A Madrid des centres d’urgences qui fonctionnent avec deux infirmières et un médecin en télé-consultation: 200 000 manifestants dans la rue ! – Grève illimitée dans les centres de santé depuis Lundi 21 Novembre des généralistes et pédiatres de la région de Madrid

Espagne : 200 000 manifestants réunis à Madrid pour défendre le système de santé de la capitale

Les services de soins de proximité de la région de Madrid sont sous pression depuis plusieurs années, en raison d’un manque de moyens et de personnel. 

Article rédigé par

franceinfo avec AFP

France Télévisions

Publié le 13/11/2022 17:58Mis à jour le 13/11/2022 18:21

 Temps de lecture : 1 min.

Au moins 200 000 manifestants se sont réunis à Madrid (Espagne), pour défendre le système de santé de la capitale, le 13 novembre 2022.  (OSCAR DEL POZO / AFP)
Au moins 200 000 manifestants se sont réunis à Madrid (Espagne), pour défendre le système de santé de la capitale, le 13 novembre 2022.  (OSCAR DEL POZO / AFP)

Au moins 200 000 manifestants se sont rassemblés dimanche 13 novembre à Madrid pour défendre le système public de santé dans la région de la capitale espagnole et contre un projet de réforme du secteur, selon une source officielle. Sous le slogan « Madrid se rassemble pour soutenir le système de santé public contre le plan visant à le détruire », des foules massives se sont réunies en quatre points de la capitale et ont marché en direction de la mairie.

Pour « un système de santé public »

« Un système de soins pour tous, votre santé ne devrait jamais dépendre de votre porte-monnaie » proclamait une grande banderole verte alors que des milliers de manifestants scandaient « un système de santé public ! ». La manifestation, organisée à l’appel d’associations et de municipalités locales, vise les politiques de santé de la présidente de la région de Madrid, Isabel Diaz Ayuso, une des principales figures du Parti populaire (PP). Cette élue de droite veut développer les partenariats public-privé et restructurer le système des soins de proximité.

Une banderole "Madrid défend son système de santé publique. Contre la destruction des soins de santé primaires" érigée lors d'une manifestation organisée dans le rues de la capitale espagnole, le 13 novembre 2022.  (OSCAR DEL POZO / AFP)
Une banderole « Madrid défend son système de santé publique. Contre la destruction des soins de santé primaires » érigée lors d’une manifestation organisée dans le rues de la capitale espagnole, le 13 novembre 2022.  (OSCAR DEL POZO / AFP)

La manifestation intervient en amont d’une grève annoncée pour le 21 novembre, de 5 000 médecins, notamment des pédiatres, qui protestent contre leur « surcharge de travail », leurs carnets de rendez-vous « sans fin » et « l’insuffisance du temps passé avec (leurs) patients ». Selon les syndicats, les services de soins de proximité de la région de Madrid sont sous pression depuis plusieurs années, par manque de moyens et de personnels. Et selon eux, les difficultés ont été accentuées par un mauvais management régional.

A Madrid, plus de 200.000 soignants et patients dans la rue pour défendre le système de santé public

Par A.M. le 14-11-2022

https://www.egora.fr/actus-pro/international/77656-a-madrid-plus-de-200000-soignants-et-patients-dans-la-rue-pour#xtor=EPR-3-1%5BNews_En_Bref%5D-20221114-%5B_1%5D

Dimanche 13 novembre, la capitale espagnole a été le théâtre d’une « manifestation massive » pour défendre une « santé 100% publique, universelle et de qualité » face au projet de la présidente de la communauté de Madrid, Isabelle Diaz Ayuso. 

Dimanche 13 novembre, 200 000 manifestants selon le gouvernement régional, 670 000 selon les organisateurs, ont battu le pavé de Madrid, agitant des mouchoirs blancs, pour défendre « le droit à une santé publique » face à la politique portée par la présidente de la communauté de Madrid, Isabelle Diaz Ayuso (Parti populaire), notamment sur les soins primaires.  

Cette « manifestation massive », réunissant patients, soignants et personnalités (tel le réalisateur Pedro Almodovar), dénonçait en particulier le plan pour les centres d’urgences extra-hospitalières, rouverts fin octobre en plein chaos après deux ans de fermeture justifiée par le Covid. Une grève est en cours dans ces centres alors que de nombreux soignants se sont vus assignés de nouveaux lieux de travail et/ou de nouveaux horaires du jour au lendemain. En outre, du fait du manque de personnels, une partie de ces centres ouverts 24 heures sur 24 (34 sur 80) ne fonctionneront qu’avec deux infirmières : le médecin sera accessible par téléconsultation uniquement. 

Les opposants reprochent également à Isabelle Diaz Ayuso, figure de la droite espagnole, de vouloir développer les partenariats public/privé dans la santé. 

[avec El Pais

En Espagne, l’épuisement et la colère des médecins, en grève illimitée

Un mouvement de grève illimité a commencé, lundi, à Madrid, pour réclamer de meilleures conditions de travail et des augmentations de salaire 

Par Sandrine Morel(Madrid, correspondante)

Publié hier à 10h58, mis à jour hier à 16h43

Temps de Lecture 4 min. 

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/11/22/en-espagne-l-epuisement-et-la-colere-des-medecins_6151046_3210.html

Une manifestation en faveur des soins de santé publics à Madrid, le 13 novembre 2022.
Une manifestation en faveur des soins de santé publics à Madrid, le 13 novembre 2022.  MANU FERNANDEZ / AP

« Assez de maltraitance », « Les centres de santé de Madrid perdent leur médecins », « Plus de temps, plus de médecins, plus d’investissements »… Pancartes à la main, plusieurs centaines de médecins de famille et pédiatres, blouse blanche sur le dos, sont rassemblées, lundi 21 novembre, devant les portes de la direction des services de soins primaires de la région de Madrid pour exiger l’amélioration de leurs conditions de travail, au premier jour d’une grève illimitée dans la capitale espagnole et sa région. A leur passage, les voitures klaxonnent, en signe de soutien aux manifestants. Leurs revendications sont claires : trente et un patients par jour maximum pour les médecins généralistes, contre une cinquantaine actuellement, vingt et un pour les pédiatres, et des augmentations de salaire.

« Il y a deux manières de détruire la santé publique : s’y attaquer ouvertement ou s’y prendre comme l’a fait le gouvernement madrilène : la sous-financer et la gérer de manière inadéquate, résume Angela Hernandez, porte-parole du principal syndicat de médecins de la région de Madrid, Amyts. Nos conditions de travail sont insoutenables et sont le résultat d’un manque de modèle sanitaire et d’une volonté de privatisation claire du gouvernement régional. » Confrontés à la dégradation de la santé publique, totalement gratuite, près de 40 % des Madrilènes paient une cotisation mensuelle pour avoir accès à un système de santé privé.

En voulant rouvrir les services d’urgences non hospitalières, fermés depuis le début de la pandémie, mais sans les doter de suffisamment de soignants, la région de Madrid a déjà provoqué un mouvement de grève des médecins et infirmiers au début du mois, largement soutenu par la population. Dimanche 13 novembre, une manifestation dans la capitale avait rassemblé 200 000 personnes selon la préfecture, 670 000 selon les organisateurs. Si les médecins se plaignent d’une surcharge de travail ingérable, les patients eux, voient les délais de prise en charge s’allonger. Il faut entre quinze jours et trois semaines pour obtenir un rendez-vous avec un médecin généraliste dans les centres de santé de la capitale.

Epuisement émotionnel

La politique sanitaire de la région est contestée au sein même de l’administration, où des démissions à la chaîne se sont produites ces derniers mois : depuis juillet, trois directeurs généraux de santé publique, un gérant, le vice-président du ministère régional de la santé et les responsables des centres de soins du sud-est de Madrid ont claqué la porte.

En Espagne, où la gestion de la santé publique, décentralisée, incombe aux régions autonomes, les médecins sont payés par l’administration. Après avoir mis en veille leurs revendications ces dernières années, pour se concentrer sur l’urgence de la lutte contre la pandémie, les soignants sont à bout. Ceux de Madrid sont d’autant plus remontés qu’ils sont moins bien payés que la plupart de leurs confrères d’autres régions – le salaire moyen des médecins y est de 34 000 euros net par an, en dépit de leur charge de travail supérieure. Leur système de santé publique est le moins bien financé d’Espagne.

Lire aussi   Coronavirus : l’Espagne, pays le plus touché d’Europe par la seconde vague

Alors que le royaume dépense en moyenne près de 1 800 euros par habitant et par an dans le système de santé publique – soit la moitié de ce que dépense la France, selon le Système des comptes de la santé (SHA) –, la région de Madrid se limite à 1 300 euros. Connue pour avoir fait construire un hôpital des pandémies en un temps record en 2020 pour la bagatelle de 150 millions d’euros – actuellement presque vide –, la présidente de la région, Isabel Diaz Ayuso, figure de la droite dure et populiste au sein du Parti populaire (PP, droite), n’a pas hésité à minimiser les revendications des soignants, ces dernières semaines, accusant les grévistes de faire « de la politique à quelques mois des élections » – des scrutins régionaux et municipaux sont prévus au printemps 2023.

A 31 ans, Beatriz Fernandez, pédiatre dans un centre de santé de Vallecas, dans la banlieue de Madrid, a failli abandonner sa profession en 2021. « Je voyais jusqu’à cinquante enfants par jour dans le centre de santé de Vallecas, je ne savais plus si je prenais les bonnes décisions, je terminais ma journée en pleurs, exténuée… Quand mon contrat en intérim a pris fin et qu’on m’en a proposé un autre, j’ai refusé. » Selon l’Observatoire de santé mentale du collège de médecins de Madrid, 92 % des professionnels souffrent ou ont souffert d’épuisement émotionnel.

« 70 patients en une seule journée »

Contrats précaires, intérims pouvant être interrompus du jour au lendemain, ou CDD prenant fin à la veille du week-end ou des congés des soignants : en l’espace d’une dizaine d’années, les conditions de travail des médecins n’ont fait qu’empirer. « Sur les deux cent vingt médecins internes qui ont terminé leur spécialité en médecine de famille l’an dernier, seuls dix-sept ont accepté la place qui leur a été offerte. Et des cent soixante pédiatres, seuls six. Les autres disparaissent. Ils préfèrent sans doute faire des remplacements de temps en temps ou partir dans d’autres régions ou dans d’autres pays… », explique Mme Hernandez.

Lire aussi (2020) :   En Espagne, le manque de médecins complique la lutte contre le Covid-19

Irantzu Sanchez, 29 ans, intérimaire dans deux centres de médecine de ville, raconte qu’elle voit parfois « soixante-dix patients en une seule journée ». Comme ses confrères, elle exige un minimum de dix minutes par patient et « un salaire digne », en accord avec « les onze années de formation requises » pour exercer et « les responsabilités » assumées par les médecins. Face à ces revendications, le ministre régional de la santé, Enrique Ruiz Escudero, a insisté sur le fait qu’il travaille « sur un plan d’amélioration des soins primaires », tout en précisant que « le problème de base est le manque de médecins dans le système national de santé ».

Dans le reste de l’Espagne, la situation est également tendue. Les médecins de Cantabrie ont fait grève ces dernières semaines, ceux de Catalogne envisagent de lancer un grand mouvement de protestation en début d’année, tout comme les soignants andalous et basques. « La moitié de ma promotion est partie exercer à l’étranger pour éviter d’affronter les conditions de travail intenables qu’on nous impose, réagit Mme Sanchez. Nous n’avons pas besoin de former plus de médecins, mais que ceux qui le sont restent en Espagne. »

France, Irlande, Royaume-Uni, Belgique ou Allemagne… Les médecins espagnols partent de plus en plus à l’étranger, attirés par des salaires deux à quatre fois supérieurs et des conditions de travail plus supportables. Plus de 4 000 demandes de certificat d’aptitude, permettant d’exercer au-delà des frontières, sont désormais déposées chaque année au conseil général des collèges de médecins, soit la moitié du nombre annuel de médecins diplômés. Selon les syndicats, il manque actuellement 5 000 médecins en Espagne.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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