« Cancer : inégalités face aux soins de support »
Date de publication : 20 septembre 2022
Le Figaro – La Croix
Pauline Fréour note dans Le Figaro que « grâce aux progrès de la médecine, de plus en plus de personnes survivent à leur cancer. Logiquement, cela fait également davantage d’individus qui vivent en ayant fait l’expérience de cette maladie – ils seraient 3,8 millions en France, selon une estimation de l’Institut national du cancer en 2022 ».
La journaliste relève cependant que « d’après une étude de la Ligue contre le cancer publiée ce mardi, 84% de ces patients ressentent au moins une conséquence physique ou psychologique en lien avec le cancer ou ses traitements ».
https://www.vivre-cancer.fr/dossier/inegalites-face-au-cancer-les-eloignes/
« Pour eux, les soins de support (kinésithérapie, psychologie, activité sportive adaptée, nutrition…) au pic de la maladie, pendant ou après leur convalescence sont essentiels. Éviter des séquelles potentiellement handicapantes, réduire les risques de récidive », poursuit-elle.
Pauline Fréour souligne que « des inégalités d’accès à ces soins subsistent. Par exemple, il est bien plus fréquent de se voir proposer de la kinésithérapie lorsque l’on en a besoin (61% des personnes concernées interrogées) qu’une activité physique adaptée (26%). Cette dernière a pourtant prouvé scientifiquement son intérêt dans le traitement de la fatigue chronique ainsi que dans la prévention des récidives ».
La journaliste remarque qu’« une personne sur quatre avec séquelles n’a pas été orientée vers des soins de support depuis le début de son parcours. Par ailleurs, un participant sur 5 n’avait pas consulté l’ensemble des professionnels recommandés pour des raisons financières ou d’accessibilité géographique. Sans surprise, il s’agit notamment de patients vivant dans des territoires peu fournis en professionnels de santé, et/ou de personnes peu diplômées ».
Elle note en outre que « les patients renoncent plus souvent aux soins de support lorsqu’ils perçoivent des problèmes de coordination entre soignants ».
Pauline Fréour conclut que « la Ligue contre le cancer réclame notamment la mise en place du dispositif de «fin de traitement», déjà prévu par les plans cancer et la stratégie décennale 2021-2030, qui vise à offrir un bilan personnalisé au patient sur les conséquences de son cancer et l’orienter vers des soins de support adéquats ».
Lucie Vialard Arbarotti, chargée de mission à l’observatoire sociétal des cancers, observe que « cela suppose également que ces soins soient accessibles à l’hôpital comme en ville, et que la coordination des acteurs de santé s’améliore, notamment grâce au financement de postes d’infirmières de coordination ».
La Croix titre de son côté : « Guérir après un cancer : l’importance des «soins de support» ».
Jeanne Ferney relève également que « selon la Ligue contre le cancer, les soins de supports oncologiques, pourtant essentiels au bien-être des patients pendant et après la maladie, ne sont accessibles qu’à une partie d’entre eux ».
La journaliste remarque qu’« on parle souvent, et à juste titre de l’épreuve du cancer, des progrès de la recherche pour améliorer le pronostic vital des patients, des efforts consentis pour rendre l’annonce du diagnostic moins brutale. On parle moins souvent de l’après-cancer et de ses répercussions, parfois si lourdes qu’elles hypothèquent des vies de famille ou des carrières. Pour certains, cette bataille est plus difficile encore à mener que celle contre la maladie ».