Sous Macron la suppression de lits hospitaliers se poursuit

Hôpitaux : plus de 4300 lits ont été supprimés en France en 2021

  • 4 300 lits d'hôpitaux ont été supprimés en 2021 en France. 4 300 lits d’hôpitaux ont été supprimés en 2021 en France. Pixabay

Santé,  France – Monde

Publié le 28/09/2022 à 07:33

https://www.ladepeche.fr/2022/09/28/hopitaux-plus-de-4-300-lits-ont-ete-supprimes-en-2021-10699217.php

l’essentiel

Selon une étude du ministère de la Santé, plus de 4300 lits d’hôpitaux ont été supprimés en 2021. Au total, 21 000 lits ont disparu en cinq ans entre 2016 et 2021. 

Plus de 4 300 lits d’hospitalisation complète ont été fermés en 2021 dans les établissements de santé français, qui ont créé dans le même temps 2 700 places d’hospitalisation partielle, selon une étude du ministère de la Santé publiée mardi 27 septembre.

En plus de l’épidémie de Covid, qui a encore conduit l’an dernier à fermer des services et des chambres doubles, les capacités hospitalières ont aussi subi des « contraintes de personnel ne permettant pas de maintenir les lits », explique la direction statistique des ministères sociaux (Drees).

21 000 lits supprimés en cinq ans 

Au 31 décembre, les 2 984 hôpitaux publics et privés disposaient très exactement de 382 587 lits d’hospitalisation complète, soit 4 316 de moins en un an. Un chiffre provisoire en léger repli par rapport à 2020 (-4 900) mais encore supérieur aux baisses constatées avant la crise sanitaire.

Au total, plus de 21 000 lits ont été supprimés sur la période fin 2016-fin 2021 correspondant en majeure partie au premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Soit deux fois plus que sous son prédécesseur François Hollande (-10 000) mais nettement moins que durant le mandat de Nicolas Sarkozy (-37 000).

Plus d’hospitalisations « de jour »

Cette tendance au long cours « reflète la volonté de réorganiser l’offre dans un contexte de virage ambulatoire », expression consacrée pour désigner la part croissante des soins sans nuit à l’hôpital, notamment en chirurgie. Le nombre de places d’hospitalisation « de jour » a d’ailleurs poursuivi sa hausse: 2 743 ont été ouvertes en 2021, portant leur total à 82 502, soit 9 000 de plus en cinq ans.

L’hospitalisation à domicile a également enregistré une nette progression de ses capacités, de 6,8% après un bond de plus de 10% en 2020. Avec 22 800 patients « pouvant être pris en charge simultanément sur le territoire », ce mode de prise en charge représente désormais « 7,6% des capacités totales en hospitalisation complète » hors psychiatrie, contre 2,1% en 2006.

La rédaction avec AFP

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ublié le 28/09/2022

Le nombre de lits d’hôpitaux a continué de diminuer en 2021

Paris, le mercredi 28 septembre 2022

https://hubtr.newsletter.jim.fr/clic132/7733/1244477/24?k=8bab0b2f8ddfefe33f1995b118148433

– Restructuration, virage ambulatoire et restriction de personnel sont la cause de cette baisse du nombre de lits.

Avec la crise sanitaire hier et celle des urgences aujourd’hui, le nombre de lits d’hôpitaux disponibles dans notre pays fait régulièrement l’objet de débats, l’opposition accusant régulièrement le gouvernement d’avoir fait fermer des lits, y compris durant l’épidémie de Covid-19, diminuant ainsi l’offre de soins en France. Loin des postures politiciennes, les chiffres publiés par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) sur le nombre de lits d’hôpitaux ouverts au 31 décembre 2021 permettent de mieux cerner les dynamiques en cours dans l’offre de soins hospitalières.

En 2021, le nombre de lits d’hospitalisation complète ouverts en France a diminué de 1,1 % par rapport à 2020, atteignant 383 000. Une baisse qui s’inscrit dans une dynamique de fond de plusieurs années : depuis 2013, 30 000 lits d’hospitalisation complète ont été fermés, soit une diminution de la capacité d’accueil de 7,3 %.

Le virage ambulatoire à l’origine de la diminution du nombre de lits

Cette baisse du nombre de lits est dû à des restructurations, à des coupes budgétaires et à des réductions d’effectifs mais aussi et surtout à une volonté d’amorcer un virage ambulatoire en favorisant l’hospitalisation partielle ou à domicile. Ainsi, en parallèle de la baisse du nombre de lits d’hospitalisation complète, celui des places en hospitalisation partielle a augmenté de 3,4 % en 2021 (+ 22,1 % depuis 2013).

Les capacités d’accueil en hospitalisation à domicile (HAD) ont également augmenté de 6,8 % en 2021, après + 10,5 % en 2020 à la faveur de la crise sanitaire. L’HAD représente désormais 7,6 % des capacités totales en hospitalisation en court et moyen séjour.

La baisse du nombre de lits d’hôpitaux a été plus marqué en 2021 (1,1 %) qu’en moyenne lors des années précédant la crise sanitaire (0,9 %). Ceci s’expliquerait notamment par le fait que certains services hospitaliers ont dû accueillir moins de patients durant la crise sanitaire afin de pouvoir affecter une partie de leur personnel aux services de soins critiques surchargés. La transformation de chambres doubles en chambres simples pour diminuer le risque de contamination explique également cette baisse accrue.

10 % de lits de réanimation de plus qu’en 2019

Le rapport de la Drees s’attarde également sur l’évolution de la capacité d’accueil en soins critiques, dont le taux d’occupation a, pendant deux ans, constitué un indicateur de la gravité de l’épidémie de Covid-19 (et une justification des mesures de restriction de liberté). Pour rappel, les soins critiques comprennent les lits de réanimation, de soins intensifs et de surveillance continue. Après avoir augmenté de 3,6 % entre 2019 et 2020 pour accueillir les patients atteints de Covid-19, le nombre de lits de soins critiques a diminué de 1,2 % en 2021 pour atteindre 20 070 lits.

Cette baisse s’explique par une évolution des modes de prise en charge des patients atteints de Covid-19. La capacité d’accueil en soins critiques reste supérieure (+ 2,4 %) à ce qu’elle était en 2019.

Le même phénomène s’observe lorsque l’on se concentre uniquement sur les lits de réanimation. Leur nombre a fortement varié durant la crise sanitaire en fonction de la gravité de l’épidémie (jusqu’à un maximum de 10 700 lits disponibles en avril 2020), des lits de soins critiques ayant été « armés » pour devenir des lits de réanimation. Ce nombre a ainsi augmenté de 14,5 % entre fin 2019 et fin 2020 puis diminué de 3,8 % entre fin 2020 et fin 2021. La France comptait ainsi 5 980 lits de réanimation au 31 décembre 2021, soit 10,2 % de plus que fin 2019.

En s’appuyant sur un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), le ministère de la Santé avait indiqué en mars dernier que son objectif était de créer 1 000 lits de réanimation supplémentaire dès 2023, afin de faire face à d’éventuelles nouvelles épidémies et au vieillissement de la population (65 % des patients en réanimation ont plus de 60 ans). Pour ce faire, le ministère avait promis d’engager 2 800 infirmiers supplémentaires en réanimation d’ici 2023, en leur promettant une prime de 100 euros. Insuffisant pour le syndicat national des médecins réanimateurs, qui exige un véritable « choc d’attractivité ».

Quentin Haroche

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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