Le Dr Phlippe Denormandie, l’un des trois garants du Conseil national de la refondation (CNR) « Santé » est en fait le représentant de l’hospitalisation privée à but lucratif

Dr Philippe Denormandie :«Garants du CNR Santé, nous ne sommes pas là pour amuser la galerie ! »

PUBLIÉ LE 10/11/2022

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Le Dr Philippe Denormandie, chirurgien neuro-orthopédiste, conseiller santé du groupe MNH*, ex DG adjoint du groupe Korian, est l’un des trois garants du Conseil national de la refondation (CNR) « Santé » lancé début octobre au Mans. Il explique au Quotidien son rôle et son ambition dans cette dynamique voulue par le président pour trouver des solutions aux problèmes d’accès aux soins.

Crédit photo : DR

LE QUOTIDIEN : Vous êtes, avec le Pr Régis Aubry et la représentante des patients Camille Thérond-Charles, « garants » du CNR santé. En quoi consiste votre rôle ?

Dr PHILIPPE DENORMANDIE : Nous sommes là, comme notre nom l’indique, pour garantir le fait que l’ambition définie par le ministre de la Santé dans la feuille de route du CNR soit respectée. Nous serons notamment particulièrement vigilants à trois critères : que toutes les parties prenantes aient bien participé, que les conclusions émergent du terrain, et non d’en haut, et enfin que l’on s’attache à répondre aux besoins des populations, au lieu de s’inscrire dans une approche fondée sur l’offre de soins qui a trop souvent prévalu par le passé. Lors des réunions que nous aurons avec le ministre de la Santé et les différents chefs de projet, nous allons donc veiller à ce que tout ce qui sera dit se traduise très concrètement : nous ne sommes pas là pour amuser la galerie, ou pour faire une 22e concertation sur l’accès aux soins.

Comment, concrètement, allez-vous travailler ?

Le ministre de la Santé a prévu de faire des points très réguliers, au moins une fois par mois. Cela permettra de faire la synthèse de ce qui aura été dit dans lors des débats organisés dans les différents territoires, afin d’en faire l’analyse la plus objective, la plus éthique possible. J’insiste sur le fait que nous voulons mettre tout le monde autour de la table : il faut donc inclure le sanitaire ; mais aussi le médico-social, les représentants des usagers, les collectivités locales… Le tout sera coordonné par les ARS [Agences régionales de santé, ndlr] en lien étroit avec les préfectures, les caisses d’Assurance maladie; et ce sont eux qui verront quelle est la meilleure façon d’organiser les débats dans leur territoire, que ce soit à l’échelle du département, de plusieurs départements, ou au niveau infra-départemental… Et je trouve que c’est une bonne nouvelle : on en est enfin arrivés à la conclusion que tous les territoires ne sont pas tous les mêmes.

Quels seront les objectifs de ces discussions ?

Il s’agira de répondre aux priorités qui ont été fixées dans la feuille de route : comment donner à chacun accès à une équipe traitante (et non pas uniquement à un médecin traitant), comment garantir une réponse aux soins non programmés, comment rendre les territoires plus attractifs pour les soignants, c’est-à-dire pour les médecins, mais aussi pour les auxiliaires de vie, les aides-soignants, les infirmiers, les personnels administratifs et techniques, etc., et enfin comment mettre en œuvre des actions concrètes dans le champ de la prévention.

Quel sera votre calendrier ?

Les discussions sur le terrain vont avoir lieu jusqu’en janvier, et des groupes de travail transversaux travailleront jusqu’en mars. Il faudra ensuite digérer tout cela; c’est pour cela que nous ne devons pas perdre de temps.

Que se passera-t-il si vous, garants, constatez que les discussions s’éloignent de la feuille de route ?

Je crois que si nous avons été choisis, ce n’est pas pour dire que tout va bien dans le meilleur des mondes : nous avons tous les trois la réputation de savoir dire non si nous ne sommes pas d’accord. Bien sûr, nous sommes là pour le faire de manière constructive, collective : pour moi, être garant, c’est être capable de dire clairement si les choses vont bien, ou s’il y a des points à améliorer.

Vous nous avez dit ne pas être là pour faire une 22e concertation sur le sujet, mais en quoi celle-ci peut-elle faire mieux que les 21 précédentes ?

Je constate que c’est la première fois qu’il y a une vraie volonté, dans les territoires, de mettre tout le monde autour de la table : pas uniquement les professionnels de santé et les institutions. C’est vraiment une nouveauté, notamment parce qu’il y a cette présence des patients, des élus… Ce sont trop souvent les soignants qui ont répondu pour tout le monde à la question de la manière de répondre aux besoins. Par ailleurs, nous sommes aujourd’hui dans une situation de tension telle qu’on n’en a jamais connue, tous secteurs confondus. Nous en sommes arrivés à un tel niveau qu’on n’a pas d’autre choix que de faire sauter des barrières qu’on ne pouvait pas imaginer faire sauter auparavant… Je pense qu’il y aura des avancées parce qu’il y a des contraintes, or les contraintes, c’est ce qui nous rend tous plus intelligents.

Des exercices précédents de concertation, comme la convention citoyenne pour le climat, ont donné lieu à des déceptions, les mesures issues des discussions ayant été largement édulcorées par l’exécutif. Pensez-vous pouvoir éviter cet écueil ?

Je pense que la santé, comme le climat, sont deux priorités fortes, mais les problèmes liés à la santé sont perçus dans la vie quotidienne de manière plus prégnante, plus immédiate que ceux qui sont liés au climat. Ils se traduisent par le fait de ne pas parvenir à avoir un rendez-vous, de devoir attendre, de voir son intervention déprogrammée. Il est bien sûr également primordial d’agir sur le climat, mais on ne peut que constater que la pression sociétale est plus forte pour la santé. Par ailleurs, on a sur le CNR « santé » un ministre qui a une feuille de route claire, qui a autour de lui une communauté de gens qui ont envie que ça bouge, et qui portera ce sujet jusqu’au bout.

Comment les mesures qui seront préconisées dans le CNR seront-elles traduites dans la législation ?

C’est quelque chose qui est davantage de la responsabilité du ministère et des parlementaires, mais ce qui est certain, c’est que ce travail est mis en œuvre en lien étroit avec l’ensemble des directions du ministère de la Santé, et qu’il y a une volonté ferme de voir ces discussions se transformer en action, par exemple dans le prochain PLFSS [Projet de loi de financement de la Sécurité sociale, ndlr]. Mais ce qui me frappe, c’est que tout ne relève pas de nouveaux textes législatifs. Beaucoup de possibilités qui existent dans les textes actuels ne sont pas forcément connues et utilisées. Certains endroits ont su créer des espaces de liberté que l’on pourrait utiliser ailleurs. Je pense notamment à certains hôpitaux comme le CH de Valenciennes, dont on parle fréquemment. L’idée est donc aussi de récupérer les solutions imaginatives qui peuvent exister dans tel ou tel territoire, et de les faire connaître aux voisins.

Comment espérez-vous arriver à un consensus sur des questions potentiellement très conflictuelles comme, au hasard, les restrictions à la liberté d’installation des médecins ?

Vous partez d’un a priori en disant ces questions ne feront pas consensus. Je n’en suis pas aussi sûr que vous. Attendons de voir ce qui ressort des discussions dans les territoires, les gens peuvent tout à fait conclure qu’il est nécessaire de prendre la question de l’attractivité des médecins autrement que par les restrictions à la liberté d’installation.

Pourtant, de nombreuses associations de patients, de nombreux élus, dont vous vous réjouissez qu’ils participent au CNR, se sont déjà prononcés pour ce que les médecins appellent la « coercition »…

Attendez que les gens travaillent ensemble ! Bien sûr, si chacun travaille de façon verticale, chacun de son côté, il sera difficile de parvenir à un consensus. Mais si on prend les choses au niveau local, et horizontal, l’approche sera différente. Cela étant dit, si certains sujets nécessitent des arbitrages politiques, le politique arbitrera !

Ne pensez-vous pas que le CNR court-circuite en quelque sorte le travail des parlementaires, chargés de délibérer et d’élaborer les réformes ?

Non, s’il doit y avoir des textes législatifs, ils seront évidemment discutés par les parlementaires. Et j’insiste sur le fait que les élus joueront un rôle clé lors des concertations. On a d’ailleurs bien vu, lors du lancement du CNR au Mans, que les députés, les maires, etc., étaient présents et comptaient peser.

Quels seront les critères qui vous permettront de dire si le CNR a réussi ou échoué dans sa mission ?

Nous verrons bien si les indicateurs qui ont été définis sont atteints, si nous avons réussi à faire bouger les lignes sur la question de l’accès à l’équipe traitante, de l’accès aux soins non programmés, de l’attractivité, de la prévention… Nous, professionnels de santé, passons notre temps à être évalués, et il faut qu’on ait la même logique dans le cadre du CNR !

* Ac tionnaire de GPS (Groupe profession santé) dont fait partie Le Quotidien du Médecin

Propos recueillis par Adrien Renaud

« Philippe Denormandie au CNR Santé : c’est non ! », martèle l’UFML-S

(Communiqué UFML médecins libéraux )

16/12/2022 http://uro4.mjt.lu/lnk/AUgAAAZ6Wx4AAcvUL1wAAADksiMAAAAFGcMAAFxuAAW0UABjoFXR6jXrzjrRSHKa_kCDPkhv-wAFeLU/61/H6-gb3VyzmfxbC0Ga8BUfA/aHR0cHM6Ly90b3V0ZS1sYS52ZWlsbGUtYWN0ZXVycy1zYW50ZS5mci8yMDI1MTYvcGhpbGlwcGUtZGVub3JtYW5kaWUtYXUtY25yLXNhbnRlLWNlc3Qtbm9uLW1hcnRlbGUtbHVmbWwtcy1jb21tdW5pcXVlLw

Émis par : UFML-S

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L’UFML-S demande l’éviction de Mr Philippe Denormandie du Conseil National de la Refondation (CNR) – Santé et une loi sur-le-champ de remboursement des organismes complémentaires.

Monsieur Philippe Denormandie a cocréé l’A-MCA : l’agence des « Médecines » Complémentaires Adaptées… Nous posons ici des guillemets à médecine, car nous n’acceptons pas que des professions non réglementées soient qualifiées par ce terme dont elles ne relèvent pas.

L’A-MCA prétend lutter contre le Charlatanisme et trier le bon grain de l’ivraie alors qu’elle n’en est que le faux nez.

Cette association est un cheval de Troie dont le but est de faire reconnaitre, comme nécessaire et scientifique, des pratiques qui ne relèvent pas de la science. Comme le rappelle le Canard enchaîné, une proposition de loi de huit députés avait d’ailleurs été déposée en mars 2021, pour la transformer en « agence gouvernementale ». La ministre Agnes Firmin-Le Bodo faisait partie de ce groupe…

Mr Philippe de Normandie, est l’ex directeur adjoint du groupe Korian et a été le directeur de l’institut bien vieillir de Korian jusqu’en 2017/ Il est ensuite devenu conseiller et membre du comité directeur de la Mutuelle Nationale Hospitalière (MNH) qui a racheté les principaux titres de la presse médicale.

Il est à la base de la fondation d’une association qui promotionne les pratiques non conventionnelles et non vérifiées. Pratiques souvent remboursées par des organismes complémentaires…

Mr Philippe de Normandie a été nommé par le ministre de la Santé François Braun « garant du bon déroulement du CNR dans sa partie santé. »

Pour l’UFML-S cela n’est pas acceptable. Mr Denormandie a fait le choix de la promotion des patamédecines et autres charlataneries. II ne peut avoir le moindre rôle au sein du CNR santé . Nous appelle à son éviction de tout rôle au sein de cet organisme.

Au-delà se pose la question du remboursement des pratiques non conventionnelles et du charlatanisme par des mutuelles ou assurances complémentaires. Le groupe VYV avec notamment Harmonie mutuelle propose ainsi des forfaits médecine douce…

Par l’organisation de leur remboursement, les organismes complémentaires favorisent l’utilisation des pratiques non réglementées, non validées par la science. Ils les valorisent, donnant de la reconnaissance à des professions non inscrites dans le code de santé publique et ouvrant ainsi à de possibles pertes de chances pour les patients. Les mutuelles et les assurances complémentaires doivent choisir leur secteur d’activité : la santé ou le charlatanisme ! Mais elles ne peuvent jouer sur les deux tableaux.

Les cotisations des Français ne doivent pas servir à financer des pratiques non conventionnelles. Si les mutuelles et assurances complémentaires veulent évoluer dans le champ du soin, elles doivent respecter le soin et ne financer que le soin reconnu, validé et réglementé.

L’UFML-S demande qu’une loi encadre le champ de remboursement des assurances complémentaires et le limite à la seule activité des professions de santé réglementées inscrites comme telles dans le code de santé publique.

Relations presse :
Laurent Payet /Sagda Draz
Langage et Projets Conseils
laurent@lp-conseils.com / sagda@lp-conseils.com

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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