« Foire d’empoigne autour des déserts médicaux »
Date de publication : 20 octobre 2022Le Figaro se penche sur l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2023, et évoque notamment les déserts médicaux : « Le sujet est au cœur du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Le transfert aux paramédicaux d’une partie des actes des médecins et la télémédecine sont aussi abordés ».
Marie-Cécile Renault remarque ainsi : « La lutte contre les déserts médicaux se retrouve au cœur du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Face aux tentatives d’élus de tous bords pour réguler l’installation des médecins, le gouvernement a redit sa ferme opposition à toute mesure coercitive ».
François Braun, ministre de la Santé, a déclaré : « Pas par dogme, mais parce que ça ne marche pas ».
La députée Stéphanie Rist (Renaissance), rapporteur générale du PLFSS, a souligné que « c’est inefficace, car cela va faire de la pénurie partout. Il n’y a que 0,5 fois plus de médecins dans les zones dites denses. C’est aussi contre-productif, car au lieu de s’installer en libéral, les jeunes choisiront d’être salariés à l’hôpital, en médecine scolaire ou dans l’industrie pharmaceutique ».
Marie-Cécile Renault observe que « face à l’insistance de certains élus, le gouvernement a quand même instauré une année supplémentaire d’internat pour les futurs généralistes, à exécuter «en priorité» dans les déserts médicaux. Sous couvert de permettre aux jeunes d’approfondir leurs connaissances, le but est d’envoyer de la main-d’œuvre bon marché dans ces zones, dénoncent les syndicats étudiants. Malgré une grève très suivie des internes le 14 octobre, le gouvernement n’a pas l’intention de faire marche arrière ».
La journaliste évoque en outre « le transfert aux paramédicaux d’une partie des actes des médecins. Le texte prévoit qu’infirmières, sages-femmes et pharmaciens pourront prescrire et administrer davantage de vaccins. Un amendement adopté prévoit aussi de permettre l’expérimentation durant 3 ans de l’accès direct aux infirmiers en pratiques avancées (IPA) sans prescription médicale dans le cadre d’un exercice coordonné ».
« Stéphanie Rist va d’ailleurs porter une proposition de loi fin novembre afin que ces IPA puissent faire une prescription avant même que le malade ne voie le médecin. Elle veut aussi permettre l’accès direct à des professionnels comme les kinés et les orthophonistes, sans passage préalable chez le médecin »,continue Marie-Cécile Renault.
Luc Duquesnel, président du syndicat CSMF-généralistes, a réagi : « C’est la disparition du médecin traitant ! ».