François Braun fait face à une multiplication des mouvements de protestation des acteurs de la santé

Internes, biologistes, médecins libéraux, intérimaires… Les réponses cash de François Braun 10

Par Aveline Marques le 08-11-2022

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Grève des biologistes médicaux le 14 novembre, manifestation des internes le 17, fermeture des cabinets de médecins libéraux les 1er et 2 décembre, fronde des médecins intérimaires au printemps… François Braun fait face à une multiplication des mouvements de protestation des acteurs de la santé. Invité de l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis) ce mardi 8 novembre, le ministre de la Santé a néanmoins affiché sa détermination à atteindre ses objectifs.

Grèves, manifestations, « vendredis de la colère »… La colère monte dans le monde de la santé. Voguant de crise en crise, le ministre de la Santé garde pourtant le cap : refonder le système de santé. Sur la 4e année d’internat de médecine générale ou sur les économises demandées aux biologistes, François Braun se dit prêt à « discuter des moyens » mais refuse de transiger sur les objectifs à atteindre.

Crise des urgences : la majoration à 15 euros prolongée

L’évaluation par l’Igas des mesures de la « mission flash » sur les urgences est « positive » a révélé François Braun. Ces mesures, parmi lesquelles la régulation de l’accès aux urgences, ont permis « pour la première fois depuis dix ans de diminuer la fréquentation des SAU, entre 5 et 6% », a souligné le ministre de la Santé. « Toutes les mesures sont prolongées, sauf une, l’ouverture des maisons médicales de garde le samedi matin » a-t-il ajouté. Le ministre s’est notamment dit « satisfait » de la majoration de 15 euros pour les actes de soins non programmés réalisés sur régulation. Les négociations conventionnelles seront l’occasion de revenir sur les dispositions de l’avenant 9 concernant le SAS.

Grève pour la hausse du C : « Je n’exclus rien« 

Réunissant plus de 11 000 médecins libéraux, le mouvement Médecins pour demain appelle à fermer les cabinets les 1er et 2 décembre afin d’obtenir une consultation de base à 50 euros. « Je suis prêt à les rencontrer », a déclaré François Braun… tout en déplorant qu’ils n’en aient pas fait la demande. Sur le tarif de la consultation, le ministre de la Santé renvoie la balle dans le camp des partenaires conventionnels. « Je n’exclus rien mais nous serons dans une logique de droits et de devoirs, a-t-il insisté. Vous connaissez mes objectifs de lutte contre toutes les inégalités d’accès à la santé et il va falloir que mes collègues libéraux y participent. »

4e année d’internat de médecine générale : « Je maintiens la cible »

Alors que les organisations étudiantes appellent à une nouvelle journée de manifestations le 17 novembre, le ministre de la Santé campe sur ses positions. « Depuis 2017, les représentants des étudiants nous disent tous qu’ils ont une formation qui est mal ficelée, incomplète, notamment en pédiatrie. Cette 4e année est d’abord une année de formation complémentaire en pédiatrie, gynécologie, gestion d’un cabinet… », a-t-il plaidé, assurant que cette année supplémentaire allait « accélérer l’installation » et non pas la « retarder ».  « Je l’ai dit dès le départ, je veux que ce soit un exercice en ambulatoire, prioritairement en zone sous-dense, je ne change pas ma ligne », a-t-il insisté. Toutefois, un amendement au PLFSS met en place une dérogation : « exceptionnellement », pour des parcours de formation atypiques, l’un des deux stages pourra être réalisé « en milieu hospitalier ».

Grève des biologistes : une attitude « inacceptable »

François Braun a de nouveau dénoncé l’attitude « inacceptable » des biologistes libéraux qui ont cessé de transmettre les résultats des tests Covid sur la plateforme Sidep la semaine dernière, pour protester contre les économies demandées dans le PLFSS 2023, avant de saluer leur retour à la table des négociations… Retour de courte durée puisqu’à l’issue d’une première rencontre avec la Cnam ce lundi, les représentants du secteur ont appelé à la grève à compter du 14 novembre. « Avec un excédent brut d’exploitation de plus de 3 milliards d’euros, je pense qu’ils peuvent faire un effort de 250 millions », a estimé François Braun. Reste à définir les moyens d’y parvenir : ajustement du B, part sur les « profits » Covid… Grève ou pas, les discussions devront « aboutir », martèle le ministre de la Santé. « J’assume totalement les cibles que je donne aux différents partenaires. »

Intérim « cannibale » : « Il y a un moment donné où il faut dire stop »

Repoussée plus d’un an, la mesure permettant le blocage des rémunérations hors plafond sera mise en œuvre « au printemps » prochain, a affirmé François Braun, appelant les hôpitaux à anticiper la fronde des médecins intérimaires. Le ministre de la Santé se tient prêt à affronter une grève d »un mois ». « Il y a un moment donné où il faut dire stop…

Quand un médecin gagne en une nuit deux fois ce que gagne une infirmière en un mois, là je dis stop. C’est indécent », a-t-il lancé, ciblant un intérim « cannibale » qui fait « monter les prix ». « Nous sommes partis dans une logique où les gens quittent l’hôpital pour faire de l’intérim, ils choisissent les endroits où ils vont bosser, leur type d’activité et ceux qui restent à l’hôpital sont obligés de boucher les trous », a-t-il pointé. « Quand vous êtes aux urgences et que vous vous tapez toutes les nuits et les week-ends parce que l’intérimaire ne fait que du Smur, c’est pas possible. Vous bossez 4 jours dans le mois et vous avez autant que le PH temps plein, ça c’est pas possible. » Selon les spécialités, les équipes tournent actuellement avec « 20 à 40% » de médecins intérimaires, souligne le ministre. Le printemps risque d’être mouvementé…

Obligation vaccinale : « Il faut qu’on aille plus loin »

Alors que le gouvernement italien a accepté de réintégrer les soignants non vaccinés contre le Covid, François Braun a confirmé avoir saisi de nouveau la HAS lundi sur la question de l’obligation vaccinale, au sens large. « Agnès Buzyn a fait un grand pas avec l’obligation vaccinale pour les enfants. A titre personnel je pense qu’il faut qu’on aille plus loin. Il faut qu’on s’intéresse à des publics plus particuliers comme les professionnels de santé », a-t-il répondu, précisant que la HAS avait déjà été saisie en 2019 sur la question de l’obligation vaccinale, mais que l’avis n’avait pas été rendu, à cause de la crise du Covid. « J’ai demandé qu’on réactive et qu’on complète la question à ce sujet, pour élargir le champ et pas se concentrer uniquement sur la vaccination contre le Covid », a-t-il précisé.

Quant au nombre de soignants non vaccinés contre le Covid, en France métropolitaine, « ce n’est pas un sujet, c’est peanuts », a lancé François Braun. La question se pose davantage dans les Antilles, « en particulier en Guadeloupe ». « Il y a des propositions qui ont été faites et qui ont été rejetées, on est en train d’y travailler sachant qu’il y a un problème sanitaire et un problème éthique. Il y a des réactions extrêmement fermes des soignants vaccinés pour la non réintégration de leurs collègues. »

Partage de tâches : « Je soutiendrai la position du Conseil de l’Ordre »

La position du Clio et la position du Conseil national de l’Ordre des médecins est « particulièrement courageuse et novatrice dans le sens où pour la première fois on parle partage de compétences ». « Malheureusement », a déploré le ministre, cette position « a attiré les foudres des représentants de la médecine générale. Là je soutiendrai la position du conseil de l’Ordre », a affirmé le ministre, jugeant que le « parcours de soins coordonné » n’était pas incomptable avec le « rôle du médecin traitant ». « En tant que médecin urgentiste, l’exercice coordonné fait partie de mon ADN », a-t-il ajouté.

Soignants non vaccinés : « Ce n’est pas un sujet, c’est peanuts » pour Braun 32

Par Marion Jort le 10-11-2022 https://redir.ownpage.fr/newsletter/d8e2ce3233e6d006/eyJzIjoiNjk0NGY2NGIiLCJhciI6IjYzNmNjODlmYjE3ZDY1MDAwNzY5ZmZhNSIsInUiOiI4YWE0ODMzMjAxYTQwOGU4YTVkNzc2YWMwYjg0NGJiYyIsInVyIjoiaHR0cHM6Ly93d3cuZWdvcmEuZnIvQXV0b0Nvbm5lY3QtTWVkT0s_U2l0ZUlEPTYxNzcxZjE4LTkxOGMtNDVlOC1iM2M3LTNhYjFjNmRkY2MxNiZlbmNyeXB0ZWRfaWQ9bnhwd1ZYbHppUDY2WlRYSkJCanY2bmtLSWd0V21ySkhDZHRseUdrNTlSM2dIbm01MU4yUTdkMVFrMW1aZy9neS8xMTQ4dGIyZHFwZDdEemdFRlYyWEE9PSZSZXR1cm5Vcmw9aHR0cHMlM0ElMkYlMkZ3d3cuZWdvcmEuZnIlMkZhY3R1cy1wcm8lMkZwb2xpdGlxdWUtZGUtc2FudGUlMkY3NzU3My1zb2lnbmFudHMtbm9uLXZhY2NpbmVzLWNlLW4tZXN0LXBhcy11bi1zdWpldC1jLWVzdC1wZWFudXRzLXBvdXIlM0Z1dG1fc291cmNlJTNEb3ducGFnZSUyNnV0bV9tZWRpdW0lM0RlbWFpbCUyNnV0bV9jYW1wYWlnbiUzRDIwMjIxMTEzJTI2X29wZSUzRGV5Sm5kV2xrSWpvaU9HRmhORGd6TXpJd01XRTBNRGhsT0dFMVpEYzNObUZqTUdJNE5EUmlZbU1pZlElMjUzRCUyNTNEIiwiZyI6IjIzNDUyNyIsInAiOiI2In0=

Alors qu’une proposition de loi sur la réintégration des soignants non vaccinés doit bientôt être débattue à l’Assemblée nationale, la Fédération hospitalière de France rappelle son soutien au principe même d’obligation vaccinale pour les professionnels de santé. Le ministre de la Santé estime pour sa part que « ce n’est pas un sujet ».

C’est une question qui fait débat depuis l’entrée en vigueur de l’obligation vaccinale des soignants, en septembre 2021 : faut-il réintégrer les professionnels de santé qui ont refusé de recevoir leurs injections contre le virus du Covid ? Un sujet qui devrait bientôt animer les députés de l’Assemblée nationale puisqu’une proposition de loi à ce propos sera examinée le 24 novembre prochain dans l’hémicycle.

Dans ce contexte, la Fédération hospitalière de France a tenu à rappeler son « soutien au principe général de la vaccination obligatoire pour les professionnels de santé ». Selon la FHF, cette question ne devrait même pas « être à l’ordre du jour », « et ce pour des raisons éthiques, de santé publique et de protection au travail ».

500 infirmières concernées…

« Ce principe se justifie pour protéger les patients et les équipes hospitalières et vient élargir le tableau vaccinal des professionnels de santé”, écrit son président, Arnaud Robinet, tout en précisant que la question est loin d’être nouvelle. « Les professionnels doivent respecter un principe de vaccination obligatoire contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et l’hépatite B », précise-t-il. Le représentant de l’hôpital public juge par ailleurs que « ce n’est pas avec cette mesure, susceptible de créer des tensions sur le terrain, que l’on va régler le problème de ressources humaines qui affecte nos établissements depuis des années » puisque les enquêtes de la FHF « chiffrent à 4 000, dont environ 500 infirmiers, le nombre de professionnels suspendus sur un total de 1,2 million d’agents ». 

Interrogé sur le sujet lors d’une conférence de presse de l’Association des journalistes de l’information sociale mardi 8 novembre, François Braun s’est quant à lui montré personnellement favorable au fait d’aller « plus loin » dans l’obligation vaccinale. « Il faut qu’on s’intéresse à des publics plus particuliers comme les professionnels de santé », a-t-il avancé, annonçant avoir à nouveau saisi la HAS sur la question. L’instance se prononcera à nouveau sur la question de la réintégration des réfractaires à la vaccination contre le Covid. Mais pour le ministre, en métropole, « ce n’est pas un sujet, c’est peanuts », a-t-il balayé, soulignant qu’il y avait « des réactions extrêmement fermes des soignants vaccinés pour la non réintégration de leurs collègues ». La problématique se pose en revanche dans les Antilles, en particulier en Guadeloupe, où les tensions sont toujours vives.

Quatrième année d’internat de médecine générale : Braun fait une concession… mais « maintient la cible »

Par Aveline Marques le 08-11-2022

Alors que la mobilisation des internes contre la quatrième année de DES de médecine générale à réaliser en priorité dans les zones sous-denses ne faiblit pas, le Gouvernement a ouvert une brèche en permettant « exceptionnellement » qu’un stage soit réalisé en « milieu hospitalier ».

Après le passage en force du Gouvernement à l’Assemblée nationale sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2023, les organisations étudiantes ont appelé à une nouvelle journée de manifestations, jeudi 17 novembre, pour protester contre l’instauration d’une quatrième année au DES de médecine générale à réaliser en priorité dans les zones sous-denses. Alors que le mouvement de contestation ne faiblit pas, le ministre de la Santé François Braun reste droit dans ses bottes : « sur la 4e année, nous discutons de la façon d’y arriver mais je maintiens la cible », a-t-il déclaré ce mardi 8 novembre lors d’une rencontre organisée par l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis).

Le ministre a toutefois fait une concession : « à titre exceptionnel », l’un des deux stages de cette année supplémentaire pourra être réalisé « en milieu hospitalier », stipule un amendement au PLFSS, en cours d’examen au Sénat, déposé par le Gouvernement. Les modalités seront définies par voie réglementaire. Alors que l’exécutif avait souhaité une année de formation réalisée exclusivement « en milieu ambulatoire », et en priorité dans les zones sous-denses, il ouvre donc une brèche, afin de tenir compte du « projet professionnel » des internes, précise l’exposé des motifs. Ce stage « pourra notamment être réalisé au sein des hôpitaux de proximité, des centres hospitaliers, des centres de lutte contre le cancer ou des soins de suite et de réadaptation », est-il ajouté. « L’objectif n’est pas que les hôpitaux accaparent ces internes », a insisté François Braun, mais de tenir compte des parcours de formation « très particuliers » : santé publique, recherches, etc. « Ça restera très exceptionnel, en fonction de l’avis du coordonnateur de la spécialité », a-t-il indiqué. « Je l’ai dit dès le départ, je veux que ce soit un exercice en ambulatoire, prioritairement en zone sous-dense, je ne change pas ma ligne. »

« On est quand même avec une spécialité qui est la plus tranversale possible mais avec le moins de temps de formation, ce n’est pas très logique », a-t-il justifié. « Depuis 2017, les représentants des étudiants nous disent tous qu’ils ont une formation qui est mal ficelée, incomplète, notamment en pédiatrie. Cette 4e année est d’abord une année de formation complémentaire en pédiatrie, gynécologie, gestion d’un cabinet… »

La 4e année « va accélérer » l’installation

Le ministre de la Santé a enfin balayé l’argument selon lequel l’allongement des études allait « retarder l’installation » des médecins. « Au contraire, cela va l’accélerer », a-t-il soutenu. « Actuellement on constate que très peu de médecins qui sortent de cette 3e année sont thésés et encore très peu s’installent directement, a-t-il souligné. Là, ils vont sortir avec une meilleure formation pour s’installer et en plus ils seront obligatoirement thésés. »

Quant à la rémunération de ces futurs « docteurs juniors » de médecine générale, François Braun a rappelé que cela faisait « partie des discussions que nous avons actuellement ». « Nous avons nommé avec Sylvie Retailleau une mission avec des représentants de la médecine générale pour nous faire des propositions qui vont arriver pour la fin de l’année sur les différentes modalités. » « Il ne faut pas non plus qu’il y ait de disparités non justifiées » entre spécialités, a relevé le ministre, répondant à l’objection soulevée par la conférence des doyens sur l’instauration d’un paiement à l’acte pour les seuls docteurs juniors de MG. « Il peut y avoir des justifications de part un exercice majoritairement ambulatoire, par un exercice dans des zones particulièrement sous denses », a-t-il toutefois nuancé. « En tout cas je serai attentif à ce qu’il y ait un respect de tous les internes dans ces discussions.

François Braun : toutes les consultations à 50 euros, « ce n’est pas crédible »

Par M.G. le 14-11-2022 https://www.egora.fr/AutoConnect-MedOK?SiteID=61771f18-918c-45e8-b3c7-3ab1c6ddcc16&encrypted_id=BVCI5OAzeAXJleI+vPxDbp6XX0hBDRnxA04jnH76EUjwZuy77/5XcF+FBILuXlVR2nsadbteMNlhpVq1AB60tQ==&ReturnUrl=https://www.egora.fr/actus-pro/politique-de-sante/77651-francois-braun-toutes-les-consultations-a-50-euros-ce-n-est-pas#xtor=EPR-3-1[News_En_Bref]-20221114-[_1]

A l’occasion d’un entretien avec des lecteurs du Parisien-Aujourd’hui en France, le mercredi 9 novembre, François Braun a répondu à plusieurs de leurs questions. Le ministre a de la Santé a rappelé sa position sur les tarifs des consultations, les déserts médicaux, les salaires du personnel soignant et les conditions de travail des étudiants…

Alors que les syndicats de médecins appellent à revoir les tarifs des consultations, le ministre de la Santé a estimé que “tout mettre à 50 euros, comme certains médecins le réclament, non, ce n’est pas crédible !”, lors d’un échange avec des lecteurs du Parisien – Aujourd’hui en France, le 9 novembre dernier.  Le sujet a été débattu mercredi 9 novembre, lors des négociations conventionnelles entre les syndicats de médecins et l’Assurance maladie. Mais la séance a finalement été suspendue par Thomas Fatome, directeur de la Cnam.

L’urgentiste a aussi été interpellé sur les lapins posés aux médecins par les patients, ne venant pas à leurs rendez-vous programmés. “Il est certain que si l’on mettait bout à bout les 28 millions de rendez-vous gâchés par an, on pourrait soigner davantage les Français”, a-t-il assuré. Un médecin avait été sanctionné pour avoir facturé à ses patients le fait de ne pas venir en consultation programmée. Mais selon le ministre “pénaliser est délicat”. Il souhaite trouver un “équilibre entre sanctionner et responsabiliser” les patients. Il a exprimé sa volonté de vouloir travailler avec les associations de patients pour trouver une solution.

Liste noire, pénalité, surbooking… comment lutter contre ces lapins qui vous font perdre votre temps

“Ce que je veux, c’est transformer le système [hospitalier, ndlr] : renforcer des unités de soins, promouvoir la progression des carrières”, a résumé François Braun. Conscient du réel problème au sein des hôpitaux, le ministre de la Santé a rappelé les solutions qu’il a trouvées pour mettre un terme à la crise de l’hôpital et aux démissions à répétitions. “Un médecin passe 50% de son temps à faire autre chose que s’occuper des malades. Je veux faire disparaître ces tâches bureaucratiques inutiles.”

Les urgences sont saturées et notamment par des personnes âgées, condamnées à attendre sur des brancards. “Il existe des parcours de soins spécifiques mais ils ne sont pas respectés. Il faut faire en sorte qu’ils soient appliqués”, a affirmé le ministre. Pour lui, un tel manque de personnel est “dramatique”. Il a assuré “œuvrer pour y remédier”, en rappelant la baisse de fréquentation de 6% dans les urgences pendant cet été. “On a réussi grâce à l’appel au 15 avant de se déplacer, et parce que la médecine de ville s’est organisée. C’est donc possible, il faut continuer”, a-t-il poursuivi.

Autre revendication des soignants : le salaire. Malgré une augmentation de 180 euros net pour les infirmières, François Braun a admis qu’il est possible “d’aller plus loin”. “Si on regarde les chiffres bruts, il est vrai que le salaire des infirmières est l’un des plus bas de l’OCDE, mais il faut le comparer au coût de la vie. La rémunération des soignants est un des éléments de lutte contre la perte de sens, mais il n’est pas le plus important.” Le ministre de la Santé souhaite également mieux indemniser le travail de nuit.

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Parmi les lecteurs, se trouvait Alexandre, étudiant en médecine qui n’a pas manqué d’interpeller le ministre sur la question de la rémunération des carabins. Il assure gagner entre 200 et 300 euros par mois, gardes comprises. Le ministre de la Santé juge ce système “anormal”. “Mon boulot, c’est trouver un juste équilibre entre les comptes publics et la lutte contre une indécence des salaires. Je veux des professionnels de santé mieux traités, et des patients mieux soignés”, a-t-il répondu. Autre problématique touchant les étudiants en médecine : leur conditions de travail et leur charge mentale. Le ministre regrette que “certains établissements ne respectent pas le cadre réglementaire de leur temps de travail. Il y a des déviances et cela est anormal”. Le ministre veut “engager un travail sur la prévention de la santé des étudiants ainsi que sur leurs conditions de travail.”

François Braun est également revenu sur la quatrième année d’internat de médecine générale, passée de force via le 49.3 par le Gouvernement. Il déclare ne jamais avoir eu l’intention de contraindre les étudiants à s’installer dans un territoire qu’ils n’ont pas souhaité. “Je suis pour l’incitation, avec une aide à l’installation. Je suis hostile à la coercition. […] Je ne remettrai pas en cause mes convictions. Mais, nous devons nous assurer de l’accès aux soins, notamment pour les personnes âgées.” Une grande mobilisation nationale aura lieu le jeudi 17 novembre prochain.

Les internes prêts à lancer un appel à la grève illimitée contre la quatrième année de médecine générale 

Alors que la campagne de vaccination contre le Covid-19 n’a pas recueilli les attentes du ministre (seulement 10% de personnes ont été vaccinées), François Braun a rappelé l’importance de continuer à respecter les gestes barrières : “on doit continuer à s’isoler, cette règle n’est pas remise en cause”. “Les gestes barrière et la vaccination sont nos armes contre le Covid mais aussi la grippe ou la bronchiolite en ce moment”, a-t-il affirmé. Il a également donné le chiffre d’une personne qui meurt du Covid toutes les dix minutes, un chiffre démenti par le journal Libération.

Le ministre qui ne souhaite pas renfiler sa blouse après son passage au ministère rappelle en fin d’entretien : “j’ai deux objectifs : la refondation du système de santé et faire que la prévention entre dans le quotidien des Français. Si j’ai réussi cela, j’aurais fait le job”

[avec Le Parisien]

Voir aussi:

https://environnementsantepolitique.fr/2022/11/10/la-lune-de-miel-entre-le-dr-braun-et-les-medecins-liberaux-est-deja-terminee/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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