour l’empêcher d’exploser. Le rationnement se fait par la limitation de l’offre, du nombre de soignants et de leurs salaires, de l’accès aux innovations ».
La journaliste relève en outre que « les différents pays sont confrontés à un épuisement des soignants. Bien que le nombre de médecins et d’infirmiers ait augmenté au cours des 10 dernières années dans presque tous les pays de l’OCDE, les pénuries de personnel se multiplient dans chaque pays et engendrent partout des fermetures de lits et l’allongement des délais de rendez-vous ».
Frédéric Bizard, économiste spécialiste des questions de protection sociale et de santé, observe que « le modèle public craque car les niveaux de salaires ne sont pas mirobolants et l’engagement du personnel atteint ses limites. […] Il y a un moment ou l’effort demandé n’a pas assez de contreparties financières. La partie privée s’en sort mieux, parce qu’il y a une meilleure rémunération, une meilleure organisation, il y a moins de fuites de la ressource humaine ».
Marie-Cécile Renault retient qu’« au final, «des systèmes de santé plus résilients sont indispensables à des économies plus fortes et elles aussi plus résilientes», indique l’OCDE […]. L’organisation internationale estime qu’une société en meilleure santé et mieux préparée permettrait d’éviter, en cas de crises, des mesures de confinement strictes et coûteuses. Mais cela suppose d’investir sur la prévention pour conserver les individus en bonne santé le plus longtemps possible, consolider les fondements des systèmes de santé en s’attaquant aux dépenses inutiles et en augmentant l’efficience des dépenses. Et enfin en soutenant les professionnels de santé travaillant en première ligne ».

L’Europe confrontée à une crise d’ampleur de ses systèmes de santé

Par Marie-Cécile Renault

Publié hier à 20:28, mis à jour hier à 21:04

Les systèmes de santé se trouvent tous confrontés au moins à trois révolutions qui les plongent dans une profonde crise.BASTIEN DOUDAINE/Hans Lucas via AFP

ANALYSE – Que ce soit en France, au Royaume-Uni ou en Espagne, les réseaux de soins craquent, par défaut de personnel, de financement ou par manque d’organisation, sous le poids des dépenses croissantes.

Mis à rude épreuve durant le Covid, les systèmes de santé européens ont résisté. Mais la pandémie a mis en lumière des faiblesses préexistantes. Au-delà de leurs modes d’organisation et de financement différents, ils se trouvent tous confrontés au moins à trois révolutions qui les plongent dans une profonde crise.

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L’Europe fait tout d’abord face à une transition démographique majeure liée au vieillissement de sa population. Non seulement les générations nombreuses du baby-boom arrivent au grand âge, mais, en plus, l’espérance de vie augmente. Cette «transition épidémiologique» se traduit par des patients plus âgés, avec des pathologies chroniques et multiples, en plus grand nombre. En conséquence, les prises en charge sont de plus en plus complexes et nécessitent la coordination de nombreux acteurs, du sanitaire jusqu’au social. «On ne meurt plus de maladie cardiaque à 70 ans, mais d’autres pathologies à 80 ans. Et, entre-temps, on se fait opérer de la cataracte, on subit un pontage, on…

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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