François Braun demande aux cliniques de « renforcer leur contribution », la FHP réclame une rallonge de 400 millions d’euros
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PUBLIÉ LE 21/09/2022 https://www.lequotidiendumedecin.fr/hopital/francois-braun-demande-aux-cliniques-de-renforcer-leur-contribution-la-fhp-reclame-une-rallonge-de

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Ce fut le point d’orgue de la première journée des 21esRencontres de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), hier mardi à Montpellier. Devant un amphithéâtre plein à craquer, François Braun, en visio, a demandé aux cliniques de « renforcer leur contribution à la réponse aux besoins de santé de nos concitoyens », tandis que Lamine Gharbi a réclamé 400 millions d’euros pour cette année et le double pour l’année prochaine, afin que les cliniques puissent augmenter les salaires à hauteur de ceux du public.
Pour le ministre de la Santé, il est aujourd’hui indispensable de « sortir, public comme privé, des concurrences exacerbées, stériles, que cela soit dans le cadre de l’organisation des soins, des salaires ou du recrutement ». L’ancien président du Samu-urgences de France (SUdf) est convaincu que c’est « ensemble que nous arriverons à surmonter la crise qui est devant nous », comme au plein cœur de la crise sanitaire.
« Égalité de droits et de devoirs »
La pandémie a montré que l’on pouvait « faire autrement collectivement » pour trouver des solutions, a souligné François Braun qui a rappelé que « les barrières étaient tombées », que le public avait travaillé avec le privé durant la crise. Il aspire donc à retrouver cet « esprit Covid » qui a permis de trouver « un chemin vers un système plus efficace », tout en rappelant ses valeurs : « la réciprocité, la collaboration qui va dans les deux sens », mais aussi « la logique des droits et des devoirs », « d’égalité d’engagement et d’égalité de rétribution ».
Ce principe doit d’ailleurs s’appliquer aux mesures de la « mission Braun » qui ne sont pas encore toutes sorties de la boîte à outils, faute de temps, a insisté le ministre. Il a notamment fait référence aux « complémentarités » que l’on pourrait mettre en place « dans le cadre de la permanence des soins entre les établissements privés et publics », alors que le débat est houleux sur la question depuis plusieurs mois.
Lamine Gharbi demande 400 millions
De son côté, Lamine Gharbi, le président de la FHP, a estimé qu’il n’y avait « pas de réussite sans dynamique collective et partagée ». Puis, il est revenu à la charge sur les sujets brûlants du moment pour sa fédération : l’inflation, les rémunérations, la garantie de financement, mais aussi les réformes du financement des services de soins de suite et de réadaptation (SSR) et de la psychiatrie. Si ces dernières étaient appliquées en l’état, elles se feraient « au détriment des patients et des besoins des territoires, comme le montrent les études d’impact », a expliqué le président de la FHP.
Pour compenser les effets de l’inflation et la revalorisation des salaires « qui a déjà été faite, sinon, on n’aurait pas pu tenir l’été », a précisé Lamine Gharbi, celui-ci a demandé au ministre une enveloppe de 400 millions d’euros en 2022. Selon lui, les chiffres qui circulent font état de 200 millions. Il a donc suggéré de « faire moitié-moitié. 300 millions ? Vous dites banco, nous, on va boire un verre, et dès que je suis à Paris, je viens vous remercier ! », a-t-il proposé au ministre, sous les éclats de rire de la salle. Et de marteler le message suivant : « à missions égales, revalorisations égales… »
Un brin amusé, le ministre a répondu que les arbitrages sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), qui seront présentés lundi en conseil des ministres, ne sont pas terminés. Avant de tenter de rassurer la fédération : « Vous savez que je ne lâche rien ! J’espère arriver à une solution proche du montant que vous souhaitez ».
Source : lequotidiendumedecin.fr
Le maire de Reims, Arnaud Robinet, élu nouveau président de la FHF
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PUBLIÉ LE 21/09/2022 https://www.lequotidiendumedecin.fr/hopital/le-maire-de-reims-arnaud-robinet-elu-nouveau-president-de-la-fhf

Crédit photo : AFP
C’est finalement le maire (Horizons) de Reims qui prend aujourd’hui la succession du maire (de la même étiquette) de Fontainebleau pour diriger le principal lobby de l’hôpital public. Arnaud Robinet a été élu ce mercredi matin à la présidence de la Fédération hospitalière de France (FHF), pour un mandat de trois ans, dans le fauteuil de Frédéric Valletoux qui a, lui, fait son entrée à l’Assemblée nationale en juin dernier.
Dans un entretien au « Quotidien », le 9 septembre, le président (depuis 2018) de la FHF Grand Est avait indiqué vouloir « s’inscrire dans la lignée des actions » menées par son prédécesseur depuis 11 ans. Praticien hospitalier en pharmacologie, il s’est imposé assez nettement – avec 35 voix contre 25 et une abstention – face à son unique challenger, le Pr Jean-Louis Touraine, immunologue et ancien député du Rhône (socialiste puis converti en 2017 à LREM) qui s’était préparé depuis plusieurs années.
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Dans un communiqué, la FHF indique que son nouveau président élu par le conseil d’administration entre immédiatement en fonction. « Ses principes directeurs seront l’écoute, la crédibilité et l’ouverture, fait savoir la fédération. Son action se concentrera notamment sur la question des ressources humaines, du financement, de la prévention ainsi qu’au travail de proximité avec les territoires. L’autonomie et le médico-social, les conditions de travail des professionnels ainsi que la crédibilité financière seront au cœur de l’engagement du nouveau président. »
Plus jeune député UMP
Âgé de 47 ans, ce fils de commerçants de la capitale de la Champagne avait été pressenti, à plusieurs reprises, comme ministre de la Santé. Avant d’être élu à l’Assemblée nationale en 2008 où il a été le plus jeune député UMP de cette mandature, il a été maître de conférences – praticien hospitalier en pharmacologie à l’université et au CHU de Reims, et président du conseil de surveillance de ce même CHU. Après trois échecs en première année de médecine, il s’était réorienté vers la recherche en biochimie et biologie moléculaire à la faculté de médecine de Reims obtenant son doctorat en 2003.
Arnaud Robinet a été réélu au palais Bourbon en 2012 avant de devenir deux ans plus tard maire de sa ville natale. À l’Assemblée, celui qui devient aujourd’hui nouveau patron de la FHF a laissé le souvenir d’un parlementaire impliqué et indépendant. Il n’avait pas hésité à s’abstenir lors du vote de la loi Hôpital, patients, santé, territoire (HPST), pourtant défendue par une ministre de droite, Roselyne Bachelot, jugeant le texte un peu trop « fourre-tout ».
Cette même liberté d’esprit lui avait fait regretter que la loi Bertrand sur la sécurité sanitaire des produits de santé adoptée de décembre 2011, dont il était pourtant le rapporteur, soit trop focalisée sur les visiteurs médicaux. Pendant le mandat suivant, Arnaud Robinet s’est opposé à l’Assemblée aux projets de santé du gouvernement. Il a prophétisé dès octobre 2014 que le tiers payant généralisé obligatoire serait « la plus grave erreur du quinquennat ».
Maire de Reims
Nommé par Nicolas Sarkozy secrétaire national de l’UMP en charge des questions de santé, fin 2014, Arnaud Robinet a pu asseoir son autorité sur ces sujets. En mars 2015, lors d’une question orale à l’Assemblée, Arnaud Robinet avait apostrophé Marisol Touraine sur son projet de loi qu’il qualifiait d’« indigeste et illisible ». Dans une anaphore, il conseillait la ministre : « Écoutez, les généralistes, écoutez les praticiens hospitaliers, écoutez la majorité silencieuse des patients, écoutez les consommateurs, écoutez les entreprises de la nouvelle économie », autant de catégories ayant de bonnes raisons, selon lui, de ne pas vouloir du projet de loi.
Soutien de Bruno Le Maire lors des primaires de la droite et du centre en 2016, Arnaud Robinet n’a pas été avare de critiques à l’encontre de François Fillon. Puis juste après l’élection d’Emmanuel Macron, le maire de Reims (qui a choisi de préférer sa ville à l’Assemblée nationale) s’associe à un appel lancé par une vingtaine de responsables de la droite et du centre, qui annoncent vouloir « répondre à la main tendue par le Président ».
Soutien d’Emmanuel Macron
Militant de la légalisation du cannabis, il en propose en 2020 l’expérimentation dans sa ville où il vient d’être réélu. Dans un courrier adressé le 10 juin de la même année à Emmanuel Macron, le maire pointe alors « le caractère inacceptable » des demandes d’économies faites au CHU de sa ville, « à savoir une réduction de 24 % de ses lits de médecine et de chirurgie ». Quelques semaines plus tôt, lors de l’éviction de Christophe Lannelongue de la direction de l’ARS Grand Est, il avait dénoncé auprès du « Monde », une décision « purement politique ».
À la fin de l’année 2021, devenu également vice-président de la Région Grand Est, il quitte officiellement Les Républicains pour rejoindre Horizons, le nouveau parti d’Édouard Philippe, avant d’annoncer logiquement en janvier son soutien à Emmanuel Macron pour l’élection présidentielle de 2022.
Représentants des cliniques et des médecins libéraux saluent l’élection d’Arnaud Robinet à la tête de la FHF
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PUBLIÉ LE 22/09/2022 https://www.lequotidiendumedecin.fr/hopital/politique-hospitaliere/representants-des-cliniques-et-des-medecins-liberaux-saluent-lelection-darnaud-robinet-la-tete-de-la

Crédit photo : Twitter FHF
Est-ce déjà le signe d’un réchauffement entre la Fédération hospitalière de France (FHF) et le monde libéral ? L’élection, mercredi, du maire de Reims (Horizons) Arnaud Robinet, 47 ans, à la tête du lobby de l’hôpital public a en tout cas été aussitôt saluée de manière appuyée par plusieurs représentants du secteur privé, comme si certains voulaient tourner la page des relations parfois tendues avec Frédéric Valletoux, président de la FHF pendant onze ans.
Ouverture d’esprit
Ce jeudi, la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), présidée par Lamine Gharbi, s’est montrée enthousiaste, saluant « le partenaire constructif dont le monde du soin a besoin ! ». Tout en évoquant les avancées communes obtenues hier avec Frédéric Valletoux (protocole de pluriannualité sur le financement, courriers à destination du gouvernement, etc.) et certaines « coopérations inédites » entre les secteurs pendant la crise sanitaire, Lamine Gharbi met en avant l’« ouverture d’esprit » d’Arnaud Robinet, sa volonté de « ne pas opposer public et privé » et d’engager un « dialogue intense et permanent avec les autres fédérations, comme la FHP ».
Pas en reste, le président de la CSMF n’a pas caché sa satisfaction après l’élection d’Arnaud Robinet. Outre leur proximité géographique – le Dr Franck Devulder, lui-même gastro-entérologue libéral à Reims, connaît très bien le maire de la ville – le patron de la CSMF veut croire à « une nouvelle écoute » dès lors que les médecines libérale et hospitalière sont complémentaires. Début septembre, la CSMF avait très vivement réagi à une interview de Frédéric Valletoux aux « Échos » dans laquelle ce dernier priait les médecins libéraux de porter davantage « le fardeau de l’intérêt général » (sur les gardes et la liberté d’installation).
@CSMF_officiel félicite @ArnaudRobinet pour son élection à la présidence de la @laFHF. Cette élection est pour nous le témoin d’une nouvelle écoute entre les différents acteurs de la santé. La médecine libérale et hospitalière sont complémentaires— Franck DEVULDER (@franckdevulder) September 21, 2022
Le Syndicat des médecins libéraux (SML), qui adresse lui aussi ses « félicitations » au PH en pharmacologie, espère ouvrir une nouvelle page. La centrale de Philippe Vermesch appelle de ses vœux un dialogue « constructif et non unilatéral ».
Félicitations @ArnaudRobinet pour votre élection à la présidence de la @laFHF Le dialogue ville-hôpital doit être au cœur du système de #santé. @LE_SML est à votre disposition pour y travailler à condition que ce dialogue soit constructif et non unilatéral.— Vermesch Philippe (@VermeschP_SML) September 21, 2022