« Dans la peau d’une médecin du travail : « On ne plaît à personne » »
Date de publication : 7 décembre 2022 Le Parisien
Le Parisien constate que « le nombre de médecins du travail est en baisse en France, malgré un rôle renforcé depuis la loi Santé au travail adoptée en 2021 »,et livre un reportage auprès d’Anne Granet, médecin du travail à Vannes dans le Morbihan, qui « est sur tous les fronts. Trop souvent, elle a le sentiment que la santé au travail est le «parent pauvre» des entreprises ».
Le journal cite ainsi cette ex-généraliste, « désormais collaboratrice depuis 2 ans d’une structure interentreprises dans le Morbihan ». Elle remarque : « Nous sommes à la fois conseillers des entreprises et des salariés, mais n’avons pas le droit de parler à cause du secret médical. Les seconds nous reprochent d’être à la botte des premières et les premières de ne pas en dire assez. En général, on ne plaît à personne, on a le cul entre deux chaises ».
Le Parisien explique que la praticienne « gère 4000 salariés, répartis dans 70 entreprises de tous secteurs. Dans son cabinet se succèdent ainsi des clercs de notaires, des coiffeurs, des cadres et employés de l’agroalimentaire, du BTP ou de la grande distribution. Avec des spécificités propres à leurs métiers que la médecin regrette de ne pas pouvoir assez approfondir. «On passe du coq à l’âne», souligne-t-elle ».
Le journal poursuit : « Anne Granet essaie d’honorer toutes les visites mais explique prioriser celles concernant les arrêts de travail. Quant aux rendez-vous de prévention, elle adorerait en faire mais, principe de réalité oblige, vu le monde dont elle doit s’occuper, c’est difficile ».
La médecin évoque « une politique de santé au travail », remarquant que « ça demande des années d’investissements. Or, le climat est plus dur et on demande aux petites entreprises d’être rentables. Le médical est toujours le parent pauvre ».
Dans la peau d’une médecin du travail : «On ne plaît à personne»
Embauches, arrêts maladie, prévention… Médecin du travail dans le Morbihan, Anne Granet est sur tous les fronts. Trop souvent, elle a le sentiment que la santé au travail est le «parent pauvre» des entreprises.

Le 6 décembre 2022 à 10h30
« Notre rôle est très spécial », estime Anne Granet, 52 ans, médecin du travail à Vannes (Morbihan). Ex-généraliste, désormais collaboratrice depuis deux ans d’une structure interentreprises dans le Morbihan, elle explique : « Nous sommes à la fois conseillers des entreprises et des salariés, mais n’avons pas le droit de parler à cause du secret médical. Les seconds nous reprochent d’être à la botte des premières et les premières de ne pas en dire assez. En général, on ne plaît à personne, on a le cul entre deux chaises. »
Voir aussi:
https://environnementsantepolitique.fr/2022/11/07/manque-de-medecins-du-travail/