Des propositions communes aux internes et jeunes directeurs afin d’améliorer le système de santé.


« L’hôpital s’effondre et c’est la division qui règne »: futurs médecins et directeurs s’unissent pour sauver le service public   

Par L’Intersyndicale nationale des internes et les élèves directeurs d’hôpital de l’École des hautes études en santé publique le 26-08-2022 

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Dans une démarche inédite, le bureau national de l’Intersyndicale nationale des internes (Isni) et les élèves directeurs d’hôpital de l’École des hautes études en santé publique ont décidé de s’unir pour formuler des propositions afin d’améliorer le système de santé. Médecins et dirigeants des hôpitaux de demain, ils appellent, dans une tribune, à en revoir urgemment la gouvernance tout en “déconstruisant les préjugés”. Fusion des différentes commissions, ouverture de la chefferie de service à toutes les professions, fin des gardes de 24 heures… Ils tracent les contours d’un “hôpital de la responsabilité” qualitatif à la fois pour les patients et les soignants. Egora publie leur texte en exclusivité. 

“L’hôpital s’effondre. Et alors qu’il ne se relèvera pas sans la fraternité de tous, c’est bien trop souvent la division qui règne. D’un côté, un monde médical, qui serait corporatiste, élitiste, qui ne serait bon qu’à un management paternaliste et harcelant, mandarinal, dans les CHU. De l’autre, des directeurs ballotés au rythme des nominations et d’une carrière individualisée, au détriment d’un enracinement profond et concret dans leurs établissements. Pis, cette division –souvent fantasmée à l’envie- dans les conditions de travail, se retrouve dans les discours : les premiers accusant les seconds d’être missionnés pour détruire l’Hôpital et de ne rien connaître aux exigences du soin, les seconds accusant les premiers de se comporter de manière individualiste et orgueilleuse.

Ces discours ne prennent que mal en compte la réalité complexe de nos hôpitaux, en oubliant la richesse et la diversité des professions que constituent la majorité de nos agents. Parmi nos plus de 150 métiers, lesquels se parlent ? Lesquels dialoguent ? Les murs en témoignent : les salles de repos, lieux de restauration et de vie sont souvent séparés, comme pour donner une matérialité à cette triste conflictualité, interposée par invectives et autres tribunes.

Pourtant, des milliers de professionnels tentent de sauver le service public de santé : personnels médicaux, paramédicaux, techniques, administratifs ou logistiques, qui concourent chacun à donner le meilleur soin possible aux patients. Pour eux, devant la hauteur de l’enjeu, nous voulons que les discours du passé laissent place aux dialogues du futur. C’est pourquoi, nous, membres de l’InterSyndicale Nationale des Internes (ISNI) et élèves directeurs d’hôpital avons choisi de nous réunir et d’écrire une tribune commune, pour la première fois dans l’histoire de nos hôpitaux. Nos travaux collectifs nous ont permis de déconstruire bon nombre de nos préjugés, et de réfléchir ensemble sur des thèmes identifiés comme prioritaires pour nos hôpitaux : qui est responsable de quoi à l’hôpital ? Comment aurait vocation à s’organiser le travail ? comment financer les activités de soins ? Comment former les soignants et administratifs de demain ? A ces questions une réponse : l’hôpital de demain doit être celui de l’unité, de la compétence et de la responsabilité.

Pour obtenir une vraie qualité dans les hôpitaux, inversons sa gouvernance !

Un navire ne doit pas changer plusieurs fois de capitaine au cours d’une même traversée : nous proposons de sanctuariser une durée minimale de référence de quatre années à la tête d’un établissement pour les directeurs généraux des hôpitaux et des Agences Régionales de Santé (ARS). Au niveau régional, les ARS doivent pouvoir exercer efficacement leur rôle d’organisation des soins pour permettre à tous les citoyens d’accéder à une structure de santé. La gouvernance doit être unique mais le projet commun, concerté entre l’Etat, l’Assurance Maladie et les collectivités territoriales.

Au niveau hospitalier, nous opposons l’intelligence collective au cloisonnement : nous proposons de fusionner la Commission Médicale d’Etablissement et la Commission des Soins Infirmiers, de Rééducation et Médico-Techniques pour élaborer ensemble le projet de soin de l’établissement. Les chefferies de service ne doivent plus être attribuées en fonction du simple statut mais de la seule compétence : ainsi tout professionnel pourra se voir confier la direction d’un service, qu’il soit médecin ou non, qu’il soit professeur ou non, à condition de présenter les compétences et les qualités nécessaires à un management efficace et bienveillant. Il ne peut y avoir d’équipe sans capitaine : la triple gouvernance actuelle – médicale, paramédicale et administrative entraine des situations caricaturales où des équipes peuvent évoluer en parallèle sans presque jamais se rencontrer. Nous proposons donc une gouvernance unique de service pour tous les personnels. Là aussi, gouvernance unique mais projet de service commun, concerté entre tous les acteurs.

L’hôpital de demain doit être celui de la coopération et de l’amélioration continue. La responsabilité exige évaluation et qualité de la formation sur tous les aspects : qualité des soins, management, formation ou qualité de vie. L’évaluation est souvent vécue comme une défiance par les évalués, elle doit devenir un levier d’amélioration constante pour le bien de tous. Faire équipe exige de comprendre l’autre et ses contraintes : la formation des professionnels de santé devra systématiquement comprendre des cours de management et des formations croisées entre personnels de soin et administratifs. La transversalité doit aussi se concrétiser en valorisant les stages des soignants dans les services administratifs et en augmentant la durée des stages de soins pour les dirigeants hospitaliers.

L’Hôpital de demain doit enfin être celui de la qualité des soins, comme celui de la qualité de vie au travail. Pour les personnels d’abord : l’épuisement et le mal-être au travail augmentent les dépressions, le burn-out et les erreurs médicales. L’urgence est de reconnaître cette pénibilité et son impact négatif, scientifiquement prouvé, sur la qualité des soins : par la valorisation des services de garde de nuit à activité continue et l’interdiction des gardes de 24 heures. Premier coupable : le temps de travail excessif qui touche tous les acteurs hospitaliers. Une concertation nationale doit avoir lieu dans les plus brefs délais pour endiguer cette menace sur la santé des personnels et l’attractivité des carrières, que ces personnels soient soignants ou administratifs. 

Dans ce CH, le directeur général « délègue 90% de ses prérogatives » aux médecins… et ça fonctionne

Nos hôpitaux doivent continuer de proposer aux patients les soins de la meilleure qualité possible. Nous sommes en faveur d’une accélération du passage de la quantité (reflétée par le modèle ancien de la tarification à l’activité) à la qualité. Pour cela, il est nécessaire d’augmenter la part du financement en fonction de la qualité des soins. Le développement systématique des centres de simulation permettra aux professionnels de s’entraîner pour ne jamais réaliser pour la première fois un premier geste sur le patient. Ces valeurs, humanistes envers les soins ne porteront pourtant cependant jamais leur fruit en l’absence d’un nombre suffisant d’hommes et de femmes autour des patients. Nous proposons donc la mise en place d’un engagement fort qui doit être inscrit dans la loi : un « bouclier-soignant » pour que dans sa prise en charge hospitalière, le patient bénéficie toujours d’un nombre suffisant de soignants auprès de lui.

Nous avons la volonté de pérenniser ces rencontres entres membres de l’ISNI et élèves directeurs d’hôpital pour le futur de l’hôpital public. Mais dès aujourd’hui nous portons un projet commun qui sera l’honneur de la République, un projet fraternel construit autour des patients, de celles et ceux qui en ont le plus besoin et de leurs proches. »

Liste des sigataires :

Casanova Gaetan, président de l’ISNI
Debernard Angélique, élève directrice d’hôpital
Masson-Weyl David, élève directeur d’hôpital
Moinet Arthur, élève directeur d’hôpital, représentant des élèves fonctionnaires au Conseil d’administration de l’EHESP
Goudard-Devineau Arthur, élève directeur d’hôpital
Albagnac-Ricard Lucie, élève directrice d’hôpital
Balmelle Xavier, président du Syndicat Autonome des Internes des Hospices de Lyon
Reilhac Aloïs, président de l’Association des Internes des Hôpitaux de Bordeaux et premier vice-président de l’ISNI
Duconget, Claire, élève directrice d’hôpital
Monteau Pauline, élève directrice d’hôpital
Khalid Umair, élève directeur d’hôpital
Guiot Benjamin, élève directeur d’hôpital
Daniel Erell, élève directrice d’hôpital
Salmon Eva, élève directrice d’hôpital
Cazenave Michel Gabriel, interne de gynécologie obstétrique et vice président partenariats de l’ISNI
Tharrault Adrien, élève directrice d’hôpital
Pellicer-Garcia Laetitia, interne en médecine
Myriam Lemaire, élève directrice d’hôpital
Riffet-Vidal Nicolas, élève directeur d’hôpital
Guillaume Bailly, premier vice président de l’ISNI
Boury Rémi, élève directeur d’hôpital
Rodriguez-Borlado Lucía, vice-présidente représentation des Internes pour le Syndicat autonome des internes des hôpitaux de Lyon)
Bardon Sabrina, élève directrice d’hôpital
Cabarrus Valentin, élève directeur d’hôpital
Guillet Vincent, interne en médecine
Potier Claire, élève directrice d’hôpital
Chanal Guillaume, élève directeur d’hôpital
Bernet Arnaud, élève directeur d’hôpital
Steinmetz Thibaut, interne de médecine et santé au travail et vice-président formation de l’ISNI)
Veres Diane, élève directrice d’hôpital
Havas Pauline, élève directrice d’hôpital
Gratien Marion, élève directrice d’hôpital
Bassignani Gautier, élève directeur d’hôpital
Olivia Fraigneau, présidente de l’ISNI pour 2022-2023

« Démagogie », « naïf », « efficace » : ce que vous inspirent les idées des futurs médecins et directeurs pour sauver l’hôpital public 

Par Marion Jort le 02-09-2022

https://tracker.egora.fr/u/nrd.php?p=XYBlorZBtz_5758_3963622_1_10&ems_l=3964135&i=1&d=bE96WEU2SUJOTWR3MHF3ZFpjeiUyRkhYVlBqV2RXOUl2Y0drSkFuJTJCMW1SaDhEWGNQNCUyQnB5cVNvazl3SXVmRVhnc0NBWks0c3NpQzk1N0VzVENZNXU1SlElM0QlM0Q%3D%7CQStsYStVbmUrLSt2ZW5kcmVkaSsyK3NlcHRlbWJyZSsyMDIy%7CMjAyMg%3D%3D%7CMDk%3D%7CMDI%3D%7CMTM0OTkzMDk2%7CWFlCbG9yWkJ0eg%3D%3D%7CNWQ0NjNjMjI2MDFiYzA0MDE%3D%7C&_esuh=_11_ef79885a25b4dca238c1eead97600c15523c0101ebc4b6d141911596f9b789eb

Des positions “naïves” pour certains, “en avance pour leur temps” pour d’autres… La tribune publiée le 26 août dernier par l’Intersyndicale nationale des internes et les élèves directeurs d’hôpital de l’École des hautes études en santé sur Egora a suscité le débat chez les professionnels de santé. Dans une démarche inédite, cette nouvelle génération s’est mobilisée pour formuler plusieurs propositions afin de sauver le système de santé. Leur appel à créer un “hôpital de la responsabilité” n’a pas manqué de faire réagir les lecteurs d’Egora. 

Constatant que “l’hôpital s’effondre” et que “la division règne », l’Intersyndicale nationale des internes et les élèves directeurs d’hôpital de l’École des hautes études en santé ont décidé de se mobiliser, dans une démarche inédite, pour formuler plusieurs propositions afin de sauver le système de santé. Fusion des différentes commissions, ouverture de la chefferie de service à toutes les professions, fin des gardes de 24 heures… leurs idées, présentées dans une tribune publiée sur Egora la semaine dernière, sont fortes et novatrices. 

Souhaitant “laisser la place au dialogue » et bâtir un « hôpital de la responsabilité”, la nouvelle génération de médecins et dirigeants d’hôpitaux veulent notamment en revoir urgemment la gouvernance tout en “déconstruisant les préjugés”. “Qui est responsable de quoi à l’hôpital ? Comment aurait vocation à s’organiser le travail ? Comment financer les activités de soins ? Comment former les soignants et administratifs de demain ? A ces questions une réponse : l’hôpital de demain doit être celui de l’unité, de la compétence et de la responsabilité”, écrivent-ils par exemple. 

Lecteurs d’Egora, vous avez été nombreux à débattre à la lecture de leur texte. Vous avez également été nombreux à ajouter à leur longue liste de propositions, vos idées pour sauver l’hôpital. Florilège. 

« À quoi sert de faire une formation beaucoup plus longue si on arrive au même niveau de responsabilité ? »

Bruno_S_3 (médecin)

« Toutes les professions pourront occuper la chefferie de service ». C’est de la démagogie à l’état pur. À quoi sert de faire une formation beaucoup plus longue qu’une autre si au final on arrive au même niveau de responsabilité ?  Ça sera comme les IPA, une nouvelle profession que l’on peut payer beaucoup moins. 

Par contre aucune proposition permettant aux paramédicaux d’accéder à la profession médicale en promotion professionnelle. Je n’ai rien contre le fait qu’une aide-soignante ou plus récemment une secrétaire médicale termine ministre de la Santé… À condition qu’elle ait franchi toutes les étapes intermédiaires de la pyramide des responsabilités (mais que ce soit rendu possible par le système, ce qui n’est pas le cas actuellement).

Quant à faire évoluer des soignants à la direction des soins après formation dédiée, ça me semblerait effectivement beaucoup plus juste que de continuer à produire du petit technocrate en série…

Ils n’ont pas encore touché au pouvoir et au corporatisme

Par Mathias Wargon (médecin)

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« Une solution serait de privatiser les hôpitaux »

Par Dominique_C_6 (médecin)

Réponse d’un vieux médecin gériatre hospitalier et libéral aux jeunes étudiants de l’EHESS et internes des hôpitaux :

– dans une société de plus en plus complexe, la seule autorité qui vaille est la compétence qui cherche le consensus efficient ; l’administration française est-elle prête à abandonner les enjeux de pouvoir arbitraire ? 

  -Une solution serait de privatiser les hôpitaux et de leur donner le statut de fondation à but non lucratif pour une meilleure responsabilisation des partenaires.         

– Pourquoi abandonner la T2A alors qu’elle est opérationnelle dans de très nombreux pays ? Vous savez que l’administration de la santé manipule sous prétexte de contrôle les résultats des évaluations médicales pour qu’ils se plient aux impératifs budgétaires de l’administration, leur enlevant tout intérêt technique. Il suffit que les résultats d’évaluations médicales soient respectés et que les adaptations financières en soient déduites.

-Concernant l’épuisement des personnels hospitalier généralisé, il serait plus juste de parler de l’épuisement de certaines catégories de personnel à certains endroits et à certaines époques. Que la gestion fordiste des hôpitaux et ses contraintes administratives surréalistes soient désespérantes c’est tout à fait d’accord mais c’est du découragement pas de l’épuisement.

Je remarque que vous n’évoquez pas l’amélioration des coopérations avec les soignants libéraux, qui pourrait aussi être utile à l’efficience des hôpitaux.

En conclusion, votre pétition est sympathique mais pour sauver les hôpitaux, à mon avis vous allez devoir être nettement plus disruptif. Bon courage et soyez plus efficaces que les médecins et directeurs d’hôpitaux de ma génération.

« Il faudrait que chaque profession accepte de comprendre les difficultés d’une autre pour que le dialogue soit constructif »

Par Didier_G_5 (infirmier)

Il faudrait déjà que chaque profession accepte de comprendre les difficultés d’une autre pour que le dialogue soit constructif. En n’oubliant jamais que la finalité est tout de même de soigner des patients, au-delà même de la notion de rentabilité, même si celle-ci doit être prise en compte pour que le système soit viable en assurant un service de qualité !

“La recherche de plus de collaboration et du décloisonnement me paraît salutaire” 

Par Horse and doc (médecin)

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« Quand on dirige un service de médecine on doit être compétent en médecine »

Par Anne_S_3 (médecin)

Je propose que les médecins fassent les plannings des aides-soignantes et les aide soignantes la visite…. Oui, un chef pour être légitime, doit être compétent. Quand on dirige un service de médecine, on doit être compétent en médecine. Que les chefs de service aient des formations en…

management et communication seraient une bonne chose. Mais ce manque là (qui existe) ne doit certainement pas conduire à les remplacer. 

Quant à ces charmants internes qui signent cette tribune, il faut être joliment naïf pour penser une seule seconde que les administratifs ou autres devenus chefs de service seront gentils et bienveillants en voulant le bien-être de tous…

« D’accord sur presque tout (Qualité des Soins ++) mais la durée de travail, je ne sais pas comment on fait…” 

Par Eric Vibert (médecin)

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« Il faut écouter les nouvelles générations »

Par Poissy (médecin)

Plutôt de très bonnes idées à retenir et à développer et il faut écouter les nouvelles générations. Car on a trop souvent oublié en France qu’il ne faut pas compter sur ceux qui créent les problèmes pour trouver des solutions pour les résoudre. 

« Une position en avance sur son temps où les egos sont laissés de côté »

Par Victor Desplats (médecin)

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Voir aussi:

Hôpital : la gouvernance arbitraire, première cause de souffrance chez les médecins   

Par F Na. le 28-01-2019 https://www.egora.fr/actus-pro/hopitaux-cliniques/46039-hopital-la-gouvernance-arbitraire-premiere-cause-de-souffrance

Arbitraire dans la gouvernance, dialogue impossible avec les responsables, pesanteur hiérarchique… Voilà les principales causes de souffrance des praticiens hospitaliers, mises en lumière par l’Observatoire de la souffrance au travail d’Action Praticiens Hôpital.

Lancé en décembre 2017, l’Observatoire de la Souffrance au travail d’Action Praticiens Hôpital a dévoilé ses derniers chiffres. En 2018, 64 fiches de souffrance ont été transmises. 23 viennent de CHU, 36 de CH et 5 d’établissements publics de santé mentale (EPSM).

Dans un cas sur cinq, le déclarant est chef de service ou chef de pôle. Les praticiens ayant signalé leur souffrance sont issus de 20 spécialités différentes. Les plus représentées sont l’anesthésie-réanimation (30% des déclarants) et la psychiatrie (14%).

Les principales causes attribuées à la souffrance sont une gouvernance jugée arbitraire (55% des déclarations), un dialogue impossible avec les responsables de service ou de pôle (48%), une pesanteur hiérarchique (48%). Viennent ensuite une surcharge de travail dans le temps imparti (47%), et une présomption de harcèlement moral au travail (44%).

Concernant le harcèlement moral, il proviendrait autant de la hiérarchie médicale que de la direction (61% des cas). Il se manifeste par des dévalorisations implicites et sournoises (82%) et des attitudes de mépris (79%).

Cette souffrance est évaluée à un niveau très élevé. Sur une échelle de 1 à 10, les déclarants se situent à…

l’échelon 8. Dans un cas sur deux, ils pointent un « danger imminent » pour eux-mêmes.

De manière générale, cette souffrance se traduit par des troubles du sommeil (81%), des troubles anxiodépressifs (59%) et des troubles alimentaires (41%). Des idées suicidaires sont présentes chez 13% des déclarants.

Lorsqu’ils ont cherché du soutien, vers leur supérieur hiérarchique (30%), vers le médecin du travail (56%) ou leur médecin traitant (30%), les praticiens ont souvent trouvé de la compréhension (64%), mais aussi de l’indifférence (36%) voire une incitation au départ (31%).

« L’Observatoire de la souffrance au travail-APH est un outil pour aider les praticiens en souffrancesouligne Action Praticien Hôpitalet comprendre les causes et les conséquences de ce qui est devenu en quelques années une véritable épidémie et qui n’est acceptable nulle part, encore moins à l’hôpital, lieu de soins ».

Lire les résultats détaillés sur le site de l’Observatoire

Privatiser l’hôpital public, et si c’était la solution ?   

Par Véronique Hunsinger le 07-07-2020  https://www.egora.fr/actus-pro/hopitaux-cliniques/59965-privatiser-l-hopital-public-et-si-c-etait-la-solution

Les établissement de santé privés d’intérêt collectif et les hôpitaux publics partagent la même mission de service public. Bien qu’ils soient différents dans leur fonctionnement, certains médecins considèrent qu’il serait bon de s’en inspirer, sans opposer leurs modèles. 

Ils ont en commun avec l’hôpital public un mode de financement ainsi que des tarifs identiques et les mêmes principes d’égal accès aux soins et de permanence de l’accueil de jour comme de nuit. En même temps, ils partagent avec les cliniques privées de ne pas être astreints aux règles du marché public et de recruter librement leurs personnels. Les Espic ou établissement de santé privés d’intérêt collectif, le nom, depuis la loi Bachelot de 2009, des anciens établissements privés participant au service public (PSPH) sont un modèle, parfois méconnu, dont quelques voix dans le monde de la santé appellent aujourd’hui à s’inspirer davantage.

Ce fut notamment le cas dans une tribune dans le Figaro, signé le 26 mai dernier, par des anciens de la Fédération hospitalière de France (FHF) dont les anciens ex ministres Claude Evin ou Jean Léonetti ainsi que Gérard Vincent son ancien délégué général ou encore Alain Milon président de la commission des affaires sociales du Sénat et les Prs Antoine Brézin et Gilles Calais. Ces personnalités plaident pour transformer les hôpitaux publics en établissements privés à but non lucratifs avec « les mêmes missions et obligations de service public que celles qu’ils exercent aujourd’hui ». « C’est le modèle de loin le plus répandu en Europe, plaident-ils. Changer le statut des hôpitaux ne modifierait en rien leurs missions et obligations. Il ne s’agit pas de faire de l’hôpital public une entreprise commerciale rémunérant des actionnaires ». En effet, particularité de ces cliniques à but non lucratif, les Espic doivent réinvestir leurs bénéfices dans l’innovation et le développement de nouveaux services pour les patients.

« Pas de masques dans les cabinets?! » : Bachelot se paie les médecins et les juge responsables [VIDEO]

Mais surtout leurs directeurs ne sont pas nommés par le ministère de la santé, comme ceux des hôpitaux publics, et ceux-ci ont davantage de latitudes dans leurs recrutements des personnels et dans leur gouvernance. « L’épidémie de Covid a obligé les hôpitaux à adopter un mode de gouvernance adapté à une situation de crise en laissant de côté certaines procédures habituelles, note Claude Evin. Cela ne veut pas dire qu’on puisse maintenir ce type de fonctionnement en rythme de croisière. En revanche, il est peut être temps de réfléchir à d’autres types de fonctionnement dans les hôpitaux ». D’où l’intérêt porté aux modèles des Espic alors qu’aujourd’hui un quart des postes de praticiens hospitaliers sont vacants à l’hôpital public.

La Dr Pomme Jouffroy, chirurgienne orthopédiste, est présidente depuis janvier 2019 de la commission médicale d’établissement (CME) du Groupe hospitalier Paris Saint Joseph (GHPSJ) dans le 14earrondissement, qui avec ses 687 lits et places, ses 77 182 séjours hospitaliers et 263 829 consultations externes est l’un des plus gros des 439 Espic. « Pour moi un Espic, c’est un établissement public et la médecine qu’on y fait est…

de la médecine publique, estime la médecin. Il ne faut pas opposer le service rendu par les Espic et le service rendu par les hôpitaux publics, c’est le même ». A côté de l’Assistance publi – Hôpitaux de Paris et ses 100.000 salariés, le Groupe hospitalier Paris Saint Joseph fait encore figure d’hôpital à taille humaine. Est-ce cela qui explique les bonnes relations apparentes entre la direction et la communauté médicale ? « J’estime que pendant le Covid, j’ai codirigé l’hôpital avec mon directeur, raconte la Dr Jouffroy. En temps normal, ce n’est pas nécessaire, car nous nous parlons tous les jours. Quand je ne suis pas d’accord avec lui, je peux lui dire. Quand il n’est pas d’accord avec moi, il peut me le dire. Nous travaillons dans un climat de confiance totale ».

Dans un Espic, le directeur est nommé par le conseil d’administration de la structure. « C’est lui qui pilote, qui assume les décisions,  qui est responsable des budgets et qui recrute les personnels mais ce n’est pas un autocrate » explique Antoine Perrin, directeur général de la Fehap qui fédère la quasi totalité des Espic. Dans les centres de lutte contre le cancer – qui sont également des Espic – , le directeur est généralement un médecin, ailleurs ce sont plus souvent des profils administratifs. « Le directeur recrute les médecins mais ceux-ci ont toute leur indépendance dans leurs pratiques médicales, ajoute Antoine Perrin. Pour autant, si le directeur veut garder ses médecins, il a tout intérêt à les écouter et à les associer aux décisions ». Dans la plupart des établissements, les médecins sont salariés mais ce n’est pas une obligation.

« Diriger un hôpital nécessite une gouvernance partagée »

Ainsi par exemple, la Fondation de la maison du Diaconat de Mulhouse qui est le 5e groupement hospitalier par la taille de la région Grand Est travaille avec des médecins libéraux. « Les médecins qui étaient salariés dans les établissements que nous avons repris le sont restés, souligne Jean Widmaier, président du conseil d’administration de cette fondation protestante. Mais nous pensons que le statut de médecin libéral est plus efficace ». Dans tous les cas, dans les Espic, le pouvoir du conseil d’administration reste central. Même si c’est en lien avec les agences régionales de santé, c’est en effet lui qui décide notamment des ouvertures et des fermetures de services ou des rapprochements d’établissements, parfois d’ailleurs sous l’impulsion de la communauté médicale.

Pourtant rien n’oblige…

les Espic à se doter d’une CME. Seul le comité social économique (CSE) est obligatoire comme dans toute entreprise. « Nous ne voulons surtout pas qu’on nous impose par décret une façon de nous organiser, insiste Antoine Perrin. La meilleure gouvernance est celle que se choisit chaque structure selon ses propres impératifs, sa culture, son histoire et ses spécificités».

Les médecins, comme les autres personnels, sont recrutés dans les Espic selon des contrats de droit privé et une grille salariale fixé par la convention collective des établissements à but non lucratif du 31 octobre 1951. Aujourd’hui, les négociations salariales, dans le cadre du Ségur de la santé, concernent exclusivement le public, mais les Espic devront s’aligner pour rester attractifs. « Nous demandons à pouvoir faire bénéficier à nos salariés du strict équivalent, poursuit Antoine Perrin. En revanche, nous voulons pouvoir utiliser une enveloppe financière pour l’injecter dans notre convention collective par la voix de la négociation avec nos organisations syndicales ».

En effet, les tarifs des séjours hospitaliers sont exactement les mêmes que l’hôpital public. « Nous souhaitons une rémunération qui sont dynamisante, vertueuse et responsabilisante, résume Antoine Perrin. La tarification à l’activité a un intérêt car elle permet qu’il n’y ait pas de rente de situations mais il faut qu’elle soit modulée pour inciter aux bonnes pratiques. Nous sommes ainsi intéressés par les financements à la qualité, à la pertinence et au parcours ». Enfin, comme les hôpitaux publics, les Espic participent largement à la recherche et leurs médecins sont parfois également enseignants. En juillet 2019, 11 Espic adhérents à la Fehap ont créé une association dédiée à la recherche clinique (Respic) afin d’orienter les industriels et de faciliter de le déroulement des essais. « Les Espic de la Fehap ont un poids équivalent dans les programmes hospitaliers de recherche clinique (PHRC) au 5e CHU du classement » se félicite Antoine Perrin. Sans compter la présence des centres de lutte contre le cancer dans la recherche.

Le virage ambulatoire se confirme à l’hôpital

Dans leur fonctionnement, les Espic et les hôpitaux publics ont autant de similitudes que de différences. « Notre secteur est né entre le 19e et le 20e siècle à l’initiative de la société civile, que ce soit par des congrégations, des syndicats ou des mutuelles, partout où il y avait une carence de l’Etat » rappelle Antoine Perrin. Ces origines historiques sont peut-être la raison pour laquelle, le public et le non lucratif se regardent encore parfois comme chien de faïence. « Lorsque l’épidémie de Covid a démarré dans la région Grand Est, l’hôpital public n’a pas tout de suite demandé l’aide des Espic bien que ceux-ci avaient arrêté leur activité programmé comme l’ARS leur avait demandé » rappelle le directeur de la Fehap. La progression de l’épidémie a pourtant rendu la collaboration indispensable et elle fut finalement fructueuse.

En quelques chiffres
On compte 439 établissements ayant le statut d’Espic, selon la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne (Fehap), soit une capacité de 52.336 lits. Ce secteur reçoit 1,3 million de patients hospitalisés par an et représente 43,3% de l’offre nationale d’hospitalisation à domicile, 21% des établissements de soins de suite et de rééducation (SSR) et 35% de l’offre de dialyse. Pour compléter le tableau, il convient d’ajouter les 18 centres de lutte contre le cancer (CLCC) qui sont également des Espic, non adhérents de la Fehap, mais fédérés au sein d’Unicancer. Les CLCC prennent en charge 530 000 patients par an en courts séjours, HAD et actes externes et réalisent 1,1 million de consultations.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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