Le monde a l’envers: Le Pr Perronne après avoir évité d’être sanctionné par l’ordre, gagne contre un jeune infectiologue pour propos anti confraternels

La plainte du Cnom contre le Pr Christian Perronne rejetée en bloc  

Par Aveline Marques le 24-10-2022 

https://www.egora.fr/actus-pro/deontologie/77160-la-plainte-du-cnom-contre-le-pr-christian-perronne-rejetee-en-bloc

Coup de théâtre. La chambre disciplinaire de première instance de l’Ordre des médecins d’Ile-de-France a rendu sa décision : le Pr Christian Perronne n’a pas manqué au code de déontologie médicale. La plainte du Cnom est rejetée.Son audience, mardi 13 septembre, devant la chambre disciplinaire du conseil régional de l’Ordre des médecins d’Ile-de-France avait attiré des centaines de personnes, venues en soutien. Poursuivi par le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom), qui lui reprochait ses prises de positions publiques (notamment sur CNews, sur les réseaux sociaux et dans son ouvrage) depuis le début de la crise du Covid, le Pr Christian Perronne est finalement sorti vainqueur de cette confrontation.

Dans une décision rendue publique vendredi 21 octobre, dont Egora.fr a obtenu copie, la chambre disciplinaire de première instance rejette en effet la plainte du Cnom contre l’ancien chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital de Garches (AP-HP), estimant qu’il n’a pas enfreint le code de déontologie.

Le Cnom lui reprochait notamment d’avoir manqué à l’article R.4127-13 qui impose au médecin, lorsqu’il participe à une action d’information du public de caractère éducatif et sanitaire, quel qu’en soit le moyen de diffusion » de « ne faire état que de données confirmées, faire preuve de prudence et avoir le souci des répercussions de ses propos auprès du public » et d’avoir déconsidéré la profession par ses propos. Dans sa décision, la chambre disciplinaire de première instance relève que le Pr Perronne, « spécialiste internationalement reconnu comme un expert dans le domaine de l’infectiologie, était le mieux à même de comprendre les enjeux de santé publique ». « S’il s’est exprimé dans la presse sur l’action du gouvernement et sur l’industrie pharmaceutique, ainsi qu’il était légitime à le faire et en avait même l’obligation dans ce domaine qui relevait de sa compétence, il s’est borné à porter publiquement mais sans invectives une voix discordante sur un sujet d’intérêt général », considère la chambre. « Il ne ressort d’aucune des pièces du dossier que ses propos n’entraient pas dans le cadre de la crise sanitaire et qu’à un quelconque moment il aurait appelé à la violence, ou incité à la haine, ou eu un discours « antivax », ni qu’il se serait exprimé imprudemment ou de manière personnelle, ou dit que « le vaccin tue », comme le soutient le conseil national de l’Ordre des médecins. »

De même, « il ne ressort d’aucun élément produit au dossier que le Dr Perronne aurait conseillé ou prescrit à ses malades un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé » (article R. 4127-39 du code de santé publique), mentionne la décision.

Alors que le Cnom l’accuse d’avoir manqué à son devoir de confraternité (l’article R. 4127-56 du même code) en mettant notamment en cause, lors d’une interview sur CNews, les médecins qui ont pris en charge son beau-frère, décédé des suites du Covid, la chambre estime que « dès lors qu’il ne faisait référence à eux que dans des termes impersonnels », sans citer leurs noms ni leur hôpital, « il ne peut être regardé comme ayant ‘gravement mis en cause des confrères' ». De même, s’il a critiqué les actions des ministres Agnès Buzyn et Olivier Véran, c’est en tant « qu’autorités sanitaires détenant un poste politique » et non en tant que médecins.

Le Cnom fait appel

Enfin, « aucune pièce du dossier ne permet de dire que le Pr Perronne a refusé d’apporter sa participation à l’action entreprise par les autorités compétentes en vue de la protection de la santé et de l’éducation sanitaire. Ses prises de position en 2020 dans la presse ainsi que dans ses livres n’ont pas mis en danger l’action entreprise par les pouvoirs publics, dont les orientations ont changé à plusieurs reprises au cours de la période en cause », souligne la chambre.

Sollicité par Egora, le Cnom annonce qu’un « appel conservatoire va être fait dans les meilleurs délais par le président du Cnom ». Appel qui « sera ensuite soumis à la prochaine session du Cnom en décembre ».

Un jeune infectiologue écope d’un avertissement pour des propos anti-confraternels envers le Pr Perronne

Par Aveline Marques le 26-10-2022 

https://www.egora.fr/actus-pro/deontologie/77198-un-jeune-infectiologue-ecope-d-un-avertissement-pour-des-propos-anti#xtor=EPR-3-1%5BNews_En_Bref%5D-20221026-%5B_1%5D

Blanchi par la chambre disciplinaire de première instance de l’Ordre des médecins d’Ile-de-France dans l’affaire l’opposant au Cnom, le Pr Christian Perronne est également sorti vainqueur du conflit qui l’opposait à son confrère infectiologue de l’hôpital Bichat (AP-HP), le Dr Nathan Peiffer-Smadja. Cible d’une campagne de cyberharcèlement menée par les soutiens de l’ancien chef de service, ce jeune médecin a lui-même écopé d’un avertissement… pour propos anti-confraternels. Sur Twitter, cette sanction a déclenché une vague de soutiens. 

« Lunaire », « catastrophique »… Les deux décisions rendues vendredi 21 octobre par la chambre disciplinaire de première instance de l’Ordre des médecins d’Ile-de-France ont surpris bon nombre de praticiens sur Twitter. Toutes deux favorables au très controversé Pr Christian Perronne, l’une a conduit au rejet de la plainte du Cnom pour manquements au code de déontologie, l’autre à la sanction d’un jeune confrère infectiologue qui s’est confronté à celui qui était encore chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital de Garches (AP-HP) dans le débat sur l’hydroxychloroquine. Au cœur du conflit, une méta-analyse concluant à l’inefficacité de l’antiparasitaire dans le traitement du Covid, et même à une augmentation significative de la mortalité dans le cas d’une association avec l’azithromycine. 

Co-auteur de cette étude, le Dr Nathan Peiffer-Smadja, jeune infectiologue parisien, a porté plainte le 3 décembre 2020 contre le Pr Perronne pour « comportement non confraternel ». Il reprochait à ce dernier de l’avoir « attaqué personnellement » « à de multiples reprises, dans de grands médias publics », insinuant qu’il cachait des conflits d’intérêts, mentionne la décision de l’Ordre, consultée par Egora. Des propos « qui lui ont valu une campagne de cyberharcèlement, ainsi que des menaces de mort ». 

Condamnant ces attaques ad hominem, la CME de l’AP-HP avait d’ailleurs adopté une motion le 1er décembre 2020, exigeant des sanctions à l’encontre du Pr Perronne. Ce dernier avait été démis de ses fonctions de chef de service quelques jours plus tard, le 17 décembre. 

Entre temps, le 14 décembre, l’infectiologue avait à son tour porté plainte contre Nathan Peiffer-Smadja, reprochant à ce dernier d’avoir diffusé entre le 12 mai 2020 et le 31 octobre 2020 « pas moins de 14 tweets désobligeants, injurieux, diffamatoires et menaçants à son encontre », mentionne la décision de l’Ordre. 

A l’issue de l’audience, qui s’est tenue le 13 septembre, la chambre disciplinaire de première instance a jugé que le Pr Perronne n’avait pas manqué à son devoir de confraternité puisque ses propos mentionnant le Dr Pfeiffer-Smadja « visaient uniquement, et de manière impersonnelle, sa qualité d’auteur d’une étude critiquée ». « Les cyberharcèlements dont ce dernier a fait l’objet se sont produits entre le 20 juin et le 16 septembre 2020, donc plusieurs mois avant que le Dr Perronne cite son nom » dans le documentaire complotiste et antivax Hold up, diffusé à partir du 11 novembre 2020. 
 
A l’inverse, l’Ordre d’Ile-de-France reproche à Nathan Peiffer-Smadja ses propos « diffamatoires et injurieux » contre le Pr Perronne, d’avoir dénigré l’âge et insulté l’honnêteté et les compétences de l’infectiologue. Pour ces propos « de nature gravement anti-confraternelle », le jeune médecin écope d’un avertissement.  

Sur Twitter, nombre de médecins et scientifiques ont apporté leur soutien à Nathan Peiffer-Smadja, critiquant vivement la décision de la chambre disciplinaire de première instance.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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